CHAPITRE IX
Ismaël (le fils du grand prêtre Élischa) ont été passés au fil de l'épée (tués par ordre du gouvernement), et pour tout le reste du peuple il en est issu la honte du chagrin ; car de grands mulheurs vont survenir. » Les rabbins s'étaient exprimés en langue araméenne, et le peuple ne comprit pas ce qu'ils avaient dit (avec l'intention de ne pas efïrayer l'auditoire). Au sujet de Juda b. Bava (lors du décès de ce martyr), il fut également décidé qu'il y a lieu de prononcer son éloge funèbre, et de dire qu'il était modeste et pieux; seulement, en raison du trouble momentané (par la crainte des Romains), il fallut ajourner l'oraison funèbre, interdite d'office.
On a enseigné que R. Juda dit': quelle est la supériorité du Schamir? C'est une créature qui remonte aux premiers jours de la Création. Il suffisait de la remettre en regard des pierres marquées d'une raie en vue d'être taillées, pour qu'aussitôt elles se découpent en plaques comme les feuilles d'un registre, mva^ ; c'est à l'aide du Schamir que Salomon a pu construire rapidement le Temple. Ainsi, il est écrit (I Chronique, VI, 7) : Efi bâtissant la maison, on la bâtit de piej-res qu'on avd.it amenées toutes telles qu'elles devaient être, de sorte qu'en bâtissant \a maison, on n'entendit ni marteau pointu, ni cognée, ni outil de fer. Selon R. Nchcmie, les pierres avaient été sciées par le fer ; c'est ainsi qu'il est écrit (ibid. VII, 9) : Toutes ces choses étaient en pierres de prix, de la même mesure que les pierres de taille, sciées arec une scie en dedans et en dehors. Mais puisqu'il a été dit précédemment que « l'on n'entendit aucun instrument de fer », il n'est pas possible d'admettre que l'on découpait en quoi que ce soit les pierres à l'intérieur? En effet, on les apprêtait au dehors, et on les apportait à l'intérieur de la construction toutes prêtes à être mises en place. Rabbi dit : il y a lieu de croire que l'opinion de R. Juda est applicable aux pierres de la construction du Temple, et l'avis de R. Néhémie est applicable au palais bâti (en même temps) pour le roi Salomon. Aucun objet ne pouvait résister à l'effet du Schamir, fùt-il placé sur une pierre ou sur une plaque ['xi'.i) de métal : aussitôt cet objet se fendait en deux, et le schamir sortait. Aussi, que fait-on pour le conserver? On l'enveloppe dans des chiffons de laine, on le pose dans un récipient (tina-) de plomb, plein de son d'orge. C'est pourquoi il est dit (Amos, V, 9) : // fortifie le dévastateur (comme c'est le cas du schamir) contre le puissant.
«Et le miel de Çophim », est-il dit. C'est le miel qui vient à Çafia^, R. Yossé b. R. Hanina dit : c'est de la fleur de farine qui surnage sur le ta-
lors des persécutions religieuses de la première moitié du iie siècle. Voir Mekhilta, section Miscfipatim, eh. XVIII ; traité Sernaholh (des réjouissances, par euphémisme pour: te Deuil)., ch. VIII ; Rituel de l'office du Kippour, piièie du Moussa J. Cf. Graetz, Geschichte, t. IV (2» édition), pp. 175-178. 1. V. Tossefta à ce traité, ch.XV. 2. Etymologic à ajouter au H^'ôrlerbiuh de J. Levy, ,v. v. 3. Il y a là une accumulation de jeux de mots entre trois expressions biblifjues, tirées de Ps. XIX, 11 ; Lament. IV, 17, et I Samuel, XXVI, I. La fe signifie : « rayon de miel excellefnt » ; la 2^ : < espérance » ; la 3« • « de Ziph. » Cf. Mischnft, tr. Makhschlrin, V, 9,
mis, pétrie avec du miel ou du beurre. R. Jonathan dit ' : l'espèce inrime(Safsouf) de figue tardive que nous mangions dansnotre jeunesse valait mieux que le meilleur produit, tel que la pêche (Persica), consommé dansnotre vieillesse, car pendant notre génération le monde a changé à son désavantage. R. Hiyab. Aba dit à l'appui de cette opinion : la mesure d'un saa d'Arbel produisait six parties : 1° une mesure de fine fleur de farine; 2° une mesure de farine simple ; 3° une mesure de farine grossière (cibarium) ; 4* une autre de son ; 5° une de déchet ordinaire, et enfin 6* une mesure de grosse mouture ; tandis qu'à présent sa valeur a tellement diminué que ladite mesure produit à peine l'une des parties qui viennent d'être énumérées. — « Les gens de bonne foi ont disparu ». Par ces personnes, dit R. Zeira, il faut entendre les gens qui se livrent à l'étude de la loi. Ainsi, il était arrivé à un Rabhi, de se consacrer avec son frère à la lecture des textes bibliques dans la ville de Tyr, tandis que tous autour de lui se livraient aux aflaires, i:paY[jLai£ta. Quant à moi, disaitil, je ne perdrai pas mon temps au commerce ; si le gain doit m'arriver, qu'il vienne donc seul.
13. Simon b. Gamaliel dit, au nom de R. Josué : depuis le jour de la destruction du Temple, il ne s'est pas passé un jour où il ne soit survenu une malédiction, où la rosée soit tombée pour le bien, où le bon goût des fruits n'ait disparu. R. Juda ajoute : même la crème (partie grasse) des fruits a disparu.
l^. Simon b. Éléazar dit : la perte delà pureté a précédé celle du goût et de l'odeur des fruits ; la disparition de la loi sur les dimes a eu pour suite la perte du meilleur blé. Les autres Sages disent : la prostitution et la sorcellerie ont tout ruiné.
15. A la suite de la guerre (TioXeiAÎç^) de Vcspasien, il fut défendu aux nouveaux mariés déporter des couronnes et de laisser battre le tambour, Iros, devant eux. Après la guerre de Quietus ^, les fiancés ne devaient plus porter de couronne (en signe de deuil), et il fut défendu d'enseigner le grec à ses enfants. Après la dernière révolte (sous Adrien), il a été décrété que la fiancée ne sortirait pas à travers la ville en palanquin, çopeiov; mais nos docteurs ont permis que la fiancée sorte en cet appareil (ils en ont rétabli l'usage).
1. J., tr. Péa, VII, i (t. II, p. 96). Cf. ci-dessus, I, 8. 2. On est étonné, en lisant le commentaire de Maïmonide, de voir que ce savant ignorait le sens du mot grec 'KoXs.'^.iç, et qu'il lui donne pour équivalent arabe "I'li^ri' temps. Quant au
terme suivant jsT^K» i' 'c '"^^'^ P^'" l'instrument de musique cornemuse, la^x (non avec le double accent ", mais avec o sur la dernière lettre, comme l'a correctement le ms. de Londres, Orientais, n» 2391). 3. Les éditions ont, par erreur : Titus. Mais la vraie leçon est déjà donnée par Azaria de Rossi, Meor Enahn, ch. 19. d'après un ms. du SéJer 'olam. Cf. Derenbourg, iTiia?, p. 406; Mazkir, 1864, p. 22.