‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 235 sur 277 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

d'admettre qu'il y a propagation d'impureté jusqu'au quatrième degré pour la conbécration (selon lui donc, ils ont bien répondu même à la première question). Pourquoi alors le texte biblique met-il dans la bouche d'Haggée (ibid. ii) des paroles de blâme contre les prêtres? Il ressemblait seulement à celui qui réprimande ses compagnons ou les gens de sa maison, pour les stimuler (sans qu'ils aient mal répondu). Qu'est-ce donc qui faisait dire à Haggée (ibid.) : ce qu'ils offrent ici est souillé'! (Pourquoi ce blâme) ? C'est conforme à ce que dit ailleurs^ R. Simon b. Zabdaï (pour justifier une réprimande d'apparence injuste) : on s'aperçut de l'impureté survenue au Temple par la trouvaille du crâne d'Arnon le Jébusite sous l'autel. R. Aha au nom de R. Aba b. Cahana dit : le prophète leur reprocha de n'être très au courant qu'en fait d'impuretés relatives au mouvement (par l'action de remuer), non pour celles qui résultent de la superposition ^ (si les couvertures servent de séparation). Ainsi, en disant : « Si un homme porte de la chair de sainteté », Haggée demanda aux prêtres si quelqu'un impur du contact d'un mort rend impur par mouvement. « Les prêtres répondirent et dirent : non » ; ils répondirent en ceci avec justesse, puisqu'on effet un individu qui est impur par un mort ne propage pas l'impureté par mouvement. Puis, le prophète leur demanda : Est-ce que celui qui est impur d'un mort propage l'impureté par superposition ? « Les prêtres répondirent et dirent : oui, il sera impur. » En cela, ils n'ont pas répondu exactement, car l'homme impur du contact d'un mort ne propage pas l'impureté de la dite façon. R. Tanhouma ou R. Pinhas dit au nom de R. Levi : le prophète les interrogea sur la valeur qu'il faut attacher au cinquième degré d'impureté concernant les saintetés, en disant : « si un homme porte de la chair de sainteté dans un coin de son vêtement » ; or, ce « coin de vêtement » est forcément au premier degré de l'impureté ; « la chair de sainteté » sera au second degré ; « le pain ou le mets cuits » sera au troisième degré ; « le vin ou l'huile » représentera le quatrième degré ; enfin « un objet à manger quelconque » qui y toucherait serait au cinquième degré, et il leur demande si un tel degré est applicable aux saintetés ? Sur quoi, « les prêtres répondirent et dirent : non » ; leur réponse était juste, puisqu'on effet on ne pousse pas jusqu'au cinquième degré, même pour les saintetés. Pourquoi alors le texte biblique fait-il adresser par Haggée aux prêtres des paroles de blâme ? H ressemblait à celui qui réprimande ses compagnons, ou les gens de sa maison pour les stimuler. Pour quel motif donc Haggée dit-il (ibid.) : Ce qu'ils offrent ici est souillé? (Pourquoi ce blâme ?) C'est conforme à ce qu'a dit ailleurs R. Simon b. Zabdaï : on aperçut de l'impureté survenue au Temple, en trouvant le crâne d'Arnon le Jébusite sous l'autel. — 3.

3. En ce même jour, R. Akiba a aussi interprète le verset suivant (Nombres, XXXV, 5) : Vous mesurerez hors de la ville, au côté tourné

4 J., tr. Pesahim, IX, 1 (t. V, p. 13C); Ir. Nedarim, VI, 8 (f. 39d); ir.Si/nhédrin I, 2 (f, 18^). 2. Mischna, tr. Zabim, "V, 2. 8. Suit un long passage que l'ou retrouve au tr. Haghiga^ III, 2, traduit t. VI, pp. 294-95.

086 TRAITÉ SOtA.

vers VOricnl, un espace loUg de deux mille coudées, elc.; cl au verset précéd(3nt (-4) il est dit : Depuis la muraille de la ville à Vextérieur, un circuit de mille coudées sera libre. Ol', comment expliquer cette contradiction? On ne saurait admettre comme réel le cliiiïrc de mille coudées, lorsqu'ensuite il est question de deux mille ; et pourquoi deux mille, si d'autre part il est question de mille? En voici le sens : un espace de mille coudées doit rester libre comme refuge (pour l'homicide involontaire), et l'espace de deux mille coudées sert à indiquer quelle est la limite sabbattique (des déplacements). U. Elcazar, fds de R. Yosséle Galiléen, dit : mille coudées servent de refuge libre, et dans les deux mille on cultive les champs et les vignes.

R. Éleazar, fils de Fi. Yossé le Galiléen , dit : l'espace de deux mille coudées est la limite (banlieue) des villes lévitiques ; en retranchant mille coudées de refuge, il y aura un quart pour le refuge, et le reste pour les champs et vignes des Lévites. R. Jérémie ou R. Samuel b. R. Isaac explique au nom de Rab que c'est le quart des mille coudées autour de la vile de chaque côté {zz 230 Coudées). R. Isaac dit : il est même possible d'admettre que mille coudées de chaque côté forment le quart ^ de l'espace ; et lorsqu'on veut quadrupler quatre quantités (de la valeur d'un saa), il en faut seize. R. Mena le démontrait à l'aide de quatre briques (juxtaposées en carré) ; R. Abin l'expliquait avec de simples bandes ayant celte mesure (ixi); R. Oschia, pour mesurer cet espace, usait de trails colorés ^. R. Yossé b. R. Aboun dit : Un espace cultivé de cinquante coudées au carré est une contenance donnant un' sad de blé ; un espace de cent coudées au carré contient la valeur de quatre saas (car 100 coudées au carré divisées en quatre parties m 50 coudées carrées chacune). Ainsi, le chef de la captivité reçut un jour l'ordre du gouvernement d'avoir à verser comme impôt, assez de blé pour remplir une chambre (triclinium), ayant quarante coudées carrées. Dans son embarras, il alla trouver R. Houna, pour le consulter, qui lui dit : « Va trouver le percepteur, et dis-lui, que ne pouvant tout payer d'un coup, il veuille bien se contenter de recevoir de toi, cette fois, une chambre pleine mesurant vingt coudées carrées, et quelque temps plus lard une autre quantité égale de vingt coudées carrées ; de cette façon, tu gagneras la moitié (40x40 = 160; mais 20x20x2 = 80). R. Aba au nom de R. Juda et R. Zeira au nom de R. Meir Ouqba rappellent ^ qu'il est prescrit de mesurer les distances à l'aide d'une corde de cinquante coudées. R. Zeira dit au nom de R. Hisda : on n'opérera pas ainsi pour mesurer les limites des villes de refuge, ni s'il s'agit de fixer la place voisine d'un crime dont l'auteur est inconnu, expié par l'offre d'une génisse. On comprend

1. En supposant à la ville un espace de 2000 coudées car., et coupant cet espace en deux parts,-!- 2000 coudées c. de cliaque côté =8x200 sur 1000,=16 X 1000, abstraction faite des 4 angles, qui placés en dehors de la circonférence ne servent pas de t-efuge, mais s'ajoutent au total de la limite lévitique(= 32,000 c.). 2. Des marques de couleur. 3. J. tr, Eroiibin, Y, 4 (tr. IV, pp. 251-2),

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