‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 31 sur 125 · CHAPITRE VI. Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. Ill

mam (Genèse, xli, lia). R. Hiya a ensei[fné que s'il est (lit : ce sera une sainteté, objet de louanges (Lévitique, xix, 'iZi), c'est pour indiquer qu'il faut faire une Lénëdiclion avant et après la consommation; d'où R. Akiha déduit : Il ne faut goûter à rien avant d'avoir prononcé la bénédiction. Lorsque R. Haggaï et R. Jérémie s'en allèrent pour juger, R. Haggaï commença par réciter de suite la bénédiction. Tu as bien fait, lui dit R. Jérémie, car tout précepte exige la récitation de cette formule. Gomment le sait-on? R. Tanliouma ou R. Aba bar- Gahana dit, au nom de R.Eléazar, que c'est en vertu de ce verset (Exode, xxiv, 12) : Et je te donnerai ces tables de pierre, contenant la Loi et les préceptes ; on compare la Loi à ses commandements, et de même qu'avant de lire une section de la Loi il faut réciter la formule d'usage, il faut agir de même pour l'accomplissement de n'importe quel précepte.

R. Yocbanan, en prenant une olive, récita une formule avant de la manger, et une autre après. R. Hiya bar-Wava le regardait tout étonné. r^Rabylonien, lui dit R. Yocbanan, pourquoi me regardes-tu ainsi? ]\'est-il pas admis que pour tout fruit faisant partie des sept classes supérieures \ il faut une bénédiction auparavant et une autre après ? — Je le reconnais , et je ne suis étonné que de te voir bénir cette petite quantité, diminuée par la suppression du grain, r) Mais R. Yocbanan conteste-t-il que le retrait du grain diminue la valeur de l'olive? Non, mais il le bénit, parce que c'est un fruit entier. Il renchérissait même sur ce sujet, au point que s'il avait mangé seulement un grain de raisin ou de grenade, il croyait devoir réciter les deux formules, l'une antérieure et l'autre postérieure.

Aussi longtemps que le vin est à l'état naturel, on dit la bénédiction : rRéni soit le créateur des fruits de l'arbre , -n et l'on ne peut s'en servir pour l'ablution des mains. Lorsqu'il est coupé d'eau, on dit la formule : w créateur des fruits de la vigne , n et l'on peut s'en servir pour se laver les mains. G'est l'avis de R. Eliézer. Mais les sages disent : Que le vin soit naturel ou mêlé , on dit : rRéni soit le créateur des produits de la vigne, i^ et l'on peut s'en servir pour se laver. R. Aba dit que ce n'est pas une destruction de comestible (de se laver avec cela). R. Jacob bar-Zabdi dit, au nom de R. Ababou : Pour l'huile d'olive on récite la formule : crRéni soit le créateur des produits de l'arbre. 7? R. Hiya bar-Papa fit remarquer à R. Zeira que la Mischnâ s'était exprimée de même : cf excepté pour le vin, dit-elle, au sujet duquel on dit : crie créateur des fruits de la vigne. ^ (Donc pour l'huile on dit créateur des fruits.) Mais le vin n'est-il pas un extrait de raisin? (pourquoi n'en est-il pas de même pour l'huile?). — On n'a fait d'exception que pour le vin; donc tous les autres produits, quoique

^ Les sept produits suj^éricurs do la les grenades, les ligues, le froment et Palestine sont : le raisin , l'olive , les dattes , l'orge.

112 TUAITE DES HKUAKIIOTll.

oxlraits, sont naturels. J{. Aba dit : Rab et Samuel admettent tous deux que, pour rberbe cuite, on dit la formule : rrTout a été crée par sa parole, -n R.Zeira dit, au nom de Samuel: Pour des têtes de raves cuites, si elles sont entières, on dit : ffBéni soit le créateur des fruits de la terre ;ii si elles sont écrasées, on dit : fcToul a été créé par sa parole. ?î R. Yossé dit : C'est conforme à la Misclinâ qui dit : ff excepté pour le pain, pour lequel on dit : Béni soit celui qui produit le pain de la terre. 75 Mais est-ce que le pain n'est pas produit du blé broyé? On ne fait d'exception que pour le pain; donc tous les autres produits, même broyés, sont considérés comme bruts ^. R. Hiya bar-Wava dit, au nom de R. Yocbanan^ : Pour une olive confite, on dit : rrcréateur des fruits de Tarbre.T) R. Benjamin bar-Japbeth dit, au nom de R. Yochanan : Pour de Therbe cuite on dit : rcTout a été créé par sa parole. w R. Samuel bar-R. Isaac dit que la Mischnâ est un appui à Tavis de R. Benjamin bar-Japbeth , car on y lit : Les objets amers qu'on doit manger la nuit de Pâques ne doivent être (pour qu'ils ne perdent leur goût) ni confits, ni cuits, ni bouillis: et s'ils sont à l'état naturel, ils peuvent servir à remplir l'un des devoirs de la Pâque. R. Zeira demande : Quel est celui qui se souvient le mieux d'avoir entendu la sentence de R. Yochanan? Est-ce R. Hiya bar-Wava ou R. Benjamin bar-Japheth? C'est certes R. Hiya bar-Wava. On peut le prouver encore par ceci : Nous voyons un grand nombre de rabbins, lorsqu'ils se mettent à table, prendre des lupins et prononcer pour cela la formule : r? créateur des fruits de la terre^. t^ Or, ces lupins ne sont-ils pas cuits? (Comment alors se fait-ii qu'on prononce cette formule? Cela prouve que, quoique bouillis, on les considère encore comme naturels.) Quant à la Mischnâ (qu'on vient de citer), s'il y est dit que trfherbe amère ne devra pas être cuite, 1? c'est pour qu'elle n'ait pas perdu son amertume pascale exigée par la Loi, car la cuisson enlève l'amertume (mais, au point de vue de la bénédiction à prononcer, on les considère comme naturels, et l'on comprend que lesdits rabbins se soient servis de cette formule). R. Yossé bar-R. Boun dit : Il n'y a pas de discussion au sujet de l'olive, parce qu'on a fhabitude de la manger crue, et, quoique confite, on la considère comme naturelle; tandis que la verdure, dès qu'elle est cuite, change de forme. R. Jacob bar-Acha dit que R. Nahman et les rabbins discutaient sur ce qui suit : le premier disait : f^qui produit le pain de la terrer» (au passé), et les autres disaient : fr^7 produit le pain de la terre w (au présent). Il en est de cette discussion comme de la suivante, au sujet des raves, entre R. Hinena bar-Isaac et R. Samuel bar-Imi : le premier dit que c'est un légume, et non du pain^;

^ Et l'on ne dit pas: tout a été créé, etc. été créé par sa parole, « ce qui est l'avis

'^ Même série, tr. Pesa'hhn, chap. 11, de R. Hiya.

§ 5 ; Babli , tr. Berahliôlh, fol. 38'. * Jeu de mots entre DD^ rave , et TD n"'?

^ Ils ne disent pas la formule : rrtout a non pain.

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