CHAPITRE V
1 . On ne se met à prier que sous l'impression du respect divin. Les anciens savants pieux attendaient un instant (en entrant à la synagogue) avant de prier, afin de se recueillir et de penser à notre Père qui est aux cieux. Si le roi même les saluait, ils ne repondaient pas; ils ne se seraient pas interrompus, eussent-ils eu un serpent attaché au talon.
R. Jérëmie bar-Aba dit : Si Ton arrive de voyage, il est défendu de faire la prière avant de s'être repose (à cause des preoccupations que l'on éprouve). Et quel verset l'indique? Celui-ci (Isaïe, li, qi) : Ecoute donc cette pauvre femme , qui est ivre, sans que ce soit du vin. (Ce verset prouve que Ton est considéré comme ivre si l'on est préoccupé; or, la prière étant interdite à Tbonime ivre, elle est aussi défendue à celui qui est préoccupé.) R. Zerikan et R. Yochanan,
au nom de R. Eliézer, fds de R. Yosé le Galiléen, dit que celui qui éprouve du chagrin ne doit pas, pour cette même raison, dire la prière. C'est sans doute sur le même verset que l'on se fonde pour cela.
On a enseigné que l'on ne doit se mettre à prier ni après avoir parlé de sujets profanes, ni après avoir plaisanté, ni après avoir tenu une conduite légère, ni après s'être livré à des conversations futiles, mais seulement à la suite de sujets bibliques. C'est pourquoi aussi on remarque chez les premiers prophètes qu'ils terminaient leurs allocutions par des louanges à Dieu et par des consolations à Israël. Toutefois, dit R. Eliézer, Jérémie seul terminait par des remontrances. R. Yochanan lui répondit : Même ce prophète termine par des consolations: rr Ainsi, dit-il, tombera RabelTi (Jérémie, xxi, fin). Comme Jérémie prophétisait de nouveau sur des sujets relatifs au sanctuaire, faut-il en conclure qu'il prédit à la fin la ruine du temple? C'est pourquoi il est dit : Jusquici vont les paroles de Jérémie [ibid.), ce qui prouve que ce prophète a cessé en annonçant la chute de ses destructeurs , et non par des remontrances et des