Cf. Midrasch Tanhouma^ à Genèse, J
TRAITÉ MEGHILLA. 499
nom de Samuel. — L'autorisation d'avancer la fête jusqu'au 11 n'a lieu que pour la lecture ; mais le repas ofOciel aura lieu le {■i ou lu 15, ainsi que la distribution des dons aux pauvres, car en ces jours seuls ils s'attendent à recevoir. Pourquoi no pas préciser au contraire qu'aux jours bibliques on fera la lecture officielle, et les autres cérémonies pourront être avancées? C'est que, dit R. Ilelbo ou R. Houna au nom de Rab, du verset (ib. 28) ces jours seront rappelés et accomplis, on conclut qu'ils seront rappelés d'abord par la lecture, puis accomplis par les repas joyeux. Toutes ces déductions prouvent qu'il y a lieu d'expliquer exégctiquement l'histoire d'Esther. Ainsi, R. Helbo ou R. Yassa dit au nom de R. Eleazar : de ce qu'il est écrit là (ib. 30) des paroles de paix et de vérité, et ailleurs (Prov. XXIII, 23) acquiers la vérité et ne la cède pas, on déduit que ce rouleau devra être traité à l'égal du rouleau de la Loi ; pour écrire l'un comme l'autre, il faut y tracer des lignes, et comme le rouleau de la Loi donne lieu à des explications exégétiques, il en sera de même de celui d'Esther. R. Jérémie dit au nom de R. Samuel b. R. Isaac : le rouleau remis par le prophète Samuel au roi David (le plan du temple à édifier) pouvait aussi donner lieu à des explications, comme il est dit (I Chron. XXVIII, 19) : tout par écrit "^j c'est de la Massera (texte transmis), par la main de Dieu, ou l'esprit saint, il m'a fait comprendre ; cette dernière expression a en vue l'exégèse. Mais, demanda R. Jérémie, pourquoi ne pas conclure que l'esprit saint l'a inspiré, de la phrase suivante (ib.): et Vimage de tout ce qu'il avait en pensée avec lui? Ceci ne prouverait rien, dit R. Mena, car il peut s'agir là du souffle de la bouche (ou de la parole) ; tandis qu'au verset précité l'expression souffle divin vise l'esprit (l'inspiration).
« Les villes entourées de murs depuis Josué b. Noun lisent le 15 », est-il dit. C'est, dit R. Simon au nom de R. Josué b. Levi, un hommage rendu à la Palestine de ce temps, qui était en majeure partie ruinée au temps d'Esther, et l'on supposait (par respect) certaines villes fortifiées comme au temps de Josué. Pourquoi ne pas étendre cet hommage à toutes les villes de la Palestine et y lire partout au 15 Adar ? On compare, dit R. Abahou, les termes habiter employés dans 2 versets divers ; et comme il est employé dans le texte biblique au temps de Josué (XIII, 6), de même en parlant ici (Esther, IX, 19) d'habitants de villes ouvertes, il s'agit de celles qui existaient déjà au temps de Josué. Pourquoi ces habitations ne sont-elles pas tenues d'être comme au temps de Josué (fortifiées), et no pas lire partout le 14? C'est que, dit R. Juda b. Pazi, on tire parti de l'analogie des termes perazi; il est employé ici (ibid.), dans le sens d'ouvert, et ailleurs dans un sens particulier (Deut. Ill, 5) : en dehors des villes du Peraz-i, en grand nombre ; or, comme ce peuple de Perazi existait du temps de Josué, on fait remonter au même temps l'origine des villes dont il est question là (même ruinées maintenant). On a enseigné que R. Josué b. Qorha dit : il suffit (pour lire le 15) que les villes soient entourées depuis le temps d'As-