CHAPITRE PREMIER
en lui, ses chevaux résonnaient comme un grelot (paam) dont la voix s'entendait de Tsorca àEschleoI. Il est dit (ibid. XIII, 24): VEternel lebénit, c'est-àdire, selon R. lîcuna au nom de R. Yossé, la cohabitation de Samson était égale à celle de tout liommc (et, malgré sa force extraordinaire, était supportable). D'autre part, il est dit (ibid, XVI, 28) : Que d'un seul coup je tire vengeance des Philistins, povr mes deux yeux (perdus). Voici, selon R. Aha, la prière adressée à l'Eternel par Samson : « Donne-moi l'équivalence d'un œil en ce bas monde, et réserve-moi une rémunération équivalente à l'autre œil perdu, dans le monde futur ». D'une part, il est écrit i : « Il jugea Israël pendant quarante ans » ; et d'autre part, il est écrit (ibid. 31) : Il avait été juge en Israël pendant vingt ans : Ceci prouve, dit R. Aha, que vingt ans encore après sa mort, les Philistins avaient peur de lui, aussi longtemps qu'ils l'ont craint effectivement durant sa vie. — « Absalon, dit laMischnà, était orgueilleux de sa chevelure » : Selon R. IJanina, les tresses étaient aussi longues qu'un caroubier. On aurait pu croire que ses boucles étaient semblables à des lances? Non, dit R. Bivi au nom de R. Yohanan, elles étaient comme des tiges (de diverses largeurs)— 2.
Il est écrit (II Samuel, XIV, 25) : // n'ij avait pas dans tout Israël d'homme comme Absalon, qiC on pût louer si fort j)our sa beauté. Est-ce à dire qu'il était supérieur en tout? Non, puisqu'il est dit (ibid.) : depuis la plante de ses pieds jusqu'au sommet de la têle, il n'avait pas un seul défaut (il s'agit donc seulement d'une supériorité corporelle). De même, il est écrit (I Samuel, IX, 2): Il avait uji /ils du nom de Saûl, jeune et beau, plus beau qu'aucun des enfants d'Israël. Est-ce à dire qu'il leur était supérieur en tous points? Non, puisqu'il est dit (ibid.) : Il dépassait tout le peuple de la têle (il s'agit donc de grandeur matérielle) 3 ; tandis qu'au sujet d'Abner, le texte s'exprime bien autrement (II Samuel, III, 38): Ne savez-vous pas qu'un chef, qu'un grand homme est tombé aujourd'hui m Israeli — ''•.
« Comme Absalon a volé (trompé) trois cœurs, dit la J\lischnâ, celui de son père, celui du tribunal et celui de tout Israël. » 1° Celui de son père ^, comme il est dit (ibid. XV, 7) : Au bout de quarante ans. Or, en tout, le roi David a régné à peine quarante ans (I Rois, II, 11) ; comment donc supposer que son fils Absalon lui ait adressé sa requête au bout de quarante années de règne ? C'est qu'il faut remonter à l'époque où les Israélites, pour la première fois*, ont demandé un roi (à la première onction de David, environ dix ans avant qu'il devînt roi), en disant (II Samuel, XV, 8) : Car ton serviteur a formulé im vœu. « Et que veux-tu maintenant, lui dit le roi? — Donne-moi un ordre écrit, TTi-Tx/.'.iv, répondit Absalon, que deux hommes m'accompagnent ».« Dis-
1. On ne trouve plus, dans le texte biblique, ce verset. 2. Suit un passage traduit au tr. Péa, VU, 4 (t. II, p. 9G). 3. V. Jçjoudalh Samuel, chap. 13 et 27. 4. Au tr. Pca, I, 1 (t. Il, p. 18), se trouve traduit un passage, qui est reproduit ici. 5. Cf. Melihilta, sect. Beschalah, ch. 6 lin; sect. Mischpatim, ch. 13, 0. B., tr. Temoura, ch. IG,
moi quels hommes tu désires, et je l'inscrirai. » « Donne-moi un ordre en blanc, et je verrai ensuite qui choisir. » Ce qui fut accordé. Absalon alla ainsi recueillir des gens par couples, jusqu'à ce que, de deux en deux, il eût réuni deux cents hommes. Ainsi il est dit (ibid. 11) : Deux cents hommes de Jérusalem, qui avaient été invités, accompagnèrent Absalon; et ils le firent en toute simplicité, sans rien savoir. « Ils avaient été invités » par David; « ils le firent avec simplicité, » par suite de la ruse d'Absalon ; « sans rien savoir » du conseil d'Ahitofel. C'étaient tous, dit R. Houna au nom de R. Aha, des chefs de tribunaux. Lorsque, se rendant compte de leur acte, ils se voyaient sur le point de devenir des révoltés, ds s'écrièrent: «Maître de l'univers, puissions-nous tomber aux mains de David, mais que David ne tombe pas entre nos mains ; car si nous tombons aux mains du roi, il aura pitié de nous, tandis que s'il tombe aux nôtres malheureusement, notre parti n'aura pas pitié de lui. » Aussi David a dit (Ps. LV, 19) : // a racheté mon âme en paix, de mon voisinage ; car ils sont nombreux ceux qui étaient avec moi'^. — 2" « Il a volé le cœur du tribunal », comme il est dit (II Samuel, XV, 4) : qui m'itistitiœra comme juge dans le pags7elc., puis (ibid. 6) : Absalon agissait ainsi etc. — 3" « Le cœur de tout Israël », selon ces mots (ibid.) : Et Absalon volait (gagnait) le cœur des gens en Israël.
9. 11 en est de même des bonnes actions : Miriam ayant dû attendre Moïse une heure (sur le Nil), comme il est dit (Exode, II, 4) : sa sœur se plaça au /o/n, Israël à son tour s'arrêta pour elle sept jours an désert-, selon ces mots (Nombres, XII, 15) : Le peuple ne décampa qiCaprès la réintégration de Miriam. Joseph eut le pieux mérite d'enterrer son père, et aucun parmi ses frères n'eut de rang aussi élevé que lui, puisqu'il est dit (Genèse, L, 7) : Joseph monta pour enterrer son père etc. ; et il amena avec lui des chevaux et des cavaliers. Or, qui a été traité plus dignement que Joseph après sa mort, dont Moïse seul eut souci de l'enterrer. Moïse accomplit une œuvre pieuse envers les ossements de Joseph, bien qu'il occupât le rang le plus élevé en Israël, comme il est dit (Exode, XIII, 19) : Moïse emporta avec lui les os de Joseph. Aussi nul n'a été plus honoré après sa vie que Moïse, dont r.Eternel lui-même daigna s'occuper, comme il est dit (Deutéron. XXXIY, 6) : Dieu l'enterra dans la vallée. Du reste, cet accueil divin (à l'ame) n'a pas lieu pour Moïse seul, mais pour tous les justes, selon ces mots (Isaïe, LVIIII, 8) : Ta vertu te précède ; la gloire divine te reçoit.
« 11 en est de même des bonnes actions, dit la Mischnà. Miriam attendit Moïse une heure » (veilla sur lui au Nil, etc.). Selon R. Yohanan, c'est sous l'inspiration de l'esprit saint qu'a été énoncé le verset biblique à ce sujet : Sa
1. Le sens ordinaire est : « II délivrera mon âme de la guerre qu'on me fait, et me donnera la pai.x, quoique j'aie affaire à beaucoup de gens. » 2, Y. Sifri, sect, jSehaaloC/tehha, fin, n» 106,