CHAPITRE YIIl
1. Lorsque le grand prêtre oint pour la guerre s'adresse au peuple, il lui parle en hébreu, comme il est dit (Deutéron., XX, 2) : Il arrivera, au moment de vous préparer à la guerre, que le prêtre s'opp'*ochera; c'est celui qui est oint pour la guerre; il parlera au peuple, dans la langue sainte. Il leur dira : Ecoute, Israël! Vous entrez aujourdliui en liçâ contre vos ennemis, non contre vos frères; ce n'est ni Juda contre Simon, ni Simon contre Benjamin, qui auraient pitié de vous si vous tombiez entre leurs mains.
(2) Ainsi il est dit (II Chron.,XXVIlI, 1G) : « Les hommes désignés par le nom se levèrent, saisirent les captifs, et À l'aide du butin pris ils vêtirent ceux qui avaient été nus, les habillèrent, les chaussèrent, leur donnèrent à manger et à boire, les frottèrent d'huile, conduisirent à âne chaque homme faible, les menèrent à Jéricho, la ville des palmiers, auprès de leurs frères et retournèrent à Samarie. » Mais vous marchez contre vos ennemis qui n'auront pas pitié de vous si vous tombez entre leurs mains.
D'où sait-on que le grand-prêtre oint pour la guerre doit parler en hébreu seulement ? De ce qu'il est écrit (dans le verset précédent du Deutéronome) : « \[ parlera au peuple » (ce /9a?'/0r devra être officiel, dans k langue employée pour le culte). Mais, pour la lecture liturgique du Schema, n'est-il pas dit aussi (ib. VI, 7) : tu en parleras, et pourtant il est permis de procédera cette récitation dans n'importe quelle langue * que l'on comprend ? Ici, il faut attacher au terme parler un caractère plus officiel, parce qu'il est suivi de l'expression « II leur dira ». Mais, dans la confession à réciter lors de la remise de la troisième dîme (ibid. XXVI), on trouve aussi le terme dire, et pourtant il est permis de la réciter en toute langue que l'on comprend? C'est que, répond R. Hagaï, comme on se sert là du mot approcher, et que ce terme se retrouve au sujet de la cérémonie d'une génisse à la nuque rompue (ibid. XXI, 5) : Les Cohanim, fils de Levi, s'approcheront, etc., on établit une analogie
i. Voir ci-dessusj VII, 1.