‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 208 sur 277 · CHAPITRE PREMIEn · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIEn

sœur se plaça de loin pour savoir ce qui lui arriverait. Ainsi le premier terme « se plaça « correspond à ce verset (Amos, IX, 1) : Tai vu r Eternel placé au-dessus de Vautel ; l'expression « sa sœur » se retrouve dans ces mots (Proverbes, VII, 4) : Dis à la Sagesse : tu es ma sœur; à l'expression « de loin » correspond ce verset (Jérémie, XXXI, 3) : Dieu m'est apparu de loin ; à l'expression « afin de savoir » correspond ce verset (Isaïe, XI, 9) : La terre est remplie du savoir de Dieu. Enfin, à l'expression « ce qui lui arrivera » correspondent ces mots (Amos, III, 7) : Car le Seigneur, l'Éternel, ne fera rien qu'il naît révélé son secret aux prophètes, ses serviteurs.

« Joseph eut le pieux mérite d'enterrer son père, est-il dit, et nul de ses frères n'eut un rang aussi élevé que le sien. » R. Isaac dit de conclure de ces mots : Il [1 eut un camp fort gros, Kabed (Genèse, L, 9), que l'honneur, Kabôd *, du Vivant universel (de la divinité) était avec les fils d'Israël à ce moment. Puis il est dit (ibid. 10) : Ils arrivèrent à la grange d'Atad. Or, est-ce que l'on a des granges pour l'Atad (pour des épines) ? En effet, di R. Samuel b. Nahaman, nous avons cherché en vain dans toute la Rible une localité portant le nom Atad ^ ; il est donc à supposer que, par ce nom, l'on ♦désigne les Cananéens, qui méritent d'être battus en grange comme des chardons. Et en vertu de quel mérite ont-ils échappé à ce traitement ? C'est qu'il est dit (ibid. Il) : Les Cananéens, habitants dupa'js, virent ce deuil dans la grange d'Atad, etc. Par quel signe ont-ils manifesté leurs condoléances? R. Éléazar dit : Ils ont délié leur ceinture (en signe de deuil) ; R. Simon b. Lakisch dit : Us ont défait les nœuds sur leurs épaules (le lien de rattache des vêtements). Les rabbins disent : Ils se tinrent debout. R. Judan b. Schalom dit : Us ont montré la grange du doigt, en disant (ibid.) : C'est xm deuil pénible pour l'Egypte. Or, si ces habitants, qui n'ont accompli nul acte de piété, ni avec les mains, ni avec les pieds, se sont vus récompensés de leur zèle par l'Éternel ', combien à plus forte raison y anra-l-il une récompense pour les Israélites qui remplissent des devoirs pieux par leurs mains et leurs pieds (par leurs actes et leur démarche), aussi bien envers les grands qu'envers les petits. R. Abahou dit : l'intervalle de temps de soixanle-dix jours, qui sépare les lettres expédiées par Aman de celles qui ont été expédiées plus lard par Mardochée*, équivaut aux soixanle-dix jours pendant lesquels les Égyptiens ont pris le deuil pour le décès de notre ancêtre Jacob. Il est écrit (II, Samuel, I, 17) : David chanta cette complainte, etc. ; et il dit d'enseigner aux fils de Juda à tirer Varc. Il ne semble pas qu'il ait fallu apprendre cet art guerrier aux enfants de Juda. Quelle en était la cause? C'est que, dit le roi David, puisque les sages périssent (comme Jonathan), les ennemis d'Israël vont venir et leur susciter querelle (nous devons donc apprendre à nous défendre). Puis il est dit (ibid. 18) : Elle est certes écrite dans le livre de Yaschar (du juste).

1. Jeu de mots sur la quasi homonymie avec Kdbed (précité). 2. V. Lauterbach, dans le Recueil Beth ha-Midrasch, I, f. 29. 3. Midrasch Rabba sur Lévitique, eh. XXXIV. 4. Du 13 Nissan au 23 Siwan.

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