Cf. J., tr. Naz-ir, VIII, 1 (f
ne parle contre elle; ce qui indique que lout témoignage contre elle (même seul) est valable. De là aussi on semble conclure un raisonnement a fortiori : si le dernier témoignage (le plus grave), qui entraîne un interdit éternel , subsiste par une seule assertion ; à plus forte raison le premier témoignage, qui n'entraîne pas d'interdit éternel, devrait-il suffire pour valoir d'après l'assertion d'un seul. C'est pourquoi il est écrit (Deutéron.XXIV, 1): Si Von trouve m elle une action honteuse, et ailleurs il est dit (ibid. XIX, 10) : sur l'assertion de deux témoins, la parole subsistera ; comme la « parole » dont il est question là devient seulement eflcctive après une double assertion, de même ici il faut deux témoins.
4. Si un témoin dit qu'elle est devenue impure et un autre affirme qu'elle ne l'est pas, ou une femme dit qu'elle est devenue impure et une autre femme affirme le contraire, l'accusée devra boire l'eau d'épreuve*. Si un témoin l'accuse d'impureté, et deux témoins déclarent que cela n'est pas, l'accusée devra pourtant boire l'eau d'épreuve. Si deux témoins affirment qu'elle est devenue impure, mais un seul déclare qu'elle ne l'est pas, cela suffit pour la dispenser de boire '^,
Par « le premier témoignage accusateur », on entend l'accusation contre la femme de s'être enfermée avec un homme; et par « le second témoignage », on entend l'accusation que la femme s'est souillée. Lorsque la Mischnà dit que l'accusation contre la femme de s'être enfermée avec l'homme défendu, n'est valable que par un double témoignage, elle se conforme à l'avis de R. Josué, qui dit plus haut (I, 1) : « Le mari, après avoir exprimé à sa femme ses sentiments de jalousie contre tel homme, l'avertira devant deux témoins de n'avoir pas à s'enfermer avec cet homme (sous peine d'être soupçonnée d'infidélité) ; et si cependant elle s'enferme, il lui fera subir l'épreuve à la suite de l'assertion de deux témoins qui constatent qu'elle a désobéi. » Au besoin, dit R. Mena, notre Mischnâ peut s'expliquer aussi d'après l'interlocuteur de R. Josué (ou R. Éléazar), puisqu'il a été enseigné (ibid.) que R. Yossé b. R. Juda dit au nom de R. Eléazar: Le mari exprimera sa jalousie à sa femme, se contentant pour celte menace de la présence d'un seul témoin, ou même de son propre dire ; mais pour lui faire boire l'eau d'épreuve, il faut l'attestation de deux témoins qu'elle s'est enfermée (de façon interdite).
— 3, j\ Ada b. Ahawa dit: un témoin est digne de foi pour déclarer la femme impure (de façon que, même sans épreuve, elle devient interdite au mari) ; mais ce témoignage isolé ne suffit pas pour que la femme, en quittant son mari, perde ses droits à son douaire. R. Ijisda explique pourquoi un seul
•1. Il peut y avoir doule qu'avant l'arrivée des seconds témoins, elle se soit souillée. 2. Il est presumable qu'elle est impure avec certitude, et il n'y a pas lieu de l'éprouver. 3. En tête du § 4 est un passage que l'on retrouve au tr. Yebamôlh, XV, 0, traduit ci-dessus, p. 207,