Midrasch Rabba sur Ruth et Ecclésiasle
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dans sa vieillesse il s'en souvient ; c'est une fin meilleure que le commencement. Malheur, s'écria Elischa, à ceux qui perdent et ne trouvent pas. Ce n'est pas ainsi que ton maître Akiba l'a expliqué ; mais il a dit que la fin est meilleure que le commencement, lorsque le principe, le point de départ est bien religieux. Voici, à l'appui de cette opinion, ce qui m'est arrivé: Mon père Ahouya était l'un des plus grands personnages de Jérusalem ; au jour de ma circoncision, il invita au festin toutes les principales personnes de la ville, les installa dans une maison, et en établit une autre à part pour R. Eliézcr et R. Josué. Lorsque les premiers curent fini do manger et de boire, ils se mirent à jouer au jeu de paume et à danser.
Tandis qu'ils passent le temps à leur façon, dit R. Eliézer à R. Josia, occupons-nous à notre manière, et ils se mirent à étudier les paroles de la Loi, passant tour à tour de la Loi aux Prophètes, et de ceux-ci aux Hagiographes. Un feu du ciel descendit et les entoura. Mes maîtres, vint leur dire Abouya, êtes-vous venu brûler ma maison? Dieu nous en garde, répoodirent-ils ; nous étions assis, occupés à nous remémorer les paroles de la Loi, en passant successivement aux Prophètes, puis aux Hagiographes ; ce sujet nous rendait aussi joyeux que si nous assistions à la promulgation sur le mont Sinaï; le feu nous léchait comme il flamba sur le mont Sinaï; en effet, dès le principe, la loi a été donnée au milieu du feu, selon ces mots (Deut. IV, il) : la montagne se consumait dans le feu jusqu'ato milieu du ciel. Alors mon père Abouya leur dit : Mes maîtres, puisque la loi a une telle force, je promets, si mon fils reste en vie, de le consacrer à cette étude ; mais comme son intention primitive n'avait pas un but exclusivement religieux, son projet ne se réalisa pas en entier. — Qu'as-Lu encore expliqué? Le verset suivant (Job, XXVIII, 19) : ni Tor ni le verre fin ne T égale. Quel sens lui as-tu appliqué, demanda Elischa? Celui-ci: les paroles de la Loi sont aussi difficiles à acquérir que les objets en or, et aussi faciles à perdre que les ustensiles faits de verre ' ; et comme le vase d'or ou de verre une fois brisé peut de nouveau être reconstituée l'état primitif (par une refonte), de même le sage qui aurait oublié son savoir peut se mettre à l'apprendre de nouveau. — Arrête-toi là, Meir, dit Elischa ; voici la fin de la limite sabbatique. D'où le sais-tu, demanda R. Méir? — Je le sais, dit-il, d'après les pas de mon cheval, que j'ai comptés pendant 2,000 coudées. — Quoi, s'écria R. Méir, toute cette science est en toi, et tu ne te repens pas (tu ne reviens pas aux pratiques religieuses)? Je ne le puis pas, dit Elischa. Pourquoi ? C'est qu'une fois je passais devant le saint des saints, monté sur mon cheval, au jour du grand pardon survenant un samedi, et j'ai entendu une voix céleste sortant de ce sanctuaire et disant : repentez-vous, o fils, sauf Elischa b. Abouya, qui a connu ma puissance et s'est révolté contre moi. Et quelle est la cause de toutes ses erreurs? C'est qu'un jour ^ étant assis à étudier dans la vallée de Guenossar, il vil un
1. Pour les passages parallèles, voir Schuhl, Sentences, p. 151. 2. V. B., tr. Kiddouschin, d2^ ; tr. Houllin, i42a.
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homme monter au sommet d'un palmier et prendre dans un nid la mère et ses petits, puis s'en aller de là tranquillement (malgré l'interdit d'agir ainsi) ; le lendemain, il vit un autre homme monter au sommet de cet arbre, prendre les petits après avoir renvoyé la mère (comme le veut lai Loi), et à la descente être mordu par un serpent, morsure dont l'homme mourut, A cette vue, Elischa s'étonna, disant qu'il est écrit (Deut. XXII, 7) : tu renverras la mère et tu 'prendras les petits pour toi, afin qu'il t'en arrive du bien et que tu vives longtemps. Or. quel bien cet homme en a-t-ifacquis? Où est sa longue vie? C'est qu'Elischa ignorait l'interprétation de ce verset donnée par R.Jacob bien avant lui, en ce sens : ce sera un bien pour toi, dans le monde futur, qui est tout bon ; et tu prolongeras tes jours, à l'avenir, qui est entièrement long. Selon d'autres, lorsqu'il vit la langue de R. Juda le boulanger pendante comme de la gueule d'un chien et ensanglantée, il s'écria : est-ce là la récompense de la Loi ! Voilà une langue qui a exposé les paroles de la Loi comme il convient; elle s'est adonnée aux sujets religieux en toute son existence, et voilà comment elle est traitée ! 11 semble qu'il n'y ait pas de récompense de ce fait, et que la résurrection des morts n'existe pas. Selon d'autres, pendant que sa mère enceinte le portait dans ses entrailles, elle passa devant des maisons d'idoles, elle en aspira l'encens pernicieux, qui pénétra son corps comme le venin d'un serpent (à'^iSva).
Quelque temps après, Elischa tomba malade , on vint dire à R. Meir que son maître va très mal. R. Meir vint donc pour lui rendre visite, et le trouva malade. Ne renonces-tu pas à tes erreurs anti-religieuses, lui demanda-t-il? — Reçoit-on (au ciel) ceux qui se repentent en cet état, demanda Elischa? — Certes, répondit R. Meir, comme il est écrit (Ps. XC, 3) : lu fais rentrer V homme jusqu'au moment de la poussière ; jusqu'à ce que son âme soit sur sur le point d'être réduite, on le reçoit. A ces mots, Elischa se mit à pleurer, et il expira bientôt après, R. Meir se réjouit de cette fin, se disant en luimême : il me semble qu'il est mort au milieu du repentir. Lorsqu'on l'eut mis dans la bière, un feu descendit du ciel et la consuma. On alla dire à R. Meir que le corps de son maître est brûlé. Il sortit aussitôt pour l'ensevelir, et le trouva en effet consumé. Que fit-il? Il prit son vêtement d'office et l'étendit sur le corps, en disant (Ruth, III, 13): Passe ici la nuit; c'est-à-dire séjourne encore en ce monde, semblable à la nuit ; et sois là au matin, c'est le monde futur tout plein de clarté ; s'il veut t'épouser, c'est bien, qu'il t'épouse (ib.), ceci s'adresse à Dieu le bon par excellence, don til est dit (Ps. CXLV, 9) : l'Éternel est bon pour tous ; sa miséricorde s'étend à toutes ses œuvres. Puis il est dit (Ruth, ib.) : s'il ne veut pas t'épouser, je t'épouserai moi, vive Dieu. Sur quoi, le feu* s'éteignit. On demanda alors à R. Meir: si en ce monde on te questionne pour savoir à qui lu rendras la première visite, sera-ce à ton père, ou à ton maître? (Qui préfères-tu)? — Je ferai passer la visite au maître avant tout, répondit-il, et ensuite à mon père, — Mais, lui demanda-t-on,
1, De l'enfer, ajoute le commentaire,
ï. vt i§
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crois-lu que ton intercession en sa faveur sera exaucée? — Je le crois, dit-il, puisqu'il a été enseigné ^ : Il est permis de sauver d'un incendie l'étui d'un livre avec ce livre, ou l'étui des phylactères en leur faveur; de même, on sauvera Elischa (delà damnation), malgré ses hérésies, en faveur de sa science de la Loi. Au bout d'un certain temps, ses filles durent aller demander l'aumône à Rabbi, qui se prononça ainsi (Ps. CIX, 12) : il n'auta pas de prolongement de grâce', personne naura pitié de ses orphelins. Rabbi, lui dit-on, n'aie pas égard à sa conduite, mais à son savoir. A ce moment, Rabbi fondit en larmes, et ordonna que les enfants d'Elischa soient nourris; puis il dit : si cet homme, qui s'est occupé de l'étude de la Loi sans but religieux, est arrivé à un tel résultat ; combien serait-il plus remarquable s'il avait poursuivi un but religieux par cette étude.
R. Eléazar dit au nom de B. Sirah^ : Ce qui est trop merveilleux pour toi, et dont tu ne connais pas au-delà du Scheol toute la profondeur, ne cherche pas à le scruter ; réserve tes réflexions pour ce qui t'est accessible ; car tu ne saurais arriver aux mystères cachés. Rab explique ces mots (Ps. XXXI, 19) : qu'elles deviennent muettes les lèvres mejisongères, qu'elles soient sourdes, qu'elles se brisent, qu'elles se taisent 3. Qu'elles soient sourdes, comme il est écrit (Exode, IV, 11) : V Éternel lui dit : qui a mis une bouche à l'homme, etc. ; qu'elles soient brisées (éparses), comme il est dit (Genèse, XXXVII, 7) : Voici nous attachions des gerbes^; quelles se taisent, selon le sens habituel. E lies prononcent des paroles dures contre le juste (Ps. ib.) ; c'est-à-dire elles prononcent contre le juste du monde des paroles tirées (cachées) .à ses créatures. Avec orgueil et mépris (ib.); c'est une allusion à celui qui a l'orgueil de vouloir commenter le récit de la Création ; il s'imagine exalter l'idée de la Providence, et il ne fait que la rabaisser. R. Yossé b. Hanina dit : celui qui se joue de l'honneur de son prochain n'aura pas de part à la vie future, et à plus forte raison celui qui se joue des attributs du maître de l'univers. Il est dit ensuite (ib. 20) : Quils sont grands les biens que tu as réservés à ceux qui te craignent ; il n'aura pas de part à cette grande quantité de biens.
R. Levi interprète ce verset (Prov. XXV, 2) : la gloire de Dieu est de celer la chose ; c'est 1p. glorifier que d'ignorer ce qui s'est passé' avant la création du monde ; la gloire des rois est de sonder les affaires, d'apprendre ce qui a lieu depuis la Création. R. Levi l'explique aussi par ce verset (Job, XX, 4) : sais-tu cela de toute antiquité? (Connais-tu ce qui a eu lieu avant la création ?) ; mais depuis que V homme a été placé sur la terre, tu peux savoir. R. Yôna au nom de R. Aba explique ce verset (Deut. IV, 32) : Interroge les premiers, qui ont été avant toi ; il ne s'agit pas de ce qui a précédé la Création, puisqu'il est dit (ib.) : depuis le jour où Dieu a créé Vhomme sur la terre ; et ce n'est pas seulement à partir du 6*= jour, puisqu'il y a le mot
1. Tr. Sabbat, XVI, 2. 2. Ci. Ecclésiaslique de Jésus fils de Sirah, III, 22. 3; Rabba à Genèse, ch. I. 4. Jeu de raots sur les 2 sens du mot d'tN', gerbe, et ; 7nuei,
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premiers : il y a donc dans le texte une extension, puis une exclusion, qui tend à une déduction à tirer du 6° jour, et comme celui-ci est particulier, en ce qu'il fait partie des 6 jours de la création, on ne pourra lui comparer que des jours semblables (soit tous ceux de la création). On ne cherchera pas à savoir ce qui est au-dessus du ciel, ou au-dessous de l'abîme, puisqu'il est dit (ib.) : d'une extrémité du ciel à Vautre (non au-delà). Si toutefois tu t'occupes des mystères antérieurs à la création, tu pourras seulement exposer (des sommaires de chapitres), de façon à ce que ta pensée y corresponde (à voix basse); mais, pour ce qui a eu lieu après, ta voix pourra s'élever, dût-on l'entendre au bout du monde. Bar-Kappara déduit de l'expression à partir du jour que tout ce qui est relatif même au premier jour pourra être exposé en public. Cet avis de Bar-Kappara a pour équivalent celui de R. Juda b. Pazi*, et l'avis de R. Hiya^ s'accorde avec celui de R. Aba.
R. Yôna dit au nom de R. Levi ; le monde a été créé par la lettre 3 (B) ; comme elle est fermée de 3 côtés et ouverte d'un seul, de même on ne devra pas scruter ce qui est au-dessus du ciel, ou sous la terre, ni ce qui est devant, ni ce qui est derrière, et seulement à partir de la création du monde. Si l'on demande à cette lettre qui l'a créée, elle semble montrer par une pointe sortant de l'angle supérieur la lettre précédente: A; celle-ci est l'initiale d'un nom qu'elle semble désigner par une pointe à l'angle d'en bas, savoir le mot Adon, ou le nom du Seigneur Dieu. Selon d'autres, la création a eu lieu par la lettre B, initiale du mot Berakha (bénédiction), et non par la lettre A, parce qu'elle est l'initiale du mot Aviva (malédiction). Or, la Providence a dit : je créerai le monde par un B, ses futurs habitants ne seront pas livrés à la crainte qu'il ne puisse pas subsister, en raison de ses auspices de malédiction; mais puisqu'il est créé par B, initiale de bénédiction, peut-être subsistera-t-il. R. Abahou dit au nom de R. Yohanan : les deux mondes ont été créés par 2 lettres, le monde actuel et le monde futur, l'un par n, l'autre par\ puisqu'il est dit (Isaïe, XXVI, -i) : cav par n"" (Dieu), V Éternel, rocher (formateur) des mondes. On ne sait pas laquelle de ces lettres doit être attribuée comme origine à chacun de ces mondes ; mais de ce qu'il est écrit (Genèse, II, 4) : Voici les génévations du ciel et de la terre lorsqu'ils furent créés DN"i3n3, on décompose ce dernier mot, et l'on dit : par n il les a créés ; c'est donc par celte lettre (H) qu'a été créé ce bas-monde, et le monde futur l'est par un '' (I). Comme la 1" est ouverte par en bas 3, c'est une allusion à ce que les habitants de la terre ont pour destination de descendre au Scheôl (tombe) ; cette même lettre a au sommet supérieur une pointe angulée, pour désigner que les humains, après être descendus, pourront remonter; et elle a une ouverture de chaque côté, par allusion à la porte ouverte de toutes parts au repentir. La lettre "• est courbée ; c'est un indice que les habitants de la
1. Ci-dessus, au commencement, il expose comment il entendait le chaos, ou la jonction des eaux inférieure et supérieure. 2. Il n'est permis d'étudier que I9 Création, rien auparavant, 3. Rabba à Genèse, cli, 12,
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terre devront se courber, selon ces mots (Jérémie, XXX, 6) : tous les visages seront bouleversés par la jaunisse, etc. (courbés par la honte). Lorsque David sut tout cela, il entonna ses louanges par les deux lettres, comme il est dit (Ps. CXIV, 1) : Alleluia, n\ louez- serviteurs de l'Eternel, louez le nom de l'Éternel. R. Judan Nasia (le Naci) demanda à R. Samuel b. Nahman pourquoi est-il dit (Ps. LXVIII, 5) : Exaltez celui qui chevauche dans les nuées (au ciel), par son nom de n\ et réjouissez-vous devant lui? Il n'y a nul endroit, lui répondit R. Samuel, qui n'ait un préposé à l'entretien de la vie, (5bçi ; et celui qui est préposé à la vie de tous, c'est la Providence, car ^îo? (l'Éternel) est son nom. Ton maître R. Éléazar, répliqua R. Judan, ne l'a pas interprété ainsi ; cela ressemble à un roi qui bâtit un palais (palatium) à la place oil se trouvaient des gouttières, ou du fumier, ou des ordures ; et ne serait-ce pas un déshonneur pour ce palais de rappeler ce qu'il y avait là jadis? De même, dire du monde actuel qu'en principe l'eau supérieure se joignait à l'inférieure dans le chaos, serait lui faire tort. Ou encore, au-dessus d'un jardin royal une terrasse a été construite afin de l'admirer; mais il est défendu d'y toucher (ainsi qu'à ce qui précède la création).
Les Schammaïtes disent : le ciel a été créé d'abord, puis la terre; selon les Hillélites, c'est l'inverse. Chaque école motive son opinion. Les Schammaïtes se fondent sur ces mots (Genèse, 1, 1) : au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ; c'est semblable à l'acte de ce roi qui, après avoir édifié un trône, a construit le piédestal, uTcorcoiov, selon ces mots (Isaïe, LXVI, 1) : le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied. Les Hillélites invoquent ce verset (Genèse, II, 4) : au jour où VÉternel Dieu fit la terre et les deux. Tel est l'usage des constructions royales, d'édifier d'abord la base, puis la partie supérieure, selon ces mots (Isaïe, XLVIII, 13) : ma main a fondé la terre et ma droite a étendu les deux. R. Juda b. Pazi cite aussi, à l'appui de Hiliel^, ces mots (Ps. Cil, 26) : Auparava?it tu as fondé la terre, et les deux sont l'œuvre de tes mains. R. llanina dit : ce qui sert d'appui à l'avis de Schammaï est retourné comme argument contre lui, invoqué par Hillel. Ainsi Schammaï invoque le 1" verset de la Genèse ; à quoi HiUel oppose les mots suivants (ib. "2) : la terre était (elle était déjà). R. Yohanan dit au nom d'autres sages : quant à la Création, celle des cieux a eu lieu la première, mais la terre a été la première consolidée et achevée ; il invoque pour le fait de la création le i" verset de la Genèse, et pour celui de l'achèvement un autre verset (II, 4), oii la terre est citée d'abord. Après la création du ciel au premier jour 3, selon Schammaï, 3 jours se sont passés, et les dérivés sont nés, savoir après les 3 jours, au i" il y eut les luminaires. Après la création de la merle 2° jour, aussi selon Schammaï, ses produits apparaissent; et après avoir laissé passer les jours 2, 3, i, au 5^ les eaux produisent, etc. La terre apparaît sèche au 3^ jour et ses produits se manifestent 3 jours plus tard, soit
1. Jeu de mots entre ce terme et son homonyme hébreu, signifiant « par Dieu ». ^, Rabba à Genèse, ch. 1, 3. Ib,, ch. 12,
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le 6» jour, la teifre 'produisit. Selon Hillel, la terre fut cféée le 1" jour, et après 2 jours d'intervalle, soil le 3°, elle fournit de la verdure; les cieux datent du 2® jour, et après un intervalle de 2 jours, soit le V-, leurs produits naissent : il ]/ eut des luminaires', la mer fut créée le 3^ jour, et après 2 jours d'intervalle, elle donne ses produits, que les eaux produisent. Je suis étonné, dit R. Simon b. Yohaï, de ce que les premiers personnages du monde soient divisés sur la question de la création du monde ; à mon avis, le ciel et la terre ont été créés comme une marmite (XoTcâ;) avec son couvercle (ensemble), selon ces mots (d'Isaïe, ib.) : vm main a fondé la terre et nia droite a étendu les cieux (en même temps). D'après cet avis, dit R. Éléazar b. R. Simon, je m'explique ce que mon père a dit : parfois, il est question des cieux avant la terre, d'autres fois, c'est l'inverse; mais, en réalité, ils se valent (et sont simultanés).
2. Yossé b. Yoézer interdit d'imposer les mains (aux sacrifices de visite offerts en ces jours) ; Yossé b. Yohanan l'autorise ; Josué b. Perahia l'interdit; Nitaï d'Arbel l'autorise; Juda b. Tabaï l'interdit; Simon b. Schetah l'autorise, ainsi que Schemaïa ; Abtalion l'interdit. Ilillel et Menahem n'ont pas eu de désaccord. Lorsque Menahem quitta le synhédrin, Schammaï y entra. Hillel autorise l'imposition ; Schammaï linterdit. Les premiers (de chaque couple) étaient les princes (président général) ; les seconds étaient chefs des cours de justice.
A l'origine, il n'y a eu de discussion en Israël qu'au sujet de l'imposition. A l'arrivée de Schammai et Hillel, il y a eu 4 sujets de différends. Lorsque les disciples de l'un et de l'autre se multiplièrent, et qu'ih ne fréquentèrent pas suffisamment les leçons des maîtres, les discussions augmentèrent : on se divisa en 2 camps ; les uns déclarèrent impur ce que les autres déclarèrent pur, et l'état primitif de bon accord ne sera bien rétabli qu'à l'arrivée du fils de David (du Messie). R. Hiya dit au nom de R. Yohanan : les moindres prescriptions rabbiniques relatives au repos des jours de fête ne doivent pas être prises à la légère, puisque l'acte d'imposer les mains est secondaire, et pourtant les plus grandes autorités ont discuté à ce sujet. Ceci prouve, dit R. Yossa, qu'il faut appuyer les mains sur la victime de toutes ses forces ; car s'il n'en était pas ainsi, l'interdit ne serait pas justifiable, et l'on ne peut admettre qu'il soit interdit de toucher un animal en ce jour. — « Hillel et Menahem n'ont pas eu de désaccord, est-il dit; lorsque Menahem quitta le Synhédrin, Schammaï y entra. » Où alla-t-il en sortant ? Selon les uns, il adopta des mesures contraires à celles qu'il avait préconisées (il sortit de la bonne voie) ; selon d'autres, il dut partir contre son gré, avec 80 couples de condisciples, couverts d'ornements d'or ; ils avaient la face noircie (mal vus), comme le bas d'une marmite, car les étrangers leur avaient dit : inscrivez sur la corne de vos bœufs (de façon notoire) que vous n'avez pas de part au Dieu d'Israël.
Nous avons appris que Juda b. Tabaï était Naci et Simon b. Schetah Ab
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beth-din (chef de la justice) ; selon une autre version, c'était l'inverse. A l'appui de la 1" version, on peut citer le fait relatif à Alexandrie* : Les habitants de Jérusalem voulaient confier à Juda b. Tabaï les fonctions de Naci ; mais celui-ci s'était enfui et allé à Alexandrie. Les Jérusalémites écrivirent donc : «Jérusalem la grande à Alexandrie la petite! Combien de temps encore mon fiancé restera-t-il avec vous, tandis que moi, je demeure abandonnée. » Juda quitta la ville pour se rendre dans un vaisseau. « Qu'est-ce qui manquait donc à Debora, dit-il, l'hôtesse qui nous avait accueillis chez elle? — Maître, répondit un de ses disciples, elle était borgne. — Tu commets là une double faute, dit Juda: d'abord de me soupçonner de l'avoir envisagée comme beauté; puis, c'est une preuve que tu l'as regardée avec convoitise (action interdite); or, je n'ai pas dit qu'il s'agit d'une belle femme, et je n'ai parlé d'elle qu'en passant. » En voyant cette irritation, le disciple s'en alla. A l'appui de l'autre version, disant que Simon b. Schelah était Naci, on peut citer le fait relatif à Ascalon : il y avait dans cette ville deux gens pieux, mangeant et buvant ensemble et s'entretenant mutuellement de la Loi. A la mort de l'un d'eux, c'est à peine s'il fut déploré ; tandis qu'à la mort du fils de Maon le percepteur, toute la contrée interrompit ses travaux pour assister à ses funérailles. L'homme pieux survivant se lamenta à cette vue, et dit : Hélas! Israël 2 n'a plus de mérite. Son compagnon défunt lui apparut en songe, et lui dit : <( ne méprise pas ainsi les fils de ton maître (les Israélites) ; l'un (moi) a commis un péché qui, grâce au manque d'égards lors de l'enterrement, lui a été pardonné ; l'autre (le fils du percepteur) a commis une seule bonne action, et il en a été récompensé. » Quel péché peut avoir commis un homme aussi pieux, qui n'a jamais failli? Il lui est arrivé une fois de placer les phylactères de la tête avant ceux de la main (au lieu de l'inverse). Quelle bonne action accomplit le fils de Maon, qui n'en accomplit guère de sa vie? Un jour il donna un festin, apiffxiv, aux chefs de la ville, PouXr^xeîa, mais ils n'acceptèrent pas l'invitation ; il donna alors l'ordre de faire manger le festin aux pauvres, pour ne pas le laisser perdu. Selon d'autres, au moment où il passait dans la rue, un pain tomba de dessous son bras; un pauvre le voyant le prit, et le fils de Maon ne lui dit rien pour ne pas le faire rougir. Quelque temps après, l'homme pieux survivant vit son compagnon défunt, se promener dans les jardins, sur les terrasses et auprès des sources d'eau, tandis qu'il vit le fils de Maon tirer la langue aux bords d'un fleuve sans pouvoir boire, en même temps qu'il voyait Miriam la fille d'Ali- Beçalim; selon R. Eliézer b. Yossa, il la vit suspendue par les bouts de ses seins ; selon R. Yossé b. Hanina, le verrou de la porte de l'enfer était fixé à son oreille. Pourquoi cet appareil, demanda-t-il? C'est qu'elle se mortifiait et s'en vantait; ou, selon d'autres, parce qu'après avoir jeûné un jour, elle se vantait d'avoir jeûné 2 jours. Jusqu'à quand en sera-t-il ainsi, demanda-t-il?
i. Voir Frànkel, Monaischrift, I, 413; Derenbourg, ib., pp. 96 et i02. Cf. J., tr. Synhédrin, VI, 6. 2. Littér. : les ennemis d'Israël (par euphémisme).
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Jusqu'à l'arrivée de Simon b. Schetah ; alors on enlèvera de l'oreille de cette femme le verrou, pour le fixer à celle de ce Simon. Pourquoi cela, fut-il demandé? C'est qu'il avait promis, ful-il répondu, qu'après sa nomination aux fonctions de Naci il tuerait les sorcières, et il n'a pas rempli sa promesse, puisqu'il y a encore 80 sorcières établies dans les cavernes d'Ascalon, causant de grands dommages au monde. Va donc et rappelle à Simon son engagement. — J'ai peur, répondit l'interlocuteur, car il est Naci (chef), et il ne me croira peut-être pas. — S'il te croit, fut-il répondu, c'est bien ; sinon, faislui ce signe (comme preuve de véracité) : mets ta main à l'œil, sors-le, puis remets-le, et le tout sera rentré en son ordre primitif. L'homme pieux alla donc, expliqua à Simon le récit complet de ce qu'il avait à lui dire, et voulut opérer pour lui l'indice de véracité en question ; mais Simon l'en empêcha, en disant : Je sais quel homme pieux tu es, et que tu es capable d'opérer davantage ; en outre, je n'ai pas énoncé la dite promesse de mes lèvres, et je l'ai seulement méditée en mon cœur. Aussitôt Simon b. SchcLah se leva (prépara l'exécution) ; il partit un jour de pluie, emmenant avec lui 20 jeunes gens d'élite, leur remit en main autant de vêtements blancs, qu'ils étaient chargés d'emporter chacun dans une marmite neuve fixée sur la tête, leur donnant l'ordre suivant : « A mon premier cri (appel), vous vous couvrire2 de ce vêtement; et à mon 2" cri vous entrerez tous à la fois, et aussitôt entrés, chacun de vous saisira une de ces femmes qu'il soulèvera de terre ; car il est de règle en magie qu'une fois le sorcier soulevé de terre, il n'a plus de pouvoir. »
Sur ce, Simon alla se présenter à la porte de la caverne, et dit: «compagnes, oixoia, ouvrez-moi, puisque je suis des vôtres. — Comment se fait-il, direntelles, que tu aies pu pénétrer jusqu'ici en un tel jour ? J'ai su (par sortilège) passer entre les gouttes d'eau (sans me mouiller). — Et que viens-tu faire ici, demandèrent-elles ? Je viens apprendre, puis enseigner, car chacun fait ce qu'il peut. » Chacune alors opéra à sa façon : l'une par ses paroles put apporter du pain ; l'autre prononça les mots (magiques) et apporta de la viande; une autre énonça de tels mots, et apporta des légumes ; une autre encore, agissant de même, apporta du vin. Et que sais-tu faire, demandèrent-elles ? Je sais, en poussant 2 appels, dit-il, vous amener 80 beaux jeunes gens, qui se réjouiront de vous avoir, et vous aurez de la joie avec eux. — Nous voulons bien les recevoir, dirent-elles. » Il poussa un cri, et les jeunes gens revêtirent le costume blanc; au 2^ cri, ils entrèrent tous à la fois, et il commanda que chacun se choisisse une compagne, qu'ils enlevèrent, puis ils partirent, et les crucifièrent. C'est pourquoi, il a été enseigné * : il est arrivé à Simon b. Schetah de pendre 80 femmes à Ascalon. Mais, fut-il objecté, comment a-til pu faire tant d'exécutions en un jour, puisqu'il est de règle de ne pas prononcer deux condamnations capitales le même jour? C'est que la gravité du moment (le danger couru par le judaïsme) l'exigeait. En effet, on a enseigné que R. Eleazar b. Jacob dit : j'ai entendu déclarer que parfois on punit au