CHAPITRE
elle la formule de béiK^diclion. Est-ce possible? se demanda-t-on. R. Zeira iiV t-il pas dil, au nom de R. Yossé bar-R. Haiiina, et R. Ra, ou R. Hiya, au nom de R. Yochanan, qu'on ne doit pas attribuer de ^|râces aux païens? JN'est-il pas dit : Tu ne Rallieras pas^ à eux (Deuteronome, vu, 3)? Aussi ne Ta-t-il pas admirée pour sa beauté personnelle, mais il a dit : Que l'Eternel a fait de belles cboses en cet univers ! formule que le rabbin eût exprimée à la vue d'un beau chameau, d'un beau cheval, d'un bel âne. Mais encore, était-ce l'habitude de R. Gamaliel de regarder les femmes? Il faut croire que la rencontre a eu lieu dans un chemin tortueux et qu'à un détour il l'aura aperçue subitement, de sorte qu'il l'aura refprdée involontairement. C'est ainsi que s'exprime le verset : Qui a placé la sagesse^ dans les reins (Job, xxxviii, 36)?
R. Levi dit qu'en Arabie on nomme le bouc youbla; aussi l'emploie -t- on dans ce verset : Lorsque le cor sonnera d'une manière continue , par la corne du Yobel (Exode, XIX, i3). En Afrique, on nomme la femme menstruée galmouda; c'est le terme usité dans ce verset : Je suis stérile et repoussée (Isaïe, xlix, 21). A Rome, on appelle le coq sechwi^; c'est pourquoi on se sert de cette expression dans ce verset : Qui a donné V intelligence au coq (Job, xxxviii, 36)? Lorsqu'on voit des troupes, on dit : rr Soit loué celui qui est sage dans les mystères i? (sans que nous les comprenions); car, de même que leurs visages ne se ressemblent pas, de même leurs idées ne se ressemblent pas. Lorsque Ren-Zoma voyait des troupes à Jérusalem, il disait : rrSoit béni celui qui a créé tous ces hommes pour nous défendre, w Ce même rabbin disait encore : Combien le premier homme a dû se donner de peines avant d'arriver à manger un morceau de pain ! Il a dû labourer la terre , l'ensemencer, arracher les mauvaises herbes, creuser des ronds pour recevoir les pluies, moissonner le blé, l'amasser en gerbes, le battre, le tamiser, le trier, le moudre, le faire sécher, le pétrir en le trempant dans de l'eau, le cuire, puis seulement en manger; tandis que moi, dès que je me lève le matin, je trouve tout cela prêt. Vois que de peines Adam a dû se donner avant de pouvoir se vêtir ! Il a tondu de la laine, l'a blanchie, l'a étendue, l'a teinte, l'a filée, l'a tissée, l'a lavée, a cousu ensemble les morceaux d'étoffes et a pu enfin s'en revêtir; tandis que moi, en me levant, je trouve tout cela prêt. Combien d'ouvriers se lèvent tôt et se couchent tard par suite de leurs travaux; tandis que moi je trouve, dès le •matin, tout disposé. Voici encore ce que disait Ren-Zôma : Si un mauvais hôte arrive chez quelqu'un, il se dit : Je n'ai guère causé de dépense à ce maître de maison, ni pour manger, ni pour boire : j'ai mangé chez lui un morceau
* Cette défense d'éprouver de l'admira- ^ C'est-à-dire, où on ne s'attend pas «t
tien se base sur un jeu de mots entre la la trouver, racine ]nn, alliance, et |n, grace. ^ Babli, tr. Rosch-Haschana , fol. 2G\
IGO TRAITE DES HEIUKIIOTH.
(|iiolcoiiquo et j'ai J)ii un verre de vin; mais loule la jxmhc ((ii'il s'csl donnée n'a ete j)mdnite qu'à cause de .sa femme et de ses enlanls. Au contraire, un bon hôte dit : rr Qu'il soit béni ce maître de maison, et que son nom soit rappelé en bonne part; que de vins il m'a présentés, que de mets il m'a offerts, que de peines il s'est données! Et tout cela, il ne l'a fait que pour moi,7) ainsi qu'il est dit (Job, xxxvi, 26) : Souviens-toi de célébrer ses ouvrages, que les homines voient.
3. Pour les pluies utiles et pour les bonnes nouvelles, on dit : rr Soit loué le bon et le bienfaisant. •)-) Pour les mauvaises nouvelles, on dit : cr Soit loué le juge équitable, i-)
Bar-Kapara dit que, pour les tremblements de terre, on fait résonner le cor d'alarme. Samuel dit ^ que si une comète survenait dans le signe du Zodiaque dit V Orion, le monde périrait (par ce choc). Mais , fut-il objecté à Samuel , nous l'avons vue passera cette époque? C'est impossible, répondit-il; elle aura passé un peu plus haut ou un peu plus bas que le signe, sans le traverser; car, dit Samuel, je suis autant au courant des voûtes célestes que des rues de Nehardea, ma ville natale; j'ignore seulement où est le siège de la comète. Mais est-ce que Samuel est monté au ciel pour le connaître si bien? Non, il en a seulement appris la description, selon ce verset (Job, xxxviii, 87) : // énumere les deux par sa sagesse.
Elie (d'heureuse mémoire) demandait à R. Nohoraï : Pourquoi les tremblements de terre surviennent-ils en ce monde? A cause du péché, répondit-il, que l'on commet parfois de ne pas prélever sur les produits de la terre les oblations et les dîmes ^. Or un verset dit : Les yeux de l'Eternel sont sans cesse fixés sur elle en bien (Deutéronome, xi, 19); et ailleurs il est dit : // contemple la terre, et elle tremble; il touche les montagnes, et elles fument de terreur (Psaume civ, 82). Comment ces deux versets peuvent-ils être d'accord? De la manière suivante : Lorsque Israël accomplit la volonté de Dieu et qu'il prélève les dîmes qu'il doit aux prêtres, aux lévites et aux pauvres, Dieu jette un regard favorable sur la terre, et elle ne court aucun danger; mais, au cas contraire, le regard divin la fait trembler. Certes, mon fils, répondit-on, cette explication est très-raisonnable; mais en voici le sens réel : Lorsque Dieu regarde la terreet qu'il voit construire en paix des théâtres et des cirques , pendant que le sanctuaire est détruit, son irritation contre l'univers provoque le désir de l'anéantir; c'est ce qu'indiquent ces mots : Il gémira sur la perte de son palais (Jérémie, XXV, 80). R. Acha dit que ce malheur arrive sur terre en punition du com-
' Comp. même traité dans le Babli. fol. 58''. — ' Midrasch sur le psaume civ.
CllAlMÏKK IX. Kil
merce contre nature, car TEternel dit : J(^ j-emuerai aussi la terre à cause de ce criminel [sicut membrmn in alienum ah illo intulit). Selon les rabbins, les tremblements de terre ont pour cause les discussions, comme Tindicjue vo versel qui rappelle la même cause (Zacharie, xiv, 5) : Vous fuirez dans cette vallée des montagnes, car il fera joindre cette vallée de montagnes jusqu à Atsal et vous fuirez comme vous vous êtes enfuis devant le tremblement de terre aux jours d^Osias. Selon Samuel, au contraire, il ne s'agit pas, dans ce verset, de tremblement de terre, mais d'un orage politique, de l'interruption du pouvoir royal, comme il est dit (Jërëmie, li, 29) : Za terre en sera ébranlée comme si elle éprouvait le travail d'enfantement, parce que tout ce que F Etemel a résolu contre Babylone sera exécuté. Elie demandait encore à R. Nehoraï : Pourquoi Dieu a-t-il crée en ce monde les vers et les insectes? C'est pour notre intérêt, répondit-il, qu'ils ont été créés : lorsque les créatures se conduisent mal , Dieu considère ces petits animaux, et il se dit : Si je laisse subsister ces petits êtres qui n'ont pas de but, à plus forte raison laisserai-je vivre ceux qui en ont un. Et encore, ajoute-t-il, peut-on en tirer une certaine utilité : une mouche tuée sert de contre-poison à la morsure d'une guêpe; la punaise est utile pour la sangsue, le serpent pour une espèce de lèpre; le colimaçon est bon pour la vue, et le lézard contre la morsure du scorpion.
crOn bénit la vue des éclairs, etc. 11
R. Jérémie et R. Zeira disent, au nom de R. Hisda, qu'il suffît de réciter la bénédiction une fois par jour. En effet, dit R. Yossé, il a été établi que, lorsque cette température est continue, une bénédiction par jour suffît; mais si cela se renouvelle avec interruption, il faut dire chaque fois la bénédiction , en l'honneur de la démonstration d'une telle puissance. Et R. Yossé appuie son assertion sur cet exemple : Si quelqu'un est assis dans sa boutique d'épicerie toute la journée, il ne dit, en respirant les bonnes odeurs, qu'une seule bénédiction; mais s'il rentre et sort plusieurs fois par jour, il doit la renouveler chaque fois. R. Acha et R. Hanina dirent, au nom de R. Yossé : Puisqu'il en est ainsi, si quelqu'un se trouve dans un abattoir ou dans un endroit encore plus malpropre, et qu'il ait le temps suffisant pour sortir et dire aussitôt la hénédiction , le devoir est considéré comme accompli, mais non au cas contraire. R. Jérémie éprouvait des doutes sur la question de savoir si , étant nu dans sa maison, on peut considérer la chambre comme un vêtement, et, en sortant la tête parla fenêtre, réciter la bénédiction; et si l'on peut agir de même lorsqu'on se trouve dans le même état au haut d'une tour (cela reste irrésolu).
102 TMAITK J)i:s nKIIAKIIOTII.
ffljiicllc benodiclion fait-oii pour les vonls (Toi-ajjc, vlc/h>
La n'f}lo i\o la MiseliiiA iic s'appliqno toiildois (fu'aiix vents qui se produisent roininc un oui'ajran; mais J()rs([u'ils arrivent cloucemenl, on dil seulement la formule : r-Béni soit Tauteurde la crealion.'^ 1». Josue ben-ManaFiia dit : Lors- (jiie lo veni se produit en ce monde, TEternel le brise pour ainsi dire contre les monta[fnes, le met entre les collines et lui recommande de ne pas nuire au\ hommes. Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset (Isaïe, lvii, lO) : Car le vent s^ échappe de devant moi, c'est-à-dire il s'affaiblit, comme il est dit : Lorsque mon vent m'enveloppe, etc. (Psaume cxlii, /i). Et à quoi bon tout cela? R. Houna répond, au nom de R. Acha : c'est à cause des âmes que f ai créées. — A trois époques, dit le même auteur, le vent est apparu sans mesure et a failli détruire le monde : une fois sous Jonas, une fois sous Elie et une fois sous Job. De Jonas, le texte dit : Dieu ftt passer sur la mer un vent redoutable (Jonas, i, ^) ; de Job, il est dit : Un grand vent arriva de Vautre coté du désert (Job, i, 19); enfin, au sujet d'Eiie, il est dit : Et voici que Dieu passait, accompagné d'un vent grand et fort, qui brisait les montagnes (I Rois, xix, 11). Selon R. Judan bar- Saiom, on suppose que l'orage de Job et celui de Jonas ont eu lieu à cause d'eux; mais celui d'Elie a été produit à titre de manifestation divine, puisque, après avoir parlé du passa[je de la divinité, il est question de l'orage, lequel, à son tour, a été suivi du feu céleste.
crR. Juda dit qu'on récite la bénédiction si Ion voit la mer à divers intervalles de temps. -n
Quelle doit être ieur durée? trente jours. Simon Kamatria demanda à R. Hiya bar-Ra : Moi qui suis ânier et qui vais souvent dans le cours de l'année à Jérusalem pour mon commerce, faut-il que je déchire chaque fois mes vêtements? Tu en es dispensé, répondit le rabbin, si tu y retournes de nouveau dans le même mois; mais s'il s'est écoulé un plus long espace de temps, il faut renouveler la lacération. R. Houna et le même Simon Kamatria demandèrent aussi au nom de R. Samuel bar-Nahman : Quelle est la signification du : [n) suspendu dans le nom Manassé de cette généalogie : Et Jonathan , fils de Guei^schon,fds de Manassé (Juges, xviii, 3o)? En voici le sens : S'il s'en rend digne, il sera considéré comme le fils de Moïse ^; sinon il sera le fils de Manassé. Ses compagnons demandèrent à R. Samuel bar-Nahman : Comment se fait-il cjue ce même homme, après s'être apostasie en faveur de l'idolâtrie, ait vécu longtemps? C'est que, répondit le maître, la conversion n'avait eu que
' Car le mot hébreu HUjD (Manassé), moins le :, se lit nCD, Moïse.
CHAPFTHE IX. 103
le besoin pour cause, et non la conviction. Qu'est-ce qui U) ))rouve? C'est que, lorsqu'un individu venait offrir comme sacrifice à l'idole un taureau, un hélier ou un chevreau, il l'en détournait, en disant : Cela ne te profitera pas, puisque l'idole ne voit, ni n'entend, ni ne man(>e, ni ne hoil, ne (ait ni bien ni mal et ne parle pas. Est-ce bien vrai? disait le donateur. Par (juoi lemplacerai-je alors ce sacrifice? Va, lui disait-il, et aj)porte-moi un ])ot de la plus fine farine, sur lequel tu api)reteras une dizaine d'œufs que tu me remettras, puis il le mangera avec plaisir, je te le garantis; et lorsque cet homme était parti, le converti mangeait l'offrande. Un jour pourtant, un grand personnage se présenta dans le même but, et ce converti lui tint le même langage. Mais si l'idole ne sert à rien, lui dit le nouvel arrivé, que l'ais-tu ici? C'est pour me nourrir, répondit-il, que j'y suis. Lorsque le roi David l'ut élevé au trône, il fit appeler ce Jonathan et lui dit : Comment! toi, le petit-fils d'un juste, tu adores des faux dieux? C'est répondit-il, une règle qui m'a été transmise par mon grand-père : Plutôt que d'avoir recours à la charité des hommes, on peut, au grand besoin, se faire idolâtre. C'est faux, s'écria le roi; il a seulement permis de se vendre en ce cas au service de f étranger, sans y comprendre les idoles. Et David, voyant qu'il aimait fargent, le nomma son préposé aux finances. Aussi est-il écrit [ibidem) : EtSahuel, Jils de Guerschom , fds de Moïse, devint le chef des trésors. Le nom nouveau de Sabuel indique qu'il revint à Dieu, de tout son cœur et de toutes ses forces, lorsqu'il dirigea les trésors qu'il fut chargé d'administrer. On objecta à Samuel bar-Nahinan ceci : N'est-il pas écrit (ibid.) que sa famille resta relapse jusqu'à la captivité de Babylone? Comment admettre alors que ce prêtre soit retourné au judaïsme sous David? C'est qu'à la mort de David, répondit-il, Salomon renouvela tous les gens du service royal, de sorte que le préposé aux finances retourna à l'adoration des faux dieux; c'est pourquoi il est dit t Un vieux propJtète habite Bethel (1 Piois, xiii, ii), ce qui s'applique à lui.
Quand on voit le soleil au complet (à l'équinoxe du mois de Nissan, au commencement du cycle solaire de vingt-huit ans) et la pleine lune (lorsqu'elle arrive, au commencement du mois, dans le signe du Zodiaque dit le bélier) et le firmament dans toute sa pureté, après plusieurs jours nuageux, on dit la formule : rrBéni soit fauteur de la création. 7? Selon R. Yona, cette dernière prescription ne s'applique toutefois qu'à f hiver, lorsqu'il n'y a pas eu de ciel serein pendant trois jours de suite; c'est à cela que le verset fait allusion en disant . Et maintenant Von ne voit plus de clarté, etc. (Job, xxxvii, 21). Loisqu'on voit la nouvelle lune, on dit : ce Béni soit celui qui renouvelle les mois.w Jusqu'à quelle époque du mois' peut-on In dire? Jusqu'au moment, répond R. Jacob bar-Acha.
' l)<-ibl(, Iv. Sipitiédrin , fol. '^^\
ir/i TirVITK J)KS lîKnAKMOTIl.
nil nom (le \\. \()ss(*, où clin ])arai'l, aussi ^p'aiidc; (jiic la iMoiti*» dc la inaiii: soloii \{. Aclia (*l R. Ilanina, c'est jusqu'au moment où le creux du noissaul se remplit, ou jusqu'au septième jour; les rabbins de Césarée le déterminent par un ([uantième, le (juatorze du mois. R. Yossé bar-l». Roun dit qu'elle continuer à se compléter, pour devenir un cercle parlait, jus(|u'au quatorze. On doit donc dire la bénédiction dans l'^amida pendant toute cette période. R. Yossé bar-Neliaraïa disait comme formule : rrRéni soit celui qui sanctifie Israël et les néoménies;w ce que disait aussi R. Hiya bar-Asché. Selon Samuel, il faut aussi ajouter la formule : r Reporte sur nous ta bénédiction, -n comme pour un jour de fête. Rab dit qu'il faut y mentionner l'objet de la solennité. R. Oscbia fonde et justifie ces additions sur ce verset (Genèse, i, i/i) : Ils servirent de signe pour détermitier les fêtes, les jours et les ans (l'avant-dernier terme se rapporte aux néomënies que, par apposition, on compare aux autres solennités et qui exigent les mêmes formules additionnelles). Lorsqu'on passe par un cime-
tière, on dit les mots : rrSois loué. Eternel, toi qui ressuscites les morts. 75 R. Hiya prescrit, au nom de R. Yochanan, la formule suivante : ffSoit loué celui qui est fidèle à son alliance et ressuscite les morts, w Le même auteur disait encore cette formule : rr Celui qui connaît votre nombre découvrira la poussière de vos yeux et vous éveillera; sois loué. Eternel, toi qui ressuscites les morts. 75 ii. Eliézer disait ceci au nom de R. Hanina : rrRéni soit celui qui vous a foimés avec justice, qui vous a entretenus équitablement, vous a enlevés de même et vous ressuscitera un jour pareillement; celui qui connaît votre nombre découvrira la poussière de vos yeux; sois loué. Eternel; toi qui ressuscites les morts. •« Cela ne se dit toutefois que des morts d'Israël; mais des morts d'autres nations on dit ce verset : Yotre mere a honte; elle rougit de vous avoir enfantés (Jérémie ,1,12).
Lorsqu'on voit l'arc-en-ciel , on dit : Soit loué celui qui se souvient de son alliance (de ne plus faire de déluge). Selon R. Hiya, au nom de R. Yochanan, on dit: f^Réni soit celui qui est fidèle à son alliance et s'en souvient.^ R. Hizkia dit au nom de R. Jérémie que, pendant toute la vie de R. Simon ben-Yochaï^ on n'a pas vu d'arc-en-ciel (à cause de ses vertus qui, seules, eussent préservé le monde d'un nouveau déluge). Le même auteur raconte que le pouvoir surnaturel de ce pieux rabbin était tel que, s'il ex:primait le désir de voir une vallée se remplir de pièces d'or, cela avait lieu. Cet auteur racontait, en outre, qu'il avait entendu dire à ce rabbin qu'il y aurait très-peu de personnes admises à jouir de la vie future : s'il y en a trois, disait-il, moi el mon fils nous serons parmi eux 2; et s'il n'y en a que deux, ce sera moi et mon fils.
' Sclwmoth-rabba , section xxti ; Mi- ^ C'est une de ces expressions exagé-
drascli siii- le ]>saume xc:\ii. rées mise par la postérité dans la bouche
CHAIMTUE IX. Hif)
Enfin, d'après cet auteur, ce rabJjin aurait dit: Qu'Abraham intercède? auprès de Dieu pour obtenir le pardon de loutes les j|ënérations depuis son temps jusqu'au mien, et moi j'obtiendrai autant depuis mon époque jusqu'à i'extinction de toutes les [générations; si Abraham s'y refuse, ([ue l'on m'adjoijrne Achia le Soulanite, et à nous deux nous obtiendrons le pardon de ton le la terre, depuis le patriarche jusqu'à la fin des ans.
ffPour les pluies et les bonnes nouvelles on dit la Ijénédiclion. ^^
Pourquoi compare-t-on , à ce point de vue, les bonnes nouvelles aux pluies? R. Beraclîia répond, au nom de R. Levi : C'est qu'il est dit : Lhie bonne nouvelle d'un pays lointain est aussi agréable que F eau fraîche à une âme fatiguée (Proverbes, XXV, 26). Combien de pluie doit-il tomber^ pour qu'on lécite la bénédiction? R. Hiya répond, au nom de R. Yochanan, qu'il en faut pour commencer, lorsque la terre est encore sèche, environ un quart de mesure (ce qu'on déterminera plus loin), et pour finir, il faut qu'il y en ait de quoi mouiller les briques. R. Yanaï bar-R. Ismaël, au nom de R. Simon ben-Lakisch, indique la même mesure pour commencer; et pour finir, il suffit que les tonneaux d'argile, plus malléables, soient trempés. Mais se peut-il que des tonneaux soient trempés? Ne sont-ils pas à l'abri dans les caves? En effet, on suppose seulement qu'ils sont trempés (sans qu'ils le soient en réalité). Selon R. Yossé, au nom de R. Zeira, cette mesure a été donnée pour qu'en ce cas on interrompe le jeûne ordonné pour le manque d'eau. R. Hizkia, R. Nahoum et R. Ada bar-Abime se trouvant ensemble, R. Nahoum dit à R. Ada bar-Abime : Ne vous sehible-t-il pas que cette mesure a été donnée pour la bénédiction? — Certes, répondit-il. Au contraire, dit R. Hizkia à R. Ada, ne parait-elle pas indiquée pour préciser l'interruption du jeûne? — Il répondit : Oui. — Alors, lui dit-il, pourquoi réponds-tu aussi affirmativement à la question de R. Nahoum? Je l'ai approuvé , répondit-il, dans la version de son maître, dont c'est l'avis; mais, pour moi, j'accepte ton explication. Cependant, dit R. Mena à R. Hiskia, quel est son maître? R. Zeira. Or, d'après celui-ci, il s'agit de préciser l'interruption du jeûne.
R. Juda bar-Ezécbiel raconte c[ue son père disait ces mots pour obtenir la descente des pluies : rr Que ton nom soit élevé, sanctifié, béni et exalté, 0 notre roi, pour chaque goutte que tu fais descendre en notre faveur et que tu disjoins l'une de l'autre, pour qu'elles ne diminuent pas de quantité, comme il est dit : Cest une diminution de valeur (Lévitique, xxvii, 18). R. Judan ajoule
des docteurs, incapables d'un tel orgueil. Voir Babli, tr. Soucca, fol. /i5', où ce passage est adouci. — ■ ' Wmw série, \\\ Tnaiiilli , cli. i, S o.
Kii; THAITE DES HEUAKKOTII.
(ju il les l'ail encore descendre avec mesure, comme il dil : Tu apprêtes Ceati avec mesure (Job, \xv, ii^)). H. Yosse bar-R. Jacob allait visiter un malade, et ll.Judan allait voir une tour; au moment de leur arrivée, une forte pluie tondja et ils entendirent des centaines et des milliers de voix qui disaient: cr Nous devons rendre [jrâce à ton nom, o notre roi, pour cba(|uc {[outte que tu nous fais descendre, afin d'en favoriser des mortels qui n'en sont pas di[jnes.75 Comment sais-tu cela? demanda-t-on. CVst ainsi, répondit-on, que R. Simon bénissait la descente des pluies.
On a dit plus haut qu'il faut, pour une pluie effective, qu'il en tombe un quart. Que représente cette mesure? Un vase plein, contenant la valeur de trois paumes; c'est l'avis de R. Meir. R. Juda dit que, pour commencer, lorsque la terre est sèche, il faut que la pluie y pénètre à la profondeur d'une paume (c'est-à-dire qu'il en tombe beaucoup); à la seconde fois, lorsque la terre est déjà détrempée, il faut une profondeur de deux paumes, et à la troisième fois , trois. R. Simon ben-Eléazar dit : Il ne tombe pas une goutte d'en haut qui ne soit remplacée par deux de la terre; le verset suivant l'indique : Un abîme appelle l'autre, à la voix de tes outres (Psaume xlii , 8). R.Lévi dit encore : Les eaux d'en haut sont considérées comme mâles et celles d'en bas comme femelles. Cela semble résulter de ce verset (Isaïe, xlv, S) : La terre s'ouvrira, comme la femelle ouvre le sein au mâle; le salut fleurira par la cohabitation; et r équité poussera en même temps , par la descente des pluies; car cest moi, T Eternel, quiVaicréé, dans l'intérêt de la constitution de la terre. R. Acha a enseigné, au nom de R. Simon ben-Gamaliel, qu'on donne ce nom (de n:?"'D")) à la pluie, parce qu'elle fertilise la terre (de la racine "jyi, féconder). R. Hanina bar-Ika dit que les racines du froment sont enfoncées au sein de la terre jusqu'à trois coudées , et celles des figuiers tendres s'implantent même dans les rocs. R. Ismaël bar-R. Eléazar enseigne qu'une plante se nourrit plus ou moins selon le degré de dureté du terrain (et, par conséquent, peu en profondeur). Comment se nourrissent alors les racines du caroubier ou du sycomore (plantés trèsprofondément en terre et recevant peu d'eau)? C'est que, répond R. Hanina, une fois par mois une vapeur s'élève de l'abîme et arrose ces racines, conformément à ce verset (Isaïe, xxvii, 3) : Moi, F Eternel, je la préseiDC , je V arrose de temps en temps. Selon R. Zeira, on a enseigné ailleurs : S'il y a abondance de produits, bon marché de vivres, et qu'un seul fleuve suffise à l'entretien d'une province, on dit la formule : rrRéni soit le bon et le bienfaisant. t) Si on annonce à quelqu'un la mort de son père, il dit : crSoit loué le juge équitable ^^^
' Le texte ajoute : IDIN* ICmm DD la Préface, et que les liébraïsanls com- 3"'îûDm DIlDH ■j'n-- C'est le seul passage prendront, intraduisible dont nous avons parlé dans
CMAIMTUK IX. 1^>7
3. Si Ion a coiislruil une maison neuve, ou acquis des vases neufs, on dit : ff Soit loué celui qui nous a lait su]>sister pour cette joie. •)•)
R. IJiya bar-Ba dit qu'on l'ail cclLc boiuMlicLioii, iion-seuleiiioiil pour (i(;s vêtements neufs, mais encore pour de vieux qui sont nouveaux relativement à la personne qui les porte. R. Jacob bar-Zabdi dit, au nom de R. Hiya bar-Aba, qu'on dit cette formule de bëne'diction lorsqu'on les achète; mais si on les reçoit comme cadeau, on dit les mots : crRëni soit le bon et le bienl'aisanl^ ;7i c'est aussi l'avis de R. Ba, père de R. Baamari. En s'iiabillant, on dit la formule : rrRëni soit celui qui revêt les gens nus.^^ Si Ton construit une soucccl (tente de feuillage) pour son propre usage, on dit ceci : fcBëni soit celui qui nous a sanctifies par ses commandements et nous a ordonne défaire la souccâ ; ■■> si c'est pour d'autres, on ajoute à la fin les mots : rrde construire la soucccl en l'honneur de son saint nom.?^ Lorsqu'on y entre pour s'asseoir, on dit : rrSoit bëni celui qui nous a ordonne de fliabiter. •>•> Après qu'on a rëcitë cette formule la première nuit de la fête, on ne la rëpète plus. Par analogie, on ëtablit les règles suivantes : lorsqu'on apprête le loulab'^ pour soi, on dit . crSoit bëni celui qui nous a sanctifies par ses commandements et nous a ordonne le précepte du loulab;v lorsqu'on l'approprie pour d'autres, on ajoute les mots : rr d'apprêter le loulab en son honneur. 77 Lorsqu'on s'en sert le premier jour, on rappelle le précepte de prendre ce faisceau, en ajoutant la formule : "qui nous a fait vivre et atteindre cette solennité ;w et Ton redit la benediction qui rappelle ce précepte, chaque fois qu'on reprend le loulab. On observe le même ceremonial et l'on recite la même sërie de benedictions , lorsqu'on met en pratique le commandement de la pose àeldimezouza (inscription sur les poteaux des maisons), de la mise des tephilin (phylactères), des tsitsith (franges des vêtements), du prélèvement des oblations aux prêtres et des dimes aux Lévites.
Celui qui égorge les animaux selon le rit prescrit doit rappeler ce précepte dans une bénédiction, ainsi que celui qui couvre le sang et celui qui opère la circoncision. Le père de l'enfant dit cette formule : fcBëni soit celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordoniië de le l'aire entrer dans l'alliance d'Abraham notre patriarche, ■jî Les assistants disent : fcDe même que tu l'as fait entrer dans l'alliance, de même tu le feras entrer dans le giron de la Loi et passer sous le dais nuptial. 7^ Celui qui récite ensuite la bénédiction de la cérémonie dit : rrBéni soit celui qui a sanctifié son bien-aimé dès le sein de sa mère; qui a fixé une loi à l'égard de sa famille et a apposé sur sa postérité,
Car cela vaut encore mieux; c'est la - Lc'vitique. ch. \\\i, v. ^10.
fornuile d'une plus grande salisfnction.
ICH TRAITK DES Hl<:i{ AK IIOTII.
coinmc mi siijiic, Ui sceau do la saiiile alliance. C'est pou rfjiioi , en récompense; (le col acte, le Dieu vivant, (jui est notre partage (;t notre soutien, nous a ordonné de sauver de rabinio du néant notre chair et notre san(j bien-aiinés ; sois loué, Eternel, toi qui contractes TallianccT?
A quel moment bénit-on raccoinplissement de ces préceptes? Selon R. Yochanan, lorsqu'on va les accomplir; selon R. Houna, après Tacte. Ce dernier se conforme à l'avis de Samuel, duquel nous savons, par l'organe de R. Yossé bar-R. Roun, qu'il faut bénir chaque acte religieux au moment oii on l'accomplit \ excepté pour le son du schophar (trompette sacrée qu'on fait résonner au premier jour de Tan) et pour le bain de purification; d'après quelques opinions, les hommes excessivement pieux bénissent même k cohabitation. Il y a encore une autre bénédiction, selon R. Yonâ : celle qu'on récite, d'après certain avis, avant de retirer les phylactères du bras, et, pour ceux de la tête, avant qu'ils y soient placés. Quant à regorgement des animaux , on en récite la bénédiction, selon R. Yochanan, lorsqu'on va l'accomplir; selon Yossé bar- Nehoraï, on ne la récite qu'après, dans la crainte que regorgement n'ait pas réussi au point de vue du rit (car, en ce cas, la bénédiction serait inutile). Si l'on éprouvait cette crainte , ne devrait-on pas attendre qu'on ait examiné l'animal pour savoir s'il n'a rien de défectueux? C'est qu'on admet, en règle générale, que les intestins sont en bon état. En effet, si, après regorgement, il survient un loup qui enlève les intestins avant qu'on les ait examinés, on suppose qu'ils n'avaient rien de défectueux, et l'animal tué peut servir à la consommation. L'on n'éprouve pas nonplus la crainte qu'ils aient été troués, car, comme l'apprend R. Ra, au nom des rabbins de la Rabylonie, par R. Juda ben-Pazi, on suppose toujours que les intestins sont intacts, jusqu'à preuve contraire,
5. On bénit le malheur sans égard au bonheur qui s'enfuit, et le bonheur sans égard au malheur qui peut en provenir. Si l'on prie pour ce qui est passé, on fait une prière vaine. Par exemple, si la. femme de quelqu'un est enceinte et que son époux désire la naissance d'un garçon, c'est une prière vaine (sans but). Si l'on est en route, qu'on entende un grand bruit dans la ville et qu'on dise : fr Pourvu qu'il n'y ait pas de malheur dans ma famille , -!•> c'est une prière vaine (et tardive).
G. En passant par une forteresse, on fait deux prières : l'une en
' llabli. Ir. Pesa him, fol. 7''.