CHAPITRE V
dit : C'est à titre ijnmuable que j'en ai fait don à AI)i'aliani; je lui en ai lait cadeau, selon ce verset : Dieu te donnera la rosée des deux (Genèse, xx-vii, 28 )^ R. Samuel bar-Nahnieni dit : Lorsque les Israélites accomplissent de mauvaises actions et qu'ils transgressent la Loi, les pluies sont arrêtées. En ce cas, on l'ait intervenir un vieillard, par exemple R. Yossé U\ Galiléen, qui intercède en leur faveur auprès de Dieu, et la pluie tondje. Toutefois, la rosée ne descend pas du ciel par le mérite d'une créature. Pourquoi? Parce qu'il est écrit : // en est de la rosée de r Eternel comme des pluies menues sur la verdure, quon n espère pas de Vhomme et quon n\ittend pas des enfants de la terre (Miellée, v. G).
R. Zeïra dit, au nom de R. Hanina : Si l'on est sur le point de réciter la prière de la pluie (qui se dit en hiver) et qu'au lieu de cela l'on mentionne celle de la rosée (qui se dit en été), on n'a pas besoin de recommencer; si, au contraire, dans la prière pour la rosée on nomme la pluie, il faut recommencer. Mais n'a-t-on pas enseigné que, pour la prière de la rosée ou celle qui est relative aux vents, les sages n'ont pas obligé les fidèles de faire la mention, laquelle est seulement volontaire? C'est différent : celui qui se maudit lui-même (en demandant de la pluie en été au lieu de rosée) ne ressemble pas à celui qui ne prie ni ne maudit (aussi n'y a-t-il pas d'obligation en ce cas). On vient de dire que si, au lieu de mentionner la pluie, on a rappelé la rosée, on n'a pas besoin de recommencer : pourquoi cela? N'a-t-on pas enseigné que si l'on a omis de demander à Dieu la pluie (nbxi^) dans la bénédiction des saisons (neuvième), ou de mentionner la pluie dans celle de la résurrection des morts (deuxième), il faut recommencer? C'est vrai, et il faut recommencer au cas où l'on n'aurait rien mentionné du tout, ni rosée, ni pluie (mais cette dernière mention suffît au besoin). R. Zeira, au nom de R. Houna, dit : Si l'on a omis de demander la pluie dans la neuvième bénédiction , on le fait dans la seizième, qui est une invocation générale; et, de même, si l'on a omis de faire mention de la pluie dans la seconde bénédiction, on peut la rappeler dans la seizième. En effet, si la demande, faite d'ordinaire comme l'expression d'un désir, dans la section des saisons, peut se dire dans l'invocation générale, il en est à plus forte raison de même de la simple mention de tel attribut divin : rr qui fait répandre la pluie. 7? Mais n'a-t on pas enseigné que si l'on n'a pas demandé la pluie dans la neuvième bénédiction des saisons, ou si l'on n'a pas fait la mention des pluies dans la deuxième bénédiction, il faut recommencer? (il parait donc qu'il ne suffit pas de les rappeler à la fin?) R. Abdimé, frère de R. Yossé, répond : Si l'on dit qu'il faut recommencer, c'est pour le cas oii l'on n'en aurait pas parlé même dans la seizième bénédiction. A quel endroit faut-il reprendre? De même
^ Or, ce verset est suivi des mots : // le donnera la benediction d'Abraham. C'est donc au patriarche qu'elle a été donnée.
10l> TRAITE DES HKHAKIIOTH.
que R. Simon, au nom de R. Yocimnaa, dit, au sujet de la néoniénie : si après avoir onblio la mon lion de cette solennité, on s'est déjà reculé (comme sijjne de retraite; Jinale), il l'aut reprendre au commencement, et, si l'on n'a pas fini, il sullitde recommencer à la section consacrée au culte (pour y intercaler le para- (rraplie de la néoniénie, nommé Nn""! nS:?""); de même, pour notre sujet de la pluie, si Ton s'est déjà retiré, il faut recommencer tout; sinon, il suffit de reprendre à la seizième section (oii peut s'intercaler la demande des pluies). A Ninive, on dut établir une fois un jour de jeûne spécial à la suite de Pâques (à cause du manque de la pluie, qui allait produire une famine). On alla consulter Rabbi, pour savoir à quel endroit (de Y'amida) il fallait intercaler cette invocation à Dieu, faite en été. Il leur répondit : Faites comme vous voudrez, pourvu que vous ne changiez pas la formule de la prière. A quel endroit cependant fautil intercaler ce vœu? R. Jérémie était d'avis qu'il faut le dire dans la seizième bénédiction, ou invocation générale. R. Yossé leur dit que ce n'est pas l'avis de R. Zeira, au nom de R. Houna : Si l'on n'a pas fait, dit-il, la demande des pluies dans la bénédiction des saisons, ou si on ne les a pas mentionnées dans la seconde, on les mentionne dans la seizième bénédiction. Et c'est à ce propos que Rabbi dit : Allez et priez, pourvu que vous ne changiez rien à la formule de la prière (c'est-à-dire : comme nous sommes en été, après Pâques, vous ne devez pas solliciter la pluie dans la bénédiction des saisons; or, comme il n'en faut pas parler dans cette bénédiction, il ne faut pas non plus, en cas d'oubli, les mentionner dans la seizième). Mais alors où faut-il en parler, si on ne peut l'y intercaler, selon cette interprétation de R. Yossé? Dans les six bénédictions supplémentaires qu'on ajoute, le jour de jeûne, à la prière "amida. Cette indication est suffisante pour ceux qui prient en assemblée publique, oii l'on récite les six suppléments; mais comment fait le particulier qui ne dit pas ces additions? R. Hanina répond que R. Zeïra a dit, au nom de R. Houna : Le particulier exprime ses désirs dans l'invocation générale, et celui de la pluie est un désir.
rrEt la forniuie de séparation (nbnsn) se dit dans la quatrième section, -n
R. Simon bar-Wava demanda à R. Yochanan : Comment se fait-il que lorsqu'une coutume est établie, les sages viennent la contester? (c'est-à-dire: pourquoi intercaler dans la quatrième section ce qui fait l'objet d'une cérémonie spéciale, à la fin de l'office divin, avec un verre de vin?) C'est que, » répondit-il, la cérémonie essentielle, résidant dans la bénédiction du vin, avait été oubliée dans la ^v'ihvQ^amida (il a donc fallu la rappeler); cela démontre que l'essentiel se fait avec le vin. R. Jacob bar-ldi. au nom de R. Isaac Rouba,