‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 21 sur 277 · J., Taanith, III, 1 (f.66i · texte numérisé non relu

J., Taanith, III, 1 (f.66i

ce que l'on a le plus sous la main, réservant le cor plus rare (du chamois) pour une solennité plus rare (le jubilé).

G (5). Si le scbofar (cor) a été fendu et qu'on l'a recollé, il est impropre au service ; de même, si Ton a recollé des fragments de corne et reconstitué un schofar, il est impropre. Lorsqu'il y avait un trou et qu'on l'a bouché, au cas où le trou était un obstacle à la production du son, ce cor est impropre; au cas contraire, il est valable.

La Mischnâ a dû indiquer la 1" défense (d'employer un cor fendu puis recollé), selon R. Nathan, ainsi que l'interdiclion suivante d'employer un cor composé de morceaux de corne collés ensemble L Quant à ce qui a été dit au sujet d'un trou rebouché, selon R. I.liya, au nom de R. Yohanan cet avis émane aussi de R. Nathan ; car on a enseigné : Au cas où l'on a bouché un trou du cor, soit avec une parcelle de la même sorte, soit avec un élément étranger, si le trou empêchait l'émission du son, le cor reste impropre au service, et au cas contraire, il est valable ; selon R Nathan, il faut encore en ce cas que le trou ait été bouché avec la même sorte, et un élément étranger le rendrait impropre. Or, dit R. I.liya au nom de R. Yohanan, il faut ainsi compléter l'avis de la Mischnâ (d'après tous deux) : si le trou, avant d'être rebouché, nuisait à la sonnerie, le cor restera impropre, même après être rebouché; au cas contraire, il est valable. Toutefois, dit R. Aba b. Zemina, au nom de R. Zeira, la question d'obstacle au son est seulement soulevée au cas oîi l'on a bouché le cor; mais si, sans le boucher, le son subsiste, quoiqu'altéré, le cor est valable, car tous les sons suffisent pour la sonnerie du schofar. R. Jacob b. Aha demanda : si, au lieu d'enlever la corne de l'os qui la retient à la tête de l'animal, on a percé cet os (ce qui constitue une séparation), peut-on s'en servir dans cet état? On l'a autorisé à Yabné, fut-il répondu. R. Aba posa la même question à Rab, qui lui répondit : c'est autorisé également à En-Tab 2.

7. Si quelqu'un sonne dans une fosse, ou une citerne, ou un grand vase d'argile, au cas où du dehors on entend le son net du schofar, le devoir de l'audition est rempli ; mais, si ce n'est qu'un son vague d'écbo, le devoir n'est pas rempli. De même, si en passant derrière une synagogue, ou lorsque sa maison est attenante à la synagogue, on perçoit le son du schofar, ou l'on entend faire la lecture du livre d'Estber ^au jour de cette fête), tout en s'y appliquant, le devoir de cette audition sera rempli; au cas contraire, non. Il est vrai qu'aux deux cas l'on a entendu; mais, dans l'un, il y a eu défaut d'attention.

8. Il est dit (Exode, XYll, il) : It arriva que lorsque Moïse élevait le bras, Israël était vainqueur etc. Or, ce n'est pas que les mains de Moïse

1. D'après les autres sages, il va sans dire que tout recollage est interdit. 2. Le texte a été complété, en ce passage, d'après le Maor, ch. 11, et Belh-Yosef, n" 586, par M. Brùll, Jahrbûcher, I, 227. Cf. ci-dessus, tr. Soucca, II, 5, p. 16.

TRAITÉ ROSGH HA-SCHANA 01

faisaient la guerre, ni qu'elles brisaient l'ennemi ; mais aussi longtemps qu'Israël élevait les yeux au ciel et tournait son cœur vers le père celeste, il était le plus fort; sans cela, il retombait dans sa faiblesse.

R. Yossé b. Hanina dit : de ce que la Mischnâ dit seulement « si l'on passe etc. », il résulte qu'en cas de doute sur l'application de la pensée, l'arrêt est un indice que cette application a eu lieu. Si l'on introduit un cor dans un autre et qu'on en sonne, si l'on entend le son du cor intérieur, le devoir est accompli, non si c'est celui de l'extérieur*. Si l'on a retourné le cor (en élargissant la partie étroite, et vice-versà), quelle sera la règle? On peut résoudre celte question d'après ce qu'il est dit^ : gratter le cor au dedans ou au dehors n'est pas interdit; mais le couvrir d'or est interdit à l'intérieur seulement. Donc il est seulement permis de le gratter, non de le retourner ; la distinction est fondée sur ce qu'en ce dernier cas on déplace la cavité (c'est une modification essentielle).

R. Josué b. Levi dit (sur le § 8) : le peuple d'Amalek était semblable aux sorciers ; son habileté consistait à mettre en avant du front de bataille des gens au jour de leur naissance (^éveaiç), car on sait qu'il est rare que l'on meure en un tel jour. Pour y obvier, que fit Moïse ? Il troubla l'ordre des constellations (afin de dérouter les calculs sur la naissance), comme il est dit (Habakouk, III, H) : Le soleil et la lune s'arrêtent dans leur demeure', et auparavant (ib. 10) : L'abîme fait entendre sa voix; il lève ses mains en haut ; c.-à-d. parce que Moïse avait élevé les mains, Amalek tomba dans l'abîme, dont l'écho retentit. Samuel explique la Mischnâ par ce verset (Daniel, "VIII, 12) : L'armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel, à cause du péché, c.-à-d. celui d'avoir manqué à la Loi^ ; et la corne jeta la vérité â terre (ib.) : lorsqu'Israël rejette à terre les préceptes de la Loi et les néglige, la royauté païenne l'emporte sur lui et réussit, selon l'expression finale (ib.) : elle réussit dans ses entreprises. Or, la vérité c'est la Loi, dont il est dit (Prov. XXIII, 23) ; Acquiers la vérité et ne la rends pas ; c'est la sagesse, V instruction et L'intelligence. R. Juda b. Pazi explique ces mots (Osée, VIII, 3) : Israël a rejeté le bien, l'ennemi le poursuivra; ce bien, c'est la Loi*, dont il est dit (Prov. IV, 2) : Car je vous donne des avis en bien ; n'abandonnez pas ma loi.

9 (8). Il est encore dit (Nombres, XXI, 8) : L'Éternel dit à Moïse de se fabriquer un serpent brûlant et de le placer sur une perche. Or, la vue du serpent ne peut tuer ni ressusciter; mais lorsqu'Israël portait ses regards en haut et couchait son cœur devant le père céleste, il était guéri ; sinon, il dépérissait.

10 (9). Un sourd, un idiot ou un enfant ne peuvent pas, par leurs actes, dispenser d'autres du devoir d'entendre le cor (qui ne leur incombe

1. Celui de l'intérieur forme sépaiation entre l'émission du son et sa sortie. 2. Tossefta à ce tr., ch. 2. 3. Rabba à Lamentations, Introd. 4. Rabba à Genèse, ch. 98.

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pas). En thèse générale, celui qui n'est pas soumis à un devoir ne peut pas (en le remplissant) en dispenser autrui. — ^

R. Yassa dil^ : eu 4 passages, Dieu a dit de fabriquer un objet ; pour 3, il indique quels matériaux il faut employer, et pour le -i" la Bible ne le dit pas. Ainsi (Genèse, VI, 1 i), fais-loi une arche en bois de gopher (résineux) ; puis (Nombres, X, 2) : fabrique-toi 2 trompettes cT argent; puis (Josué, V, 2) : fais-toi des couteaux de pierre. Pour le serpent seul, l'élément à employer n'est pas indiqué. Aussi Moïse dit : eomme l'essentiel est le nahasch^, je vais employer ce métal, comme il est dit (Nombres, XXI, 9) : Moïse fil le serpent d'airain. Ceci prouve, dilR. Méir *, que Ton peut interpréter les homonymes. Ainsi, un homme s'appelait Kidor; R. Méir dit de s'en tenir à distance, cet homme devant être mauvais, selon ces mots (Deutér. XXXII, 20) : car c'est une race, Ki ooa, perverse. R. Levi au nom de R. Hama b. Hiya dit : comme il n'est pas écrit (Nombres, XXI, 8), il arrivera que le mordu, mais « tout mordu, » toute morsure, de chien ou de serpent, sera guérie. Toutefois, pour la 1'", il suffisait de voir l'airain ; pour la 2^ il fallait plus d'attention. Selon R. Juda de Gozria^ au nom de R. Aha, pour la morsure du chien, qui est d'une sorte distincte, la vue suffisait ; mais pour la morsure du serpent, qui est de la même sorte, il faudra une vue plus attentive. Selon les autres sages, pour la morsure du chien, qui ne comporte pas d'empoisonnement, la simple vue suffit à amener la guérison ; mais, pour la morsure d'un serpent qui est venimeuse, la guérison sera plus lente à venir.

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