‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 47 sur 277 · TRAITE MEG HILL A · texte numérisé non relu

TRAITE MEG HILL A

des IVuils à sécher, on n'en fera pas un passage, compendiaria (via), comme il est dit (Lévit. XXVI, 31) : Je dévasterai cas sancluairea; ainsi, même ruines, ce seront des saintetés ; si des herbes y ont poussé, on ne les arrachera pas, afin que Tàme s'afflige de ce spectacle.

Les interdits qui viennent d'être énoncés sont applicables à la synagogue d'un parLiculier (non si celle-ci est bien édifiée) ; mais pour une synagogue communale, même bien construite, les dites défenses subsistent toujours. R. Hiya b. Aba raconte que R. Yohanan blâmait les femmes qui étendaient leur linge à l'air libre* devant la salle d'études (c'est inconvenant). Samuel dit : si l'on est entré dans cette synagogue ruinée, sans vouloir en faire un passage (dans un but spécial), il est permis de sortir de l'autre côté. On a enseigné : on ne doit se conduire légèrement ni dans les synagogues, ni dans les salles d'études, ne pas y manger ou boire, ni s'y promener, ni dormir, ni venir s'y abriter contre le soleil en été, ni contre la pluie en hiver, mais seulement y étudier et se livrer à l'exégèse de la Bible. R. Josué b. Levy dit : ces constructions sont faites pour les sages et leurs élèves (pour tous leurs besoins, même profanes). R. Pliya et R. Yassa recevaient les étrangers dans la synagogue (les hébergeaient là). Ainsi R. Imi recommandait aux maîtres d'école : s'il arrive auprès de vous (à la salle d'étude) un homme ayant seulement une teinte d'étude de la Loi, recevez-le là, lui, et son âne, avec ses bagages. R. Berakhia étant allé à la synagogue de Beth-Sean vit un homme se laver les mains et les pieds dans une amphore ", yojpy.; et le lui défendit. Le lendemain, ce même homme vit R. Berakhia faire ses ablutions dans ladite eau. Quoi, lui dit-il, ce serait permis à toi, et non à moi? C'est vrai, dit le rabbin, et il en est ainsi conformément à l'avis de R. Josué b. Levi, que les synagogues et les salles d'études sont destinées au service des sages et de leurs élèves. Est-il permis d'employer comme passage l'avant-cour libre, çpcjpi, autour de ces salles? R. Abahou passa par une telle place ; mais cela ne prouve rien en général, car, dit R. Zakharie, le gendre de R. Levi était un maître très redouté (sévère), et si R. Abahou n'avait pas passé, il n'aurait sans doute pas laissé aller les enfants (par égard pour lui, le maître n'a rien dit).

A. Lorsque la néoménie d'Adar survient un samedi, on lira officiellement ce jour la section des sides offerts au Temple (Exode, XXX, 11- 16); si elle survient au milieu de la semaine, on avancera cette lecture au samedi précédent, puis aura lieu une interruption (de façon à lire la section d'Amalek (Deut. XXV, 17-19) juste au samedi qui précède Pourim).

R. Levi dit au nom do R. Simon b. Lakisch^ : Dieu a prévu qu'un jour

1. V. casuistique Peer ha-dor, nf 70. 2. Ou : Lavabo, selon Fleischer, Nachtrlige au Dictionn. de J. Levy, I, pp. 437-8. 3. Cf. ci-dessus, I, 5 (7), p. 207.

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Aman le cruel voudra, par son argent, l'emporter sur Israël, et il dit: mieux vaut que l'argent de mes enfants précède celui de cet impie; voilà pourquoi avant la fête d'Esther on a soin de lire la section biblique des sides. Si cette fête survient un vendredi, que fera-t-on * ? Selon R. Zeira, on fera cette lecture le samedi précédent ; selon R. lia ou R. Abahou au nom de R. Yohanan, on fera la lecture le samedi suivant. R. Zeira (étonné de cet avis) regardait son interlocuteur. Que me regardes-tu, demanda R. lia? Moi, j'émets un avis basé sur une tradition, tandis que le tien émane de toi seul ; tu n'as donc pas lieu de t'étonner. Il y a un enseignement à l'appui de chacun de ces 2 avis. Dans l'enseignement à invoquer en faveur de R. Zeira, il est dit : On nomme première semaine (sur 4) celle où survient la néoménie d'Adar, fût-ce le vendredi. Samuel a enseigné à l'appui de l'avis de R. lia : On nomme 2" semaine celle qui contient la fête de Pourim, fût-ce un vendredi (donc, en ce cas la dite section sera lue le 2° samedi du mois, ou après la néoménie). R. Nahman b. Jacob fit une objection : S'il était possible d'admettre que le 15 Adar survienne un samedi, il ne serait pas permis de lire le récit d'Esther avant l'heure de vêpres, vu qu'auparavant on ne doit pas lire des Hagiographes 2 ; comment donc supposer que la lecture de la section du souvenii' (Deut. XXV, 17-19) serait lue au samedi qui, pour les gens de la campagne, suit le Pourim (qui lisent au 14)? En effet, fût-il répondu, Rab déduit du verset (d'Esther, IX, 28), ces jours seront rappelés et exécutés, que le souvenir doit précéder la célébration effective (il est entendu que si le 15 est un vendredi, on lit Esther partout le 14, et on lira le chapitre du souvenir le samedi précédant Pourim). R. Aba, fils de R. Papi, objecta: mais si le 14 Adar survient un samedi, les habitants des villes fortes liront le récit d'Esther le lendemain dimanche 15; n'est-ce pas qu'en ce cas le rappel précède la célébration effective (pourquoi alors l'avancer d'un samedi)? Il a déjà été exposé 3, fut-il répliqué, que cette hypothèse est inadmissible (en raison des inconvénients pour le grand-pardon qui arriverait de même) ; et si même c'était possible, il faudrait avancer la lecture même dans les grandes villes (donc, le rappel se fera toujours le samedi précédent).

5. Le 2' samedi (des 4 avant Pâques), on lira le souvenir (d'Amalêk) ; le 8% le chapitre de la vache rousse (Nombres, ch. XIX) ; le ¥, le chapitre de la Pâque (Exode, XII) : ce mois est pour vous, etc. A partir du 5® samedi, on reprend l'ordre habituel *. A toute fête, on interrompt Tordre biblique des sections pour lire la partie spéciale à ces solennités, p. ex. aux jours de néoménie, de Hanouca, de Pourim, ainsi qu'aux jours de jeûne, et pour la lecture faite par les représentants Israélites des sections de service au Temple, comme au jour du grand-pardon.

1. Devra-t-on lire ce chapitre le samedi précédent, ou le suivant? 2. B. tr. Sabbat, XVI, 1. 3. Ci-dessus, I, 2. 4. Pour les Haflarôlli, dit le comment. Pné-Mosché ; car, pendant ces 4 samedis, on lit une haftarah spéciale.

T. VI. i6

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6 (5). A Pâques, on lit la section du Lévitique (XXII-KÏ), relative aux fêtes; à Pentecôte, la section des semaines (Dent. XVI, 9 et suiv.); au V^ jour du nouvel-an, le chap, du VII^ mois (Lévit. XXIII, 23 et s.); au grand-pardon, le ch. XVI ; au 1" jour de la fête des tentes, le chapitre des fêtes (ib. XXIII), et aux jours suivants de cette fête, les détails des sacrifices de ce jour (Nombres, XXIX). — '.

7 (6). A la fête de Hanouca (des Machabées), on lira le chap, des chefs (Nombres, VII) ; à Pourim, la section Amalek vint (Exode, XVII, 8-17); aux néoménies, les versets el au commencement de vos mois (Nombres,* XXVIII, 11-15) ; les sections hebdomadaires des simples Israélites (n'allant pas au Temple) lisent le chapitre de la création (Genèse, I) ; aux jours de jeûne, les chap, des bénédictions et malédictions (Lévit. XXVI) ; au milieu de la lecture des malédictions, on ne s'interrompra pas, et elles seront lues par une seule personne ; le lundi et le jeudi, ainsi que le samedi à vêpres, on lira comme d'ordinaire (le commencement de la péricope hebdomadaire), sans tenir compte des interruptions qui ont eu lieu le samedi pour une cause particulière ; car il est dit (ib. XXIII, M) : Moïse énonça les fêtes de V Eternel aux enfants d'Israël; il insiste sur cette attribution, afin d'indiquer que c'est un devoir religieux pour chacun de lire officiellement la section des diverses fêtes en leur temps.

R. Aba dit au nom de R. Hiya b. Asché : entre le samedi consacré à rappeler le souvenir de Pourim et celui de la vache roiosse, il n'y aura pas d'interruption. R. Levi dit au nom de R. Hama b. Hanina : on ne s'interrompra pas entre le samedi consacré à lire le chapitre de la « vache rousse » et celui du mois de la Pâques (ch. XII). R. Levi donne, comme indice de la règle à suivre pour les interruptions, la règle des 4 coupes; or, entre celles-ci aussi il est permis de boire (en dehors du vin officiel), sauf entre la 3* et la 4® coupe. R. Levi dit aussi au nom de R. Hama b. Hanina : il serait juste que la lecture du chapitre du mois (pascal) précède celle du chap, de la vache ^rousse, car le sanctuaire a été érigé le i^"" Nissan, et la vache rousse a été brûlée le 2 de ce mois ; cependant, celle dernière lecture sera faite auparavant, parce qu'il s'agit là de la purification d'Israël en entier. — ^.

« On ne devra pas s'interrompre au milieu de la lecture des malédictions^ » est-il dit (§ 7). C'est conforme, dit R. Hiya b. Gamda^, à ce verset (Prov. III, H) : ne méprise pas ses remontrances, et ce serait un signe de mépris de les énoncer par fragments. Selon R. Levi, la Providence ne trouverait pas juste que ses enfants soient exclusivement maudits (sans rémisssion), tandis qu'on la bénit. Ce n'est pas là le motif, dit

4. Toute la Gnemara de ce § est traduite tr. Taa'nith,l\,'2, fin, ci-dessus, p. 180. 2. Suit un passage traduit tr. BerakJiôth, rV, 1 (t. I, pp. 77-79). 3. Tr. Sôferim, ch. XII.

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R. Aboun, mais celui qui se trouve à l'estrade pour la lecture officielle de la Loi devra commencer par un fait favorable (de bénédiction) et terminer de même. Levi b. Pasti demanda à R. Houna : est-ce que la série de malédictions énoncées comme pénalités (Deut. XXVIl, 15-26) doit être lue par une seule et même personne, qui fera les bénédictions d'usage avant et après la lecture? Non, répondit-il, ces bénédictions ne sont exigibles (constituant le chapitre d'une seule personne appelée à la Loi) que pour les malédictions contenues au Lévitique (ch. XXVI) et dans le Deutéronome (ch. XXVIll). R. Jonathan, maître d'école à Gofta, s'étant rendu en Palestine, dit que le maître d'école Mar-Abouna, en lisant le Cantique du puits (Nombres, XXI, 17-20), récitait la bénédiction antérieure et postérieure (comme pour un chapitre distinct). Mais, demanda R. Jonathan, y a-t-il lieu de procéder ainsi? Certes, lui répondit R. Abouna, tu ne peux ignorer que, pour les chants, on doit réciter les 2 bénédictions antérieure et postérieure (comme à un chapitre isolé). On consulta à ce sujet R. Simon, qui répondit au nom de R. Josué h. Levy : ces bénédictions (isolément) sont seulement exigibles pour le cantique de la mer rouge (Exode, XV), les dix commandements (ib. XX), les malédictions du Lévitique (ch. XXVI) et celles du Deutéronome (ch. XXVIII). Je ne l'ai pas entendu dire, observe R. Abahou,mais cet avis paraît justifié pour les dix commandements (en raison de leur gravité) R. Yossa b. R. Aboun dit: les 8 derniers versets du Deutéronome exigent en raison de leur importance les dites bénédictions antérieure et postérieure. Est-ce que, sans cette particularité, celui qui commence une lecture dans le Pentateuque, comme celui qui l'achève, ne doit pas réciter les bénédictions d'avant et d'après? Il a fallu le dire pour le cas où la néoménie survient un samedi (et en raison de la lecture supplémentaire pour la néoménie, on aurait cru devoir dire la bénédiction finale après cette dernière lecture).

R. Yossé b. R. Aboun dit : le Cantique des Lévites (Deut. ch. XXXIl) sera réparti entre 6 lecteurs, en prenant pour signe les lettres ip Vin (initiales des versets oili commencera chaque lecture). R. Jérémie dit au nom de Rab : le cantique de la mer rouge et le chant de Debora (Juges, V) doivent être écrits, en alternant un carré écrit * avec un autre vide (formant un damier allongé) ; la liste des dix fils d'Aman (Esther, IX, 7-9) et celle des rois de Canaan (Josué, XII, 9-23) doivent être écrites en colonnes symétriques avec blanc au milieu 2 (fixées en haut et en bas par des lignes pleines) ; car toute construction qui ne serait pas consolidée de cette façon ne tiendrait pas. En quel sens, cette prescription est-elle énoncée? Est-ce seulement à titre de recommandation? ou la non-observance serait-elle un obstacle à la lecture officielle ? Rabbi dit à R. Hanania neveu de R. Oschia 3 : Souviens-toi que lorsque nous nous trouvions devant les boutiques de R. Oschia ton oncle, R. Aba b. Zabda passa ; nous l'avons interrogé à ce sujet, et il nous a répondu au nom de Rab que

1. Littéral. : latte contre brique et brique contre latte. 2. Littéral. : latte sur latte et brique sur brique. 3. Cf. tr. Taanith, I, 2, ci-dessus, p. 145.

l'omission de ce détail graphique serait un obstacle à la lecture officielle. R. Iliya fils de R. Ada de Yaffé (Joppé), ou R. Jérémie au nom de R. Zeira. dit qu'il faut lire les dix noms des fils d'Aman d'un seul trait *. R. Yossé b. R. Aboun recommande que le mot hommes (Esther, IX, 6) soit écrit en tête de ligne, avec la particule nx (avant ces noms) ; c'est l'image de la chute {(e l'orgueilleux, qui du haut du pouvoir tomba rapidement comme un poids de quintal, ^^ia-*^. Rab ajoute: après la lecture d'Esther on dira 2 : <( maudit soit Aman, maudits soient ses fils. » On dira aussi, ajoute R. Pinhas, que Harbona soit rappelé en bien. R. Berakhia, R. Jérémie, R. Hiya dit au nom de R. Yohanan : lorsque R. Jonathan était arrivé au verset (Ibid. II, 6) que Nabucodonozor enmena en exil, il disait de ce roi, « dont les os sont moulus » (en signe de malédiction) ; car chaque fois que ce nom est mentionné dans Jérémie, il s'agit d'un roi encore vivant, tandis qu'ici il s'agit d'un mort, — « On ne tiendra pas compte des interruptions sabbatiques pour cause de fêtes, » est-il dit. Selon une version, on en tient compte. R. Zeira, Aba b. Jérémie, ou R. Matna dit au nom de Samuel que la version de notre Mischnâ disant de n'en pas tenir compte, sert de règle. Selon les uns, au moment d'être appelé à la Loi, on ouvrira le rouleau et après l'avoir regardé un instant, on l'enroulera ^ pour dire la bénédiction initiale ; selon d'autres, après l'avoir ouvert et regardé, on dira la bénédiction (sans l'enrouler), et ce dernier avis sert de règle, suivant R. Zeira, Aba b. Jérémie, ou R. Matna au nom de Samuel; car il est dit (Néhémie, VIII, 5 : en Vouvrant, tout le peuple se leva ; puis il est dit (ib. 6) : Ezra bénit V Eternel, le Dieu élevé (sans nterruption) — *.

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