‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 99 sur 125 · CHAPITRE J · texte numérisé non relu

CHAPITRE J

fiiVA

qui craint Diou de toutes ses forces qui voit eu songe des melons '. A la vue d'un bœul en songe, on s'empresse de dire : Le premier-né de son hœuf lui sert d'ornement (Deutéronome, xxxiii, 17), avant de songer à celui-ci (qui est dël'avorable) : Si un bœuf blesse un homme (Exode, xxi, 9.8) -.

Les rabbins ont enseigné : Il est dit cinq choses au sujet du bœuf : celui qui mange de sa chair (en songe) s'enrichit; s'il a été' poussé par lui, cela signifie qu'il aura des fils qui rivaliseront ensemble dans l'étude de la Loi; s'il a été mordu par le bœuf, c'est qu'il supportera des souifrances; s'il en reçoit un coup, il entreprendra un long voyage; s'il le monte, il s'élèvera aux grandeurs. Mais n'a-t-on pas dit que s'il le monte (en songe), c'est un pronostic de mort? Il n'y a pas de contradiction entre ces deux versions : Si l'homme monte la bête, c'est un signe d'élévation; mais si l'inverse a lieu, c'est une prédiction funeste. A la vue en songe d'un âne, on peut espérer le salut, comme il est dit (Zacharie, ix, 9): Ton roi viendra , c est un juste et un sauveur, modeste et montant à âne. A la vue d'un chat en songe, dans un endroit où on l'appelle schounra, c'est le signe d'un beau chant (schir naé) ; mais si c'est dans une ville où on l'appelle schinra, c'est le signe d'un mauvais changement^ [schinouïra'). A la vue en songe de raisins, si ce sont des raisins blancs, c'est toujours bon signe, soit au temps de leur maturité, soit hors de là; si ce sont des raisins noirs, c'est bon signe en leur temps, et mauvais hors de là. A la vue d'un cheval blanc en songe ^, c'est bon signe, soit qu'il s'arrête, soit qu'il coure; un cheval rouge est bon signe si on le voit en état d'arrêt, mais c'est un mauvais signe s'il est vu en état de courir. A la vue d'un Ismaélite en songe, c'est signe que la prière est exaucée^; mais seulement d'un Ismaélite descendant d'Abraham, et non d'un Arabe en général. A la vue d'un chameau en songe, c'est signe qu'il a échappé à la mort qui était décidée pour lui au ciel ^'. Quel est le verset, dit R. Hama bar-

R. Hanina, qui l'indique? Celui-ci : Je descendrai avec toi eJi Egypte, et je t'en ferai aussi monter, n'jy d:i, (Genèse, xlvi, 4) ; R. Nahman bar-Isaac le déduit de celuici : L Eternel (D3) a enlevé ton péché; tu ne mourras plus (Il Samuel, xii, i3). A la vue en songe de Pinehas, on est assuré de l'accomplissement d'un miracle.

' Le mot pyi^T, 7nelo?i ou courffc^ est mis en parallèle avec l'expression lb" Tj'^y, relative aux justes. Voir Isaïe, xxxvhk 1/1.

^ On voit, par cette longue enumeration, qu'il importe, au cas où l'on a eu un rêve , de lui donner immédiatement une application heureuse, à l'aide d'un verset de la Bible, avant que l'imagination craintive lui (Innno un autre sens.

' Ces jeux de mots contestables prouvent la décadence de l'orthographe hébraïque.

* Tr. Si/nhcdrin, fol. 98".

^ Celte interprétation, comme la plupart des autres, repose sur une allitération de mots : le nom '7N *J72V^ , décomposé , signifie : Dieu entend.

" L'analogie entre '^DJ, chameau, cl *?1D3, rémunération céleste, est ('vidente.

^^')^ TIIAITK l)f:S hKM AkIIOTII.

ainsi qu'à la vin^ «Tim ('Irpliaiil ' ; la vue de plusieurs indifjue qu'on sera l'objcl (le nombreux miracles. Mais ne dil-on pas que la vue de toute espèce d'animaux m son<;e est lieuniuse, sauf celle du singe et de l'éléphant? îl n'y a pas là de V. b-]'. coniradiclion : ce n'est bon signe que lorsqu'il est harnaché. La vue de Houna en songe indi([ne le prochain accomplissement d'un miracle, ainsi (jue la vue de Haninçi, Hanania cl Yochanan.

La vue du mot oraison funèbre ("DDn), en songe, indique que du haut du ciel l'homme a été protégé (on) et racheté (N"1D) de la morl; il est bien entendu que pour toutes ces dernières choses il faut les avoir vues par écrit. Celui qui répète en songe la formule du rituel : rr Que son grand nom soit loué, t? peut être assuré d'avoir part à la vie future. La lecture du schema' en songe indique que cet homme est digne d'assister à une nouvelle lévélation de la divinité, mais que sa génération n'en est pas digne. Celui qui met les phylactères en songe peut espérer d'arriver aux grandeurs, comme il est dit : Tous les peuples verront (par

eux) que le nom de l' Eternel a été invoqué en ta faveur (Deuléronome, xxvui, lo), ce que R. Kliézer le Grand, dit-on, applique aux phylactères de la tête. C'est bon signe de prier en songe, mais à condition de ne pas avoir terminé'^. Celui qui voit sa mère en songe peut espérer d'obtenir l'intelligence, comme il est dit (Proverbes, ii, 3) : U intelligence s'appelle mere^. La cohabitation en songe avec une jeune fiancée indique l'amour de la Loi, dont il est dit: La Loi que Moïse nous a prescrite, ^^ V héritage '^-n de la famille de Jacob. Or, au lieu du mot Amtage, il faut \ive Jiancée (Deutéronome, xxxiii, U). La cohabitation en rêve avec sa sœur est une allusion à la sagesse, dont il est dit : Appelle la sagesse ta sœur (Proverbes, vu, 4); de même, la relation en rêve avec une femme mariée est une assurance d'avoir part à la vie future, à condition de ne pas la connaître et de n'y avoir pas pensé au préalable.

R. Hiya bar-Aba dit : La vue de froments en songe est un signe de paix, par l'analogie de ce verset : Celui qui met la paix dans son pays, qui te nourrit du lait de froment (Psaume cxlvii, lU). La vue de l'orge en songe indique que ses péchés sont pardonnes , comme il est dit: Ton crime est parti^, ton péché est pardonné (Isaïe, VI, 7). Moi, dit R. Zeira, avant d'aller de Rabylone en Palestine, j'ai rêvé que je voyais le ciel en songe ^. En voyant en songe une vigne char-

' Jeu de mots entre V'^D, éléphant^ et * Homonymie des mots nD"nND,^fln-

N'jD, miracle. Voir tr. Synhédrin^ f. 83. céc, et niù^TID, héritage.

' Si l'on s'éveille avant la fin de la "' Jeu de mots entre ")D eL 1^::^ , orge.

prière, c'est une preuve de la présence " On sait que, selon certains avis, il

continue de la Providence et de son assis- est bon d'ajourner tout retour de Baby-

tance. ione en Palestine jusqu'à Tarrivée du

^ Il y a en réalité dans le texte : DK "i^ . Messie. si tu appelles l' intelligence.

CIIAPITUK IX. ' ^lOr)

gée, on a rnssui'micc (jiic la rcniinc naiiia pas (ravorlons, comme il (!sl (iil : Ta femme est comme une viipiej'ertile { Psaume <;xxviii, 3). Si c'csl un ('(*|), on espère la venue du Messie, conuTio il esl dit (GiMièse, xlix, i i): // (illarhe à la vigne son anon, et le petit de son ânesse à un for I Iwn cep. Kn voyant une li(fue (;n songe, on a la certitude de conserver la Loi en son cœur, roinmc il est dil (Proverbes, xxvii, 18) : Celui qui garde la fgue en mangera le produit. Celui (jui voit des grenades en songe et qu'elles sont petites, verra ses alï'aires se multiplier comme les grains de la grenade; si ce sont de grandes, ses affaires s'agrandiront; si ce sont des morceaux et si celui qui a eu le songe est étudiant, il peut espérer la connaissance de la Loi, dont il est dit (Cantique, viii, vt) : Je veux te donnera boire du vin supérieur (la Loi), du jus des grenades; si c'est un ignorant, il peut espérer l'accomplissement des préceptes divins, dont il est dit {ibid. IV, 3 ) : Tes tempes (^rékatech) sont comme le morceau de grenade. Or, dans ce verset, on peut interpréter le terme rékatech par ces mots : Même les homm(\s vides (de savoir) rekanim, parmi les tiens (Israël), sont remplis de préceptes comme la grenade. Celui qui voit des olives en songe et qu'elles sont petites, verra ses affaires fruclitier et réussir facilement, comme la crue des olives. Ceci s'applique à la vue des fruits; mais si l'on en voit les arbres (les oliviers), on aura beaucoup d'enfants, comme il est dit (Psaume cxxviii, 3) : Tes fils sont comme les plants des oliviers, etc. Selon d'autres, la vue des olives en songe indique la propagation d'une bonne renommée, comme il est dit (Jérémie, xi, 1 G) : L Eternel a appelé ton nom un olivier chargé d' ombrage , porteur de beaux fruits. La vue de l'huile d'olive indique la clarté future de la Loi, pour laquelle il est dit (Exode, xxvi, 20) : Ils preyidront pour toi de [huile d'olive pure. La vue de dattes en songe indique l'effacement des péchés \ comme il est dit (Lamentations, IV, 22 ) : Ton péché a cessé d'èlre , 6 fdie de Sioji.

R.Joseph dit : La vue d'un bouc en rêve indique une année fertile, et la vue de plusieurs boucs annonce plusieurs années pareilles, comme il est dit (Provei'bes, xxvii , 27 ) : Et assez de lait de chèvre pour ton repas. La vue des myrtes en songe est un signe de prospérité des biens; si l'on n'en a pas, on en héritera; toutefois, dit Oula ou un enseignement anonyme, il faut les voir attachées au tronc. La vue du cédrat indique que cet homme est agréable à son Créaleur, puisqu'il est dit de ce produit : Le fruit de V arbre agréable , la branche de palmier (Lévitique, xxiii, ko). La vue du loulab (branche de palmier) en songe indique qu'il n'a qu'une pensée en son cœur (d'? l'?), tournée vers son père qui est aux cieux. La vue d'une oie en songe est un espoir de sagesse, puisqu'il est dit (Proverbes, i, 20) : Les sages se font entendre au dehors (comme les oies). La relation avec elle est un pronostic d'élévation à la tcte d'une maison

' Jeu de mots entre Dr, cessation, et IDD, datte.

^((U; ThAITK DKS P, Klî A K II ()T II.

(I ('hides. |)iiis(|ii(> U. AscIk; dil (nTjipirs I ;i\(»ir mic m sonne cl ,i\;iii| cii <!<• mrnie (\vs rapporls avec (die, il a (Ue éhîvé .*iii\ jjiaiHlcuis. La mk (run r(u\ csl rc's|)()ii' (Tavoii' INI Ills, dc memo que la mic dc j)liisicMii's; la viic dime poiilo osl. Tespoir (Tim jardin b(;au el aip'éahlc '. La vinMl^rMils (mi soiijre in- (li([iio (|ii(^ la réaiisalioii des dcîsirs est suspondiic (cnmmt' dos œufs. Ton douLe s'ils doiiiuM'oiil naissance; à des pelils); s'ils sont brises, ces! (pie le dosir est réalisé. Il (!n est de mémo des noix, dos conoomhros, dos objets en verre et de tout ce qui est Iraijile. Si en songe on entre dans une ville, c'est que les affaires réussiront, comme il est dit (Psaume cvii, 3o) : // les conduisit au but de leur désir (la inarcbe est donc le signe de la réalisation). C'est un bon signe de se raser en .songe la tête ou la barbe, tant pour soi-même que pour toute sa famille. Si Ton se voit assis dans un petit bateau, c'est le signe d'une bonne renommée qui va se propager; si c'est dans un grand bateau , cola vs'applique à toute la famille, à la coiidilion de voguer sur la mer. C'est bon signe de satisfaire ses besoins en songe (que la bonté s'en va), selon ces mois (Isaïe, Li, ilx) : Uévacuation se hâte de sortir, à condition toutefois qu'on no se soit pas essuyé (ce qui eût rendu les mains impures). Si en songe on monte sur un toit, c'est un signe d'élévation aux grandeurs; si l'on en descend , c'est un signe d'abaissement. Selon Abayé et Raba, c'est toujours un signe que l'on est monté. Le déchirement des vêtements en songe indique qu'au ciel le jugement sévère a été modifié. Sien songe on se tient nu et que ce soil à Babylone, c'est une preuve qu'on est innocent; si c'est en Palestine, cela prouve qu'on n'est pas revêtu de l'accomplissement de préceptes. S'il vous semble avoir été conduit devant l'agent de la justice, c'est un signe de protection; si on lui a attaché un carcan de fer, il est d'autant mieux gardé; il faut toutefois que ce soit dans les fers, et non par une simple corde. Celui qui en songe entre dans un lac sera élevé au titie de chef d'études (par analogie entre la diversité des joncs et celle des disciples); s'il est entré dans une forêt, il sera le premier de ses condisciples (comme dans la forêt certains arbres sont supérieurs). R. Papa et R. Houna, fds de R. Josué, eurent tous deux un songe : Au premier il sembla entrer dans un marais, et il devint chef d'études; le second, auquel il sembla entrer dans une forêt, devint chef de ses condisciples. Selon d'autres, tous deux rêvèrent qu'ils entraient dans un marais; mais comme R. Papa avait une clochette (pour se faire entendre de loin), il devint chef des études; quant à R. Josué, il devint supérieur des disciples. Il me semblait, dit R. Asché , onirer au marais avec une clochette que j'agitais.

On a enseigné devant R. Nahman bar-Isaac : Si en rêve on vous saigne, cela indique que le ciel a pardonné les péchés; mais ne dit-on pas, au contraire,

' Ou d'uru; maison d'instruction; les lettres du mol ^"1:13")»^ v t'ont allusion.

CIIAIMTPiK l\. M^l

(lu'cM (•(' cas l<'S JX'CIU'S soul l',ll|(>(*S (|MMII' ('ll<' pilllis)? lis SOMI I'ailJ't'S, (!('sI

\i'ai, mais |Hmr rln' clVacc's '. On a (MiscifjtK' dcNaiil l{. Scli(;srli('(li : La mic (Tmi scrpciil (Ml sonjjc indique (|li(' I\mi aura l()ii|()iirs do (|ii()i iiiaiijn'i'-; s il mord, c'csl mie picuNO (jiroii aura Ic doiibh' (\(' iioiirriLiirc; mais si on Ic hie, cest sigii(M|ii(' les moyens d'cnlretien se perdent. Mais, dit 1{. Scheschetli, cela n'indi([ue-l-il j)as, au coniiainî (])ar comparaison avec la morsure), que Tentretieii esl doublé?" Non , lul-il lépoiidu, c/esl W. ScliescheMi (jui donne cette explication, ayant vu en sonjje un scrjxmt (pi'il a lue. On a ens(;i{»né devant H. Yochanan : 11 est bon de voir en son|>(^ toute espèce de liquides, excej)lé le vin; tantôt il est bon de songer que l'on en boit, tantôt c'(;st mauvais. C'est bon, selon ce verset : Le vin réjouit le cœur de Vhomme (Psaume civ, if)); c'est mauvais, selon ces mois : Donnez de la boisson à Ntonmie perdu et du vin à {"ajjliné (Proverbes, xwi, (i). R. Yochanan dit au tanna (celui qui enseigne) : Dis (pic c'est toujours bon pour le savant, selon ces mois : Venez, mang:ez de mon pain, et buvez du vin que j'ai mélangé'^ (ibid, ix, 5). Il dit aussi : Si en se levant on songe à un verset, cela (équivaut à une petite prophétie.

Les labbins ont enseigné : 11 y a trois rois qu'il es! heureux de voir en rêve : la vue de David est un indice de piéîé; celle de Salomon indique la sagess(;; celle d'Achab est le sign(; de la crainte d'(Hre puni. Il est important de voir trois livres prophétiques, outre le livre des Kois qui prédit la grandeur : celui d'Ezéchiel l'ait pressentir la sagesse; celui d'isaïe, les consolations; celui de Jérémie, la crainte de la punition. 11 y a trois grands recueils d'hagiographes qu'il est important de voir : les Psaumes présagent la piété; les Proverbes, la sagesse; Job, la crainte des punitions. Voici le sens de la vue de trois petits volumes d'entre les hagiographes : le (Cantique des cantiques corres])ond à la piété; l'Ecclésiaste , à la sagesse; les Lamentations, à la crainte des punitions; quant au livre d'Esther, c'est raccomplissenient d'un miracle. La vue de trois sages a de l'importance : celle de Habbi indique la sagesse; celle de 11. Eléazar ben-Azaria, la richesse; celle de R. Ismaël ben-Elischa, la crainte des punitions. La gravité est la même pour trois disciples de savants (talmudistes d'un rang inférieur) : la vue de Ben-Azaï en songe représente la piété; celle de Ben-Zôma, la sagesse; et celle d'un autre (d'Elischa ben-Abouva, dont certaines considérations ont été traitées d'h(Méli{pies), la crainte de la punition (puisqu'il a été puni aussi).

Cest bon signe de voir en songe toutes esp(M'es d'animaux, saulTéléphanl ,

' Isaïe, 1, i8. Tr. Yoma^ fol. 8(S'. ' On sait, [)ar une comparaison faite

■ Commf^ le serpent mange de la pons- pré(;édeniment, que l'étude de la lioi a été

sière sur laquelle il ranijie. il n'est jamais coiiijiarée au vin fort qui a élé rendu po-

dépourvu de vivres. table pai- un mélan{>'e d"eaii.

'i(ms ti{ \itk I)i:s \\\:\\ \kii()Tii

Ic siiijr(M'l lii iiiJiriMolte {i\ cimst' tir .sa loriiic sjuîciîilfj. Mais ii a l-oii pas dil ail conliaii»', ([lie la mk; dc I (ih'phaiil csl iiii sipiic (IcMiiiracIc ? Oiii . iiiai^scu hMiieiil lorscju il csl liainaclio; quand il ne Test pas, cCsl mauvais sijpi(!. C'cîsI bon signe do voir loules espèces de métaux, excepté la Taux, la doloire (!l la hache, et à condition de les avoir vues j)ourvues du manche (avec lequel seul ces dernières nuisent). C'est bon si^jnc; de voir en sonjje toutes espèces de fruits , saul' des gâteaux de; dattes (incomplètement cuits). La vue de toutes espèces (Flierbes est bonne, saul" des tètes de rave. Pourtant Rah ne dit-il pas : Je ne suis devenu riche (|u'a[)rès avoir vu des têtes de rave? C'est qu il les vit tenant encore il la terre ])ar les racines. Il est bon de voir toutes sortes de couleurs, saul le bleu de jacinthe (parce que certains malades ont cette couleur). C'est bon signe de voir toutes sortes d'oiseaux, excepté le hibou ', la chouette et la taupe.

Sommaire- : corps, réflexion, calmants, élar<fissemeiil.

Il entre tiois choses dans le corps, dont il ne jouit pas : des cerises (ou de la coriandre), de mauvaises dattes ou des dattes non mûres, il est trois choses qui n'y entrent pas et dont il jouit pourtant : le bain, le Irottement à l'huile et le fc service '7, et il est trois choses qui donnent une idée de la vie future : le repos du sabbat, l'éclat du soleil et le cr service??. Qu'entend -on par ce dernier mot de service? Ce ne saurait être la cohabitation, puisqu'elle affaiblit? C'est la satisfaction des besoins. H y a trois choses qui produisent sur l'homme une impjession de calme : la voix^, la vue et l'odeur. Trois choses élargissent les idées : un bel appartement, une belle femme et de beaux meubles.

Signe : cinq, six et dix.

11 y a cinq clioses qui sont dans la proportion d'un sur soixante, savoir : le feu, le miel, le sabbat, le sommeil et le songe. Le feu est un soixantième par rapport à l'enfer; le miel par rapport à la manne; le sabbat par rapport à la vie future; le sommeil par rapport à la mort, et le songe par rapport à la prophétie.

Six choses sont de bons signes pour le malade, savoir : l'éternument, la transpiration, la facilité de garde-robe, la pollution, le sommeil et le songe. De

' Selon certains interprètes , c'est peut- eux, tandis que, chez les autres oiseaux,

être le pélican. Le docteur Levy, dans son la vue se dirige d'un côté ou de fautrc. Chaldaïsches Wôrterhuch, dit que les '^ Voir la note fol. Sti" (p. 355) sur ces

termes JC'lp et XDIDp (répétés au traité sortes de mnémotechnies ou signes. Nidda, fol. ^y/o") désignent deux sortes ^ Sans doute la voix d'une femme on

d'oiseaux dont les yeux se dirigent devant le son d'un instrunienl de musi([ue.

CNMMTUR l\. /i<iO

roternumcMiL il esl dil (Joh , \i,i. i o ) : .So// ('icrnumcnl répaiid hi lumière. De l.i li'arisj)irali()ii , il osl <lil (Goiièse, m , i () ) : I la annn- de Ion front hi maufreras du pain (pour cela il laiil ('In^ sain). Du lolàcheinoiil, il est dil (Isaie, li , i/i) : .SV r évacuation se hâte de sortir, il ne mourra pas dans la fosse. Do la [)ollu(if)ii . il ost dit (ihid. lui. i o) : // verra sa semence et aura de lonns jours. Du sonnneil. il est dit: (Jol), m, i3) : Si je pouvais dormir, je serais reposé. Kiiliri du s()n|{"(?. il est dit (Isaïe, xxxviii, lO) : Ta mds laissé rêver (trie rétablir) et vivre.

Six choses ({uerisseut les malades d'une manière définitive', savoir : les pioduits du caroubier, des choux, l'eau ayant servi à cuire des folioles sèches'-^, de festomac, la matrice et le re's(îau du l'oie, et, selon d'autres, de petits poissons; de ])lus, (le pel ils poissons fertilisent tout le cor|)s de l'homme.

Il Y ti dix choses nuisibles au malade et (jui empirent son élat : la nourriture de bœul', de la viande (jrasse, du rôti, de la viande d'oiseau, fœuf cuit, la coupe des cheveux de suite après la maladie, le j>oujon, le lait, le fromage el le bain; d'autres placent au même rang les noix, i;! même les concombres. On a enseigné chez R. Ismaël : On les appelle kiscJuniim (concombres), parce qu'ils sont lourds à digérer (kaschim) et aussi nuisibles que des sabres. Est-ce bien vrai? N'a-t-on pas interprété le verset de la Genèse (xxv, 23) : L'Eternel lui dit : Il y a deux peuples en ton sein, en changeant le terme peuple contre celui dliommes, appli([ué, selon R. Juda, au nom de Ra^, à Antonin et Rabbi, qui ne cessèrent d'avoir sur leur table des radis, du raifort et des concombres, aussi bien en été qu'en hiver (n'est-ce pas une preuve que les concombres son! recommandés)? Il n'y a pourtant pas de contradiction : il est bon d'en avoir un peu, mais f excès nuit.

Si l'on rêve qu'il meurt quelqu'un dans une maison, c'est pourtant un pronostic de la paix qui régnera; si Ton a mangé et bu en rêve dans une maison, c'est bon signe pour elle ; si un objet en a été enlevé en songe, c'est mauvais signe. R. Papa déclare ceci au sujet des souliers et des sandales : Il est bon de voir enlever de la maison tout ce qui empêche le repos, sauf les souliers et les sandales (qui, servant à sortir, indiquent le départ d'une personne), et tout ce qui procure le repos est bon, sauf la tern; (comme étant le signe de la lombe) et la moutarde (malsaine).

Plus liaul, fol. /|/i''(p. Aoy): 11-, /l/*o(/r/ "nplo simihï, liigriirn. Iciremii. obloii-

Zara, fol, -u)'. rrgniii. Contra lienis vilin bil)iliir. lU'ina^

'^ Au sujet (lu pCC ou 2((Twi', voici -fdilficultates (jniondal . i-oruoralos menses

ce (pio (lit Dioscorides (l.lll, c. lxiu ) : rrciet. (^tc. ^^ •fSisou exiguum scMueii osl in Syiia natnni

'i7(l THAITK DKS HKH A K IIOTII.

rr \ \i\ MIC (Ic I riidroil (l'on Ion a arraché ridolatrio, i'\v.^

Les rabbins onl ('iisci|ri)é : A l.i xnc dc riiiitcl de piorrcs dc'dioà Mniriin», on dil : ^rSoil Ioik; celui (|iii a inonire sn l()ii[rnrH"inité à ceux ((ni I rans;;^ ressent sa volonh';?! à la xuc d'nn (îiidroil (Toii Ton a aiia(di(î les veslijrcs (l(^ ridolAlrie, on dil, : rrHc'nisoil celui (|ui a aiiaclië Tidolàlrie de notre pays, et connne elle a ('!(' enlev('e de cet endroil, puisse-l-elle (Ure an(3antie dans tous les pays où se lionvent des Isra(;Iil(\s; lanirne à ton ruite le cœur de ceux (jui adorent les faux dieux. 11 Hors de la Palestine, on ne dit |)as ef^s derniers mots : t Ramène, etc. ^ la plupart ('lantd(^s (iUth('ens'. Selon H. Simon l)en-EI(\izar, il laut même dire ces derniers mots pour ceux (jui hal)it(Mit hors de la Palestine, dans la conviction (pi'à l'avenir ils se convertiront, confornœment à ces mots (Soplionie, m, 9) : Je chanfrerai alors la langue des peuples en une autre plus claire. R. Hamnona ensei[pie ces mois : A la vue de Rabylone l'impie, on doit dire cin([ bénédictions, savoir : en voyant les ruines de la ville : 'rRéni soit celui ([ui a d(^truit la Rabylone un- \mi;r) en voyant la maison de Nabucbodonosor, on dit: rrRéni soit celui qui fa délruite;^) à la vue de la fosse aux lions ou' de la fournaise ardente^, on dit : rr Béni soit celui qui a accompli des miracles, pour nos ancêtres, en cet endroit;?^ à la vue de l'autel de Mercure, on dit : crRéni soit celui qui a montré de la patience à l'égard de ceux qgi transgressent sa volonlé;^ à la vue de l'endroit dont on prend de la terre (pour en jeter sur les animaux en signe de désolation), on dit : rrRéni soit celui qui prescrit et qui accomplit, qui ordonne et tient sa promesse (de destruction). -«i Lors([ue Raba voyait des ânes portant cette terre, il les frappait au dos, en disant: Allez vite, ô justes, pour accomplir la volonté de votre maître. Lorsque Mare, lils de Revina, venait à Rabylone, il prenait de la terre dans son manteau et la rejetait au dehors, pour accomplir ces mots du propliète (ïsaïe, xiv, '23) : Je le balayerai avec le balai delà destruction. Moi, dil R. Ascbé, je n'avais pas entendu ce qu'a ens(3igné R. Hamnona, mais je l'ai fail de moi-uK^me et j'ai récité toutes ces bénédictions. ^•^ • R. Jérémie ben-Éléazar dit ^ : Lorsque Rabylone a été maudite, ses voisines l'ont été aussi; mais lorsque Samarie l'a été, ses voisines ont été bénies. Pour Rabylone et ses voisines, on le sait d'après ce verset (ibid.) : J'en ferai le séjour des crapauds (nuisibles aussi aux environs) et des étangs d'eau; tandis que, lors de la malédiction de Samarie, ses environs ont été bénis, comme cela résulte de ces mots (Michée, 1,6): Je ferai de Samarie des ruines sur le champ, pour ij planter la vigne , etc.

Ce rabbin dit encore : A la vue d'une armée israélitc, on dil : Réni soil

^ C'est l'esprit de tolérance poussé à ' Elles rappellent l'histoire de Daniel

un tel d(;gré, qu'il ne veut même pas et de Haiiania, Michael et Azaria. demandei' la conversion de ros idolâtres. ' Tr. Eroiihin , loi. 18''.

CHAPITKi: IX. M\

celui qui couiiyit les myslèies (les pens(!es intimes de Ions ces hoiunies) ; à la vue d'une armée de païens, on lappelle ce verset : Votre mire a honte , etc. (Jérémie, l, i9.). Les rabbins donnent celle explication: A la vue d'une armée israélite, est-il dil , on IxMiit celui (pii connaît les clioses cacbées, parce que tous ces boMinies ont aulant d'idées diverses qu'ils dilï'èrent par le visaj^e. Hen- Zôma, ayant vu une mullitude de [»éns sui' les bauteurs de la inonta|pie sainte, dit : Béni soit le sage des mystères et loué soit-il de les avoir tous créés pour servir Israël (en cultivani les cbamps). C'est lui qui disait : Que de mal le premier bonnne a-t-il dû se donner pour manger un morceau de ])ain : il a cultivé, semé, moissonné, mis les épis en g(;rbe, il les a battus, passés au van, les a triés, les a moulus, a lamisé la l'arine, en a l'ait une pâle qu'il a cuile et mangée; tandis qu'en me levant je trouve tout cela préparé devant moi. Il a dû se donner non moins de mal pour arriver à se vêtir: il a tondu la laine, l'a blanchie, l'a cardée, l'a filée, l'a tissée, avant de se faire un vêtement; tandis qu'en me levant je trouve cela tout prêt. 11 disait aussi: Quel est le langage d'un bon bote? Que de peines le maître de la maison s'est données pour moi, que de viandes il m'a servies, que de vins il m'a offerts, que de petits pains il m'a apportés; et il ne s'est donné tout ce mal que pour moi. Au contraire, le mauvais hôte dit: Quel mal s'est donné ce maître de maison? J'ai mangé un pain, un morceau (de viande), je n'ai bu ([u'un verre, et tout le mal qu'il s'est donné n'était pas pour moi, mais pour sa femme et ses enfants. Aussi du bon hole il est dit (Job, xxwi, vik) : Souviens-toi de louer' son œuvre aussi loin que peuvent voir les hommes. Du mauvais bote, il est dit (ihicL xxxvii, 9J4) : C est pourquoi les hommes le craignent, etc.

L'homme , esl-il dit, au temps de SailL était un vieillard faisant partie des hommes considérés (1 Samuel, xvii, 1 2). Selon Raba, ou R. Zebid, ou R. Oscbia, c'était Jessé, pèie de David, (|ui sorlait et rentrait avec une armée (ce sont là les liommes cités dans ce verset), et il enseignait auprès d'elle. Nous admettons, dit Oula, qu'il n'y a pas d'armée en Babylonie, puisqu'on a enseigné que l'on entend par là un ensemble de six cent nrille bommes.

Les rabbins ont enseigné : A la vue des sages d'Israël , on dit : Soit loué celui (jui a communiqué une part de sa sagesse à ceux qui le craignent; pour les sages du nujnde, on dit :Soit loué celui qui a donné une part de sa sagesse à ses créatures. De même, pour les rois d'Israël, on dit: Soit loué celui qui fail participer à sa gloire ceux qui le craignent; et pour les rois étrangers, on dit : Béni soit celui qui fait participer ses créatures à sa gloire. On doit toujours s'efforcer, dit R. \ocbaiian, de courir au-devant des rois d Israël, et non-seulement au-devant d'eux, mais aussi à la rencontie des lois étrangers'; (fail-

' CoîTiparo/ plus liiiiil , loi. ()'' cl 1 ()'\

M'2 TIIAITK l)i:s IJKIiAKMOTII.

leurs, s il y réussit, il saura dirtliu<Mi('i- entre les rois d'Israël et ceux des <3traii- {>ers. H. ScliescJietli, (juoique aveu^de, eut soin, lorsqu'on alla au-devant du roi, (le Taire coiuuh; (out Je monde. Un Sadducéen le vit et lui dit : Ou porte des cruches à Peau ([)()ui" en emporler) , mais (jue viennent y l'aire les cruches cassées (comme loi qui es aveugle)? Je vais te prouver, lui répondit ie rabhi, (|ueje vois mieux que toi. Comme la première division passaitet qu'il se mettait à crier: Le roi arrive, U. Schescheth dit que ce n'était pas lui; au passage de la deuxième division donnant lieu à la même exclamation, R. Schescheth le prévint que ce n'était pas encore le roi; au passage de la troisième division, on se tut; voilà le roi maintenant, dit R. Schescheth. Comment le sais-tu? lui demanda son voisin. C'est que, dit le rabbin, il en est de la royauté terrestre comme de celle du ciel, dont il est dit (IRois, xix, 1 1 , 12) : Sors , place-toi surla

montafpie au-devant de rEleniel , et , lorsquil passera , il y aura un grand vent qui

renverse les montagnes, qui brise les rochers au-devant de r Eternel. Dieu nest pas dans lèvent; et après le vent est Forage , oii ne réside pas nonplus Dieu; après Forage vient le feu , où ne réside pas nonplus Dieu ; mais après le feu il y a un son faible et à peine perceptible. A l'arrivée du roi, R. Schescheth commença à réciter la bénédiction d'usage. A quoi bon, lui dit le Sadducéen, réciter cette bénédiction, puisque tu ne vois pas? — Quelle a été la fin de cet homme? Selon les uns, ses compagnons lui crevèrent les yeux; selon d'autres, R. Schescheth le maudit ^ et il fut changé en un tas d'ossements.

R. Schila punit un homme qui avait cohabité avec une Egyptienne. Le condamné alla l'accuser auprès du roi, en disant: li y a un homme chez les Juifs ([ui prononce des jugenicnls sans l'autorisation du roi. Celui-ci lui envoya des messagers qui vinrent lui demander compte de sa punition. C'est vrai , ditil, car il a cohabité avec une ânesse. — As-tu des témoins de ce crime? — Oui, dit-il, et le prophète Elie se présenta sous une forme humaine et en témoigna. S'il en est ainsi, dirent-ils, il mérite la mort. Nous, répondit le rabbi, depuis que nous sommes en captivité, nous n'avons pas le droit de condanmer à mort; quanta vous, qui eu avez le droit, faites comme bon vous semblera. Pendant qu'ils j'éflechissaient sur la Loi , R. Schila commença à dire ces mots : A toi, Eternel, appartient la grandeur, la force, etc. (1 Chroniques, xxix, 11). — Que distu là? lui demandèrent-ils. — Voici le sens de mes paroles, dit-il; je loue Dieu, d'avoir placé une royauté sur terre, comme il y ou a une au ciel, et qui vous a donné la jmissanceet l'amour de la justice. — Il aime beaucoup, dit-on, la dignilé royale, et on lui donna un sceptre en main, en le priaul de juger selon la Loi. Lorsque le condamné apparut, il dit : Se peut-il que la Providence accomplisse de lels miracles pour les menteurs?— Impie, lui dil le labbi, uy

' ï\\ Srhahhalli , loJ.oV; Hahn Bathi ri . loi, y.V'; Sifiilirdri)! . loi loo'.

CUAIMTHE IX. til:\

a-l-il pas liou (rappeler eel acte celukcruii àiKî, coniine il est dit (Ezécli. win, 20) : Leur membre est celui d'un âne? Connue il vit ([ik; cet lioiume allait leur déiioncer qu'il les avait traités d'ànes, le rabbin se dit : C'est un |)ersé(;u(eur^ (ju(* la Loi dit de tuer en premier lieu, s'il a des intentions criminelles; il le loucha donc du sceptre, et le mit à mort. Le rabbin dit : Connue un miracbi a été accompli pour moi [jrace à ce verset, je veux Tinterpiéter: A toi, Eternel, la fp-andeur, ce qui correspond à la Création, comme il est dit:// accomplit de grandes œuvres qui sont incompréhensibles (Job, ix, 10); la force, c(da cori'espond à la sortie d'E^J^ypte , dont il est dit : Dieu vit la main puissante, etc. (Exode , xiv, 3 1 ) ; à la splendeur correspond l'arrêt du soleil et de la lune sous Josué, dont il est dit : Le soleil resta muet et la lune s'arrêta, etc. (Josué, x, i3); à la victoire correspond la cliute de Babylone, dont il est dit : // répandit son sang (sa victoire) sur mes vêtements (Isaïe, Lxm, 3 ); le terme majesté fait allusion à la jj^uerre des canaux d'Arnon, comme il est dit : C'est pourquoi il est écrit dans le livre des guerres du Seigneur eth vcaJœb à soupJta,eic. (Nombres, xxi, ik); aux mots tout ce qui est dans les deux et la terre correspond la guerre de Sisra, dont il est dit : Du haut du ciel ils ont combattu, les étoiles dans leur voie, etc. (Juges, v, 20); l'expression à toi, Eternel, le gouvernement fait allusion à la guerre d'Amalek, dont il est dit : Car la main est au trône de Dieu (Exode, xvn, 17); le terme rélevé indique la guerre do Gog et Magog, comme il est dit en effet : Me voici vers toi, Cog, prince de Rosch , de Meschekh et de Toubal ( Ezécliiel , xxxvni , 3 ) ; enfin comme chef au-dessus de tout, c'est que, dit R. Hanan bar-Raba au nom de R. Yocbanan, on nomme du liant du ciel même les cbefs des irrigations d'eau (pour arroser les cbamps). On a enseigné dans la Miscbnà, au nom de R. Akiba-ijue les mots à toi, Eternel, la grandeur représentent le passage de la mer Rouge; la force, c'est la mort des premiers-nés; la splendeur, c'est la promulgation de la Loi; la victoire, c'est Jérusalem; la majesté, c'est le temple.

Les rabbins ont enseigné : A la vue des maisons Israélites, lorsqu'elles sont F. 58' habitées, on dit : Loué soit celui (|ui fixe la limite de la veuve (Prov. xv, 25); si elles sont ruinées, on dit: Soit béni le juge de la vérité. A la vue des maisons d'idolàlrie babifées, on dit : L'Eternel renversera la maison des orgueilleux [ibid.); si elles sont détruites, on dit : C'est un Dieu de vengeance, l'Eternel, c'est un Dieu de vengeance qui rayonne (Psaume xciv, 1).

Oula et R. Hisda, pendant leur voyage, arrivèrent à la porte de R. ilana bai-HanilaJ; M. Ilisda se courba et soupiia. Ou'as-tu,lui dit Oula, à soupirer

' Le délateur était non-seulement Tob dangereux, qu'il est hou de, tuer pour

\('i (fun profond mépris parmi les lié- fempêclior do mal agir. (Voir Evode.

hreux, mais nnroro il était considéré \\n,:J!,) coiiimo un jiorsérnfonr. mninir ini Aire

Mh TirVlTE DKS KKH AK MOTH.

ainsi? Hal) iic dil-il pas' (|ut' le soupir i)ris(; à inoilic' le corps (!(,' Ilioinnie. coiiinM' il es! dil ( i^^zc'chiol, \\i, ii) ^ Et toi, Jils de lliommn; (fua les soupirs brisent, elc. (3tinéinc, selon R. \ochanan, ils ])risoiit le corps entier, comme il est, dit [ibid. i'>.) : Lorsquils te demanderont jwurquoi tu soupires , tu répondras : ("est a cause des mauvais bruits que tous les cœurs sont fondus (en entier) ? Je n(; puis nrempécher de soupirer, répondit-il : dans cette maison, il y avait autrefois soixante cuisiniers le jour et soixante la nui! , alin de cuire pour tous ceux qui avaient besoin; le maître de cette maison ne cessait d'avoir la main à la bourse, pour que, s'il arrivait un pauvre honteux, il ne rougît pas en voyant apporter la bourse; en oulre , il y avait quatre portes ouvertes vers les quatre coins de la terre, et tous ceux qui entraient affamés sortaient rassasiés; enfin il répandait au dehors, aux années de disette, du froment et de l'orge, pour que ceux qui rougiraient d'en venir prendre le jour vinssent la nuit^; comment ne pas sou[)irer à la vue de cette maison en ruines? Voici, lui dit son compagnon, ce que R. Yochanan a dit: Depuis le jour de la desiruction du temple, il a été décrété que les maisons des justes seraient également détruites, comme il est dit (Isaïe, v, 9) : yf mes oreilles, Dieu Sebaolh a déclaré que de nombreuses maisons seront dés ei' tes , les grandes et les belles 7i auront plus dliabitants , etc. R. \ochanan ajoute : Dieu les rétablira plus tard dans leur état primitif, comme il est dit : Cantique des degrés à David : Ceux qui ont confiance en Dieu sont comme la montagne de Sion (Psaume cxxv, 1); or, de même que la montagne de Sion sera plus tard restaurée, de même le seront les maisons des justes. Il vit que l'esprit de R. Hisda n'était pas encore satisfait; il lui répondit donc : Le serviteur doit se satisfaire de la situation du maître (il n'y a pas lieu de s'affliger de ces ruines pendant la destruction du Temple).

Les rabbins ont enseigné : A la vue des tombeaux d'Israël on dit : rrSoit loué celui qui vous a formés avec justice, qui vous a nourris avec justice, vous a entretenus avec justice , vous a recueillis avec justice, et un jour vous ressuscitera de même,?^ Mar, lils de Revina, terminait ainsi cette formule au nom de R. Nahman : rrll sait le nombre de vous tous, il vous fera un jour revivre et vous rétabbra; soit loué celui qui opère la résurrection des morts. ^^ A la vue des tombeaux d'idolâtres on dit : Votre mère a honte, etc. (Jérémie, l, 19).

IL Josué ben-Lévi dit : Si depuis un mois l'on n'a pas vu son compagnon, on dit la formule suivante : ce Soit loué celui qui nous a fait vivre, qui nous a fait subsister et atteindre celte époque.?? Après un an, on dil : Soit loué celui qui ressuscite les morts. Rab dit : Le cœui* n'oublie un mort qu'au bout d'un an. ainsi qu'il est dil : Comme un mort j'ai été oublié; je suis devenu un

Tr. Kcthoubolh. fol. 6i2". née. 3' récit), relatant les libéralités de

L nu (les contes de Boccace ( 1 o" jour- Nathan . semble inspiré de ce passage.

CHAPÏTHK I\.

objet perdu ^ (Psaume \\\i. t3). U. I^»|)a (,'l |{. Houiia, (ils de I». Josiki, [x'ii- (laiil leur vovajjc, reiicoulrèi'ent R. Ijaiiina, liis de K. Ika. A la \ue, lui direuL-ils, nous avous récité deux bénédictious; d'abord : ^'Soit béni celui (|ui a counnuniquo une part de sa sa^|esse à ceux qui le craii^nenl ;r. ensuite : fcQui n(Mis a lait vivre, etc.^i Moi. dit-il, eu vous vovaul, il j)ie sernblail \oiiarrivci' loule une armée d'Israéliles, et j'ai i*(;cité ti'ois b('nédiclions, les daux précitées (;t celle ffdu sage des uiystèies'-.r Quoi, lui dirent-ils, lu n'es pas |)lus sage? Et pour le punii' de son ironie, ils le re{>ai"dèrent du nuiu\ais a*il (le maudirent), et il en mourut. — U. .losué ben-Lévi dit: A la vue d'un liomine noué, on dit : Béni soit celui qui cbange les créatures. Mais n'v a-t-il pas à lui objecter cet enseignenieiil : Kn voyant un nègre ou un liomme trop rouge (peau rouge) , ou trop pâle, ou un nain, ou un boiteux^, on dit : Béni soit celui ([ui cbange les créatures; à la vue d'un paralytique, d'un aveugle , de quel(|u'un ([ui a la tète encbevétrée, d'un bancal, d'un lépreux ou d'un bomme noué, on dit : Béni soit le juge de la vérité^? 11 n'y a pourtant pas de contradiction. On parle du changemeni des créatures, lorsque ce défaut visible est de naissance; niais lorsque c'est arrivé plus tard, on dit : Béni soit le juge de la vérité. Et la (jreuve de cela, c'est qu'ici on le compare à la paralysie (fait survenu bien après la naissance); c'est donc prouvé. — Les rabbins ont enseigné : A la vue de l'élépbant, du singe et du vautour, on dit : Soit loué celui qui change les créatures. A la vue de belles créatures ou de beaux arbres, on dit : Béni soit celui (pii a tout cela dans son univers.

c: A la yua des Zikin, etc. ^^

Que signifie ce terme? C'est, répond Samuel, la comète. Il dil à ce [iropos : Je connais aussi bien les voies étoilées du ciel que les rues de Nebardea (sa ville natale); j'ignore seulement le siège de la comète^. J'ai appris qu'elle ne peut Iraveiser le zodiaque; si elle y passait, le monde serait détruit par ce désordre (des cbocs en résulteraient). Mais, lui objecta quelqu'un, je l'ai vue passer? C'est son ombi'(*, jc'pondit-il, son rayon lumineux, (pii a traversé

' Or, il est à remarquer que l'on considère seulement un objet comme perdu au bout d'un an d'intervalle, c'est la limite légale de ten)[)s après laquelle on n'est, plus obligé de restituer au propriétaire une trouvaille que fou a faite sur la voie publique.

' La fornuile complète est : rr Béni soit celui (jui pénètre les nivslèies.v» On la ré-

cite à la vue d une armée, comme il est dit plus haut, fol. 58" (p. A71).

' Le terme employé par le Talmud peut signilier : trhs-gras , coifulenl, car il y a le mot grec àv^pàviKos.

'' Comment se fait-il que. pour la ww (le Ihomme noué. R.José b. Levi prescrive de réciter une aulr(! Ibruude?

" (^iOiup. Introduction, p. \\\i.

'i7(; THAITK DKS lîKII A K IIOTII.

celle; li|;ii(', d ello jmraissait passer ello-nieme. II. Uoiiiia. Ills dc ii. .I()sii(';,(lil : C'esI 111) voile (jiii sc (lecliii'f;, j)uis s'enroule, vl Ton Noil l,i clarli' dii iiriii.i ineiil. \\. Asclie (lit : (j'esl une éloilc qui a viv, airaclié(; (ie ce cole (l(; TOiioii, et comme la voisine vil ce lail de Taulre cote, elle i\\\ lui ('(ïrayée, et il semblait qu'elle passait pai' cette ligne. Samuel demanda : Comment se lait-il qu'il soit dit tantôt (Job, i\, 9) : Il fait ÏOsch^^U Csil (Orion) cl le Kimak (en dernier), et qu'on dise (à l'inverse) : Il fah le Kitna/i et le Csil ( Amos, v, 8)? Voici ce que cela veut dire: S'il n'y avait pas la chaleur de l'Oiion, le monde ne pourrait subsister à cause du froid que répand Kimah'-; et s'il n'y avait pas ce dernier froid, l'excès de chaleur du premier détruirait également le monde (ils se tempèrent donc l'un l'autre). On a appris que si la queue du signe appelé Scorpion ne reposait pas dans ie fleuve Dinor, rien de ce qui a été piqué sur terre par cette béte ne pourrait plus vivre; c'est pourquoi la Piovidence dit à Job (xxxviii, 3i) : As-tu attaché les liens de Kimah, ou peux-tu ouvrir les nœuds de l' Orion? A quoi correspond Kimâ? Samuel répond; A cent étoiles^. Selon les uns, elles sontréunies; selon les autres, elles sont dispersées (séparées). Que signifie Osch? Cest, répondu. Juda, Youta. Mais encore, qu'est ce dernier mot? C'est la queue du signe du Bélier, ou selon d'autres, la tête du Taureau; mais il parait que le premier avis est préférable, comtne il est dit {ibid. 82) : Peuxtu charger V Aïsch de diriger ses enfants (suite d'étoiles en forme de queue)? Donc r)()°. il semble manquer quelque chose à cette queue, comme si l'on en avait arraché une partie (et qu'on eût cherché à boucher l'ouverture faite). Quant à ce que l'Aïsch suit Kimah, en ayant l'air de lui réclamer ses enfants (ses satellites) , c'est qu'au moment où le Très-Saint a voulu provoquer le déluge sur l'univers , il a détaché deux étoiles de Kimah, ce qui a amené (au moyen des grandes pluies) le cataclysme terrestre ; et lorsqu'il a voulu y mettre fin , il a pris deux étoiles de l'Aïsch pour boucher ce déplacement. Mais pourquoi n a-t-il pas simplement restitué à leur place les étoiles détachées? C'est qu'on ne remplit pas une cavité avec ce qui en a été retiré*, ou bien encore celui qui a servi d'attaque ne peut devenir un défenseur^. Mais alors, pourquoi ne pas créer deux nouvelles étoiles (pour remplacer le déficit) ? // lïij a rien de nouveau sous le soleil ( Ecclésiaste , 1,9). Toute fois, dit R. Nahman, Dieu les restituera un jour, comme il est dit : Fa tu mettras Aïsch à la tète de ses enfants (Job, xxxviii, 3 2).

' (3n entend d'ordinaire par Osch la ' Jeu de mots entre HD^D el HNDZ

|)lanèle appelée Ours; par Kimah, on ^DDir. comme cent étoiles. Telle est la

comprend 1rs Pléiades. force de cette constellation.

^ Selon la remarque astrologique do ' Coinp. plus haul , fol. 3'.

Raschi , i'Orion riomino en été et les '^ Tv. Sj/vhéd)-in . i'o\. 1 6\ Pléiades en bivor.

Cïl \PfTi;K l\. Ml

ce bll pour les li'(;iiil)l(îiiieMls (h.' Icirc i^

Qu est-ce (|iroiienlen(i par là? Cosoiil, dil \\. K(;lina,les soupirs de la terre. LorscfiKî, pendant son voya^fe, R. Ketiiia arriva à la porte de la niaison (rnii devin à travers des ossements de morts, il entendit un soupir et la (ern; trembla (sous ses pieds). H demanda au devin : Peux-tu l'expliquer j)ar ces ossements? Un(* yoix s'éleva alors : Ketina, Ketina! pouicpioi ne lesaurais-je pas? Lorsque Dieu se souvient de ses enfants qui souffrent au milieu des nations du monde, il laisse tomber deux larmes dans TOcéan, dont le retentissement est ])erceptil)le d'un bout du monde à l'autre bout; c'est ce qui produit le tremblement. U. Ketina dit : Ce devin est un menteur et ses paroles sont des mensonj[es; car s'il disait vrai, on aurait dû entendre deux soupirs. C'est vrai (lut-il répondu) qu'il V en a eu deux; seulement il ne lui en a [)as l'ait part, pour que tout le monde ne vienne pas le troubler. Quant à lui, R. Ketina, il se disait : Dieu, à ce souvenir, se Trappe les mains ensemble, comme il est dit (Kzéchiel, xxi, 2^) : Je /hfppemi aussi une main contre Vautre et je calmerai ma colère. Selon R. ^'athan , ce tremblement résulte de son soupir, comme il est dit (ibid, v, i3) : J'ai apaisé ma colère sur eux (en les punissant) et je me suis calmé (comme le coléreux par un soupir). Selon les rabbins, il frappe du pied contre le firmament, comme il est dit (Jérémie, xxv, 3o) : Réjouis-toi , il se fait entendre, comme ceux qui écrasent les grains dans le pressoir, à tous les habitants de la terre. Selon R. Aclia bar- Jacob, il presse le pied contre le trône de la gloire, selon ces mots (Isaïe, lxvi, 1) : Ainsi a dit V Eternel : Le ciel est mon trône, et sur la terre posent mes pieds K

rr Pour les orages. •^^

Qu'est-ce qu'on entend par là? Ce sont, répond Samuel, les nuages en mouvement, dont il est dit : La voix de ton orage dans le mouvement; les éclairs ont brillé, le monde en a tremblé et la terre a été effrayée (Psaume lxwii, 19); selon les rabbins, ce sont des nuages qui se communiquent leurs eaux, dont il est dit (Jérémie, x , i 3 ) : Par le tonnerre, lorsquon entend le bruit de ses eaux dans les deux. Selon R. Acba bar-Jacob, c'est un violent éclair qui frappe un nuage et brise les morceaux de grêle (et c'est ce bruit' qui est le tonnerre). Selon R. Asché, ce sont des nuages vides qui, atteints par le vent lorsqu'il souffle dans leurs cavités, rendent un son sec (dont le tonnerre est l'écho), comme lorsqu'un vent passe à l'ouverture d'une cruche. 11 paraît que le meilleur avis est celui de R. Acba bar-Jacob, selon lequel l'éclair surgil, les nuages s'agitent, et la pluie tombe (ce (jui est l'ordre naturel).

' Siu' la cause originelle des tremblements de toi'i<'. voir plus haul. 1 " partie, p. iGo.

'i7<S Ti;\ITi: DKS nKIIAkllOTII.

cf Pour les \(Mils, clc. r

Oii'('sl-((î (|ir()ii ciiIcikI \)i\v là? L.i l('in|)(H(î, ifîpoiid Aliavé; on a i('iiiai'(|in', .ijoiilc-l-il , (|ii(! la IcMnpeIc n(^ nnil pas la rniil. Mais on <*n a poni'lanl \n la null? (Tfisl. (iireile avail coniiiKMUM' le jonr. On sail, dil-il ensnilc, (|ir(;lle nc dnrc gui'i'e deu\ heures, coidormémenl. à ce (|ui esL dil : L(i .soiiffranœ ne sidère pan deux fois (de suite. Nahum, i, ()). Poiirlanl on en a vn cpii avaient celle du rée? (^csL qu'il y avait des moiiienls (riiileirupLiou,

fcDes éclairs, on dit : Loué soil c(^lui dont Ja lorco et la |)uissan('e l'emplissent le monde, t

Qu^Mileiid-ou ])ar là? (/est Téclair resplendissant, dit llaba. Il ajoute : L'éclair isolé, ou blanc, ou vert\ ou les Jiuages s'élevant à Tangle ouest et tombant au sud, ou deux images s élevant Tun vis-à-vis de l'autre, tout cela est nuisible. Qu'importe? C'est qu'en les voyant, il faut invoquer Dieu; toulelois, ils n'ont de gravité inquiétante que la nuit, mais non le matin. R. Samuel benfsaac explique le motif de cette distinction d'heures -; c'est qu'il est dit (Osée, iv, /i) : \otre grâce est comme le nuage du matin. Mais, demanda R. Papa à Abayé , n'y a-t-il ])as un proverbe qui dit : Si en ouvrant ta porte le matin tu vois de la pluie, tu peux dire aux conducteurs d'ànes de plier leurs sacs et de se remettre à dormir (car, j)ar cette pluie, tes blés fructifieront tellement, que tu n'auras plus besoin de travailler. N'est-ce pas contraire à ce qui vient d'être dit) ? Il n'y a [)as de contradiction : cette dernière opinion (prouvant la fertilité qui va résulter de la pluie) se rapporte au cas où il s'agit de nuages épais, mais non lorsqu'ils sont légers.

R. Alexandre dit, au nom de R. Josué ben-Lévi, que les orages ont été créés seulement pour redresser les replis tortueux du cœur, dont il est dit (Ecclésiaste, ni , i /i) : Dieu Va fait four quon le craigne. \i dit encore : En voyant l'arcen-ciel, on doit se jeter la face contre terre, selon ces mots (Ezéchiel, i, 28) : Comme V apparence de l'arc qui est aux nuages , etc. Puis : Je vis et je tombai sur la face. On se mo({ua de lui en Occident, parce que , selon cette manière d'agir, il semblait adorer l'arc-en-ciel. 11 vaut donc mieux réciter la bénédiction. Laquelle? Celleci : ffll se souvient de l'alliance. ?) Dans un cours, on a enseigné que R. Ismaël, lils de R. Yochanan ben-Broca, disait : crll est fidèle à son alliance et tient sa [)arole.iî C'est pourquoi, dit R. Papa, il esl bon de réunir ces deux formules.

' Ce qu'on ap[)eile communément des éclairs de dialeui". — " Tr. Taanilli , fol. ()''.

(:iiAiMT[{i<: IX

rrPoiir l(is iiionlao'lKis el les collines, r

Est-ce que tous les objets éniiinerës jus(jiie-là ne l'ont pas parlic de la créalion? N'est-il pas <lil (Psaume cxxxv, 7): Il a fait les klairs jtonr la jiluic'^ [/auteur de cet avis, dit Ahayé, a réuni lous ces points, puis il a enseigné les deux lornuiles^ Raba dil : Pour lous les cas, on dit les deux lorniules : rrBéni soit celui dont la i'orce rempli! le monde,!? et ft béni soil rauteur de la créalion;^ tandis que, pour les monis, la seconde lonnule est seule applicable. U. Josué ben-Lévi dil : En voyant le ciel bleu et serein on dit : rSoit loué Fauteur de la création. 17 A quel nu)ment? Lorsque, dit ALayé, il a plu toute la nuit et que le matin, en sortant, on df'couvre un ciel limpide. Ceci est contraire à Tavis de Uapbram bar-Papa qui dit au noju de 11. Hisda : Depuis la destruction du temple, on n'a [)as vu le ciel dans sa pureté, selon ces mots (Isaïe, l, 3) : Je revêtirai h ciel d obscurité et je leur donnerai un sac your couverture.

Les rabbins ont enseigné : En voyant le soleil à son point de départ-, la lune lorsqu'elle est pleine, les étoiles dans leur voie et les planètes en ordre, on dit : Soit loué l'auteur de la création. Quaiul cela arrive-t-il ? Abayé répond : Tous les vingt-buit ans, au retour de celte révolution périodique, lorsque le solstice de nissan (du printemps) arrive en Saturne ou])remière beure du soir après le troisième jour, ce qui est la nuit dw (juatrième^.

rcR. Juda dit : A ia vue de la mer, etc. i?

Après quel intervalle de temps y a-l-il lieu de redire la bénédiction? Rami bar-Aba répond, au nom de R. Isaac : Après trente jours. U dit aussi : En voyant t'Eupbrate couler sous le pont de Babylone, on dit : Béni soit l'auteur de la création (parce ([ue jus({ue-là son cours n'est pas l'ait de main d'homme); maintenant les Perses l'ont changé à partir de la maison de Schabor et audessus (on ne dit donc cette bénédiction que jusque-là). Selon R. Joseph, c'est à partir de Ihi Dakira et au-dessus (ville située sur rEu])hrate). Rami

' Le Talmudiste cité dans la Mischnâ ne parle, pour être concis, que d'une seule bénédiction; mais, en réalilé, il admet que, pour tous les cas énuniérés. il faut réciter également les deux formules.

" On sait que, selon les anciens, le soleil tournait autour de la terre. En réalilé, il est question du conuncncenienl de la révolution j)érin(li(pic ou cycle solaire de vingt-huit ans.

' Voir mon Calendrier hébreu-français , Préface. — Il faut se raj)peler que nos anciens astronomes , à limitation des Chaldéens. plaçaient chaque jour de la semaine sous rinlhience de Tune des sept planètes connues jusqu'alors; dans cette suppulalion, Saturne domine sur le ([ualrième jour (et non sui' le septième ou samedi, Saturday).

'i<so Ti; \iTi': DiiS i{i':i{ \kim)Tii.

I)ai-Al).i (lil : l'îii N()\;nil Di'jialli ( Ic Ti<jr(!) a jjailir (in |)()iil dc Sciiahislaii . oil dil la loniiulo : ff lî(3iii soil raulciir dc la croalion.i? (Jiic si|riiilij' ic mol llidcker^ Quo SOS caiix sont courantes et rapides {had knl). Que signifie le mol Euphrnlh? Que ses eaux ' sont fécondes en s'accroissanl el en s'(;lendant [phar rab). Aussi, dit Uaba, les habitants de Melioza sont perspicaces, parce (|u'ils boivent de Teau de Diglalli; ils sont si rou|fes, parce (ju'ils cohabilerd le joui* (et les enfants ont ensuite le teint du jour), et ils clignent des yeux, jiarce qu'ils demeurent dans des lieux sombres.

ff Pour ]a pluio, etc. i^

Dit-on bien pour la pluie la formule de bénédiction ff du bon et du bienfaiteur î-)? R. Abahou n'a-t-il pas dit, ou selon d'autres, nVt-on pas enseigne' publiquement : Quand bénit-on la pluie? Lorsque le fiancé va au-devant de sa fiancée'^; et que dit-on? Selon R. Juda, on dit: ffNous te rendons grâce pour chaque goutte que tu fais descendre ;i7 etR. Yochanan terminait par ces mots : ffSi notre bouche était pleine de chants comme la mer, etc. nous ne saurions suffisamment te rendre grâce. Eternel notre Dieu , etc. sois loué, Eternel, digne de beaucoup de louanges. 75 Dit-on seulement de beaucoup de louanges, et non de toutes? Il vaut mieux dire, répond Raba, fde Dieu des louanges ;?î ou, selon R. Papa, on dit les deux formules ff beaucoup de louanges ?î et rrle Dieu des louanges. 7-) Mais encore ne reste-t-il pas de contradiction entre cette formule, enseignée ici, et celle de la Mischnâ? 11 n'y a pas de désaccord : dans la Mischnâ il est question du cas où Fou en parle comme nouvelle^, et ici, il s'agit de la vue. Puisque, lorsqu'on en entend parler on le considère comme une bonne nouvelle, au sujet desquelles la Mischnâ enseigne qu'on dit la formule : cfRéni soit le bon et le bienfaiteur, w à quoi bon le dire (n'est-ce pas compris dans la règle générale)? On peut donc dire qu'il s'agit entons cas de la vue; seulement, lorsqu'il en vient peu, on dit la formule précitée dans cet enseignement; lorsqu'il en vient beaucoup, on dit celle de la Mischnâ; ou bien encore,

' Tr. Bekhorolh, fol. 55''. — II est sou- docteur Joël, rabbin en Poméranie, dans

vent question dans le Talmud des inonda- le recueil Monalschrift de Frânkel, année

lions régulières de TEuphrate , comme 1867, p. 878.

l'indique le présent passage; il donne ^ C'est-à-dire , lorsque les gouttes d'eau

aussi le motif de l'absence de ce phéno- se suivent et se rencontrent comme deux

mène chez son frère jumeau , le Tigre ou fiancés.

fleuve Diglath, que la Genèse, n, i/i, ^ C'est la formule prescrite pour les

rend par //iV/e/,(?/; c'est la rapidité de son bonnes nouvelles en général, racontées

cours qui met obstacle à son accunuilation par d'autres, dans son lit supériour. Voii- un article du

CHAIMTHK IX. ^i81

il s'a|»it dans lous les cas de beaucou|) (l(^ pluie. Il y a seuleiiieiit à distiii^juer entre celui qui possède des terres et celui cpji n'en a pas (connue pour ce dernier les pluies n'ont pas de fertilité à produire, il dit la lorniule la moins importante). Mais celui qui possède des terres fail-il bien de dire la formule de be'nédiclion rrdu bon et du bienfaiteur? 77 N'a-t-on pas ensei(jné qu'à la cons- Iruclion d'une maison nouvelle, ou lors de l'acquisition de nouveaux meubles, on dit : rrSoit loué celui qui nous a fait vivre et subsister, et atleindre cette époque ?w si la maison ne lui appartient ([n'en partie et en partie à d'autres, on dit: cfLe bon et le bienfaiteur. 77 (N'en lésulte-t-il pascjue, lorsqu'on ne possède pas de terre en propriété, on ne dit pas cette dernière formule?) x\on, on la dit lorsque le cbamp reçoit la pluie, parce qu'en cas d'association chaque associé en profite; mais on dit l'autre formule (pour la construction de maison) lorsqu'il n'y a pas d'associé. C'est, en effet, ce que l'on a enseigné, qu'en résumé (comme règle) on dit, pour son bien: rLoué soit celui qui nous a fait vivre, etc. ^î et pour ce qui appartient en même temps à un autre comme associé, on dit: wSoit loué le bon et le bienfaiteur. 77 Mais lors(|ue aucun autre n'y a de part, ne dit-on pas cette formule? N'a-t-on pas enseigné : Celui dont la femme met an monde un garçon dit précisément cette formule (quoiqu'il soit seul)? Là aussi sa femme prend part à sa joie d'avoir un garçon. Mais ne peuton objecter qu'en héritant on dit aussi cette formule? Là également ses frères ou cohéritiers en éprouvent de la satisfaction. Ne peut-on objecter ceci : Lorsqu'on change de vin, on n'a pas besoin de recommencer la bénédiction', mais il le fiiut pour le changement de place; et R. Joseph bar- Aba ajoute, au nom de R. Yochanan, qu'il est vrai qu'on n'est pas obligé de reprendre la bénédiction pour un changement de vin, mais on doit du moins dire en ce cas la formule: trRéni soit le bon et le bienfaiteur 77 (et pourtant il n'v a pas d'association)? C'est que là aussi toute une société boit avec lui.

/l. Si ion a construit une maison neuve, ou acquis des vases neufs, on dit : crSoit loué celui qui nous a fait subsister pour cette joie. ->->

5. On bénit le malheur sans égard au bonheur qui s'enfuit, et le bonheur sans égard au malheur qui peut en provenir. Si Ton prie pour ce qui est passé, on fait une prière vaine. Par exemple, si la femme de quelqu'un est enceinte et que son époux désire la naissance d'un garçon, c'est une prière vaine (sans but). Si l'on est en route, qu'on entende un grand bruit dans la ville et qu'on dise :

' Tr. PpsahiiN , fol. 101".

/i82 THAITK DES HKR A KIIOTII.

ff Pourvu (|iril n\ ail ])as de niallicMir dans uia lauiillc , r) c'est une prière vaincs (el tardive).

G. En passant par une forteresse, on faitdeu\ prières : l'une en entrant, l'autre en sortant. Bcn-Azaï en dit quatre, savoir: deux en entrant et deux en sortant. On rend grâce au passé etl'on prie pour l'avenir.

7. On est obligé de bénir le malheur comme le bonheur, car il est dit : Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de foutes tes facultés (Deutér. vi, 5); de tout ton cœur signifie : de tes deux instincts, le bon et le mauvais; de toute ton âme : si même on te l'arrache; et de toutes tes facultés veut dire : par toute ta fortune. Selon d'autres, ces mots signifient : Selon la mesure que Dieu t'accorde (bonne ou mauvaise), rends-lui grâce de plus en plus.

8. En vue de la porte orientale qui fait face au sanctuaire le plus reculé du Temple, il faut se tenir décemment, parce qu'elle est tournée vers le Saint des Saints. L'on ne montera sur la montagne du Temple, ni avec une canne, ni avec ses souliers, ni avec sa bourse ou ceinture ^ ni avec la poussière sur les pieds ; on n'y passera pas comme par un passage (pour abréger la route), et à plus forte raison est-il interdit d'y cracher.

9. Toutes les bénédictions dites lors de l'existence du Temple se terminaient par les mots (béni soit Dieu) dans le monde (éternellement). Lorsque les minim sont venus dire par erreur qu'il n'existe que ce bas monde, on a décidé qu'on dirait : d'un monde à Vautre (pour affirmer l'immortalité de Tâme). On a établi aussi l'usage de saluer son prochain au nom de Dieu. Il est dit en eft'et (Ruth , n, 4) : Comme Booz arrivait de Bethlehem, il dit aux moissonneurs: Dieu soit avec vous! Ils lui répondirent : Dieu te bénisse l II est dit encore (Juges, VI, 12): Que Dieu soit avec toi, héros fort. Puis (Proverbes, xxni, 29):

^ mùlD ou funda, dit le commentaire dessous. Pour obvier à celte confu-

de Bertinoro, était une ceinture où l'on sion,Guisius remarque qu il faut distin-

serrait son argent (comp. Matthieu , x , 9) , guer de l'expression employée par notre

et selon d'autres, c'était une espèce de Mischnâ le mol mJIDN, provenant du

vêtement ou surtout, servant à garan- grec èiîevhvTïjs, vêlement. tir les babils précieux que l'on mettait

CHAPITUK 1\. /i8a

Ne 7Hé])rise pas la mère de ce quelle esl vieille, lù il dit ( l^s. cxix , i i (>) : Lorsqtiîlest temps (F agir en faveur de Dieu, déchirez vos lois. l\. Natlian explique ainsi ce verset : Parfois, on déraiifje la Loi, on son élude (par exemple en saluant le voisin, etc.), mais c'est encore une œuvre agréable à Dieu.

ffSi l'on a construit une maison neuve, ou acrjuis de nouveaux objets, ('tcoi

Cela ne s'applique, diL 11. Houiia, qu'à celui qui n'eu a j)as de semblables; au cas où Ton en a d'analogues (par héritage), celte récitation est inutile. Selon R. Yochanan, c'est même nécessaire, en ce cas^ Il en résulte que si l'on V- <)<>" a acheté une première fois une maison et qu'on recommence, c'est inutile selon tous. Selon d'autres, R. Houna dit que cette prescription s'applique seulement au cas oil l'on n'a pas acheté deux fois de suite, et si cela avait eu lieu, la récitation serait inutile; selon R. Yochanan, c'est même exigible en ce cas. Cela prouve que si l'on achète une fois un object qu'on a déjà, il faut, selon tous deux, faire la récitation. On objecta alors cet enseignement : Si l'on construit une maison neuve comme on n'en a pas encore, ou que l'on acquière de nouveaux objets tels que l'on n'en a pas, il faut réciter la bénédiction; mais on ne la dit pas si l'on a déjà les pareils; c'est l'avis de R. Meir; R. Juda prescrit la récitation en tous cas. Or, d'après la première version, R. Houna suit l'avis de R. Meir et R. Yochanan celui de R. Juda; mais d'après la seconde version, où R. Houna exprime bien l'avis de R. Juda, quelle opinion suit donc R. Yochanan? Ni celle de R. Meir, ni celle de R. Juda? R. Yochanau répond : On peut admettre que, selon R. .luda, il faut dire la bénédiction même pour des acquisitions successives; on discute seulement le cas où Ton acquiert un objet qu'on a déjà, pour faire ressortir l'avis de I^. Meir, selon lequel, même dans le cas de l'acquisition d'un objet qu'on a, il n'est pas nécessaire de redire la bénédiction, et il va sans dire que c'est inutile en cas de double acquisition. Mais pourquoi ne pas discuter la question d'acquisitions successives, pour faire ressortir la force de l'avis de R. Juda? Il préfère insister sur le cas inverse, qui enti'aine la dispense (il vaut mieux faire ressortir la facilité accordée pour la pratique des préceptes religieux que d'en montrer les difficultés).

frOn bénit le mal, etc.ii

Dans quel sens est-ce dit? Lorsque, par exemple, un champ est inondé, ' C'est loiijours uno nouveauté comme acquisition.

/i8/i THAITl': DKS BEIUKIIOTIf.

cVsl 111) bien pour Ic sol, j)ar('0 quo la vaso (jui rcslo le féroiiclf; mais [)our 1« monicnl, c'est un mal (qu'il soit ravagé). De même, pour le hicii ([u'oii bénit, dans quel sens est-ce dit? Si l'on l'ail une trouvaille;, cela jx'ul d(;venir une cause de mal, car si le roi l'apprend, il la fera enlever; mais, en attendant, c'est un bien.

rrSi, pendant que sa femme est enceinte, l'époux fait la prière qu'elle mette au monde un garçon, c'est une prière vaine. t^

Mais rinvocation n'a-t-elle donc pas d'elTet? R. Joseph n'a-t-il pas interprété dans ce sens ce verset (Genèse, xxx, 91) : Ensuite, elle enfanta une fille quelle nomma Dina, en ie concluant de l'emploi du mot rensuitew (awani à' enfanter)! Rab l'explique ainsi : Après que Lea eut fait ce calcul et qu'elle eut dit: Comme .Jacob doit engendrer douze tribus, que j'ai donné naissance à six et que les deux servantes en ont enfanté quatre (Genèse, xxx, 5-i/i), ce qui fait ensemble dix, il arriverait, si ce nouvel enfant était un garçon , que ma sœur Rachel serait au-dessous des servantes; aussitôt cet enfant devint une fille, et sa mère l'appela Dina (n'en résulte-t-il pas que la prière n'est pas vaine?). C'est vrai, mais il n'y a pas lieu de tirer une objection d'un miracle; ou l'on peut dire encore que l'histoire de Lea se passa dansles quarante premiers jours de la grossesse, comme on a enseigné : Aux trois premiers jours , on prie Dieu que la semence ne soit pas perdue; du troisième au quatrième, on demande que ce soit un garçon; du quarantième jour jusqu'à trois mois, on demande qu'il ne soit pas difforme; de trois mois à six, on demande qu'il n'y ait pas de fausse couche; de six à neuf, on demande que l'enfant vienne au jour en paix (sans encombre). Mais peut-on, même à ces diverses époques, implorer utilement la miséricorde divine? R. Isaac, fils de R. Amé, ne dit-il pas^ : Si l'homme répand le premier la semence, il en naît une fille; si la femme» la répand en premier, il en naît un garçon, selon ces mots (Lévitique, xii, 2) : Si une femme engendre et donne naissance à un garçon (comment donc parler de la possibilité de changer le sexe)? C'est qu'il s'agit du cas 011 la communication de semence a eu lieu simultanément (auquel cas c'est douleux).

crSi l'on revient de voyage, etc. n

Les rabbins ont enseigné : Comme il arriva à Hillel l'ancien, en revenant d'un voyage, d'entendre des cris de plainte dans la ville, il dit : J'ai la conviction que ces plaintes ne partent pas de chez moi; c'est de lui qu'il est écrit

CHAPITUK IX. /i85

(Psaunio cxii, 7) : 7/ n'a pas peur (rapprendre une nmuvaisc nouvelle; son cœur est calme, il a confiance en Dieu. Uaba dit : Puisquo tu inlorprèlos ce verset, ou peut aussi bieu appliquer le couiuieucemeut à la iiu <jue la lin au comuiencement. Ainsi: cr 11 ne craint pas d'apprendre une mauvaise nouvelle 77 parce que rr son cœur estcahne etqu'il a confiance en Dieu; 77 de même (ju'on j)eut retourner la proposition, en rinler[)rétant dans ce sens. Comme un disciple suivait U. ïsmaël bar- R. Yosse dans les rues de Sion, il se mita lrend)ler : Tu as sans doute péclié, lui dit le rabbin, comme il est dit : Les impies ont peur à Sion (Isaïe , xxxiii , 1 /i). Mais, re'pliqua Taulre', n'est-il pas écrit (Proverbes, xxviii, ik): Heureux rhomme qui est toujours inquiet (ai-jedonc tort de trembler)? Cela ne s'appli(|ue, répondit le rabbin, (ju'au doute sur Tétude talmudique (à la crainte d'oui)lier l'enseignement rabbinique). R. Juda bar-Natban, en marcbant aux côtés de R. Hamnona, se mit à soupirer. Il faut croire, dit-il, que cet homme prévoit les souffrances qu'il va endurer, comme il est dit (Job , in , 9 5): J\d été saisi de crainte, f ai tremblé , et ce que je craignais m'est arrivé. Par contre, répliqua l'interlocuteur, il est aussi écrit (comme ci-dessus) : Heureux r homme, etc. (c'est le verset qu'il invoque).

cfEn entrant clans une ville forte, etc. i^

Les rabbins enseignent : En entrant on dit : cr Qu'il te plaise, iùernel, mon Dieu, de me faire entrer dans cette ville en paix.?? Une fois entré, on dit : rrJe te rends grâces. Eternel, mon Dieu, de m'avoir fait entrer en paix.?? Si l'on veut sortir, on dit: rr Qu'il te plaise, Eternel, mon Dieu, de me faire sortir de cette ville en paix.?? Lorsque c'est fait, on dit : frje te rends grâces. Eternel, mon Dieu, de m'avoir fait sortir de cette ville en paix; et de même que tu m'as fait sortir, fais-moi marcher en paix, soutiens-moi ainsi, dirige mes pas en Lien et protége-moi contre les coups des ennemis et contre toute embûche. ?? Toutefois, dit R. Matna, cela ne s'applique pas à la ville dans laquelle on ne juge ni ne tue; car dans ces villes-là c'est peu nécessaire (la sécurité y est plus grande). Selon d'autres, R. Matna dit que cela s'applique même aux villes où s'exerce la justice, car parfois il peut arriver que personne ne prouve son innocence (si on l'accuse d'un crime).

Les rabbins ont enseigné ceci : En entrant au bain, on dit : rr Qu'il te plaise. Eternel, mon Dieu, de me sauver de ce danger et d'autres semblables; puisse-t-il ne rien m'arriver de mal, et si un accident fâcheux m'arrivait, que ma mort soit l'expiation de tous mes péchés.?? On ne doit jamais s'exprimer ainsi, dit Abbaye, afin de ne pas offrir à Satan des facilités d'accès; car Resch Lakisch dit, et on fa

' Tr. Guittin, fol. -^5''.

^iS(i THAITK DKS UKH A k IIOTd.

<Misoi{jM(* ail MOMi dv H. \()ss(*', on lie doit jamais oiiNiii- l;i Ixxiclic ( jiivlcr ie ilanc) an\ alla(|U('S (l(; Satan. I{. Joscîph y voil iiiir allusion dans ce verset (|ui (lit (Isaïe, 1,9): A/oMs étions presqtie comme Sodomc , nous ressemblions à (tomorrhe. Va \v, [)io|)liète lépètc^ ensuite : Ecoutez la parole de l'Eternel, nobles de Sodome'^ .fjU sortant du bain on dit, selon W. Aciia : ff Je te rends {jrâce, Kternel mon Dieu, de nravoir sauvé de la llannne.w II arriva à \\. Ahouliou, en entrant dans un baiii, que le plafond qui recouvrait les bains s'efl'ondra sous ses pieds; mais par miracle il put se tenir sur une colonne restée debout, et sauver ainsi, par son seul soutien, plus de cent personnes*^. Ceci, dit-on, est conforme à l'avis de R. Acha, selon lequel celui qui est sur le point de se laiie saigner dit : rr Qu'il te plaise. Eternel mon Dieu, de faire que ce remède me serve de guérison, et guéris-moi, car tu es un médecin réel, et ta guérison est véritable;^ car ce n'est pas le fait des hommes de guérir (mais l'action de Dieu); seulement, on a pris ainsi l'habitude de chercher des remèdes. Selon Abavé, on ne doit pas s'exprimer ainsi; car, d'après l'enseignement deR. Ismaël*, on conclut des mots il guérira (Ex. xxi, 19), qu'il est permis au médecin de guérir. Lors- ([u'on est rétabli, on dit, selon R. Acha: Réni soit celui ([ui guérit gratuitement.

F. 0()\ En entrant à la garde-robe, on dit (aux anges qui accompagnent sans cesse l'homme) : fc Soyez honorés, honorables saints, serviteurs du Très-Haut, rendez la gloire au Très-Haut, et veuillez me laisser pendant que j'entre là accomplir un besoin, et je reviens à vous.w Selon Abayé, on ne doit pas s'exprimer ainsi, de crainte qu'ils ne l'abandonnent pendant son absence, mais il faut dire, en répétant chaque expression : Gardez-moi, aidez-moi, soutenez-moi, attendez-moi jusqu'à ma sortie, comme il est d'usage de s'exprimer. En sortant on dit : rrSoit loué celui qui a créé l'homme avec sagesse, et disposé ses organes avec intelligence. Il est notoire et connu devant le trône de ta gloire que si l'un de ces organes s'ouvrait et se fermait, il serait impossible de subsister devant [m^.-n Gomment terminait-on? Selon Rab, par les mots: rrR guérit les malades, w Aba (surnom de Rab) s'imagine- t-il donc, demanda Samuel, que tout le monde est malade (pour (ju il y ait lieu de s'exprimer ainsi )? Il faut donc dire: ff 11 gué-

' Comp. ])lus haut fol. 19" et Ir. Ke- selon Raschi : II en saisit dans ses bras

loahoth, fol. 8''. un ou deux, qui, à leur tour et succes-

"^ Le prophète a soin de faire ressortir siveraent, en saisirent d'autres, jusqu'à

(|ue, malgré fassimilation avec Sodome, cent.

ceux auxquels il s'adresse ne sont pas '^ "ïv. Baba Kama , {o\.'èt)\

aussi coupables, et qu'ils écoutent la pa- ^ Usage et formule maintenus de nos

role de l'Eternel, pour échapper au châ- jours, ainsi que les petites prières que

liment. l'on va énumérer. Voir au commencement

' Voici comment ce prodige s'opéra , du rituel.

CIJAPITIU: l\. /i87

rit toil Ic chair. ^1 U. Schcscliolh ajoute: cfll accoiuj)lit des merveilles. t? Done, (lit R. Papa, il laul re'unir res deux expressions.

Lorsqu'on va dormir, on dit la première section du schema'; puis on ajoute : rrBeni soit celui qui verse le sommeil sur mes yeux el l'assoupissement sur mes paupières; qu'il te plaise, h^ternel mon Dieu, de me l'aire dormir en paix; donne-moi nne part à ta Loi, habitue-moi à Taccomplissement des préceptes, mais ne me donne pas l'habitude du mal, ne me conduis ni au péché, ni à l'iniquité, ne m'éprouve pas, ne me fais pas mépriseï*; cpie res[)rit du bien domine en moi, et non le mauvais; proté{>e-moi contre ies accidents et les maladies dan[jereuses; (jue je ne sois pas troublé par des visions effrayantes ou des pensées impures, que ma couche soit parfaite devant toi, et rends la lumière à mes yeux, afin que je ne m'endorme pas du sommeil de la mort; soit loué rÉternel, qui éclaire tout l'univers par sa gloire. ?7 En s'éveillant on dit: trMon Dieu, l'âme que lu m'as donnée est pure, tu l'as formée en moi, lu me l'as insulïlée, tu la conserves en moi, plus tard tu me la prendras, et un jour tu me la rendras; aussi longtemps que cette âme est en moi, je te rends grâces. Eternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, maître de tous les mondes, seigneur de toutes les âmes; sois loué, Eternel, toi qui rends les âmes aux moris.?? En entendant la voix du coq on dit : Soit loué celui qui a donné au coq l'intelligence pour distinguer le jour de la nuit; en ouvrant les yeux on dit : Soit loué celui qui donne la vue aux aveugles. Lorsqu'on se lève et qu'on s'assoit, on dit: Soit loué celui qui délie les captifs. En s'habillant on dit : Soit loué celui qui revêt les gens nus. En se redressant on dit : Soit loué celui qui redresse les gens courbés. En marchant à terre on dit : Soit loué celui qui étend la terre au-dessus des eaux. En marchant on dit : Béni soit celui qui dirige les pas de l'homme. En attachant ses sandales on dit : Loué soit celui qui m'a fourni tout le nécessaire. En mettant la ceinture on dit : Soit loué celui qui ceint Israël par la force. En se couvrant la tête on dit : Soit loué celui qui couronne Israël de splendeur. En s'enveloppant du vêtement contenant les franges on dit: Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses préceptes el nous a ordonné de porter des tsitsitli (franges). En plaçant les phylactères sur le bras on dit ^ : Soit loué celui qui nous a sanctifiés et nous a ordonné de porter des phylactères. En plaçant ceux de la tête on dit : Soit loué celui qui nous a ordonné le précepte des phylactères. En se lavant les mains on dit : Soit loué celui qui nous a sanctifiés parses préceptes et nous a ordonné de nous laver les mains. En se lavant le visage on dit : Soit loué celui qui enlève le sommeil de mes yeux et l'assoupissement de mes paupières; qu'il te plaise, Eternel mon Dieu, de m'habituer à ta Loi, de m'altacher à tes précej)U's, de ne m'amener à connnellre ni un pé-

' Cf. \\\ Mpiialwtli, Col. :î()' ot /421''.

/i88 Tl{ AITK DES BEHAKIIOTII.

elle, iii mi criinc; ihî inVpi'ouvc j)as, nc iik; fais pas ioii|pr, ()l)li|j(; mes pen- ('hauls à sosoumellro dcvaiil loi , ('loi'jrin-iiioi do i'liomme inérliant, dun iiiau* vais ('oinpa[jnon , atlachc-inoi i(i-l)as aux bons penchants el à un bon (*omj)a|pion ; et fiiis en sorte (ju'aujourd "hui et ('ha([ue jour je sois un sujet de grâce, de laveur et de miséricorde à tes yeux, comme aux veux de tous ceux qui me voient, (ît accorde-moi les bienlaits; sois loue, Eternel, toi qui accordes tes bienfaits au ])euple d'Israël.

rr On est tenu de l)énii', etc. ii

Que signifie ({u'il faut aussi bien bénir le mal que le bien? Est-ce qu'il faut dire la même formule : trBéni soit le bon et le bienfaiteur ?w Mais n'a-t-on pas appris que pour les bonnes nouvelles on dit : Béni soit le bon et le bienfaiteur, tandis que pour les mauvaises on dit : Béni soit le juge de la vérité? Non, dit Baba, on veut seulement dire qu il faut les accueillir avec joie, les unes comme les autres. En effet, dit R. Acba bar-Lévi, ce verset le prouve (Psaume ci, i) : Je veux chanter ta grâce et ta justice, Eternel, je veux te célébrer; c'est-à-dire que ce soit un effet de ta grâce (favorable) ou de ta justice (sévère), je te louerai. B. Samuel bar-Nahmeni le conclut du verset suivant (Psaume lvi, 1 1) : En VEternel je louerai la parole, et du juge je louerai la 'parole , c'est-à-dire la première partie de ce verset correspond aux bienfaits de Dieu, et la seconde à son action sévère et à ses punitions^. B. Tanboum y applique ce verset : J'élèverai la coupe du salut et j'invoquerai le nom. de V Eternel y et si même je rencontre la peine et r affliction, je rinvoque aussi (ibid, cxvi, i3 et \à). Mais les rabbins citent ce verset (plus concluant encore) : L'Eternel l'a donné, il l'a repris, que son nom soit béni (Job, I, 21). B. Houna ou Bab disent, au nom de B. Meir, et on l'e/iseigne aussi au nom de B. Akiba : On doit prendre Thabitude de dire toujours : Ce que la Providence a fait est pour le bien. Ainsi B. Akiba, étant en route, arliva dans une certaine ville et demanda Thospitalité. Comme on la lui refusa, il répondit : Que ce soit également en bien-. ïl alla donc coucher dans les champs, ayant avec lui un coq, un âne et une lumière. Au premier souffle du vent, la lumière s'éteignit; un chat vint étrangler le coq et un lion dévora l'àne. Tout ce que la Providence fait, s'écria-t-il , est un bienfait. La même nuit, une armée prit la ville et fit tous ses habilants prisonniers^. Ne vous ai-je pas dit, leur lit-il observer, que tout ce que Dieu fait est bien! B. Houna et Bab disent

' La preniièi-e expression représente si la lam|)e n'avait pas été éteinte, le raltribul de la bonté; la seconde celui de laissant dans Tobscurité, ou si sa préla vengeance. sence avait été révélée par les cris du coq

" Tr. Taanilh, fol. tî r\ ou de l'ane.

■' Il eût été égaleuiont t";iit prisoiinitM"

CHAPITKE IX. ^89

encore, au nom de R. Moir : Les paroles de TiioinuK^ adresse'es au Très-Saint F- or. doivent toujours être peu nombreuses, conime il est dit (Ecclésiasle, v, t) iNete précipite point pour parler, et que ton cœur ne se hâte pas d'énoncer les paroles devant r Eternel; car Dieu est aux deux, et toi tu es sur terre; cest pounpioi tes paroles doivent être peu nombreuses.

R. JNaliman bar-R. Hisda l'ait Tititerprétation suivante : Pourquoi esl-il dit :

Dieu r Eternel [^ ^) forma r homme (Genèse, ii, 7 ) avec lesdeu.v ">? (^est (|ue J)ieu a cre'é dans riiomme deux penchants; Tun pour le bien, l'autre pour le mal. Mais, objecta R.Nabinan bar-lsaac, comment se fait-il que les animaux, pour la cremation des(|uels on n'emploie pas celte expression, soient [)ourvus d'un instinct et qu'on les voit blesser, mordre, donner des ruades? 11 faut donc admettre que ces deux lettres l'ont allusion à ce qu(i dit R. Simon ben-Pazi. Hélas, dit-il, j'ai à craindre mon Créateur (si je lais mal) et mon penchant (si je ne le suis pas); ou bien encore, c'est une allusion à ce que dit R. Jérémie ben-Kléazar : En créant le premier homme. Dieu lui a donné deux visages \ comme il est dit (Psaume cxxxix, 5) : Tu m'as formé par derrière et par devant.

Il est dit : Dieu construisit la cote (Genèse, 11, 29); ces mots sont différemment expliqués par Rab et Samuel. Selon l'un, c'était un visage; selon l'autre, elle avait la l'orme d'une queue. Or, s'il s'agit d'une double face, on comprend qu'il soit dit : Tu m'as formé par derrière et par devant; mais s'il s'agit d'une queue , comment y appliquer ce verset? On l'applique, selon l'opinion de R. Ame, en ce sens, que l'homme est postérieur à ia création et antérieur aux punitions. On comprend qu'il était le dernier de la création, puisqu'il n'a été créé qu'à la fin du sixième jour; mais en quoi est-il antérieur aux punitions? Veut-on parler de la punition du serpent? Mais Rabbi ne dit-il pas : Pour les grandeurs on commence parle plus important, mais pour les malédictions par le moindre? L'ordre suivi pour les grandeurs résulte de ce verset (Lévitique, x, 13) : Moïse dit à Aron et à Eléazar et Itamar, ses fils survivants : Prenez, etc. Pour la malédiction, on commence au contraire par le plus petit, car le serpent a été puni le premier, puis Eve , et Adam en dernier lieu ^ ? Non , il s'agit de la punition du déluge, dont il est dit (Genèse, vu, 23) : // ejfaca tout être vivant sur la surface de la terre, depuis l'homme jusqu'aux animaux. Lliomme est donc mentionné avant les bétes. On comprend, d'après celui (jui aj)plique la construction divine à la formation de deux faces, qu'il soit dit : Il forma 122^^1, avec deux ^', mais d'a[)rès celui qui pense qu'il s'agit d'une queue , ([ue signihe cette particularité? Elle s'applique à ce que dit R. Simon ben-i^izi : Hélas, je crains mon Créateur et mes

^ Cela rappelle, ainsi que Tinterprétii- ^ lui quoi donc Adam était-il f aii-

tion citée plus loin, la théorie des anciens lérieur aux punitions^? (Voir denèse,

sur riiomn>e double, ou l'androgyne. Il y m, 1 h.) a dans le U'xle do (le grec Stio).

/i90 TRAITK DKS HKHAKIIOTII.

|>(MU*haiils. On coMiproiid, (J';i|)rès celui ()ui |)arlo de deux laces, qu'on dise : // les créa male et femelle (Genèse, v, *i); mais, d'après l'autre opinion , (piesijjnifie ce verset?llsei'tà(ï\j)li(|uer rohjeclion de W. AhalioiH, (jui demanda : Comment se l'ait-il qu'il soit dit une l'ois: Il les créa mâle et femelle (ibid.), et qu'il soit dit aussi : Il créa /'Aomme (seul) à Vimage de Dieu [ibid. i\, G)? C'est qu'en principe il a voulu créer simullanénient les deux, et il finit par ne créer (ju'un corps (dont il tira plus tard la fennne). On comprend, d'après celui (|ui ])arlo de deux visages, qu'il soit dit {ibid, ii, s» i) : // enferma de la chair à sa place (en place de la côte). Mais que signifie ce verset d'après l'autre o[)inion? 1{. .lérémie, ou l\. Zebid, ou R. Naliman bar-ïsaac, répond qu'en elïet il en f'allail seulement à l'endroit de la coupure. D'après celui qui dit que la côte avait une forme de queue, on conçoit qu'il soit question de construire; mais qu'y avaitil à façonner, si c'était une face? C'est conforme à favis de R. Simon ben-Manassia, qui interprète autrement le \erset: Dieu construisit la cote. Gela prouve, dit-il, que Dieu avait natté les clieveux d'Eve avant de la présenter à Adam. C'est ainsi que, dans les colonies, on appelle cela construction. Voici une autre explication de ce terme. Selon R. Hisda ou un enseignement spécial, le Très- Saint construisit Eve comme un réservoir ou grenier; de même (jue c'est étroit du baut et large du bas pour que Ton puisse y entasser les fruits, de même la femme est plus étroite du haut que du bas pour recevoir Ten fan t. Il F amena

vers r homme {ibid. 22), est-il dit; cela prouve, selon R. Jérémie ben-Eléazar, que le Très-Saint fit auprès d'Adam les fonctions de garçon d'honneur (qui conduit le fiancé à la fiancée). La loi nous apprend ainsi un usage, que le grand peut, sans déroger, se joindre au petit pour la cérémonie du mariage. D'après celui qui dit que c'était un visage, lequel des deux précédait l'autre? Il parait, dit R. Nabman ben-lsaac, que l'homme passait le premier, comme on a enseigné : L'homme ne suit pas la femme en route, fût-ce sa propre femme; s'il en rencontre une sur un pont, elle doit se ranger de côté (pour le laisser passer), et celui qui suit une femme sur un fleuve n'aura pas de part à la vie future (parce que, comme elle est obligée de se découvrir en marchant dans l'eau, on peut être entraîné au mal).

Les rabbins ont enseigné ^ : Celui qui remet de l'argent à une femme, de la main à la main , afin de la regarder, eût-il à invoquer en sa faveur autant de bonnes œuvres et de préceptes accomplis que notre maître Moïse, n'échappera pas au feu de fenfer, comme il est di t ( Proverbes , xi , 2 1 ) : 57 la main est dans la main { de la femme) , le mal ne reste pas impuni, c'est-à-dire il n'échappera pas à fenfer. Aussi, dit R. Nabman, Manoach était un ignorant, puisqu'il est dit de lui

' Tr. Schabbath, fol.()5';tr. Eroubin , - Tr. Kalla, ch. i, et voir plus haut,

fol. 18'; tr. Nidda, fol. ^i5". fol. /i3.

CIIAIMTUK IX. /i91

(.Iu{}('s, xiJi, 1 i) : M(i}ioach suivit sa femme. S'il en csl ainsi, (hunanda U. Nalinian bar-Isaac, conmient se lail-il (iiTil soil diL d'h^lkana (jn'il suivit sa lemnie^ et (l'Eiysée : Il se leva et la suivit (Il Uois, iv, 3o)? Cela veut-il dire qu'il marcha derrière elle? Non, qu'il suivit ses paioles et ses conseils; de ineine ici, pour Manoach, cela veut dire qu'il suivit l'avis de sa lemme. Aussi, dit U. Asche, ce quell. Nahnian dit, (jue Manoach était un i^jnoiant, prouve (pi'il n'avait pas même suivi les cours des enlanls (qu'il sait moins qu'eux), puis((u'il est dit : Rebecca se leva avec ses compagjies , elles montèrent sur des chameaux et suivirent rhomme (Genèse, xxiv, 61), elles n'allèrent pas au-devant. U. Yochanan dit: Il vaut mieux suivre un lion qu'une fennne, une femme que des idolâtres, et il vaudrait encore mieux suivre ces derniers que de se trouver derrière la syna- ^«•o^jue ])endant que l'assemblée prie (comme un indifférent). Toutclois cela ne s'applique qu'à celui qui ne porte rien; mais si l'on est chargé, cela ne l'ait rien (on est excusable); ou encore s'il n'y a pas d'autre porte; mais s'il y en a une autre, cela ne fait rien (on est censé y passer); ou encore s'il ne monte pas un àne; car, en ce cas, il n'est pas nécessaire d'en descendre; ou encore s'il ne porte pas de phylactères; car s'il les porte, cela suffit comme parlicij)ation au cuite.

Rab dit : Le mauvais penchant ressemble à une mouche (nuisible) assise entre les deux ouvertures du cœur, comme il est dit (Ecclésiaste, x, 1) : Des mouches mortes propagent Vinfection et font surir t huile du parfumeur. Selon Samuel, il a la forme du froment, puisqu'il est dit (Genèse, iv, 7) : Le péché '-^ campe à la porte. — Les rabbins ont enseigné : De même que l'homme a deux rognons, il est conseillé d'une part pour le bien, et de l'autre pour le mal; il parait même que le bon pencbant est à droile et le mauvais à gauche, comme il est dit (Ecclésiaste, x, 9 ) : Le cœur du sage est à droite et celui du sot à gauche. Les rabbins ont aussi enseigné^ que les rognons donnent le conseil (voir Psaume xvi, 7), le cœur examine (Isaïe, vi, 10), la langue décide (ce qu'il y a à dire), la bouche achève de l'énoncer, l'œsophage reçoit et avale toute espèce de nourriture, le gosier fait entendre la voix, le poumon accueille toute sorte de liquide, le foie cause l'irritation (les sanguins sont bilieux), la bile y jette une goutte pour le calmer, la rate produit le rire, le jabot des oiseaux fait la digestion, l'estomac fait dorniii-, rdfet du nez éveille; mais si l'inverse a lieu, qu'on est tenu en éveil par ce qui doit faire dormir, on se fane et l'on se perd. On enseigne même que si les deux fonctions font dormir ou éveillent toutes deux, la mort est proche.

' La glose des Tossafisles fait rcinai- ^ Jeu de mots entre nNÎOn, péchés et

quer que ceci ne se trouve pas dans la niûn, froinent.

Bible. Aussi le compilateur (le r/1*V<./rfro/> ' Tr. Schahhath , ïo\. Ho''; Ir. Ihdlin ,

n-t-il omis rpf iiicidenl. Col. 11".

/i92 THAll K DES HKHyVKIlOTIf.

On a aj)()ris : 1{. Yosso Ila'jlili (lit (|ii(3 l(;s justes sonl. jufjés (ijuidcis) pnrleur jx'iiclianl pour lo bien, eomine il est dit (Psaume ci\, 29) : Mon cœur (le mal ') est (f battu dans mon sein, landis (jn(! les mediants sont {fuidés par le penchant poui' 1(^ mal, selon ces mois [ibid, xxxvi, 9,) : Le péché parle à T impie, au sein de mon cœur; il ny a pas de crainte de Dieu devant ses yeux. Les gens intermédiaires ont pour guides Fun et l'autre, comme il est dit (ibid, nix, 3i) : Dieu se tient à la droite du nécessiteux pour le sauver des jugements (équivoques) de son âme. Nous, par exemple, dit Raba, nous sommes de ces gens moyens. S'il en était ainsi, dit Abayé (si tu étais seulement des moyens), nulle créature ne pourrait vivre sur terre. Uaba dit aussi : Le monde présent n'a été créé que pour les impies complets (car à l'avenir ils seront punis), et pour les justes parfaits, il y a le monde futur; ainsi, dit-il (si Ton jouit ici-bas ou non), on peut savoir par soi-même si l'on est un vrai juste ou non. Rab dit : Le monde n'a été créé que pour Achab ben-Amri et R. Hanina ben-Dossa : pour le premier (l'impie), il y a le monde présent"^; pour le second (le juste), le monde futur •^.

rcTu aimeras, est-ii dit, l'Eternel ton Dieu, etc. i?

On enseigne que R. Éliézer dit^ : S'il est écrit de toute ton «me, pourquoi dire de tous tes moyens? Et s'il est dit de tous tes moyens, pourquoi dire de toute ton âme? (Pourquoi les deux?) C'est que l'un préfère son corps à son argent, et l'autre préfère l'argent. R. Akiba explique les mots de toute ton âme, en disant : Dût-on t'enlever la vie. Une fois, disent les rabbins, le royaume grec^ avait défendu à Israël de s'occuper de l'étude de la Loi. Papus ben-Juda vint et trouva que R. Akiba réunissait de grandes assemblées pour s'y adonner à celte étude : Akiba, lui dit-il, ne crains-tu pas la défense du gouvernement? Je vais te répondre par une comparaison ; Un renard se promenait une fois aux bords d'un fleuve, et comme il voyait des poissons s'assembler d'un point à l'autre (par inquiétude), que craignez-vous, leur demanda-t-il? — Nous évitons, direntils, les filets que nous jettent les hommes. — Si vous le voulez, répondit-il, montez sur la terre ferme et venez demeurer avec moi , comme mes ancêtres ont

' Le penchant du mal, dit le juste roubes par semaine. (Voir tr. Taanith^

maître de ses passions, est impuissant fol. 'i/^^)

et annulé entre mes mains; le bien seul " Traité Pesahim^ fol. 20"; tr. Yôma,

domine. fol. Sa"; tr. Synhedrin, fol. jli^.

^ Cet Achab était fort riche sur terre, ^ Il s'agit évidemment, d'après les

comme il est dit I Rois, xx, 5. noms qui suivent, de Rome. Certaines édi-

^ Au contraire, tfanina était si pauvre tions anciennes portent : ni?*^'")!! r!'îD'7tr.

qu'il se contentait dinio mesure de ca- Hefrmun impietatis.

CllAPlTHK IX. ^93

vécu à cole des vôtres. — Quoi, lui répiiquèrent-iis . esl-ce bien loi qu'on appelle le sage d'entre les animaux! Tu nous dis une sottise; si nous avons peur dans rélément qui fait notre vie, à plus forte raison devons-nous craindre la mort sur terre. H en est de même de nous autres Israélites: si nous sommes inquiets tout en nous livrant à Tétude de la Loi, dont il est dit : Cest ta vie et le prolongement de tes jours (Deuléron. xxx, 20), à plus forte raison devons-nous éprouver des craintes sur notre sort, si nous négligeons la Loi. Peu de jours après, dit-on, on vint saisir R. Akiba, on le jeta en prison^ et l'on saisit Papus ben-Juda, qu'on encbaîna à côté du premier. 0 Papus, lui dit-il, comment se faitil que lu sois ici? — ïu es beureux Akiba, lui répondit son compagnon, d'avoir été pris pour une cause religieuse (ton salut est assuré); moi, bêlas! je ne suis puni que pour une futilité. Lorsqu'on fit sortir R. Akiba pour le mener au supplice, c'était l'beure de la lecture du schema'; pendant qu'on lui arracbait les chairs avec des tenailles de fer, il proclamait la suprématie de Dieu. Maître, lui dirent ses disciples, l'épreuve suffit. — Toute ma vie, leur répondit-il, j'étais tourmenté de n'avoir pu appliquer ces mots textuels: De toute ton âme , c'est-àdire au prix de ta vie, et je me demandais : Quand pourrai-je accomplir ce précepte? que je suis beureux de le remplir aujourd'hui! Il prolongea la lecture du mot un jusqu'à ce qu'il eût rendu l'âme. Une voix céleste se fit entendre et dit : Heureux R. Akiba, ton âme t'a quille pendant la prononciation du mot un. Les anges de service du trône divin dirent à la Providence : Esl-ce là la récompense de la Loi^? Des mortels par ta main , Eternel , des mortels, etc. (Ps. xvii, i/i, c'est par ta main qu'il pensait mourir). Il leur répondit (parla suite) : Leur part est dans la vie (future), et une voix céleste fit entendre ces mots : Tu es heureux, Akiba, tu es destiné à la vie future.

ff On ne doit pas se conduire àia légère en vue de ia porte orientale qui fait face au sanctuaire, etc.i")

. Cela n'a lieu, dit R. Juda au nom de Rab, qu'à partir de sophim^ (le scopos) et si Ton est en vue du Temple. On rapporte également que R. Aba, fils de R. Hiya bar-Aba, dit que, selon R. ïochanan, la Mischnâ parle seulement de la conduite à observer à partir du scopos, et lorsqu'on le voit, s'il n'y a pas de haie de séparation, ou lorsque la Providence y réside*. Les rabbins ont enseigné : Lorsque en Judée on satisfait un besoin, on ne doit se tourner ni vers

' Goinp. même traité dans le Talmud d'observatoire, voir plus haut, I" partie,

de Jérusalem, ch. tx, § 7 (plus haut, p. lyAetn.

p. 179). * C'est-à-dire lors de la période (hi

■' Tr.Menahoth, fol. 9.()^. proinior Tem])l<'.

' Pour remplacement de celle esprce

!\\)\ TKAITK DKS HKRAkllOTK.

rorieiil ni vers roccidciit (pour (Urc loujonrs (l(;ccnl d(; cc coh*), iiuiis vers !«• nord ou le sud; on Galilée, au contrairo, on doit souicmont so tournoi" nois Tost et l'ouest; mais U. Yosso permet de se tourner de lous cotes, car, selon lui, il est seulement défendu de se mettre en vue de Jc'rusalem. dans un esj)ace non enlouré de haies, et lors([ue la Providence y réside. Les sa^jos le défendent. Est-ce que ces derniers ne répètent pas l'avis du préopinant? Ils peuvent différer sur la question de savoir si Ton peut se mettre dans les anrjles ' (selon ces derniers, c'est é|>alenient interdit, et non selon le premier). On enseigne encore ailleurs : En Judée on ne doit se tourner ni vers l'est ni vers l'ouest, mais vers le nord ou le sud'^; en Galilée le nord et le sud sont interdits, mais Test et l'ouest sont permis. R. Yossé permet de se mettre de tous côtés, car, selon lui, il est seulement défendu de se mettre en vue; R. Juda dit que c'était défendu pendant l'existence du temple, mais non depuis qu'il est détruit. R. Akiba le défend en tous cas (de lieu ou de temps). ]\e répètet-il pas l'avis du préopinant? Non, car ils diffèrent pour le cas oii l'on est hors de Palestine (qui est aussi défendu selon ce dernier). Pour Rabbah (habitant de Babylone), on élevait les pierres (servant de garde-robe) entre Test et l'ouest; Abayé alla les déplacer pour les mettre entre le nord et le sud; mais Rabbah les remit en place en disant : Qui est-ce qui me tourmente? Je suis de l'avis de R. Akiba, qui défend en tous lieux de les tourner en ce sens. On r. G^j'. enseigne que R. Akiba dit*^ : J'ai suivi un jour R. Josué à la garde-robe (en Judée), j'ai appris de lui trois choses : i° on ne se place pas entre l'est et l'ouest, mais entre le nord et le sud; 2° l'on se découvre seulement lorsque l'on est assis; 3'' on ne s'essuie pas de la main droite, mais de la gauche. Comment! lui dit Ben-Azaï, tu as eu l'impudence de suivre ton maître pour observer cela? C'est que, dit-il, il s'agissait d'apprendre des détails de pratique. On apprend aussi que Ben-Azaï, ayant suivi R. Akiba, en apprit les mêmes choses, et à l'observation qu'on lui en fit, il répondit de même. Rab Cahana alla aussi se cacher sous le lit de Rab (son maître); il entendit que Rab causait avec sa femme, riait avec elle et se livrait à l'acle marital. La conduite de mon maître, lui dit^il, est semblable à celle de l'affamé (qui avale à la hâte). — Quoi! Cahana, lui dit Rab, tu es ici! sors, ce n'est pas convenable d'être là. — C'est pour apprendre, répondit le disciple, que je m'y trouvais.

Pourquoi s'essuie-t-on seulement de la main gauche^? Parce que la Loi, répondit Raba,a été donnée de la droite, selon ces mots (Deutéronome, xxxiii,

^ D'après Raschi, il s'agit de locahtés forme la partie la ])lus méridionale des

placées en dehors de la Judée, h perte de trois divisions de la Palestine, vue de la capitale. ^ Traité des usages, ch. vi.

^ On sait que Jérusalem est située dans * Tv. Ahoth , AqV^. Nathan, cli. xxxix.

le milieu de la provincp {\f ^y\^\é(\ laquelle

CHAIMTHK l\. V.)5

9) : Dans sa droite est le feu de la Loi pour eux; soloii Hahl);»!» har Ijar-ljaiia , c'est que la main droite s'approche souvent de la bouche (et (jue ce serait danfjereux); ou seh)n W. Simon IxMi-Lakisch , parce qu'elle attache les phylactèies (elle doit rester sacrée); ou selon U. Nahnian ])ar-ïsaac, parce qu'elle sert à montrer les si^jnes particuliers du texte bibli(jue K C'est, du reste, le sujet d'une discussion. Selon II. Kliézer, c'est parce qu'on inan[fo avec elle; selon R. Josué, parce qu'on écrit avec elle; selon li. Akiha, paicc; (ju'elle indique les si^^nes de la Bible.

R. ïanhoum bar-Iianilaï dit : Celui qui se conduit niodestenient à la [jarderobe sera sauvé de trois choses : des serpents, des scorpions et des esprits malfaisants, et même, selon d'autres, il n'aura que de paisibles rêves. Il y avait une ^arde-robe à Tibériade qui produisait un elFet nuisible, fût-on entré à deux pour écarter les mauvais esprits, et même dans le jour. R. Amé et R. Assé y entrèrent alternativement, sans être blessés. N'avez-vous pas eu peur? leur demandèrent les rabbins. Non, répondirent-ils, parce que nous connaissons un moyen d'échapper à tout danger, c'est de s'y tenir modestement et silencieux, de même que le moyen de calmer des souffrances consiste à les supporter patiemment et à invoquer la miséricorde divine. Abayé élevait un mouton qui l'accompagnait dans cet endroit. Et pourquoi pas un bélier? C'est que le bélier pouvait se confondre avec le démon qui en prend la forme (Isaïe, xiii, 21). Avant d'être chef d'école, Raba (se trouvant en cet endroit) entendit la lillede R. Hisda (sa femme) faisant sonner une noix dans un bassin (pour que le son écartât les démons); lorsqu'il arriva à la suprématie scolaire (et qu'il y avait de plus grands dangers pour lui), elle fit une ouverture dans le mur latéral afin d'y passer le bras qu'elle lui posait sur la tête (pour le protéger contre les effets pernicieux des mauvais esprits). Oula dit : Derrière une haie ou muraille, on peut de suite remplir un besoin (sans aller plus loin); mais dans une vallée, il faut aller à une distance telle que le compagnon n'entende pas le moindre vent; selon Issi bar-Nathan, on applique même cette dernière limite à la muraille; mais dans une vallée découverte, il faut, selon lui, s'éloigner à perte de vue. On objecta l'enseignement suivant : N'est-il pas dit- que les gens chargés de la fabrication de l'huile pure peuvent, en sortant du pressoir, remplir leurs besoins derrière un mur tout en restant purs (n'en résulte-t-il pas qu'on peut se tenir à petite distance)? On a fait une exception pour ce cas. N'a-t-on pas enseigné (contrairement à Issi) qu'on ne peut pas s'éloigner de la haie, pour rester pur^, au delà de la vue du surveillant? C'est que pour ceux

' Il s'agit là des accents toniques , ou ^ h" ipavtie de h Mischnâ, Ir. Taharoth,

modulations, indiqués par des meuve- ch. x.Sg.

ments de la main droite, et servant à ^ Les ouvriers étaient tenus de ne

ponctuer les phrases. pas se perdre de vue les uns les autres,

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