CHAPITRE IX
la face humblement el qui expose ses désirs devant l'Eternel, comme l'iionimo parle à foreille de son voisin qui Técoute. Peut-on ima^jiue)' un Dieu plus rapproché de nous et qui , pour chacune de ses créatures , est j)rêt à approcher son oreille de leur bouche ?
R. Judan, au nom de R. Isaac, en a l'ait Tobjet de quatre expgsés d'exégèse : A un homme, par exemple, qui a un ami, on vient dire : Ton fils est pris; je m'en porte garant, dit l'ami, pour fe sauver. Mais s'il est déjà jugé et qu'on va le pendre, nul ne le sauvera. C'est tout différent pour l'Eternel qui a sauvé Moïse de l'épée de Pharaon , comme il est écrit : // m'a fait échapper au glaive de Pharaon (Exode, xviii, k). R. lanaï se demanda : comment peut-il être dit : Moïse s'enfuit devant Pharaon (ibid, ii, i5)? Un homme peut-il échapper au pouvoir d'un roi? C'est qu'au moment où le roi, après avoir fait saisir Moïse, donna l'ordre de lui trancher la tête, l'épée rebondit contre le cou de Moïse et se brisa; c'est à cela que fait allusion ce verset (Cantique des cantiques, VII, 5) : Ton cou est comme une tour d'ivoire; il s'agit là du cou de Moïse. R. Abiatar ajoute que le glaive, en rebondissant, tua par contre-coup le bourreau. C'est pourquoi il est écrit : // me sauva de l'épée de Pharaon, moi, je fus sauvé, et le bourreau périt. R. Berachia rappela à ce sujet ce verset (Psaume xxx:vii, 32) : L'impie attente en vain à la vie du juste; et R. Aboun, le suivant : Pendant que le juste échappe au danger, l'impie s'y précipite (Proverbes, xi, 8). Selon Rar-Kapara, Moïse évita le péril d'une autre façon : un ange descendit du ciel et revêtit la forme de Moïse, lequel put ainsi s'enfuir pendant qu'on saisit l'ange. R. Josué ben-Lévi dit qu'au moment où Moïse put fuir devant Pharaon, tous les gens du roi devinrent ou muets, ou sourds, ou aveugles. Le roi, s'adressant aux muets, leur demandait où est Moïse, et ils ne pouvaient lui répondre; il s'adressait aux sourds, et ils ne l'entendaient pas; puis aux aveugles, et ils ne le voyaient pas. Aussi Dieu avait-il dit à Moïse (Exode, iv, 11): Qui donne la bouche à l'homme, ou qui le rend muet, ou sourd, ou clairvoyant? n'est-ce pas moi l'Eternel? c'est-à-dire, de même que je t'ai secouru lorsque tu étais en danger, ne t'assisterai-je pas de nouveau pour délivrer Israël? c'est pourquoi il est dit : Qui est comme l'Eternel, notre Dieu, chaque fois que nous l'invoquons (Deutéronome, iv, 7)? R. Judan, au nom de R. Isaac, rapporte à ce propos la comparaison suivante : Si un homme a un ami et qu'on lui dise : ton fils est prisonnier, cet ami aura beau vouloir le défendre, il ne pourra rien pour lui si le fils est condamné à être jeté à l'eau; tandis que l'Eternel a sauvé Jonas même du sein de la baleine; ainsi qu'il est dit (Jonas, 11, 11) : Dieu ordonna au poisson de vomir Jonas. Il en serait de même si un mortel voulait sauver son semblable du feu; tandis que l'Eternel a sauvé de la fournaise Hanania, Michael et Azaria. Aussi est-il écrit (Daniel, m, '^8) : Nabuchodonozor répondit et dit : Béni soit le Dieu de Schedrach, Meschak et Abad Nego (noms clialdéens des trois
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j(^'urK's lsra(;lites). I)c memo encore, un homme ne peut sauver celui qu'on jette aux bêtes l't^roces; mais l'Eternel a sauvé Daniel de la fosse aux lions, comme il est écrit : Mon Dieu a envoyé son ange et a clos la gueule des lions (il)i(j. vi, '^3). R. Judan dit qu'un homme, s'il a un ami et ((u'il lui survienne un malheur, ne sera pas abordé par lui subitement; mais l'ami ira se placera sa porte, appellera son serviteur ou quelqu'un de sa famille et lui fera dire qu'il l'attend au dehors; car il est encore douteux si on le fera entrer ou le laissera dehors. Mais, à l'égard de Dieu, il n'en est pas de même : si un malheur survient à l'homme, il ne devra invoquer ni Michael, ni Gabriel, mais Dieu qui l'exaucera, ainsi qu'il est écrit : Tout individu qui invoquera le nom de F Eternel sera sauvé (Joël, m, 5).
R. Pinehas raconte qu'il est arrivé à Rab, en sortant des bains chauds de Tibériade, de rencontrer des Romains qui lui demandèrent ce qu'il était. Je suis de la suite de Sopinos (gouverneur romain) , répondit-il. D'après cette réponse, ils le relâchèrent. Le soir, ils vinrent chez le gouverneur lui-même et lui dirent : Soutiendras-tu encore longtemps ces juifs? — Pourquoi pas? répondit-il. — C'est que, répliquèrent-ils, nous avons rencontré un juif auquel nous avons demandé son nom et qui a voulu se faire passer pour un des tiens. — Et que lui avez-vous fait? demanda le gouverneur. — Devions-nous encore l'en récompenser ? dirent-ils ; n'est-ce pas assez de l'avoir laissé aller ? — Vous avez bien fait du moins de ne pas lui faire du mal; car si, tout en dépendant des hommes, il a été sauvé, il l'eût été à plus forte raison si (fait prisonnier) il eût dépendu de Dieu seul, ainsi qu'il est écrit : Tout individu qui invoque le nom de l'Eternel sera sauvé. R. Alexandre raconte qu'il est arrivé à un archonte nommé Alexandros d'avoir à juger un brigand : Ton nom? demande le juge. — Alexandros, répond l'accusé. A ce nom, le juge le fit relâcher, en (Jisawt • Si cet homme, parce qu'il porte le nom d'un autre (le mien), est sauvé, à plus forte raison le serait-il au nom de l'Éternel^, en vertu du verset précité.
R. Pinehas y ajouta deux interprétations, l'une au nom de R. Zeira, l'autre au nom de R. Tanhoum bar-Hanilaï. D'abord il dit que si l'homme a un défenseur et qu'il le fatigue par ses importunités, celui-ci s'en plaindra. Mais, à l'égard de Dieu, il n'en est pas ainsi; on a beau l'obséder de prières, il les agrée toutes, ainsi qu'il est dit : Jette ton regard sur Dieu et il t'entretiendra (Psaume lv, 28). Ensuite, ce rabbin dit au nom du second : si un homme ayant un ami est attaqué par ses ennemis et pris par eux à la porte de son ami, avant qu'il ait eu le temps d'appeler à l'aide et de recevoir du secours, l'épée lui aura passé sur la tête et il aura été tué ; tandis que l'Eternel a sauvé Josaphat de l'épée d'Aram, car il est écrit : Josaphat cria vers V Eternel quil le secourût^ et Dieu a détourné le danger de sa tête (II Chroniques, xvin, 5i); ces
' Ce nom se trouve dans la première syllabe d'Alexandre.