Sifii, section Haazinou, n
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selon R. Yossé, un tel jeûne fut prescrit, non que des enfants aient été dévorés, mais pour la vue des loups.
La mesure indiquée comme représentant la valeur d'une fournée est prescrite pour un dessèchement en une seule place ; mais si l'on en constate en plusieurs endroits, si même le total est moindre que cette mesure, c'est considéré aussi comme une plaie entraînant le jeûne. — Quant à ce que dit R. Yossé de la vue des loups (comme fait grave), dit R. Mena, il s'agit du cas où l'un court après l'autre. Selon R. Yossé b. R. Aboun, dès qu'on les voit dans un endroit qui ne leur est pas habituel (en un lieu habité), c'est un fléau qui exige un jeûne.
8 (7). Pour les faits suivants, on sonne du cor, môme le samedi : pour une ville assiégée par des païens, ou inondée par un fleuve, ou un bateau en danger de naufrage sur mer. Cet appel du cor, dit R. Yossé, servira à obtenir l'aide des habitants, non à les convoquer un tel jour pour la prière. Selon Simon de Teman, on sonne aussi du cor le samedi pour la peste; mais cet avis n'a pas été admis par les sages.
9 (8). En général, pour toute calamité que l'on voudrait voir détournée du public, on sonne du cor, sauf en cas d'excédant de pluie (causant des peines inutiles). Il est arrivé que l'on pria Honi, le faiseur de cercles, d'intercéder auprès de Dieu pour obtenir de la pluie. Allez, dit-il, faites rentrer les fours servant à rôtir l'agneau pascal (ou : cuire l'azyme), qu'ils ne fondent pas sous l'eau (tant il était certain du succès); mais, malgré sa prière, la pluie ne tomba pas. Il traça alors un cercle, se plaça au milieu et dit : Maître de l'univers, tes enfants ont mis leur confiance en moi, jugeant que je suis un de tes familiers; je jure par ton grand nom que je ne sortirai pas d'ici jusqu'à ce que tu aies pitié de tes enfants. Des gouttes de pluie commencèrent alors à tomber. Ce n'est pas là ce que j'ai demandé, s'écria-t-il, mais de quoi remplir des puits, des citernes et des grottes. La pluie tomba alors à torrents. Ce n'est pas ainsi que je la désire, dit-il, mais une pluie agréable, de bénédiction et de faveur. La pluie tomba alors régulièrement, en telle quantité que les Israélites durent se rendre de Jérusalem à la montagne du Temple pour échapper à l'inondation. Comme tu as prié pour que la pluie vienne, lui dit-on alors, supplie qu'elle cesse. Allez voir, leur répondit-il, si la pierre des Toim ' a disparu sous l'eau (elle reparaîtra).
Selon Rab, l'appel à exprimer le samedi consiste, non à sonner du cor, mais à dire : « Exauce-moi, Eternel, exauce-moi ». Cet avis est contredit par la Mischnâ, qui dit : « L'appel du cor, selon R. Yossé, servira à obtenir l'aide des habitants, non à les convoquer en ce jour pour prier; » donc, selon le
1. Littéral, des égarés, ou des objets perdus. V. Presse Israélite, 1870, pp. 138-141.
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préopinant, cet appel sert aussi pour se réunir à prier. — Lorsque des armées vinrent à passer dans la ville de Levi b. Sisi, celui-ci prit un rouleau de la Loi et monta sur le toit, disant : Maître de l'univers, si un seul mot de ce livre est annulé, que ces gens de guerre pénètrent ici (avec leurs maux) ; si non qu'ils parlent d'ici. Aussitôt après, on se mit à les chercher, et on ne les trouva plus. Une autre fois, son disciple voulut agir de même; sa main fut desséchée (paralysée), mais les soldais partirent (il fut exaucé); le disciple de son disciple agit aussi de même; sa main ne fut pas desséchée, mais les soldats ne partirent pas. Cela revient à dire que les fous sont préservés de tout accident*, comme la chair morte ne sent pas le fer — ^.
Comme dans l'histoire de Honi (§ 9), il est question des fours de Pâques, cela prouve que l'on n'était pas éloigné du temps de cette fêle. En clîet, il est dit (au rouleau des jeûnes) : le 20 Adar, tout le peuple jeûna pour obtenir de la pluie, et elle arriva. — « Malgré sa prière, la pluie ne tomba pas », raconte la Mischnâ : c'est que, dit R. Yossé b. Aboun, il ne l'avait pas commencée avec modestie. R. Judan guer (prosélyte?) dit : ce Honi, faiseur de cercles, descendait d'un autre opérateur du même nom, qui a vécu au moment, de la destruction du 1" Temple; il sortit pour aller sur une hauteur auprès des ouvriers, et à peine fut-il arrivé, la pluie survint. Il se réfu^;ia dans une caverne, où il s'assit et s'endormit. Il resta plongé dans ce sommeil 70 ans, jusqu'à ce que le Temple détruit fut réédifié la 2^ fois. Lorsqu'au bout de 70 ans il s'éveilla, il quitta la caverne et vit le monde changé : dans les champs où des vignes avaient été plantées, il trouva des oliviers, et à la place de ces derniers il y avait maintenant des blés. Il s'informa auprès des gens du pays pour savoir d'où provenaient ces changements ; et comme ils s'étonnaient de son ignorance, ils lui demandèrent son nom. Je suis Honi, le faiseur de cercles, leur dit-ii. Nous avons appris, répliquèrent-ils, que lorsque ce Honi pénétrait au parvis du Temple, celui-ci s'éclairait (vérifions le fait). Honi y pénétra, et le parvis s'éclaira. On lui appliqua alors ce verset (Ps. CXXYl, I) : Lorsque Dieu ramènera la captivité de Sion, nous croirons avoir fait un rêve. — « Des gouttes de pluie commencèrent à tomber », tout juste assez pour le relever de son vœu de ne pas quitter le cercle. « Ce n'est pas là ce que j'ai demandé, s'écria-t-il, mais de quoi remplir des puits, des citernes et des grottes. La pluie tomba alors à torrents », c.-à-d., selon Samuel, grosses comme des outres. « Ce n'est pas ainsi que je la désire, dit-il, mais une pluie douce... la pluie tomba alors à tel point que les Israelites durent se rendre de Jérusalem à la montagne du Temple ». Ceci prouve qu'il était couvert, ainsi qu'il a été enseigné 3 : Celait une suite de galeries (stoa), l'une dans l'autre. « Comme tu as prié pour que la pluie
\. Sa prière était de la folie (vaine), mais il n'eut pas de mal. V. B., tr. Sabbat, 13. 2. Suit un passage traduit tr. Berakhôth, IX, 7 (t. I, p. 174). Après quoi, dans l'édit. de Venise, commence le § 10. 3. J., tr. Pesahim, I, 5; tr. Schegaliin, VIII, 4 ; Jr, Soucca, IV, 4^3., ih., 45».
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vienne, lui dit-on, prie qu'elle cesse. Allez voir, dit-il pour toute réponse, si la pierre des Toïm a disparu. » Voici à quoi servait cette pierre^ : chaque fois que quelqu'un avait perdu un objet, on allait le réclamer là, car toute trouvaille faite y était apportée. Or, leur dit-il, comme il est impossible que cette pierre disparaisse du monde, de même il m'est impossible de solliciter que la pluie s'en aille ; mais allez et apportez-moi un taureau pour être offert en actions de grâces. Ceci fut fait, et Honi lui ayant imposé les 2 mains, s'écria : « Maître de l'univers, lorsque tes enfants ont souffert d'un mal (de la sécheresse), ils n'ont pas pu le supporter ; et lorsque tu leur as envoyé le bienfait (la pluie), ils n'ont pas pu non plus le supporter ; qu'il te plaise donc de leur procurer un soulagement. » Aussitôt, le vent souffla, les nuages furent dispersés, le soleil brilla, la terre devint sèche, et les habitants étant sortis trouvèrent la campagne couverte de champignons. — A partir de quel moment, fut-il demandé à R. Eliézer, sollicite-t-on de la Providence de faire cesser la pluie? S'il arrivait, leur répondit-il, qu'un homme se trouvant debout à l'angle de la roche d'Ophel pourrait se baigner les pieds dans l'eau sise au niveau du torrent de Kédron (hypothèse inadmissible sans déluge) ; mais nous avons confiance que le maître de la miséricorde ne suscitera plus jamais de déluge, selon ces mots (Isaïe, LIV, 9) : Car ceci me sera comme les eaux de Noé, dont j'ai juré qu'elles ne se répandront plus sur la terre.
10. Simon b. Schetah envoya à Honi et lui fit dire qu'il méritait d'être mis en anathème (pour sa façon de prier) ; mais je ne puis rien te faire, car tu pèches envers la Providence, comme un enfant se conduisant mal à l'égard de son père, lequel pourtant lui accorde ses désirs. On peut l'appliquer ce verset (Prov. XXIII, 25) : Que ion père et ta mère se réjouissent, que celle qui t'a enfanté soit joyeuse.
11 (9). Lorsqu'au jour môme du jeûne pour l'obtention de la pluie, celle-ci tombe, si c'est avant le lever du soleil, on ne donnera pas suite au jeûne; si c'est après, on terminera la journée dans le jeûne. Selon R. Eliézer, si la pluie arrive avant midi, on rompra le jeûne ; si c'est après midi, on le continuera. Il est arrivé qu'un jeûne de ce genre ayant été prescrit à Lydda, la pluie survint avant midi : Allez, dit R. Tarfon aux fidèles, mangez et buvez, faites jour de fête; ce qui fut fait, et l'aprèsmidi on revint à la synagogue pour réciter le grand Hallel (Ps. CXXXVI).
Honi eut des reproches, car s'il y avait eu une punition grave décidée contre Israël, comme cela avait eu lieu au temps d'Elie (I Rois, XVII, 1), il aurait pu provoquer en public une profanation du nom divin (faire douter de son pouvoir), et une telle faute doit être punie par la mise en anathème ^. On a dit plus haut ^ : R. Gamaliel fit dire à R. Josué, s'il empêchait les fidèles d'ac-
i. B., Baba mecia', 28b. 2. J., tr. Moëd qalon, III, \\ B,, tr, Rosch ha* schana, 21^. 3. J., tr. Rosch ha-schana, I, 5 (6), p. 68,
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complir les préceptes religieux, qu'il serait blâmable ; or s'il en est ainsi pour avoir détourné les gens de remplir des devoirs, à la plus forte raison mérite-ton l'anathème pour s'exposer publiquement à profaner le nom divin. Certes, dit Honi, il arrive que l'Eternel modifie sa décision sur l'intercession d'un juste, mais il ne changera pas l'adjuration faite par un homme juste privilégié de Dieu, pour celle d'un autre juste souhaitant le contraire (comme au temps d'Elie). « Je ne puis rien te faire, dit Simon, tu pèches envers la Providence, comme un enfant gâté. » R. Berakhia, R. Aba b. Cahana, ou R. Zeira au nom de R. Juda, ou selon d'autres au nom de R. Hisda, ou encore au nom de R. Matna, explique ce verset (Job, XXII, 28) : si tu arrêtes un dessein, il subsistera devant toi; on entend parla que si même l'Eternel s'est prononcé de telle façon, et qu'un juste insiste sur un arrêt contraire, ce dernier avis peut prévaloir contre le Tout-Puissant. Puis il est dit (ib.) ; sur tes voies la lumière brille; c'est une allusion, dit R. Hiya b. Aba, à la descente de la pluie. Il est dit d'une part (ib. XXXVII, H) : // épuise aussi la nuée à force d'arroser, et il écarte le nuage épais par sa lumière ; et d'autre part (ib. XXII, 29) : Quand quelqu'un aura été humilié, tu diras qu'il soit élevé; quand j'avais projeté d'abaisser, lu décides de relever, et ton arrêt subsiste, tandis que le mien s'annule. Puis (ib.) : // délivrera celui qui aura tenu les yeux baissés ; c'est-àdire, tandis que je m'étais proposé d'abaisser leurs yeux par le mal, tu résous de les secourir, et ton dessein l'emporte sur le mien. J'avais dit(ib. 30) : Quil soit délivré s'il est innocent, et tu décides de sauver même celui qui n'est pas innocent ; là aussi, ton arrêt l'emporte sur le mien. Par la suite (ib.), il sera délivré grâce à la pureté de tes mains, on entend le mérite des devoirs religieux et bonnes œuvres que tu auras en mains dès le principe. « On peut t'appliquer, dit la Mischna, ce verset (Prov. XXIII, 25) : que ton père et ta mère se réjouisscJit etc. » A quoi bon dire encore : celle qui t'a enfanté'i Selon R. Mena, un des termes (inutile) vise la nation; selon R. Yossé b. R. Aboun, on a en vue l'heure de l'enfantement. Les autres sages disent : comme la malédiction a été double, la joie éprouvée (en cas de satisfaction) sera double. Le double chagrin (ou malédiction) est exprimé ainsi (Prov. XYII, 25) : l'enfatit sot est un sujet de colère pour son père et d'affliction pour celle qu'il l'a enfanté, et en ces termes (ib. X, 1) : l'enfant sage réjouit son père, mais l'enfant insensé est l'ennemi de sa mère. Ces derniers mots, dit R. Louda, peuvent s'expliquer par anagramme (Y£W[j.£Tpa6v), en ce sens qu'il désole ^ sa mère. Enfin, la joie est exprimée doublement : « que ses parents se réjouissent ; que sa mère soit joyeuse. »
On ne doit pas donner suite au jeûne si la pluie arrive (§ H), comme il est dit (Isaïe, LXV, 24) ; il arrivera qu'avant d'être invoqué je répondrai. « Si c'est après le lever du soleil, est-il dit, on achèvera le jeûne •>, selon ces mots
1. Littéral. « ebt de la cendre aux yeux ». Il s'agit, selon les commentateurs, d'une ■permutation cabalistique des mots nJIP, désolation^ et K1SK, cendrC) au moyen de {'alphabet renversé, ou V"2 n"{<.
(îb.) : ils étaient encore à parler (à prier), et je les avais dt^jà exaucés. Peut' être est-ce à l'inverse qu'il faut expliquer ce verset, et appliquer le commencement au cas olx la pluie a surgi après le lever du soleil ? En effet, dit R. Tanhouma, on a enseigné : il ne saurait être question de réponse qu'après l'appel, de même que l'invocation suscite une réponse. Au temps de R. Judan, un jeûne de ce genre fut imposé, et la pluie arriva vers le soir. R. Mena se rendit alors auprès de R. Juda et lui dit : comme j'ai soif, puis-je boire (rompre le jeûne)? Attends, lui dit-il, peut-être la majorité du public désire achever le jeûne. — R. Aha ou R. Abahou dit au nom de R. Yossé b. Hanina * : il est défendu de jeûner jusqu'à la fin de la 6® heure le vendredi. En effet, dit R. Yossé b. R. Aboun, la Mischnâ le confirme en disant : « Selon R. Éliézer, si la pluie survient avant midi, on rompra le jeûne » ; c'est donc que jusque là, c'est considéré comme matin, et ce ne serait pas un vrai jeûne de s'arrêter à midi ; mais si c'est après midi, il faut terminer la journée, car la majeure partie se trouve déjà consacrée à la pénitence (donc, le jeûne passé midi compte comme tel). Lorsque R. Yohanan b. Zaccaï voulait prier qu'il pleuve, il chargeait son barbier de passer devant l'estrade de l'officiant et d'annoncer que son maître voudrait se faire raser, mais qu'il n'en a pas la force par suite du chagrin (à cause du jeûne); aussitôt, la pluie tombait. Lorsque R. Ada Ahawa désirait de la pluie, il lui suffisait de retirer une sandale (comme pour se mettre à prier), pour qu'aussitôt après il pleuve ; s'il ôtait les deux, la terre était inondée. Dans une maison menaçant ruine, Rab fît placer un disciple, dont la présence (préservatrice) permettait de débarrasser la maison, qui s'écroulait dès la sortie du disciple ; selon d'autres, ce disciple était R. Ada b. Ahawa. Les sages lui firent demander quelles étaient ses bonnes œuvres (pour que sa présence ait une vertu aussi efficace)? 11 leur dit : de ma vie, nul ne m'a précédé à la synagogue (j'étais toujours le premier); je n'en suis jamais sorti, y laissant quelqu'un; je n'ai pas fait 4 pas sans étudier la Loi, ni rappelé la Loi dans un endroit malpropre, ni défait le lit pour y dormir d'une manière fixe (toujours prêt à me lever) ; ni marché à grands pas parmi mes compagnons (comme pour les écraser) ; je ne leur ai pas donné de surnom, ni me suis réjoui des maux d'autrui, ni attendu qu'un compagnon me maudisse (l'ayant aussitôt excusé), ni marché en public à côté d'un débiteur (comme pour lui reprocher sa dette) ; enfin j'ai toujours évité les querelles dans la maison, cherchant à me conformer à ces termes (Ps. CI, 2) : Je marcherai dans Vinnocence de mon cœur au milieu de ma maison. — -,