CHAPITRE IX
expressions domonlrent qu il s on (allait de peu que sa lête ne fût tranchée. R. Zeira, fils de R. Ahaliou, ou celui-ci, au nom de R. Eliézer, interprèle le verset suivant : Heureux celui qui a le Dieu de Jacob à son secours (Psaume cxlvi, 5); et qu'est-il dit après? qui fait le ciel et la terre. Or, quel rapport y a-t-il entre ces deux idées? le voici : un roi peut avoir pour ami un gouverneur de telle province et non celui de telle autre; et, lût-ce un ré^jent universel, son pouvoir est limité par les bornes de la terre, et il ne domine pas la mer. Tandis que rÉternel est aussi bien le souverain de la mer que de la terre; sur mer il sauve les hommes de l'eau , et sur terre du feu. C'est ainsi qu'il sauva Moïse du glaive de Pharaon; Jonas des entrailles de la baleine; Hanania, Michael et Azaria de la fournaise ardente, et Daniel de la griffe des lions. Aussi est-il écrit : // a créé les deux et la terre, la mer et ce quelle contient (ibid. 6). R. Tanhouma raconte que sur un vaisseau d'étrangers, qui faisait voile pour fOcéan, il se trouvait une fois un garçon juif. Une grande tempête s'éleva en mer, et chacun, saisi de crainte, commença à invoquer son Dieu; mais ce fut en vain. Voyant cela, ils dirent au jeune garçon : Mon fils, lève-toi et invoque ton Dieu; car nous avons appris qu'il vous exauce si vous le suppliez , et il est tout-puissant. Aussitôt fenfant se leva et se mit à prier avec tant de ferveur, que fÉternel f écouta favorablement. La mer se calma et Ton put débarquer. Arrivé à terre, chacun alla acheter les objets qu'il lui fallait, et l'on demanda au jeune homme s'il n'avait besoin de rien. Que pouvez-vous chercher, répondit-il , dans ces mauvaises auberges? — On comprend, lui fut-il répondu, que pour toi cette auberge est peu digne, mais non pour les autres passagers; car, parmi ceux qui se trouvent ici, les uns ont leurs idoles à Babylone, les autres à Rome, les autres les portent même avec eux, mais en vain; toi, partout oii tu vas, ton Dieu f accompagne. C'est pourquoi il est écrit : Qui est semblable à l'Eternel notre Dieu, qui nous exauce partout où nous l'invoquons (Deutéron. iv, 7). R. Simon ben-Lakisch dit que l'homme ne reconnaît ses amis que s'ils sont riches et il les renie s'ils sont pauvres; tandis que fEternel n'agit pas ainsi : les Israélites, fussent-ils au dernier degré, Dieu les appelle encore ses amis et ses frères. R. Aboun, R. Acha et R. Simon ben-Lakisch disent que fhomme ne reconnaît son parent que si c'est un savant; en ce cas il dira qu'un tel est son proche; mais Dieu nomme tous les Israélites ses parents; comme il est dit : // /i été la corne de son peuple (Psaume cxlvui, i/i).
(2.) On bénit l'emplacement d'où les idoles ont été enlevées.
La Mischnâ parle de la suppression des idoles dans toute la Palestine ; mais s'il s'agit d'un enlèvement partiel, on dit la formule : r Soit béni celui qui a arraché les idoles de cette place. 77 Si elles n'ont été que transportées d'un en-
158 THAITK DES BEHAKHOTH.
(Iioil à un aiiiro cl (\n\n\ voie lour iiouvclhî place, on dil : "IJciii soil le lon- <;aiiiirie;7î en voyant la place où il n'y en a [)his, on dil : rrlJéni soit celui (iiii a arrache Tidolatrie de cet endroit; qu'il te plaise, Eternel notre Dieu et Dieu d(; nos ancêtres, de même que tu as arraché fidolâtrie de cet endroit, de Tarracher de partout, de l'aire tourner vers toi les cœurs de ceux qui adorent les Faux dieux, afin que personne ne prie plus en leur nom.-n R. Ismaël ben-Gamaliel dit qu'on récite é^jalement cette formule hors de la Terre-Sainte.
R. Yochanan interprète le verset suivant (Ecclésiaste, ix, Ix) : Qui voudrait être associé aux morts? car il y a de l'espoir pour tous ceux qui vivent >, c'est-à-dire que l'homme ne perd toute espérance qu'après la mort; car lorsque l'impie meurt, tout est fini pour lui (parce qu'il ne croit pas à l'immortalité de l'âme). R. Juda a enseigné trois choses que l'homme doit dire chaque jour : rrBéni soit Dieu : i*' de ne pas m' avoir créé païen, 2° ni stupide, 3" ni femme. 15 II doit remercier Dieu de n'avoir pas été créé païen, car il serait peu estimé, selon ce verset : Toutes les nations étrangères sont comme rien vis-à-vis de lui (Isaïe, xl, 17); puis de n'être pas sot, car le sot n'éprouve pas de crainte en face du péché; enfin, de n'être pas une femme, parce qu'elles ne remplissent pas tous les préceptes religieux. R. Acha interprète autrement le verset précité de l'Ecclésiaste : rMême ceux, dit-il, qui ont contribué à la destruction de Jérusalem, ont encore quelque espérance de ne pas être damnés éternellement; or ils ne peuvent s'approcher du paradis , car ils ont porté la main sur le temple et ils ne s'écartent pas complètement, car ils se sont repentis de leur œuvre de destruction. C'est à ceux-là que s'appliquent ces mots : Ils dormiront d^un sommeil éternel et ne se réveilleront pas (Jérémie, li, 89). Les rabbins de Césarée disent aussi que les émissaires des oppresseurs de la Judée et les armées de Nabuchodonozor ne vivront ni ne seront jugés (car leurs actes étaient commandés par leurs maîtres, seuls responsables), toujours en vertu dudit verset.
Lorsqu'on passe devant un temple d'idoles , on dit les mots : L Eternel renversera la maison des orgueilleux (Proverbes, xv, 9 5). R. Yossé bar-R. Boun dit, au nom de R. Levi, que si on les voit encenser, on rappelle la loi du Pentateuque : Celui qui sacrifie aux faux dieux sera excommunié (Exode, xxii, 18). Si l'on voit un nègre, un peau-rouge, un individu de la race jaune, un bossu ou un nain, on dit ; ce Béni soit celui qui change les créatures ;r> à la vue d'un bancal, d'un aveugle et d'un lépreux, on dit : rrBéni soit le juge équitable.^ Cette règle, toutefois, ne s'applique qu'aux individus nés bien portants et qui ont été estropiés à la suite d'un accident; mais s'ils sont tels depuis leur naissance, on dira : rrBéni soit celui qui déforme les créatures. w A la vue de beaux arbres, ou même de beaux hommes, on dit : rrBéni soit celui qui a formé de si belles créatures sur terre, -n
l\ arriva à R. Gamaliel, en voyant une païenne fort jolie, de prononcer pour