CHAPITRE II
Pâques (l'omer), soit pour celle offerte à la Pentecôte (les deux pains*) ; or, on sait que la sorte de blé servant à remplir le devoir du particulier sera la même pour l'offrande publique à Pentecôte, et comme la première est l'orge, ce sera aussi celle du public. Ou bien encore, si la prémicc d'orner était offerte en froment, ce ne serait plus une prémice pour les deux pains (à Pentecôte) de les avoir en froment (il faut donc de l'orge). On a dit ailleurs 2; les grains d'épautre (alica), de froment {xpiyoq) et d'orge, zT'.axv^, sont susceptibles d'impureté. A quoi R. Yona ajoute: La première sorte est le grain divisé en deux parts, la seconde en trois, et la dernière en quatre. R. Yossé b. R. Aboun demanda : si l'on divise un grain en un plus grand nombre de morceaux, est-ce comme de la farine, dont il est superflu de prélever la fleur, ou non ? (Question non résolue).
2. Le cohen apportait alors un récipient (ç'.xX-/]) d'argile [nouvelle'], avec lequel il puisait un demi-log d'eau du bassin. R. Jiida dit : un quart; et comme le cohen exige moins d'écriture*, il exige moins d'eau. Puis le cohen entrait au parvis et se tournait à droite. Il y avait là un espace carré d'une coudée, comprenant une tablette en marbre, dans laquelle un anneau était fixé. 11 la soulevait, prenait un peu de terre au-dessous de cette place, et en mettait assez pour qu'elle soit visible à la surface de l'eau, selon ce verset (Nombres, V, 17) : De la terre qui se trouve dans le sol du sanctuaire, le cohen prendra et mettra dans Veau.
Dans la Mischnâ, il faut dire le mot « nouvelle » (pour spécifier qu'il s'agit d'argile neuve) ; et cette Mischnâ exprime l'avis de R. Eleazar, puisqu'il a été enseigné ailleurs 5 : « Le lépreux devait apporter un récipient d'argile nowvelle. » Or, ce dernier terme est énoncé selon R. Eleazar; car, de ce verset (Lévitique, XIV, 5), dans un vase d'argile, sur de Veau courante, il conclut qu'à l'instar de Tcau n'ayant jamais servi, on devra se servir d'un vase d'argile n'ayant jamais servi (neuf). Il est donc juste qu'au sujet du lépreux, pour lequel cette déduction de l'eau comparée à l'argile a lieu, le mot nouvelle soit exigible; mais pourquoi l'employer ici? [On le déduit par analogie des termes vases (usités des deux parts) ; et, comme pour le lépreux il est question d'eau courante, fraîche, il en sera de même ici"]. Cette déduction, dit R. Yohanan, est conforme à l'avis de R. Ismaël ; car, celui-ci enseigne que Veau du bassin (l'eau prise pour le culte) est considérée comme eau de source (incorruptible) ; selon les autres sages, elle est susceptible d'impureté en tous lieux. Il est certain que R. Eleazar partage l'avis de R. Ismaël pour l'eau (pour le culte officiel, il faut de l'eau courante) ; e:-t-ce à dire qu'à son tour R. Ismaël par-
1. Lévitique, XXIII, 20. 2. Mischnâ. tr. Makhschirin, YI, 2. Cf. B., tr. Moèd qaton,{. 13ii; tr. Ncdarim, f. bb^; J., même tr., VI, 2 (f. 39c). 3. Mot omis dans les édit. du Tal. de Jérusalem. 4. Ci-après, § 3. 5. Mischnâ, tr. ,Y«g'a'^■/n, XIV, 1 , G. Celle réponse a élo ajoutée ici entre [], d'après le Talmud Bubli, selon l'avis du comnientaire Pné Mosché.
lage l'avis de R. Eleazar en ce qui concerne le vase d'argile (el qu'il le faut neuf)? On trouve un enseignement disant que ce vase d'argile devra être neuf, selon l'avis formel de R. Ismaël. Les uns disent : il faut un vase d'argile (complet), non une écuelle (au bord brisé) ; d'autres disent que les débris peuvent servir. On a cru pouvoir mieux déterminer ces deux avis, en disant : le premier représente l'avis de R. Eleazar ; le second celui des autres sages. En réalité, on peut admettre que les deux avis émanent des Sages, en établissant toutefois cette distinction : le premier ne permet pas l'usage d'un vase brisé, lorsque la majeure partie est enlevée (il n'a plus le nom de vase) ; le second en permet l'usage lorsque la majeure partie du vase (quoique brisé) est encore présente, et il n'est qu'une faible part perdue. Les uns enseignent : il faut employer un vase d'argile, non charbonneux (noirci au feu) ; d'autres permettent d'employer mênîe le vase charbonneux. On a cru pouvoir déterminer de qui émane chacun de ces avis, en disant : Le premier avis doit être attribué à R. Eleazar; le second aux autres sages. Mais en réalité, les deux avis peuvent émaner des sages, en admettant seulement cette distinction, qu'en principe ce vase ne devra pas être charbonneux (noirci) ; mais, en cas de fait accompli, ce vase est admis également, et la cérémonie reste valable. On a enseigné ailleurs ' : « L'hysope ayant déjà servi à asperger l'eau de purification reste pourtant valable pour purifier le lépreux ». R. Imi dit au nom de R. Eleazar : ceci indique que l'enseignement n'est pas de R. Eleazar, puisqu'il est dit^ : Une fois que l'hysope a servi à asperger le sacrifice expiatoire, elle devient impropre à purifier le lépreux ; ou si l'on s'en est servi pour asperger ce dernier, l'hysope ne peut plus servir pour le sacrifice expiatoire. Il est aisé, dit R. Juda, de déduire par a fortiori l'inaptitude de l'hysope à asperger ce sacrifice : ainsi, après avoir aspergé le sacrifice expiatoire avec l'hysope, celle-ci est impropre à servir pour le lépreux, bien qu'à l'égard de ce dernier un travail accompli n'entraîne pas l'inaptitude ; à plus forte raison, lorsque l'hysope a déjà servi à asperger un sacrifice expiatoire, elle n'est plus propre à asperger un autre sacrifice expiatoire, à l'égard duquel tout travail accompli entraîne l'inaptitude. Est-ce qu'après avoir aspergé un lépreux avec i'hysope, elle peut servir encore à asperger un autre lépreux (en raison de la similitude)? Il y a deux avis divers à ce sujet, et celui qui le permet se conforme à l'avis de R. Juda (ci-après) ; c'est du reste ce que déclare aussi R. Eleazar (n'admettant le travail, entraînant l'interdit, qu'à l'égard du sacrifice expiatoire). L'autre avis, qui déclare celte première aspersion impropre, n'est pas partagé par R. Juda; mais R. Eleazar l'admet. On a enseigné que R. Juda dit : C'était mon tour hebdomadaire d'exposer l'exégèse biblique à la salle d'études, et j'ai suivi R. Tarfon (cohen) chez lui. « Mon fils Juda, me dit-il, passe-moi mes sandales » ; je les lui remis, puis il étendit la main par la fenêtre, en tira une canne qu'il me donna, en me disant : « Mon fils Juda, avec ce bâton j'ai purifié trois lépreux. » Par là, j'ai ■J. Tr. Para, XI, 8. 2. Tossefta au tr. Nega'im, ch. 8.