CHAPITRE V
menaces. N'est-il pas écrit au contraire : Il y aura de la misère pour toutes les créatures? C'est aux païens que s'ap])li(|ue cette nialédiclion. Mais n'est-il pas dit aussi : Tu nous as méprisés (Lamentations, v, 22)? Oui, mais ces mots sont accompajjnés de l'espoir du retour : fais-nous retourner, \ est-il dit, parce que lu nous as méprisés (ibid.).
D(î même le pro])hète Elie ne s'est séparé d'Elisée qu'après l'avoir entretenu de sujets relijjieux : Ils marchaient , est-il dit, et pendant la route ils continuaient à parler (II Rois, 11, 11). De quoi s'occupaieni-ils? R. Acliwa bar-R. Zeïra dit qu'ils s'entretenaient de la lecture du schema ; c'est dans le même esprit d'exégèse que le verset dit : Tu en parleras (Deutéronome, vi, 7). R. Juda Len-Pazi dit qu'ils s'entretenaient de la création du monde, conformément à ce verset (Psaume xxxiii, 6) : Par la parole de Dieu les deux ont été créés. R. Judan, fds de R. Aibo, dit qu'ils parlaient de sujets consolants pour Jérusalem, selon ce verset : Parlez au cœur de Jérusalem (Isaïe, xl, 2). Les rabbins disent qu'ils ti'aitaient du cliar céleste; on peut le conclure de ce verset : Et voici un char de feu et des chevaux de feu, etc. (II Rois, 11, 1 1). R. Jérémie dit : On ne doit se mettre à prier qu'après avoir appris une règle de religion. R. Yossé dit que celui qui s'occupe des intérêts communaux a autant de mérite que celui qui s'occupe de la Loi. Aussi R. Houna enseigna ceci : Il est bon que les femmes, dès qu'elles voient une goutte de sang petite comme un grain de safran (signe d'impureté), restent pendant sept jours à se purifier. Puis ce rabbin se leva et se mit à prier.
Zeïra bar-R. Hanina dit : Celui qui répand le sang des sacrifices commet sur eux un sacrilège. C'est là une des règles fixes. Rar-Kapara a enseigné : C'est une loi traditionnelle, transmise à Moïse par la révélation sur le Sinaï, qu'il y a onze jours entre une purification^ et l'autre [mulieris menstruatœ). R. Oschia a enseigné : On peut accumuler des produits de la terre et du blé avec les issues de paille, de façon qu'on soit dispensé d'en prélever la dime (si on les recueille mêlés de cette façon, avant de les avoir tamisés, on est dispensé d'ôler la dime pour la consommation). Abba Judan demanda à Rabbi : Combien de degrés y a-t-il dans les cboses saintes? 11 lui répondit : Il y en a quatre. Et combien de
' Dès qu'une femme mariée voit du sang d'impureté (menstruœ), elle est niddâ, c'est-à-dire, pendant sept jours il lui est interdit de se livrer au commerce conjugal. Après cette semaine commencent souvent les jours de la gonorrhée (en cas de flux grave), qui sont au nombre de onze; après quoi reviennent les sept jours de la niddâj, suivis de nouveau de ceux de la gonorrhée, et ainsi de suite. La consé-
quence de cet enseignement est celle-ci : si dans les onze jours il n'y a eu de perte qu'une ou deux fois, la femme est pure, après avoir pris le bain réglementaire; mais si elle a des pertes trois jours de suite, elle devra compter, après cet espace de temps, encore sept jours de pureté avant de pouvoir se livrer au commerce marital. Ainsi s'explique ce désaccord entre le nombre des jours.
96 THAITÉ DES BRÎ^AKHOTH.
(leprés y a-l-il j>()iii' les ohialions? Trois. I*uis ii se mil à [)rif'r. F^ Tzokia, ]\. Jacob l)ar-Acha ol \\. Yassa disonl, au nom de l{. Yorharuiri , (jnil ne Liul jamais ou])lier le verset suivant : L kernel Sebaotfi est avec nous, le Dieu de Jacob est notre soutien, Selah (Psaumo xlvf, i 2). H. Yosso bar-R. Aboun et R. Abouha disaient, au nom de R. Yocbanan et de ses compa^^nons, ce verset-là : 0 éternel Sebaoth, heureux rhomme qui se fie en toi (Ps. lxxxiv, 1 3). R. Ezekia disait, au nom de R. Abouba : rr Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous sauver des heures de rébellion, dures et mauvaises, qui s'échappent et arrivent furtivement sur la terre, r
rr On ne doit pas se mettre à prier, etc. -n
R. Josuë ben-Lakisch interpre'tait ainsi le verset (Psaume xxix, 2) : Prosternez-vous devant F Eternel dans les parvis du sanctuaire , avec le respect du sanctuaire ^ . R. Yossë ben-Hanina demandait : Comment explique-t-on ce verset : Adorez Dieu avec crainte et réjouissez-vous en tremblant (Psaume 11, 11)? (N'y a-t-il pas là une contradiction entre la crainte et la joie?) R. Acha répond : Gela signifie que lorsque le jour de la terreur viendra, vous vous réjouirez (car vous avez adoré Dieu avec crainte et vous n'aurez rien à craindre).
R. Josué ben-Lévi dit : Lorsqu'on se met à prier, on doit s'asseoir deux fois : une fois auparavant et une fois après ; auparavant on doit réciter le psaume cxlv , précédé du verset : Heureux ceux cjui habitent ta maison (Psaume lxxxiv, 6), et une fois après pour dire ces mots : Certes, les justes rendent grâce à ton nom; les hommes droits habitei^ont devant toi (Psaume cxl, ik). Les premiers hommes pieux se recueillaient une heure avant la prière, puis priaient une heure et se recueillaient de nouveau. Quand donc alors se livraient-ils aux études religieuses et à leurs travaux? R. Isaac bar-R. Eliézer répond : Comme c'étaient des gens pieux, la bénédiction de Dieu était sur leurs études et sur leurs travaux manuels. R. Houna dit : Celui qui prie derrière la synagogue mérite le nom d'impie, car il est dit (Psaume xii, 9) : Les impies marchent à Ventour (ou par derrière). R. Houna dit encore, conformément au même verset, que celui qui n'entre pas au temple dans ce bas monde n'aura pas le bonheur d'y entrer dans la vie future.
R. Yocbanan dit que celui qui prie dans sa maison l'entoure et la fortifie, pour ainsi dire, d'un mur de fer. Cette opinion n'est-elle pas en contradiction avec une autre du même rabbin? N'a-t-il pas dit ailleurs, par l'organe de R. Aba ou de R. 'Hiya, que l'homme doit prier dans un endroit spécialement réservé
' Il y a là plus quiin jeu de mots : c'est entre celles dn mot rmna (au parvis) presque une confusion des lettres H et n, et du mol DITûD (avec crainte, respectV
CIIAPITHK V. * 97
à la prière? Et ici il dit de j)rier chez soi? Oui, (juaiicl on est seul; mais lorsqu'il existe une connniinauté, on doit se rendn; à la syna^jojfue.
R. Pinchas dit, au nom de U. Oscliia : Celui ([ui j)rie dans une syna[fO[fne offre, pour ainsi dire, une oblation pure. Qu'est-ce qui le prouve? (]e vers(it: C'est ainsi que les enfants d'Israël apportent tohlalion en un vase pur dans la maison de [Eternel (Isaïe, lwi, 9o). R. AJjaliou ou un autre en son nom interprète ainsi le verset d'Isaïe (lv, 6) : Invoquez F Eternel lorsqu'on le trouve. Où le trouvet-on? Dans les temi)les et dans les maisons d'étude; et : appelez-le pendant qu'il est proche, là où il est proche. R. Isaac bar-R. Élièzer ajoute encore qu'alors Dieu se tient près d'eux. Gomment le sait-on? On le conclut de ce verset: L'Eternel se tient au milieu de l'assemblée; il juge dans les réunions (Ps. lxxxii, 2), R. Hisda dit^ : Lorsqu'on entre dans»une synago[fue, on doit s'y avancer de l'espace de deux portes, car il est dit (Proverbes, viii, 34) : Heureux l'homme qui m' obéit et veille chaque jour à mes portes; il est dit : à mes portes (au moins deux) , et non à ma porte; aux poteaux, est-il dit, au pluriel, et non au sin[[ulier. Si Ton agit ainsi, à quelle recompense peut-on s'attendre? A ce que promet ie verset : Ceux qui me trouvent rencontrent la vie (ibid.).
R. Houna dit : Lorsqu'on se rend au temple, on doit accélérer sa marche, en vertu de ce verset (Osée, vi, 3) : Nous voulons savoir; courons pour connaître l'Eternel. En sortant, on doit aller doucement, selon ces mots (Job, xiv, 16) : Maintenant tu comptes mes pas (au départ). R. Yochanan dit : C'est un fait certain que celui qui s'occupe de l'étude talmudique dans le temple ne l'oublie pas de sitôt. R. Yochanan d'Anatoth ajoutait comme réponse: Il est non moins certain que si l'on étudie avec modération, on n'oublie pas si promptement, comme il est dit (Proverbes, xi, 1) : La sagesse accompagne les hommes modestes. R. Yochanan établit de même qu'il est bon, pour ne pas oublier, d'apprendre l'exégèse dans les livres (et non par cœur); et R. Tanhoum dit que celui qui repasse ce qu'il a appris ne l'oublie guère, d'après ces paroles : afin que tu n'oublies pas les paroles que tes yeux ont vues (Deutéronome, iv, 9).
R. Yona dit, au nom de R. Tanhoum bar-R. Hiya : Lorsqu'on a eu un songe pénible, il faut dire : rr Qu'il te plaise, Éternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, de disposer de tous les songes cjue j'ai eus, soit cette nuit, soit les autres nuits, soit que moi je les aie eus, soit que d'autres aient rêvé de moi. S'ils sont bons, qu'ils s'accomplissent pour la joie, le bonheur, la bénédiction et la vie. S'ils sont différents, modifie-les, de même que tu as changé les eaux amères en douces^ et les eaux de Jéricho en eaux agréables, par l'entremise d'Elisée, ainsi que la malédiction du fds de Peor (Ralaam) en bénédiction. Change de même tous les mauvais rêves. Que les rêves des autres à mon égard
' Babli, même traité, fol. 8". — ' Exode, xv, 2 5.
ÎIS TUAITK DKS liKIi AKIIOTII.
loiiiMciit (Ml l)i(Mi, Cil J)(*n('(licUon, on {jucrison, on \'w, on bonheur, (ui joi(M;l en îiaix , selon ce verset : Tu as changé mon deuil en réjouissance; tu as défié mon sac et tu m'as ceint de gaieté. Afin quon chante tes louanges sans interruption, Kleniel
mon Dieu, je veux sans cesse te rendre grâce (Psaume xxx, 12). L'Etemel ton Dieu najms voulu écouter Balaam; et, en ta faveur, il a cliangé la malédiction en hé-
nédiction, car V Eternel ton Dieu t'aime (Deuleronome, xxiii, 6). Alors la vierge se réjouira dans la danse, ainsi que les jeunes gens et les vieillards; je changerai leur deuil en joie , je les consolerai et je les réjouirai dans leur ajfliction (Jérémie , xxxi , 1 3 ).
ffMême si le roi s'inforni(3 do ta santé, etc. t)
U. Acha dit : Ce qui vient d'être dit s'applique aux rois d'Israël; mais aux rois étrangers il faut rendre le salut. On a enseigné que si Ton écrit le nom de TEternel, on ne doit pas s'interrompre pour donner une réponse, même à un roi^; si Ton écrit deux ou trois noms différents de la Divinité, par exemple El, Elohlm ou Jehova, on achève Tun d'eux et l'on répond ensuite au salui. R. Yochanan était assis, pour lire le schema', à la porte de la synagogue babylonienne de Sippori; il ne se leva pas devant un archonte (magistrat) qui passait. En voyant cela, on s'approcha du rabbi pour le frapper. Laissez-le, dit le juge, il s'occupe des lois de son créateur. R. Hanina et R. Josué ben-Lévi se rendirent un jour auprès du gouverneur de Césarée; dès qu'il les vit, il se leva devant eux. Quoi, lui dirent ceux qui l'entouraient, tu te lèves devant ces Juifs? Je vois en eux, dit-il, des faces d'ange. R. Yona et R. Yossé se rendirent auprès du gouverneur de la ville d'Antioche, qui se leva à leur rencontre, dès qu'il les vit. Quoi, lui dit-on aussi, tu te lèves devant ces Juifs? J'ai vu, dit-il, la face de ces gens en mon cœur, et ils triomphaient. R. Abin, en sortant d'une audience du roi, lui tourna le dos. Les courtisans voulurent le tuer; mais, comme ils virent que deux bandes de feu l'escortaient^, ils le laissèrent aller, selon ce verset : Tous les peuples de la terre verront que le nom de l'Eteimel est invoqué par toi, et ils te craindront (Deutér. xxviii, 2). R. Simon ben-Iochaï appliquait ce verset même aux esprits et aux démons. R. lanaï et R. Jonathan se promenaient dans une plaine. Quelqu'un les aperçut et les salua en leur disant : Salut à vous, mes maîtres (comme on s'adresse à de grands personnages). Ils répondirent (modestement) : Nous n'avons pas même l'apparence d'un étudiant pour que nous méritions un tel salut. — Resell Lakisch étudiait tant la Loi qu'il sortit par mégarde (un samedi) en dehors de la limite sabbatique. Il n'a pas su avoir égard au verset: Enivre-toi toujours de son amour (Proverbes, v, 19), c'est-à-dire: Par suite de ton amour pour la torn, tu te tromperas dans les choses étran-
^ Iv. Sophim, ch. V, ^ G. — "^ Allusion aux lanières latérales des phylactères.
cil APITHE V. 99
gères. R. Judaiibai-R. Jsmaël (ilait lolIeiuenLprcoccujx; dv, l'étude delà Loi qu'il ne vit pas tomber son manteau, ni arriver un serpent. Maîlre, lui dirent ses disciples, tu perds ton manteau. — Ce serpent, leur répondit-il (en l'apercevant), ne le |jarde-t-il pas contre les voleurs?
ff Eût-on même un serpent enroulé autour du talon, on ne doit pas s'interrompre, r
R. Houna, au nom de R. Yossé, dit : On n'a enseigné cela qu'au sujet du serpent; mais si c'était un scorpion, on devrait s'interrompre. Pourquoi? Parce qu'il mord à plusieurs reprises (ce qui est bien plus grave). R. lia dit : On n'a parlé que du cas oii il serait déjà enroulé autour du talon ; mais si on le voit arriver, on peut l'éviter en se retirant, sans interrompre la prière. On a appris de même que si l'on est debout en train de réciter la prière dans la rue ou au marché, on doit se ranger pour laisser passer les ânes ou les chariots, sans s'interrompre toutefois. On raconte, au sujet de R. Hanina ben-Dossa, qu'étant mordu un jour par un reptile venimeux pendant la prière, il ne s'interrompit pas. Lorsqu'on alla voir de quel reptile il s'agissait, on trouva ce ver étendu à l'état de cadavre (il était mort de son audace d'avoir osé attaquer un homme aussi fervent). C'est alors qu'on dit : Mallieur à qui eût été mordu par le serpent multicolore; et malheur à ce serpent, qui a mordu R. Hanina ben-Dossa! Quelle est la gravité de ces morsures? Si un homme est mordu et qu'il se mette à temps dans l'eau, le serpent multicolore en meurt; au cas contraire, l'homme en meurt. Maître, lui dirent ses disciples, n'as-tu rien senti pendant la morsure? Je vous jure, répondit-il, que je n'ai songé qu'au sujet de la prière. A ce propos, R. Isaac bar-R. Eliézer dit : Dieu a créé une sorte de source à la plante de ses pieds , conformément à ce verset : // exécute les désirs de ceux qui le craignent; il exauce leurs vœux et il les sauve (même du danger dont ils ne se doutent pas) (Psaume cxlv, 19).
2. Dans la deuxième bénédiction (de ï'amida)^ consacrée à la résurrection des morts, on mentionne (en hiver) la force des pluies (maschih harottah) ; et dans la neuvième bénédiction, celle des années, on sollicite de Dieu la pluie. La formule de séparation (habdalah, entre le samedi et le jour de la semaine) se dit dans la cjuatrième, où l'on sollicite la faveur d'être intelligent. R. Akiba dit : Vhabdalah forme une quatrième bénédiction spéciale, et, selon Eliézer, on l'intercale dans l'action de grace (dix-huitième actuelle).
100 TRAITE DES REnAKIlOTH.
\)o iiH-mc (jiic la r(;suri'(;rli()n (l<!s nioris doit ariMîiioi une vie sans lin', de ni(*ni(' Ton espère (juc la (l(^scente des pluies produit une vie sans fin (aussi on comprend ces deux sujets dans une niejne prière). R. Iliya-har Ai)l)a le prouve par ces versets (Osée, v, ^) : // nous fera revivre dans deux jours : au troisième jour il nous rétablira et nous vivrons devant lui. A lions , courons , pour acquérir la connaissance de Dieu, qu'on trouve bien au matin. Et il est encore écrit : Elie le Tischbite, des habitants de Galaad, dit à Achah : Vive Dieu, il n'y aura pendant ces années ni de la rosée, ni des pluies, que selon maparole (I Rois, xvii , i )-. R. Rerachia raconte un entretien qui eut lieu entre R. Yassa et les rabbins : le premier dit qu'il a été exaucé tant pour la rosée que pour la pluie; les autres disent qu'il n'a été exaucé que pour la pluie, et non pour la rosée. Cette dernière opinion se fonde sur ce verset : Va, et montre à Achab que j'ai fait répandre la pluie, etc. (non la rosée, ibid.XMu, i). Mais, d'après celui qui dit qu'il a été exaucé pour les deux demandes, comment expliquer la mention de la rosée? A-t-il été délié de son vœu à ce sujet? R. Tanhouma d'Edrei répond : On peut admettre qu'un vœu dont on a été dégagé en partie est délié en entier. Ou bien encore, on
suppose qu'il parlait du fds de la femme Sarphith^ : // invoqua F Eternel, et il dit : Eternel mon Dieu, etc. (ibid, xvii, 2 1).
R. Juda ben-Pazi dit : On peut comparer cela à quelqu'un qui volerait la trousse d'un médecin : au moment où il sort, son fils se blesse. Il retourne près du médecin et lui dit : Soyez assez bon pour guérir mon fils. Je veux bien, lui répond celui-ci, mais rends-moi d'abord ma trousse, qui contient tous mes médicaments, puis je guérirai ton fils. De même le Très-Saint dit à Elie : Va, et dégage-toi du vœu concernant la rosée, car les morts ne vivent que de rosée, et je vais ressusciter le fils de ia Sarphith. Et comment sait-on que les morts ne vivent que de rosée? C'est qu'il est écrit : Les morts vivront; les cadavres se relèveront; éveillez-vous et chantez, habitants de la poussière, car ta rosée est comme celle qui retombe sur V herbe, et la terre rejettera les trépassés (Isaïe, xxvi, 19). R. Tanhouma d'Edrei interprète ainsi la fin du verset : la terre rendra ses dépôts.
R.Jacob, du village Hanan. donnait cette raison \ au nom de Resch Lakisch : Au moment où le patriarche Abraham accomplissait mes désirs, je lui ai juré de ne jamais priver mes enfants de rosée (en été). Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset : 'A toi la rosée de ta jeunesse; et il est dit après : T Eternel a juré et il ne se repent jamais (Psaume ex, 3 et h). R. Juda ben-Pazi ajoute que Dieu a
' Même série, tr. Taanith, cb. i, S 1. ^ Lorsqu'il était question de rosée, il
- On voit donc là aussi l'enchaînement ne s'agissait que d'une métaphore repré-
daus les versets entre la résurrection et les sentant la résurrection.
pluies ou la rosée. * Il expliquait ainsi la parole de Dieu.