‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 100 sur 125 · V.)() TliAlTK DIvS nKUAkllOTII · texte numérisé non relu

V.)() TliAlTK DIvS nKUAkllOTII

(|iii in;m{fonl seulement des objets ])iiis, les rahhiiis oui ('l(' moins sévères. 1{. Asché demanda : Qu'entend-on par la limite (ju'indi([ne Issi har-Naliian , d(! ne j)as voii* son prochain? Cela veut dire (|ue le (;omj)a[[noii ne doit pas voii* sa nu(lil('; mais lui, il j)eut la voir.

Un orateur funèbre, qui marchait devant R. Nahman lors d'un enterrement, disait qu'un tel a été d'une tenue toujours décente. Tu Tas donc suivi à lajjarderobe, iui demanda R. Nahman, pour savoir s'il s'y conduisait décemment ou non? car, comme on l'a enseigné, c'est là le critérium de la décence. Qu'importait-il à R. Nahman que ce fût vrai ou non? C'est que, selon un enseignement, aussi bien que les morts sont punis dans l'autre monde de leurs péchés, de même c'est un péché de la part des orateurs funèbres et de ceux qui répondent amen de les louer faussement. Les rabbins ont enseigné ceci^ : On appelle décent celui qui se lient la nuit dans l'endroit où il se placerait le jour 2. Est-ce vrai? Ne dit-on pas qu'on doit toujours s'habituer à remplir ce besoin soir et matin, afin de n'avoir pas besoin de s'éloigner au milieu du jour? Il parait donc qu'il y a une diiïérence? En outre, Rabba s'éloignait pour cela dans le jour jusqu'à la distance d'un mille, tandis que la nuit il disait à son domestique de lui chercher un endroit propice sur une place de la ville? Et R. Zeira ne disait-il pas également à son serviteur de voir s'il n'y avait personne derrière la maison des compagnons d'étude, afin de s'y livrer à l'accomplissement d'un besoin? Aussi, il ne faut pas dire que la décence dépend de l'emplacement, mais de la tenue décente qu'on y observe. R. Asché dit qu'il peut même être question de la place, car il s'agit de choisir un coin reculé (sans qu'il ait besoin pour cela d'être placé à une grande distance).

On vient de dire que, selon R. Juda, au nom de Rab, on doit tâcher d'y aller le matin et le soir, afin de n'avoir pas à s'éloigner au milieu du jour^. On enseigne également c[ue Ren-Azaï disait de sortir le matin et le soir, afin de ne [)as être obligé de s'éloigner; on examine l'endroit avant de s'y asseoir et non après, car si on ne l'examine qu'après, on devient accessible aux sortilèges des démons, fussent-ils aussi éloignés que l'Espagne. Mais si par oubli on s'est assis et que l'on ait seulement examiné après, comment réparer cette faute? En se levant, on dira : Ce n'est pas sur moi (qu'ils agiront), ce n'est pas sur moi; ni tahim, ni tahtim (nom des démons), ni eux tous, ni une partie d'entre eux, ni des magiciens mâles, ni ceux du sexe féminin. F. G9\ On enseigne que, selon Ren-Azaï, on peut s'étendre sur n'importe quelle

pour être certains d'être restés sans ^ C'est-à-dire, en se tenant à distance

souillure. des hommes.

' Tr. Aboda Znra , fol. /17''; l,r. //o- ' Comp. \\\ Srhnhhnih , fol. 8o.\

rnyolh , fol. 1 »>''.

cil A PIT Pi K IX. ^i97

couche, excepté sur la terre, el s'asseoir sur n'importe (piel siege, sauf'sur une poutre dont on peut tomber. Samuel dit ; Le sommeil à Paube du jour est aussi agre'able au corps que; l'acier au fer, ainsi qu(; l'évacuation faite à ce moment. Bar-Kapara verulait les maximes suivantes au prix de Por : Mange lorsque tu as faim (protite du moment d'ap])étit), bois à ta soif, quand la marmite bout vide-la (satisfais les besoins); l()rs([ue la corne retenlit à Rome (en signe de désir d'achat de figues), le his du marchand de figues doit vendre celles de son père (si celui-ci est absent, il faut le remplacer avec opportunité). Abayé dit aux rabbins : Lorsque vous passez j)ar les ruelles de la ville pour vous rendre aux champs, ne regardez ni d'un coté ni de l'autre, car il pourrait y avoir des femmes aux fenêtres, et il n'est pas convenable de les regarder. Connue U. Safra était entré dans une garde-robe \ R. Aba vint frapper à la porte (pour savoir s'il y avait quelqu'un). Finirez, lui fut-il répondu. Lorsqu'il en fut sorti, R. Aba lui dit : Jusqu'à présent, lu n'étais pas semblable par Pimpudence au bouc^ (le symbole du démon) , mais tu en prends les manières. N'a-t-on pas enseigné qu'il y avait au temple une torche, et une garde-robe tenue décemment de la façon suivante : Si c'était fermé, on savait qu'il y avait quelqu'un; si c'était ouvert, c'est qu'il n'y avait personne: n'est-ce donc pas une affaire d'usage? Oui, mais R. Safra croyait qu'il était dangereux de se retenir, comme on a enseigné : R. Simon ben-Gamaliel dit que, si Pon se retient de grands besoins, on peut être atteint d'hydropisie^; si l'on se retient des petits, on peut être al-

temt de jaunisse. R. Eléazar étant monté à la garde-robe, un Perse* vint Pen repousser. R. Eléazar se leva et en sortit. Un petit serpent s'introduisit dans son rectum; R. Eléazar rappela alors à son propos ce verset : J'^/ mettrai un homme à la place (Isaïe, xliii, /i), où il faut traduire le moi adam non i^nr homme, mais par Édomile (ou Perse).

Et l^on disait de te tuer, mais elle (la décence) fa épargné (1 Samuel, xxiv, 1 1) ; au lieu d'ow dit, n'est-ce ipas je pensais qu'il eût fallu? Et au lieu de elle épargna, n'est-ce jias f épargnais qu'il fallait? R. Eléazar Pexplique ainsi : David dit à Saûl : ïu étais digne d'être tué légalement, puisque tu étais le persécuteur, et la Loi recommande de tuer en premier lieu celui qui a des intentions homicides^. Mais ta tenue modeste t'a sauvé, comme Pindique ce \ersei [ibid, h) : Il arriva aux parcs de brebis, sur la route, où se trouvait une grotte. Saûl s'y rendit pour y remplir un besoin. On a enseigné : Il y avait une haie derrière Pautre et une

' Comp. tr. Tamid, eh. i, S i, fol. 27''. ^ Dans noire Introduction j, p. xlix, on

■^ Le mot "iij^ty peut avoir aussi le sens aura lu déjà d'où proviennent, dans le

d'Edomite, comme dans Genèse, xxxvi, texte, ces confusions entre les Romains et

20; cela signifie alors : Tu adoptes les les Perses.

mœurs des païens. ^ Plus haut, fol. 58' (p. /178).

^ Plus haut, fol. â5' (p. 820).

/l98 THMTr: DES HKKAKIIOTII.

grolte dans raiiiro; enfin (hi mot "lOnV, pour couvrir (do ce verset), on ronclul qu'il s'est enveloppé conmie une tente (nD"JD). Puis Damd se leva et coupa sans bruit un coin du manteau de Snûl. Aussi, dit \\. Yossé i)ar-K. Hanina, celui qui méprise les vêtements finira par ne plus pouvoiren jouir complètement, comme il est dit : Le roi David étant devenu vieux, on le couvrit de vêtements sans pouvoir le réchauffer (I ]{ois, i, i). — Si V Eternel t'a excité contre nioi, il agréera l'offrande (I Samuel, xxvi, 19); selon l'explication de R. Éléazar, Dieu dit à David : Tu m'as appelé séducteur, je vais t' éprouver par un sujet connu même des enfants qui fréquentent les écoles, comme il est dit : Lorsque tu voudras relever le nombre des enfants d'Israël, chacun devra donner pour le représenter ou pour racheter son âme, etc. (Exode, xxx, 1 a); aussitôt, en effet, Satan s éleva contre Israël (I Chroniques, XXI, 1), et il est dit : // excita David contre eux, en disant il aller compter Israël (II Samuel, xxiv, 1). Or, en les comptant, il n'a pas demandé le prix du rachat, comme il est dit : L'Eternel envoya la peste contre Israël , du matin jusqu à Vépoque déterminée [ibid. i5). Qu'entend-on par cette époque? C'est, répond Samuel le Vieux, gendre de R. Hanina, au nom de ce dernier, depuis l'instant de regorgement du sacrifice quotidien jusqu'à celui de l'aspersion du sang; selon R. Yochanan, ou veut dire jusqu'à midi.

Et il dit à l'ange qui détruisait des gens du peuple , de s'arrêter; selon R. Eléazar^ Dieu dit à fange de choisir les plus importants d'entre eux, pour que leur mort rachetât beaucoup de péchés. En ce moment mourut Abisaï ben-Serouïa, dont le mérite équivalait à la majorité des membres du synhédrin. Dieu vit la destruction (est-il dit), et la regretta (Chroniques, xxi, i5). Que voyait-il? Selon Rab, il vit Jacob notre patriarche, dont il est dit (Genèse, xxxii, 3) : Jacob dit en les voyant (les anges chargés par Dieu de le protéger lui et sa postérité). Selon Samuel, il vit la cendre du bélier sacrifié en place d'Isaac, comme il est dit [ibid, xxii, 8) : Dieu verra l'agneau. Selon R. Isaac Napha, il se souvint de f argent de rachat, dont il est dit (Exode, xxx, 16) : Prends l'argent de rachat des enfants d'Israël^. Selon R. Yochanan, il vit le temple, dont il est dit : Il apparaîtra sur la montagne divine (Genèse, xxii, \k). Cette explication fait f objet d'une discussion entre R. Jacob bar-Idi et R. Samuel bar-Nahmeni. Selon l'un, il a vu fargent de rachat; selon f autre, la montagne sainte, et il paraît que ce dernier avis est le vrai, puisqu'il y est dit [ibid.) : On dit en ce jour qu'il sera visible sur la montagne divine.

' Le péché du dénombrement, dit gent, ou par les sides versés au trésor Raschi, a été racheté narle sacrifice d'ar- sacré selon le nombre des Israélites.

GHAIMTRK IX. ^i99

rr On ne doit pas pénétrer sur ie mont Moria avec une canne, etc. 11

Qu'appelle-l-on kapan(1ria?Ces{,Y6\)om\ Haba, lepassa^jo, comme son nom rindique. Selon R. Hana bar-Ada, au nom do R. Sama, fils de R. Mari, cela signifie : Au lieu de faire le tour des maisons [admekipima aclre)^ je vais y entrer et les traverser. \\. Nabman dit, au nom de Rabbali ])ar-Abouab : Si Ton entre dans une synagogue sans avoir l'intention d'en l'aire un lieu de passage (mais pourprier)^ on j)eut ensuite passer par le côté opposé. R. Abaliou le permet seulement si c'était un cliemin dès le principe (avant la construction de la synagogue). R. Helbo dit aussi, au nom de R.Houna : Si l'on entre dans la synagogue pour prier, il est permis d'en faire un passage, comme il est dit (Ezécliiel, xlvi, 9) : Lorsque le peuple de la terre se présente devant V Eternel aux jours de fête.

^ A plus forte raison est-ii défendu d'y cracher. r>

R.Ribi dit au nom de ï^. Josuébeii-Lévi : Celui qui de nos jours ferait cela sur la montagne du temple semblerait se cracber au visage lui-même, comme il est dit (I Rois , ix, 3) : Mes yeux et mon cœur y seront chaque jour. Raba dit que c'est permis dans la synagogue, par comparaison avec les sandales; de ^ même que celles-ci, quoique interdites au temple , peuvent être mises quand on va à la synagogue, il en est de même de l'expectoration. R. Papa, ou selon d'autres Rebina, ou encore R. Ada bar-Matna demandèrent à Raba : Pourquoi, au lieu de comparer cela aux sandales, ne pas le comparer à la règle du passage^ (également interdit de part et d'autre)? Il lui répondit : Le préopinant le conclut de la règle relative aux sandales, et lu voudrais le déduire de celle du passage. Et d'où ? De ce qu'on a enseigné qu'on ne doit pénétrer sur la montagne sainte, ni la canne à la main, ni les sandales aux pieds, ni avec de l'argent enveloppé dans un drap ou dans sa ceinture rejetée derrière soi, ni en faire un lieu de passage, ni y cracber, par a fortiori de l'usage des sandales; comme pour les sandales, qui ne sont pas une marque de mépris, la Loi a dit: Retire les sandales du pied (Exode, m, a), à plus forte raison n'en est-il pas de même pour l'expectoration, qui est un signe de mépris? ii. Jossé bar-Juda dit que cette déduction n'est pas nécessaire, puisqu'il est dit (Esther, iv, 2) : 0« ne pouvait entrer a la porte du roi dans un vêtement de sac, on peut en conclure que si le sac, qui n'a rien d'abject, est défendu en présence d'un roi humain, à bien plus forte raison est-il défendu de commettre un acte de mépris devant le Roi des rois. Moi, répliqua-t-il , je suis de l'avis suivant : On conclut aussi

' Corrip. Ir. Meghillâ, fol. 88\

500 ^ THAITK DKS in^:i{ A Iv IIOTM.

I)i('ii la rcjjlc la j)liis si-vrrc (fapn's Tavis I'cialiraiix sandaios (jiic" dapres rnlui r. 1)3" (|iii csl iclalil" ail passaijc; c'esl-à-(lii'(; ([iic pour la rnoiilafjiu* sainte, où il est défendu de mettre des sandales, on conclut par a fortiori de ce dernier avis la défense d'expecloralion; tandis que pour la synajrojrne, où il est permis de mettre des sandales, on ne déduit pas la lè^rlc d'expectoration de ce dernier point, selon lequel ce serait permis, mais de la loi du passa[|e, pour montrer que c'est défendu. Au contraire, selon Rabha, il en est comme de la maison d'un particulier : on n'aime pas à en faire un lieu de passage, tandis qu'on ne se plaint pas de ce que l'on y crache ou que l'on y porte des sandales; de même ces deux choses ne sont pas interdites dans la synagojjue, mais il est défendu d'en faire un passage.

rr Toutes les fins de bénédiction au temple, etc. y>

Pourquoi tout cela? Parce qu'au temple on ne répond pas amen^\ et comment le sait-on? C'est qu'il est dit (Néhémie, ix, 5) : Levez-vous, bénissez votre Dieu cVun monde à Vautre; puis : Ils ont béni ton nom glorieux, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. Est-ce à dire que toutes les bénédictions ont le même commencement? C'est pourquoi il est dit : Il est élevé au-dessus de toute bénédiction, c'est-à-dire que pour chacune on le loue séparément 2.

cf On a établi l'usage de s'informer de la santé du prochain , etc. r^

A quoi bon un autre verset à Tappui? C'est que si l'on pensait que Boas a invoqué le nom divin de son propre gré (sans qu'il y ait lieu d'en faire une règle) , on rappellerait ces mots : Que Dieu soit avec toi, 6 héros (Juges, vi, 12); et si l'on croit qu'au sujet de Gédéon l'on s'est exprimé ainsi parce que c'était un ange (un message divin, et qu'il n'y a rien à en conclure), on cite ce verset (Proverbes, xxiii, 22) : Ne méprise pas ta mere de ce quelle est vieille (conformetoi à l'enseignement de Boas), selon ces mots (Psaume cxix, 126) : Au moment d'agir pour Dieu, déchirez vos lois. Or, dit Raba, le commencement de ce verset en explique la fin , comme la fin en explique le commencement : c'està-dire, il y avait des moments oii il appartenait à Dieu d'agir, d'exécuter sa justice et de punir; pourquoi? Parce que sa loi avait été détruite; de même à l'inverse, on a bien fait parfois d'agir contrairement aux prescriptions légales*^;

' Comp. tr. TaanilhyîoX. i7'';tr. Sota, ^ C'est ce que fit, par exemple, Elie,

fol. 60''. en sacrifiant sur un autel du mont Car-

^ Comp. plus haut, fol. 60". et tr. Syn- mel, 1 Rois, xviii. ce qui est défendu en

hédrin, fol. 70". temps ordinaire.

ClIAIMTKK l\. 501

pourquoi? Parce que c'était pour proclamer le principe de l'existence de JJien , mis en danger. A ce mènie propos, on a cnseijjné que llillel TAncien disait : Pendant que les sages recueillent (leur science), propa{>(;-la; mais lorsqu'ils la propagent, r(H'ueille-toi dans l'isolement. Si lu vois qu(^ la génération aim<; la Loi, pro|)age-la, comme il est dit : Il y en a qui eu prodiguanl leur bien en ont encore du superflu (Proverbes, xi, 26); mais si la génération ne l'aime pas, re- (uieille-la chez loi, selon ces mots : Au moment dagir pour Dieu, déchirez la Loi (pour la préserver, il vaut mieux en restreindre la propagation).

Bar-Kappara a enseigné : Quand une chose esta bon marché, il fautse hâter d'en acheter et de l'amasser (avant qu'elle renchérisse); et dans un endroit où il n'y a pas d'homme méritoire , il faut s'ell'orcer de le devenir ^ On peut en conclure, dit Abayé, qu'on doit s'efïacer, s'il y a déjà des hommes distingués; et il est nécessaire de le dire, quoique cela paraisse naturel, pour le cas où tous deux sont de valeur égale ^. Bar-Kappara expliqua ce qu'on appelle un chapitre sommaire dont dépend le contenu essentiel de la Loi. C'est le verset (ibid. Ill, 7) : Dans toutes les voies, reconnais-le ; il t'aplanira le chemin; c'est-àdire, selon Baba, on peut même transgresser un précepte légal dans l'intérèl de la religion (comme fit Élie). Bar-Kappara dit aussi qu'on doit toujours apprendre à son fils un métier propre et facile; par exemple, dit B. Hisda, le travail de broderie. On ne doit jamais augmenter, dit aussi Babbi, le nombre des omis dans sa maison , comme il est dit (ibid, xvin , 2Û) : Cest un danger d'avoir beaucoup d'amis^. Il enseigne encore qu'on ne doit pas nommer d'inspecteur de la maison , car, si Putiphar n'avait pas nommé Joseph à cette fonction, il ne lui serait rien arrivé. Enfin il explique pourquoi le chapitre du nazireat suit immédiatement celui de la femme soupçonnée d'adultère^. C'est pour dire que, si l'on reconnaît la faute d'une femme, on fera bien de s'abstenir de vin. Hiskia, Ills de B. Parnath, dit au nom de B. Yochanan : Le chapitre du soupçon d'adultère suit immédiatement celui des oblations et des dimes, pour dire que, si Ton ne donne pas ces prélèvements au sacerdote, on finira (comme punition) par avoir besoin de recourir à lui pour éprouver l'innocence de sa femme ; cela se déduit de ce que, immédiatement après ces mots : A chacun doivent revenir les parts consacrées (Nombres, y, 10), viennent ceux-ci : Lorsque la femme de quelqu'un se sera débauchée, puis : U homme mènera sa femme, etc. en outre , il finira par avoir besoin de lui olfrir un sacrifice à l'issue de la cérémonie; aussi est-il

' Gomp. Maximes des pères, ou .4 /»o/A;, Irairement au sens habituel de ce verdi. H, S 5. set, avoir le sens de : être exposé à une

' Dans ce cas, le second savant doit ruine. céder le pas au premier et 110 pas onsei- * Le vin est parfois cause de fadul-

gner. î,ère. Oonip. Ir. Vr^://-, fol. >^\ ol Ir. Sota,

' Le terme :?i*l")nri^ [)<»ui"i-ail , cou- loi. -X'.

501> TRAITE DES HEKAKIIOTII.

dil : Les objets sacrés de chacun lui apparùendronl. Si on 1(3S donne; nf|julièrement, dit 1^ Naliiiian bar-lsaac, on linira par s'onricliir, roinmo ii est dit (Nombres, V, 1 o) : Ce que Hmmme donnera au sacerdoie lui appartiendra, c'cs(-à-diro le donataire aura beaucoup d'arjjent^

II. Houna bcn-Beracbia dil , au nom de R. Eliézer Hakapar: Celui qui associe le nom divin à ses douleurs verra sa nourriture se doubler, selon ces mots (Job, xxii , 25) : S^il arrive que le Tout-Puissant soit nommé dans tes souffrances, tu auras des monceaux d'argent. R. Samuel bar-Nabmeni déduit de ces derniers mots (mDi*iri) que l'entretien vous arrivera comme Toiseau arrive envolant (^Ti?). R.Tabi dit, au nom de R. Yoscliia : Celui qui néglige l'étude de la Loi n'aura pas laforce de subsister au jour de la souffrance, comme il est dit (Proverbes, xxiv, lo) : Si tu te montres faible , ta force sera réduite au jour de V oppression. R. Amé bar-Matné, ou Samuel, déduit du terme faible (jue la négligence est condamnable , eût-elle lieu pour un seul précepte.

R. Sapbra dit que R. Abahou racontait ceci : Lorsque Hanina, neveu de R. Yosua, descendit dans le lieu de la captivité (Rabylone), il ajoutait aux années le mois emboiismique et fixait les néoménies bors de la Palestine^. On envoya près de lui deux savants disciples, R. Yossé ben-Kipar et le petit-fds de Zacharie ben-Keboutal. En les voyant, il leur demanda pourquoi ils étaient venus? Pour nous instruire, répondirent-ils. Il fit alors publier cette proclamation : Ces hommes sont des gens considérables de la génération ; eux et leurs ancêtres ont eu des fonctions au temple, comme on fa appris^ : Zacbarie ben- Keboutal disait avoir lu souvent le livre de Daniel. Cependant, lorsqu'il commençait à déclarer une cbose impure, ils la disaient pure; lorsqu'il interdisait un cas, ils le permettaient. 11 se pla,ignit alors d'eux, en disant que c'étaient des gens faux, sans valeur. — Tu as déjà construit, lui dirent-ils, notre renom, et tu ne peux le détruire; tu as élevé un mur que tu ne peux plus renverser. — Pourquoi donc, leur demanda-t-il, déclarez-vous pur ce que je traite d'impur, et permettez-vous ce que je défends? — C'est que, lui répondirent-ils, tu fixes bors de Palestine les néoménies et les mois embolismiques. — Mais, leur dit-il, Akiba ben-Josepb n'en a-t-il pas fait autant? — R. Akiba, répondirentils, était une exception , et il n'a pas laissé son semblable en Palestine (lorsqu'il alla à Rabylone). — Moi non plus, dit-il, je n'ai pas laissé mon semblable en Palestine! — Les agneaux que tu y as laissés, répondirent-ils, ont grandi; ils sont devenus des béliers, munis de cornes, qui nous ont envoyés vers toi, pour F. 63\ que nous te disions en leur nom : Si tu veux nous écouter, c'est bien; sinon, tu seras mis en anathème; de plus, dites à nos frères de la captivité, s'ils veulent

^ Soit qu'il invoque sa miséricorde , " C'est interdit ordinairement,

soit qu'il bénisse également le mal. " Voir tr. Yonia , fol, t8''.

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