CHAPITRE PREMIER
honte), tandis qu'ici il est recommandé de faire rougir la îammo, en vertu de ce verset (Ezécliicl, XXIII, 28): Que toutes les jenini.'s s')icnt ainsi réprimandées, et qu'elles n'agissent pas avec la turplliO'Je de celle-ci.
6. Si la fcmnne était couverte de vêtements blaacs, on la couvrira de noir; si elle avait sur elle des bijoux d'or, dos chaînettes, catcnœ, des boucles d'oreille, ou des bagues, on les lui enlèvera pour l'enlaidir. Puis le cohen apportera une corde égyptienne (grossière) pour rattacher ses vêtements au-dessus de ses seins (pour la rendre honteuse), et tous ceux qui voudront venir la voir en cet étiil le pourront, siuf ses esclaves et ses servantes qu'elle a l'hnbitude de voir (et dont la présence serait encourageante). Il est permis à toutes les femmes de la voir, comme il est dit (Ezéchiel, XXIII, 28): Que toutes les femmes soient ainsi réprimandées, et qu'elles n'agissent pas avec la turpitude de celle-ci.
La Mischnà prescrit de couvrir la femme de vêtements noirs, si ceux-ci ne l'embellissent pas ; s'ils l'embellissent au contraire, il ne faut pas la revêtir ainsi (mais avec des effets salis). Pourquoi emploie-t-on une corde égyptienne? C'est que, dit R. Isaac, cette femme est soupçonnée d'avoir imité l'exemple des Egyptiens (connus par leurs débauches). R. Jcrémie demanda: est-ce qu'il est indispensable pour la validité de la cérémonie d'avoir une corde égyptienne, ou peul-on employer à cet effet n'importe quelle corde? De même, faut-il que son offrande soil exclusivement remise dans un panier égyplicn', ou dans n'importe quoi rikipicnl? (Ces questions restent non résolues). Qui pourvoira aux dépenses de ces deux objets? (Est-ce la caisse publique, ou le reliquat de compte du culte?) On adopte à ce sujet l'avis de Rabbi,qui a dit^: « Pour entretenir le canal d'eau au Temple, ou le mur d'enceinte de la ville, ou les tours, enfin pour tous les besoins publics de la ville, on a recours au reliquat de compte du trésor sacré, gardé dans une cellule spéciale. » On en usera de même dans les cas énoncés ici.
7, De la mesure dont nous mesurons, nous serons mesurés ^ Comme la femme s'est parée pour le péché, Dieu prescrit de la rendre laide. Elle s'est découverte pour la faute; Dieu la découvre pour la punir. Le flanc a commencé à (ommettre le péché, puis le ventre est intervenu; aussi, le flanc sera frappé d'abord, puis le ventre le sera, enfin le reste du corps n'échappera pas à la vindicte publique.
On a enseigné au nom de R. Meir : de la mesure dont nous mesurons, nous serons mesurés. C'est qu'il estécrit (Isaïe,XXVlI,8): Avec mesure, Bes.xseah, terme que l'on suppose contracté des deux mots : Descali Siah (par des mesures dites Saa). On voit ainsi une allusion dans ce texte au Saa (ou à la me-
1. Ci-après, II, 1. 2. Misclinâ, tr. Scheqaiim, IV, 2 (t. V, p. 283). 3. Dieu traite cliacun selon ses œuvres. M. Scliuhl, Sentences, p. 114, cite de norabreu.x passa^^es parallèles.
sure complète); d'où sait-on que cette règle s'étend au Tirkab et au demi-» Tirkab, ou au cab et au demi-cab, ou au quart, ou au Touman (i/8) et à la moitié du Touman (1/16), et à l'Oukla (peut-être un iJO" ou 1/32 de cab)? On le sait de ce qu'il est écrit (Ibid. IX, A): Car toute chaussure du chaussé, Sauan, se fait avec tumulte ; la redondance des mots Saôn Sauan est une allusion à l'extension de la règle pour toutes sortes de mesures. On est ainsi fixé pour ce qui est susceptible de mesure ; d'où sait-on que l'on additionne, pour un grand compte, la menue monnaie ? C'est qu'il est dit (Ecclésiaste, YIl, 27): Un à icn, le compte se retrouve * (les moindres fautes doivent être payées). D'ordinaire 2, l'homme se heurte à une faute capitale (s'en aperçoit), étant passible de la peine de mort par le Ciel ; il s'en aperçoit, si, par exemple, son bœuf meurt, ou sa poule se perd, ou sa bouteille se brise, ou s'il se blesse au doigt, et le compte (des fautes) diminue d'autant. Selon une autre explication, un fait se joint à l'autre et grossit le compte. Jusqu'à quel point se rétrécit-il? Jusqu'à un seul détail (rien n'est omis). On a enseigné au nom de R. Meir : comme il y a des goùls divers (plus ou moins difficiles) en fait de manger et boire, de même les idées diffèrent entre les hommes pour la sévérité des mœurs. Ainsi l'un, voyant une mouche tomber dans son verre, se contente de la prendre et de la jeter, puis il boira son verre ; de même cet homme, s'il voit sa femme causer en particulier avec un voisin, ou un parent, ne s'en formalisera pas. D'autres, voyant seulement une mouche voler au-dessus, prendront aussitôt ce verre et jetteront le contenu sans y goûter ; ceci correspond aux plus sévères des hommes, qui, à la vue de la moindre peccadille d'une femme, s'empressent de la répudier. D'autres enfin, voyant une mouche se placer sur le verre, le laisseront comme il est (sans plus y toucher). C'est le cas adopté (en fait de relation conjugale), par Papos b, Juda^, qui à la suite d'un soupçon ferma sa porte à sa femme. Mais, lui fut-il objecté, est-ce que tes ancêtres avaient l'habitude de se conduire ainsi? Ils n'ont pas agi de même; il peut arriver de trouver une mouche morte dans son verre, que l'on prend et jette, puis l'on boit le verre. Autrement, c'est une méchanceté (pouvant susciter à la femme délaissée l'idée du mal)*, car elle s'est habituée à voir autour d'elle ses serviteurs et ses servantes. 11 est alors recommandé au mari de la répudier, comme il est dit (Dent. XXIV, 2) : Elle quittera sa maison, s'en ira et sera à un autre homme. La Bible qualifie le second mari parle mot autre (signe d'infériorité d'estime), pour indiquer qu'il n'est pas l'égal du premier mari, lequel, plus sévère, a répudié sa femme à cause d'un soupçon de relation illicite ; tandis que le second mari s'est laissé prendre aux charmes do cette femme. Si celui-ci est un homme digne, il la répudiera aussi ; au cas contraire, il la précédera dans la tombe, comme il est dit (ib. 3) : ou si le se-
4. Le talmudiste se détourne du sens ordinaire de ce verset, qui dit : Il faut une chose et une autre pour trouver un calcul, un terme de comparaison. 2. Midrasch Rabba sur l'Ecclésiaste, ibid. 3. Cf. J., tr. Qiddouschin, IV, 4 (f. GC»). 4. V. S. Matthieu, Y, 31-2; XIX, 3-9.