‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 249 sur 277 · T. VII · texte numérisé non relu

T. VII

On a enseigné (conlrairenieiiL à ia Mischnâ) : Lesdiles paroles ont été inscrites sur les pierres de l'endroit où ils y passèrent la nuit^, selon l'avis de R. Juda ; R. Yossé dit qu'elles furent écrites sur les pierres de l'autel. D'après celui qui professe la première opinion, disant que la Loi a été inscrite sur les murs d'une hôtellerie, on comprend que chaque jour les nations du monde aient pu envoyer leurs scribes (Notarii), qui reproduisaient ces textes, puisque la Loi était écrite en soixante-dix langues (de façon à être comprise de tous) ; mais comment admettre l'avis de celui qui dit (d'accord avec la Mischnâ) que la Loi a été inscrite sur les pierres de l'autel? En ce cas, ne s'agit-il pas d'une construction passagère, dont on a dû enfouir sous terre tout ce qui a servi au culte, avant le départ, et comment alors les païens en auraient-ils pu profiter ? C'était, en effet, un miracle que, pendant le court espace de temps où l'autel resta érigé. Dieu développa l'intelligence de chaque nation, de façon qu'elle pût faire copier (rapidement) le texte de la Loi écrit en soixante-dix langues. D'après l'opinion de celui qui déclare que la loi fut transcrite sur les murs de l'hôtellerie, on comprend qu'il soit dit (Deutéron. ibid. 2 et 4) : tu les enduiras de chaux; mais d'après l'autre opinion, disant que la loi fut inscrite sur les pierres de l'autel, à quoi bon cette jonction au ciment (ce texte devant disparaître au bout de peu de temps) ? Ce ciment, fut-il répondu, devait seulement être placé entre les diverses pierres de l'autel (pour les joindre momentanément). R. Samuel b Nahmani dit au nom de R. Yohanan : dans ce verset (d'Isaïe, XXXllI, 12), les nations étaient brûlées dans la chaux 2, le dernier mot (superflu) indique qu'en raison de cet objet (grâce auquel les nations pouvaient apprendre la Loi), elles provoquèrent leur condamnation, âTrôsas'.ç, à mort par le feu. R. Aba b. Cahana dit de même au nom de R. Yohanan : de ce qu'il est écrit (ibid. LX, 12) : Et les peuples seront ruinés, Harob, on conclut que, par leur renonciation au mont //orei 3 (à la promulgation de la Loi sur ce mont), ils se suscitèrent une condamnation à mort. On voit (par les divers textes bibliques) que les Israélites, lors de l'entrée en Palestine, eurent recours trois fois aux pierres : X" celles qu'ils emportèrent du Jourdain dans leur campement * (Deutéron. XXVII, 2); 2° celles que Jospé fit placer dans le lit du Jourdain pour servir de piédestal aux prêtres (Josué, IV, 3 et 9) ; S" les pierres commémoratives,aTYiXï5,que Moïse fit placer à l'Est du Jourdain, en expliquant la Loi ^Deutéron. XXVII, S). Ilestclair pour nous, dit R. Haninan, qu'il y eut quatre sortes de pierres ; et il est juste de l'admettre ainsi, ajoute R. Simon b. Zebid, car les pierres de l'autel ne sauraient être celles qui furent érigées plus tard contre les murs de l'hôtellerie, puisqu'ayant servi au culte sacré provisoire, elles ont dû plus tard être enfouies sous terre. Ce ne saurait

1. V. Josué, IV, 3. 2. Comme bien souvent, l'exegète détourne ce verset du sens ordinaire, qui est : « de la chaux brûlée », 3. Jeu de mots enire Horeb et Harob. 4. Elles étaient, selon lui, les mêmes que les pierres de l'autel, dont on iit usage pour cette transcription, selon la Mischnâ.

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