Cf. J., tr. 3Ioc(i qaton, II, 4j B,, tr. JSeça, li
30â TRAITÉ HAGHIOA
valent en double ou triple, de l'açon à ce que si les premiers deviennent impurs on en ait d'autres purs sous la main. Tous les ustensiles du Temple devaient subir le bain légal, sauf l'autel d'or et celui de cuivre, assimilés au sol (non susceptibles d'impureté). Selon R. Eliézer, les autres sages motivent la dispense, parce que les autels sont couverts de plaques en métal.
Mais est-ce que les ustensiles sacrés ont besoin d'un bain? Il se peut, observe R. Aba, qu'un de ces ustensiles n'ait pas été aspergé par l'eau de lustration (pour êlre tout-à-fait pur). S'il en est ainsi (que l'on éprouve cette crainte), on devrait le craindre pour tout (même p. ex. pour la table, qu'il est impossible d'enlever et de baigner) ? On peut supposer, dit R. Aboun b. Hiya, qu'un des prêtres, causant à une femme au sujet des nids d'oiseaux qu'elle sera tenue d'offrir lors de son prochain état de pureté, a eu son vêtement contaminé par un peu de salive tombée de la bouche de celte femme, et lui à son tour rend impur ce qu'il touche. Mais encore pourquoi n'éprouve-t-on pas cette crainte pour tout? On admettra, fut-il répondu, que le cohen a été atteint par un liquide douteurv (dont on ne sait s'il est pur ou non) ; et, par suite, l'interdit rabbi nique n'est applicable qu'aux vases aisés à baigner. N'a-t-on pas enseigné ailleurs 1 : «en cas de doute, leliquide rend impur en cas de contact direct, non par intermédiaire » ? Là, il s'agit d'oblation (il faut uq contact direct), et ici il s'agit de saintetés, pour lesquelles on est plus sévère. On a enseigné * : si la table du Temple est devenue impure, on la purifie en son temps par le bain , (lorsqu'elle sera débarrassée), bien que ce soit un jour de sabbat, dit R. Méir; selon les autres sages, on y procédera de suite. Il se trouve donc que si l'on adopte l'avis de R. Méir (de respecter la perpétuité de présence des pains de proposition sur la table) on rendra 2 pains impurs (le dernier laissé sur la table impure, au moment de l'échange contre des nouveaux, et le nouveau remis); selon les autres sages ', il n'y en a qu'un d'impur (par le retrait et le bain immédiats). Selon R. Jacob b. Sisi en présence de R. Yossa, même d'après l'avis de R. Méir, un seul pain serait impur en ce cas, si l'on admet par contre qu'il s'agit seulement d'une impureté par liquide douteux. Un jour, comme le chandelier fut soumis à la purification, les Sadducéens dirent (en raillant) : « voyez les Pharisiens soumettant bientôt le globe du soleil à l'eau lustrale*.»
On a enseigné ailleurs ^ : ils entrèrent dans la pièce de réserve des vases sacrés, et ils en firent sortir 93 ustensiles d'or et d'argent. Ce nombre, dit R. Samuel b. Nahman au nom de R. Jonathan, vise les 93 mentions du nom divin qui se trouvent dans les livres prophétiques d'Hagée, Zakharie et Malakhi. R. Houna dit les avoir comptées et n'avoir trouvé le nom divin que 83 fois, selon les 83 signatures énoncées au livre d Ezra; car chacun proclamait l'unité de Dieu au moment de signer. Selon les uns, le plus grand nombre d'us-
1. Tr. Taharôth, IV, 9. 2. Tossefta à ce tr., ch. 3. 3, Tr. Menahôth, XI, 9. 4. Derenbourg, ib., p. 133, 5. Tr, Tamid, III, 4.
lensiles sacrés était mis en réquisition au 1" jour de la fête des tentes, à l'usage des 13 taureaux, li agneaux, 2 béliers et un bouc^ — R. Schilô, du village de Tamara, dit au nom de R. Yohanan : R. Éliézer traite l'autel à l'égal du sol, non susceptible d'impureté, parce qu'il est dit (Genèse, XXX, 3) : lu le couvriras d'or pur, etc. etc,', le texte biblique le considère donc comme adhérent au sol. On sait par là comment il faut trailer l'autel d'or ; mais comment le sait-on pour l'autel d'holocauste? On le déduit par raisonnement : si l'autel d'or qui n'a qu'une coudée carrée, est égal au sol, à plus forte raison il en est de môme de l'autel d'holocauste, qui a 5 coudées carrées. Selon d'autres, parce qu'ils ont tous deux pour analogie d'être carrés, ils sont aussi traités tous deux à l'égal du sol. Selon R. lia, les autres sages ne partagent pas cet avis, parce qu'il est dit (Ézéchiel, XLI, 22) : l'autel était un bois haut de 3 coudées; par cette désignation de bois, la Bible nous le montre comme un objet mobilier (susceptible d'impureté). C'est vrai pour l'autel d'holocauste. Mais d'où le sait-on aussi pour l'autel d'or? On le déduit par raisonnement : si l'autel d'holocauste qui a 5 coudées carrées est considéré comme objet mobilier, à plus forte raison l'autel d'or, qui n'a qu'une coudée carrée, l'est aussi. Selon d'autres, en raison de l'analogie d'être tous deux carrés, ils sont aussi mobiliers tous deux. Les sages déclarent les autels susceptibles d'impureté, parce que ceux-ci sont couverts, ^lais n'est-ce pas un placage incapable de se soutenir seul? R. Simon b. Levi n'a-t-il pas dit au nom de R. Oschia que ce placage était aussi mince qu'un dinar de Gordianus - ? Aussi R. lia dit : l'autel n'est pas fait en vue de son œuvre, laquelle s'accomplit seule. C'est conforme à ce qu'a dit Resch Lakisch sur ces mots (Exode, XXX, 1) : tu feras un autel, etc. ; il n'est pas dit « qui encensera », mais « où. l'encens fume 3»; c'est l'autel qui le fait fumer. Pourquoi ne pas le traitera l'égal d'une table (tabella), devant laquelle on passe sans la déplacer? Or, R. Amé n'a-t-il pas dit au nom de R. Simon b. Lakisch que la table est parfois susceptible d'impureté, vu qu'on la sort et la montre aux arrivants pour la fête, tandis que l'autel ne bouge pas de place? C'est qu'il sert parfois à recevoir les vases sacrés. Malgré cela, il pourrait rester pur; pourquoi non? C'est conforme, dit R. Mena, à ce que l'on a dit ailleurs '*■ : il y a trois dépôts d'ordures ; et ceux du fumier ou de la paille rendent impur, parce qu'on y emploie aussi la corde utilisée pour le culte ; de même ici, pour l'autel, comme la corde sert à tous ces objets, il y a susceptibilité d'impureté (par contagion de la corde).
1. A ces victimes au nombre de 30, il fallait autant de fois 3 vases, = 90. outre ceux du sacrifice quotidien ; total : 03. 2. Concernant cet empereur, ou M. An-
tonin, dit J. Levy, s. o. 3. Rabba à Lévit., ch. 87. 4. Tr. Kéîiin, XXIV, 9.
TRAITÉ MOP]D QATON