‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 213 sur 277 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

appris d'un coup sept règles, savoir : 1' ce devra être une branche de cèdre ; 2° il y aura au bout une feuille ; 3" la longueur sera d'une coudée ; 4" l'épaisseur sera du quart d'une tige pour lit, coupée d'abord en deux, puis la demie en qualre paris; 5° on peut, après une première aspersion, asperger une seconde et même une troisième personne ; 6° on peut procéder à celte purificalion, soit pendant l'existence du Temple, soit après (comme R. Tarfon a vécu après cette époque) ; enfin, 7" on peut purifier aux frontières de la Palestine. — Comme il est dit (souvent au sujet de la femme soupçonnée) eawa? (Nombres, V, 17 et suiv.), est-ce à dire que, malgré le mélange de la terre, l'eau doive conserver son aspect transparent? Non, parce qu'il est dit (ibid.) : de malédiction. Est-ce à dire qu'en raison de ce dernier terme, l'eau doit avoir l'apparence d'encre (noire) ? C'est pourquoi il y a plusieurs fois le terme eau ; en conséquence, l'eau devra avoir en partie son aspect propre, et en partie celle de l'encre ; et, pour l'exactitude de la proportion les sages ont spécifié que la mesure sera d'un demi log d'eau, prise au bassin officiel. Mais notre Mischnâ ne dit-elle pas que R. Juda prescrit pour mesure un quart de log'l C'est vrai, et il se conforme à son opinion, en disant: comme le Cohen exige moins d'écriture, il exige moins d'eau (sous peine de voir le peu d'encre s'annuler) — ■•.

Pourquoi l'emploi de l'eau, de la terre, et de l'écriture? L'eau doit rappeler à la femme son origine ; la terre fait allusion à sa destination future, ovi elle ira; l'écrit indique qu'elle se trouve devant celui à qui plus lard elle devra rendre compte de sa conduite. On a enseigné ailleurs^ : « Akabia b. Mahalalel dit de considérer trois sujets, afin d'éviter le péché. » R. Aba, fils de R. Papi, et R. Josué de Sikhnin dit au nom de R. Levi : Akabia a déduit les trois sujets d'un seul et même verset (Ecclésiaste, XII, 1) : Souviens-toi de ton créateur ; ce dernier terme peut (dans le texte hébreu) être lu de 3 façons : 1° « ta source «, d'où tu viens ; 2° « ta fosse », oîi tu vas ; 3° « ton créateur», celui à qui tu rendras un jour compte de ta conduite. Trois objets doivent être exécutés à leur intention spéciale 3 ; ce sont : la rédaction du contrat de divorce (Deutéron. XXIV, 2), la confection des eaux amères de malédiction pour la femme soupçonnée (Nombres, V, 17), l'affranchissement accordé à une esclave qui cohabite avec un homme (Lévitiquc, XIX, 20), toutes actions pour lesquelles la Bible a le mot elle. Trois objets doivent être visibles : la cendre de la vache rousse, la terre mêlée à l'eau d'épreuve de la femme soupçonnée, le crachat de la belle-sœur refusée en lévirat. R. Ismaël ajoute : le sang de l'oiseau offert par le lépreux guéri. Aussi, dit R. Zeira, on a fixé une mesure d'eau (1/4), de façon que le sang d'un petit oiseau ne soit pas annulé, et que le sang d'un grand oiseau ne l'emporte pas sur la quantité d'eau, soit un quart. C'est ainsi qu'il est dit : malgré le mot sang (ibid.

4. Suit un passage que l'on retrouve au tr. yôina, III, 10, traduit t. V, p. 198. 2. Mischnâ, tr. Abôth, III, 1 ; Rabba sur Lévitique, ch. 18. 3. Tossefta au tr. Guittin, ch. 2.

^-îS TRAITÉ SOTA

XIV, 6), celui-ci ne doit pas être exclusif, puisqu'il est dit (ib.) : eau vive (courante); et l'apparence de l'eau ne doit pas dominer seule, en raison du mot précité sang ; il faut donc pouvoir distinguer le sang de l'oiseau dans l'eau, ce qui est possible, selon la mesure des sages, dans un quart de log. R. Pedath dit au nom de R. Yolianan* : les eaux d'épreuve pour la femme soupçonnée deviennent inaptes à cet effet, en passant la nuit à découvert. R. Aha dit au nom de R. Abina : tout objet, dont il n'est pas offert une partie sur l'autel, ne devient pas impropre en restant découvert la nuit. Comme il est dit (Nombres, V, 17) : Le prêtre prendra de la terre, on aurait pu croire qu'il s'agit de celle qui se trouve entre l'autel et son récipient ; c'est pourquoi il est dit aussitôt (ibid.) : qui est dans le sol du tabernacle. Est-ce à dire que, pour la prendre dans le sol, il faut le fouiller avec une bêche? Non, puisqu'il est dit : « qui est » ; c'est-à-dire, pour qu'elle soit trouvable sans creuser à la surface, on en apportera au besoin sur ce sol. Selon R. Aboun, au contraire, il résulte des termes du texte qu'il est permis au besoin de creuser le sol avec une bêche, pour avoir de la terre, par déduction des mots « qui est », de partout; et du terme « tabernacle » on conclut à l'extension de tout taber- . nacle, soit à Nob, soit à Guibon, soit à Schilô, soit au Temple de Jérusalem.

3. Lorsque le cohen sera sur le point d'écrire sur le parchemin le passage prescrit, à quel verset devra-t-il commencer? A ces mois (Nombres, V, 19) : Si nul homme n'a couché, etc., et toi, pour avoir trompé ton mari, etc. Mais il n'écrira pas ces mots : le cohen adjurera la femme (ibid. 21). Puis il continuera à écrire : Que Dieu te rende vn sujet d'exécration et d'imprécation dans ton peuple; que ces eaux maudites viennent dans tes entrailles te gonfler le ventre et te faire dépérir le flanc. Mais on n'écrira pas les mots : La femme répondra : Amen, Amen. Selon R. Yossé, le cohen ne faisait aucune interruption (il écrivait tout). Selon R. Juda, le cohen n'écrivait rien de ce qu'il dit à la femme, mais seulement ce verset : « Que Dieu te rende un objet d'imprécation et d'exécration, ex.; que ces eaux maudites arrivent dans tes entrailles, etc. », sans écrire le final : « La femme répondra : Amen, Amen. »

R. Qrispa dit qu'il y a discussion entre R. Yohanan et R. Simon b. Lakisch au sujet de l'ordre à suivre dans cette cérémonie : d'après l'un, le prêtre adjure la femme d'abord, puis il écrira les formules ; d'après l'autre, le prêtre écrit d'abord, puis fait l'adjuration. On avait cru pouvoir supposer que le premier avis s'appuie sur la suite du texte biblique, disant : « le prêtre adjurera, etc. » (vers 19 et 21), puis « il écrira, etc. » (ib. 23) ; le second avis se préoccupe de rapprocher l'adjuration de l'action de boire (sans interrompre par l'écriture, afin de produire une plus grande impression). Les uns ont enseigné : Soit la succession des détails cérémoniels, soit l'adjuration, toute

i. J., tr. Soucca, IV, 7 (t. VI, p. 39).

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