‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 32 sur 277 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1. A partir de quel jour intercale-t-on, dans la prière de VAmida, la mention du don céleste des pluies? Selon R. Eliézer, depuis le l""" jour de la fête des Tentes ; selon R. Josuc, depuis le dernier jour de cette fête ; car, dit-il, puisque la pluie n'est pas agréable à ce moment (où l'on reste sous les tentes de feuillage), il n'y a pas lieu d'en parler. Il s'agit seulement, répliqua R. Eliézer, de constater un des attributs divins, en disant : « il fait souffler le vent et tomber la pluie, » en temps opportun. S'il en était ainsi, dit R. Josué, on pourrait toujours rappeler cette qualité divine Candis que la limite du temps implique l'opportunité).

R. Eliézer fonde son avis sur ce qu'à cette fêle on présente le faisceau du loulab, composé de 4 objets croissant aux bords de l'eau, afin qu'ils intercèdent près Dieu (paracletum) pour l'obtention de l'eau; ou bien la raison est qu'au moment de servir pleinement son maître, le serviteur a l'habitude de demander son salaire. Au contraire, lui dit R. Josué, lorsqu'un serviteur a servi pleinement son maître et qu'il s'aperçoit de la salisfactien de ce dernier, il lui demande sa nourriture (demande inopportune au l"jour); de même, quant au 2« motif, le serviteur ne demande à être payé qu'en ayant achevé son travail (non au commencemt'nl). On a enseigné : R. Eliézer prescrit la mention de la pluie dès le jour de la prise du loulab ; R. Josué l'ordonne au jour où l'on dépose le loulab. Or, d'après ce dernier enseignement, on s'explique le motif invoqué par R. Eliézer (de la prise des i sortes composant ce faisceau) conforme au présent. Mais R. Josué ne se contredit-il pas, puisque la JVlischnà parle, selon lui, du dernier jour de la fête; tandis qu'il assigne pour limite le moment du dépôt du loulab (qui est le 7°, non le 8*)? Comme toute la journée, dit R. Mena, on peut remplir le devoir du loulab, c'est près de la nuit du dernier jour que ce dépôt s'effectue. Mais alors il faudrait mentionner la pluie dès la veille au soir? Non, parce que tous les fidèles ne sont pas au Temple le soir ; et la mention n'a pas non plus lieu dès la prière du malin du dernier jour, parce qu'un nouvel arrivant supposant que la mention a été faite la veille au soir resterait devoir la faire cette fois (et l'an suivant la ferait le soir) ; tandis qu'en ne voyant personne faire cette mention dans la prière du matin et tous la dire dans la dernière prière additionnelle, on se rend bien compte que ce n'est pas sa place le soir. R, Hiya b. Marieh lui dit: R. Yôna ton père a adressé la mémo question, cl R. Hagaï au nom de R. Pedalh a répondu : nul individu particulier ne doit mentionner un attribut divin avant que l'olficiant l'ail proclamé (condition applicable seulement au moussaf). R. Simon dit au nom de R. Josué b. Levi qu'une tellq

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mention ne saurait dépendre de l'ofticianl (au point qu'un homme isolé ne pourrait pas l'inlercaler). Est-ce à dire, demanda R. Mena à R. Ragaï, que R. Simon est d'un avis contraire à son interlocuteur? Non, lui dit R. Hagaï, car ce qu'il vient de dire sous forme interrogative, concluant que l'homme isolé peut intercaler une mention, est applicable à celle de la rosée; la défense applicable au cas analogue de l'homme seul se rapporte à la mention de la pluie (laquelle doit, au préalable, être annoncée par l'officiant). Une fois que le public s'est mis à dire ensemble la prière contenant cette mention, cela équivaut à l'acte de l'officiant (et désormais tout individu pourra l'intercaler) — i.

Après avoir terminé la prière, si l'on ne se souvient plus d'avoir intercalé cette mention, ou non, il est à présumer, dit R. Yohanan, qu'aux 30 premiers jours d'une période, on aura suivi la formule habituelle antérieure à ce temps; au bout d'un mois, la présoniption est que le fidèle aura demandé ce qui convient à la saison. R. Aba, dit au nom de R. Houna : aux doubles jours de fêle observés pendant la captivité, en raison des doutes du comput (et oii l'on ignore si c'est déjà le vrai jour, ou non), on mentionnera, par exemple, encore la rosée dans la prière du matin du 1" jour de Pâques, maison Vomollvà dans \q Moussa f; dans celle de Mlnha (vêpres), on reprendra la formule du matin, et enfin on agira comme pour le moussa/. R. Hanania, neveu de R. Josué, dit : au milieu de la captivité, pour solliciter la pluie dans VAinldd {9" section), on n'agissait pas de même ; on attendait le 60® jour après l'équinoxe de Tisri. Samuel dit que cet avis de Hanania sert de règle. Oa a en effet enseigné : c'est vrai seulement en Palestine ; mais au dehors on se dirige, pour intercaler cette mention, d'après le temps et les circonstances. En outre, la limite est assignée seulement pour la pluie, non pour la rosée, que l'on peut solliciter n'importe queljour de l'année.

« Selon R. Josué, est-il dit, puisque la pluie n'est pas agréable à ce moment, il n'y a pas lieu d'en parler. Il s'agit seulement, dit R. Eliézer, de constater l'attribut divin de faire tomber la pluie en son temps. » Au moment opportun, elle procure autant de joie que la résurrection des morts (que l'on mentionne chaque jour). Je m'étonne, dit R. Yossé, de ce qu'un tel rabbin (R. Eliézer) établisse ce parallèle mal fondé; car en tout temps l'homme aimerait à voir revivre ses morts, tandis qu'il ne lui est pas agréable en tout temps de voir tomber la pluie. — « S'il s'agissait d'opportunité, dit R. Josué, on pourrait toujours faire cette mention. » Est-ce que R. Eliézer aussi bien queR. Josué ne se contredisent pas? Si, d'après R. Eliézer, c'est une constatation qui peut avoir lieu de tout temps, comment se fait-il qu'à chaque jour on dise la formule « il délivre Israël? » Or, il y a une discussion à ce sujet ^ : Selon lui (R. Eliézer), si Israël ne se repent pas, il ne sera jamais racheté, comme il est dit (Isaïe, XXX, 15) : par le repentir et la soumission vous se-

1. Suit un long passage que l'on retrouve en entier au tr. Berakhôh, V, 2 (l. I, pp. 100-2). 2. B., tr, Synhédrin, 90i\

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rez secourus (cela dépend donc des Israélites seuls). Quoi, dit, R. Josué, si Israël ne faisait jamais pénitence, Dieu ne les délivrerait-il pas? Certes, il aura pitié d'eux, cet acte de délivrance étant un de ses attributs, comme l'est la chute de la pluie (Il n'y avait donc pas lieu de répliquer qu'ainsi la mention pourrait toujours avoir lieu i, puisqu'il s'agit d'un attribut divin). Si Israël ne se repent pas, dit R. Éliézer, Dieu lui suscitera un souverain aussi cruel que Haman; dès lors, il se repfnlira et sera délivré, selon ces mots (Jérémie, XXX, 7) : c'est Le moment de l'oppression pour Jacob, et d'elle il sera sauvé. A quoi R. Josué répliqua ces mots (Isaïe, LU, 3) : c'est r/ratuitement que vous avez été vendus, et ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés (ce qui semble exclure tout rachat, même par les bonnes œuvres). Selon R. Eliézer, ce verset admet toutefois l'effet de la pénitence, comme il est dit (Prov. VII, 23) : il prit en main le sac d'argent [allusion noloïve aux justes). Mais, lui dit R. Josué, n'est-il pas écrit (Isaïe, LX, 22) : Moi l'Éternel je hâterai ces choses en leur temps'! [N'eu résulte-l-il pas que la Providence agit sans tenir compte des actes humains?) Cela n'exclut pas le repentir, observa R. Eliézer, comme il est dit (Deutér. X, 12) : Maintenant Israël, que te demande l'Éternel ton Dieu? De le craindre, etc. R. Aha au nom de R. Josué b. Levi explique le verset précité (d'Isaïe) : si vous en êtes dignes, je les hâterai ; sinon, elles arriveront en leur temps. Dès que R. Josué eut invoqué ce verset (Daniel, Xll, 7) : il leva la droite et la gauche vers le ciel, et il jura par celui qui vit éternellement que ce sera dans un temps, des temps et la moitié des temps, et que toutes ces choses finiront quand la force du peuple saint sera entièrement brisée, R. Eliézer se retira (convaincu que c'est là la fin, et il n'eut plus rien à dire). Par suite de 5 causes, Israël a été délivré de l'esclavage d'Egypte^ : par la fin, par l'oppression, par ses plaintes, parle mérite des patriarches, par la pénitence. \° A cause de la fin, selon ces mots (Exode, II, 23) : Longtemps après, le roi d'Égijpte mourut; preuve que sa fin était venue, ef les enfants d'Israël gémissaient sous la servitude, et poussaient des cris, à cause de l'oppression ; puis il est dit (ib. 24) : Dieu entendit leurs gémissements, à cause de ses plaintes. Il se souvint de son alliance (ib.), à cause du mérite des patriarches; puis (ib. 25) : Dieu regarda les enfants d'Israël, par suite de leur pénitence, et il en eut compassion. En raison de la fin, la délivrance future aura lieu aussi, selon ces mots (Deutér. IV, 30) : Aie sein de ta détresse, à cause de l'oppression ; et toutes ces choses t'arriveront, dans la suite des temps, et tu retourneras à l'Éternel, en faisant pénitence. Car l'Eternel ton Dieu est un Dieu de miséricorde, si l'on invoque cette qualité ; il ne t'abandonnera pas, ne te détruira pas ; il n'oubliera pas Val lia n ce de tes pères, par égard pour leur mérite. De même, il est dit (Ps. CVI, ii) : Il vit leur détresse, à cause de leur oppression; lorsqu'il entendit leurs supplications, à

i. Quant à la contradiction signalée, elle n'est pas résolue. 2. Rabba à Deulé» ron., ch. 2; Midr, à Ps. CIII.

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cause de leurs cris ; il se souvint en leur faveur de son alliance (ib. 4o), à cause du mérite des patriarches ; il eut pitié selon sa grande bonté, en raison de leur repentir; il excita pour eux la compassion, eu égard à sa pitié. Un homme ayant péché de la langue (calomnié) vint trouver R. Yohanan pour se repentir, celui-ci l'envoya à R. Ijanina qui lui dit: Aie regret et désormais étudie la loi, dont il est dit (Prov. XV, 4) : Elle guérit la langue; c'est un arbre de vie. R.flanina, fils de R. Abahou, dit avoir lu dans le livre de R. Meir l'explication de ce verset (Isaïe, XXI, 11) : Crade contre Douma, oracle sur Douma^ ; on me crie de Séir, c'est-à-dire selon R. Yohanan, on m'appelle à cause de Séir; selon R. Simon b. Lakisch, « à moi il s'est joint venant de Séir » (ou Home). Or, R. Josué b. Levi dit : si quelqu'un demande à Israël captif où est son Dieu, celui-ci répondra que Dieu est dans la plus grande ville d'Edom, selon ledit verset. En effet, R. Simon b. Yohaï a dit-: Partout oij Israel a été exilé, la providence l'a accompagné; elle était avec lui en Egypte, selon ces mots (I Sam. II, 27) : J'ai été exilé dans la maison de ton pèie, lorsqu'ils étaient en Èggpte chez Pharaon. En Babylonie, selon ces mots (Isaïe, XLIII, 14) : A cause de vous j'ai été eU' voyé à Babel. En Médie^, selon ce verset (Jérémie, XLIX, 38): je mettrai mon trône à Élatn, dernier mot qui figure la Médie, comme le prouve ce verset (Daniel, VIII, 2) : je nie tronv lis à Suze la capitale, qui est dans la province d'Élam. En Grèce, commr. il rst dit (Zakharie, IX, 13) : Et je soulèverai tes enfants, ô Sion, contre tes enfants, 6 Yavan... l'Éternel au-dessus d'eux apparaîtra. Enfin, à Rome, lisant ainsi ce verset : mon Dieu m'appelle de Séir (Rome). Ce verset d'Isaïe (XXI, H) continue ainsi : le meilleur que dit-il ^7 Cela signifie qu'Israël demanda au prophète Isaïe ce qu'il en résulterait de cette nuit. Attendez, leur dit-il, que j'aie pu m'informer. Après son enquête, il retourna auprès des Israélites qui lui répétèrent la demande, qu'a dit le gardien du monde? Il leur répondit (ib. 12) : Le veilleur a répondu que le matin est venu et la nuit aussi. Quoi, dirent-ils, est-ce la nuit qui vient, des ténèbres de l'exil? Ce n'est pas général comme vous le supposez, dit-il; ce sera le matin pour les justes, et la nuit pour les impies ; le n)alin pour Israël, la nuit pour les idolâtres. Quand sera-ce? Quand vous voudrez, Dieu voudra aussi ; à vous de l'invoquer. Quel obstacle y a-t-il à notre salut? Il ne manque que le repentir, répondit-il, en disant (ib) : convertissez-vous et revenez. R. Aha dit au nom de R. Tanhoum b. Hiya : si Israël se repentait un seul jour, aussitôt le messie viendrait, selon ces mots (Ps. XCV, 7) : en ce jour, si vous écoutiez sa voix. R. Levi dit^ : Si Israël observait un seul sabbat en règle, aussitôt le messie viendrait, comme il est dit (Exode, XVI, 25) :

1. L'exégète, pour sa thèse. Ut ce second mot : Roma (=Seii'), par pormutition aisée de 1 et 1. V. Rabba à Genèse, ch 1, 9, 20. 2. B. Meç/hilla, 29»; R.ibba à Exode, ch. 15; et Rabba à GaiUi(jiie, IV, 7. 3. Rabba à Nombres, ch. 7; Midrasch à Ps. XCI, fin. 4. Le mot Milfl (de la nuu) est détourné ici de «on sens habituel, par i'exéj,'ete, et employé comme le chald. Mattel (parler). 5. B., tr, $abbat, 118^,

Muïse leur dit do le manger en ce jour', car en ce jour c'est le sabbat à VÉternel (de celte redondance de termes, on conclut qu'un seul jour suffirait pour cela); cl il est dit encore (Isaïe, XXX, lo) -.par le regret et le repos vous serez secourus, c'est-à-dire par suite du repos sabbatique.

2. On ne sollicitera la pluie dans la prière de Vamida (9* section) qu'au moment de la saison pluviale. Selon R. Juda, aux offices du dernier jour de la fête des tentes, le 2" (chargé de dire le Moussa f) fera cette mention, non le 1°^ ; tandis qu'au l^'' jour de la fête de Pâques (jour d'arrêt pour celte formule), le l"^ la mentionne encore, non plus le second. La sollicitation (section 9) a lieu, selon R. Juda, jusqu'à Pâques ; selon R. Méir, jusqu'à la fin de Nissan, d'après ces mots (Joel, II, 23): il vous donnera la pluie, celle de la première et celle de V arrière saison, au premier * (au i*""

mois).

R. Yohanan dit : l'avis exprimé ici en 1" lieu par R. Juda (au sujet des mentions de la pluie) sert de règle, car il s'est exprimé ainsi au nom de R. Juda b. Belhera (dans une braltha). R. Aboun explique au nom de R. Yohanan que R. Juda se fonde sur ce motif : il est bon que les fêtes finissent et commencent par la mention de la rosée (non de la pluie), car la rosée est de bon augure pour le monde. Est-ce que R. Juda ne se contredit pas? II commence par dire, dans notre Mischnâ, qu'aux offices du dernier jour de la fête des Tentes, le 2" seul mentionnera la pluie, non le 1"; et à la fin de cette même Mischnâ, il dit que la sollicitation de la pluie (à la 9° section de l'amida) a lieu jusqu'après Pâques (ce qui en implique forcément la mention pendant tout ce temps)? C'est qu'un avis a été exprimé en son propre nom, et un autre au nom de R. Josué b. Bethera. On ignore jusque là lequel des 2 avis émane de lui (R. Juda) ; mais puisque R. Yohanan admet comme règle l'avis exprimé par R. Juda au nom de R. Juda b. Bethera, et R. Aboun ajoute au nom du même que l'on procède conformément à cet avis de R. Juda pour que la formule parlant de rosées prédomine pendant les fêtes, car elle est de bon augure pour le monde; cela prouve que le 1" avis exprimé l'est au nom de R. Juda b. Belhera, el le 2*^ en son propre nom. Peut-être cependant, fut-il demandé à R. Yohanan, s'agit-il au commencement de la Mischnâ de mentionner la pluie dans Yamidd (à la 2° section), et à la fin de la solliciter (9° section)? Cela ne se peut pas, leur répondit R. Yohanan, car il est de règle de solliciter la pluie aussi longtemps qu'on la mentionne, non au delà. R. Yossé dit à R. Hanina, frère de R. Oschia : tu te souviens ^ que lorsque nous nous trouvions devant la boutique de R. Oschia ton oncle, R. Zeira passa; nous l'avons interrogé à ce sujet, et il nous a dit éprouver quelque doute sur l'assimilation des 2 faits, de mentionner la pluie et de la solliciter; et la même question ayant été adressée à R. Yassa qui passa, il y répondit de même. Ce n'est qu'après l'avoir poussé à bout et pressé, qu'il finit par s'é- 1 . Sens habituel : comme autrefois. 2. Cf. ci-après, tr. Meghilta, III, 8 (f, 74b), T. VI 10

crier : n'a-t-on pas enseigné qu'aussi longtemps qu'il y a lieu de mentionner la pluie, on la sollicite. De même R. Hiya b. Aba venant de Tyr, énonra la même règle au nom de R. Yohanan. R. Aha l'énonça dans la salle des études, et R. Jérémie proclama celte même règle dans la synagogue de Boulé. Mais la Mischnâ ne dit-elle pas (§ 3) que la sollicitation des pluies dans ïamida (9" section) a seulement lieu le 3 Marheschwan (longtemps après la reprise de la mention)? Là c'est différent, répondit R. Tanhoum b. Hiya, c'est pendant l'existence du Temple que cette distinction avait lieu — *.

3. Le 3 Marheschwan, on sollicite la pluie dans la prière ; solon R. Gamaliel, ce sera le 7, soit 15 jours après la fête des Tentes, pour laisser cette latitude à l'Israéhte le plus éloigné, se rendant aux bords de l'Euphraie, de rentrer.

Le 1" avis exprimé dans la Mischnâ doit émaner de R. Méir, puisqu'il a été enseigné - : selon R. Méir, il y a 3 époques de pluie fécondante, la pluie hâtive au 3, la moyenne le 7, et la tardive le 17 ; selon R. Juda, la hâtive vient le 7, la moyenne au 17, et la tardive le 23. Selon R. Yossé, la hâtive vient le 17, la moyenne le 23, et la tardive le 30. Ce qui prouve l'exactitude de cette dernière date, c'est que les particuliers commencent seulement à jeûner (en cas de défaut de pluie, pour la demander à Dieu), à la néoménie de Kislew (= 31 Marheschwan). R. Aba Mare, frère de R. Yossé, dit : tous reconnaissent que la date du 17 est opportune pour les pluies, car c'est le temps de la planète Kima (Pléiades), moment où les pléiades s'enfoncent; et par suite le déluge survient au monde, comme il est dit (Genèse, VU, 11) : au 2° mois, le \1, en ce jour éclatèrent toutes les sources de f immense, abîme. R. Aba b. Zemina ou R. Éliézer dit au nom de R. Oschia : on adopte comme règle l'avis de celui qui prescrit de solliciter les pluies dès le 3 Heschwan. Pourquoi ne pas déclarer simplement que l'avis de R. Méir sert de règle ? C'est que, selon une version, on intervertit l'avis de R. Méir avec celui de R. Juda-3.

On a enseigné que R. Simon b. Éleazar dit : il résulte du verset (d'Isaïe, XXVII, 3), que la terre n'absorbe qu'autant d'eau qu'il en faut à son état de sécheresse. On a dit encore*: si l'année est défectueuse (composée de mois à 29 jours, soit 5 jours de moins), on ajoutera cet arriéré 'au 3 Heschwan (soif, le 8) ; sinon, on suit l'ordre régulier de la date habituelle à la 1" pluie, pour la solliciter dans la prière. Tel est l'avis de R. Simon b. Gamaliel. Selon Rabbi, on maintient toujours la même date régulière; et si l'année est embolismique, on tient compte du mois additionnel (pour solliciter la pluie). Est-ce que Rabbi ne se contredit pas ? Il dit d'abord qu'en cas d'année défectueuse on se dirige d'après l'ordre régulier, puis il dit de tenir compte de l'erabolisme? R.

1. Suit uu passage, traduit au tr, Schcqalwi, YI, 2 (t. V, p. 305). 2. Tossefta à ce Ir., ch. 1. 3. Suit un très long passage, traduit au tr. Derakhôth, IX, 2 (t. I, pp. 165-6). 4. Tossefta à ce tr., ch, 1,

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Zeira, R. Yossa, ou R. Samuel b. R. ïsaac, selon d'autres au nom de R. Yohanan, répond : il a fallu émettre l'avis de R. Juda, de tenir compte de l'embolisme, selon la dernière opinion exprimée par la Braitha (d'attendre parfois jusqu'à la néoménie suivante avant de désespérer d'avoir la pluie).

4. Lorsqu'au 17 Marheschwan la pluie n*est pas encore sui^venue, les particuliers commencent à jeiîner en signe de supplications. Toutefois, ils peuvent manger et boire à la nuit; il leur est permis de travailler, de se laver, de s'oindre le corps, de se chausser et de se livrera la cohabitation.

Le terme particulier est applicable aux administrateurs de la communauté. Est-ce parce qu'un tel homme a été nommé à ces fonctions que sa prière sera supérieure à celle d'autres gens? (N'y en a-t-il pas qui n'en sont pas dignes?) On veut dire que, si après avoir été nommé à cette fonction on s'en est rendu digne par ses services, on mérite de voir sa prière exaucée en ce cas par le ciel. Ainsi, comme un homme délivrait régulièrement toutes les dîmes, R. Mena lui dit : tu peux bien réciter * la déclaration biblique (Deutér. XXYI, 13), d'avoir fait enlever de la maison toutes les saintetés. Un homme se présenta à un parent de R. lanaï, lui demandant l'aumône. Mais, lui dit celui-ci, ton père n'a-t-il pas laissé de l'argent? Non, répondit le pauvre. Je sais, lui dit l'interlocuteur, que des sommes de cette provenance sont chez tel et tel. J'ai entendu, répliqua le pauvre, que c'est un brigand, et je ne veux rien d'une telle source. Tu es digne, répondit le rabbi, de voir tes prières exaucées du ciel. Les rabbins (un jour de sécheresse) virent en songe un certain ânier, dont la prière exaucée était suivie de la pluie. Les rabbins le firent venir, l'interrogèrent, surent qu'il était ânier, et lui demandèrent quelle belle œuvre particulière il avait faite. Un jour, dit-il, j'ai loué un âne à une femme qui, en route (strata), se mit à pleurer ; et comme je lui demandais le motif de son chagrin, elle me raconta que, son mari étant prisonnier, elle cherche une occupation pour gagner de quoi le délivrer. A cette vue, je me suis éloigné, j'ai vendu l'âne ; je lui ai remis le montant, en lui disant : Voilà de quoi revoir et racheter ton mari, afin que tu ne sois pas exposée à pécher dans ce but. En effet, lui dirent les rabbins, ta es bien digne que ta prière soit exaucée. — Il arriva (en un jour semblable) à R. Abahou de rêver que le nommé Fontaqaq priait pour la pluie et que sa prière était exaucée. R. Abahou le fit donc venir, l'interrogea, et apprit que cet homme avait une profession ignoble, procurant chaque jour des prostituées aux proxénètes, qu'il embellit les salles de spectacle (theatrum), fait passer aux bains les vêtements de ces femmes, et bat les timbales devant elles pour attirer le monde. Pourtant, lui demanda R. Abahou, as-tu fait une bonne action? Un jour, dit-il, occupé à orner la salle, je vis derrière une colonne une femme en pleurs ; et comme je lui demandais la cause de son chagrin, elle me raconta

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