‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 50 sur 125 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

entrant, l'autre en sortant. Ben-Azaï en dit (juatre, savoir: deux en entrant et deux en sortant. On rend grâce au passé et l'on priepoui' l'avenir.

A l'école de R. lanaï on a enseijfné que rassertion de la Mischnâ relative à la femme enceinte ne s'applique qu'au cas où elle est prêle à accoucher; mais auparavant, la prière peut produire parfois l'effet désiré, selon ce verset : Voici, il est comme V argile dans la main du potier (Jérémie, xviii, /i). En effet, dit Rabbi, au nom de R. lanaï, Rachel, au lieu d'enfanter Dinâ, devait d'abord mettre au monde un garçon; et c'est grâce à sa prière que cet enfant a changé de sexe avant de naître, ainsi qu'il est dit : Ensuite, elle eut une fille, quelle appela Dina (Genèse, xxx, 22). R. Juda ben-Pazi ajoute, au nom de R. lanaï, que notre mère Rachel a été l'une des premières prophetesses, en prévoyant qu'elle aurait encore un enfant de son mari : V Eternel m'ajoutera encore un autre fds, dit-elle [ibid. ik); elle n'en demanda pas plusieurs, mais un second (qui fut Renjamin).

Si l'on est en route et que l'on entende parler de malheurs, on peut seulement dire : J'ai l'espoir ou la conviction qu'ils ne concernent pas ma famille. Hillel l'ancien appliquait à ce cas ce verset : Il ne s'effrayera pas d'une mauvaise nouvelle (Psaume cxii, 7).

cfEn passant par un village, on fait deux prières : l'une en entrant,!' autre en sortant, n

Que dit-on en entrant? Qu'il te plaise. Eternel mon Dieu et Dieu de nos ancêtres, de me faire entrer en paix dans cette localité. En sortant, on dit : Je te rends grâce, seigneur mon Dieu, de m'avoir fait sortir. Selon Ben- Azaï, on en dit quatre, ainsi composées : avant d'entrer, on demande la faveur d'y arriver en paix; lorsqu'on est entré, on en remercie l'Eternel. De même, pour la sortie, on demande à Dieu la grâce d'en sortir en paix, et on l'en remercie ensuite, en ajoutant le vœu d'arriver sans encombre chez soi ou dans telle autre localité. Toutefois, cette série de bénédictions ne doit se dire que lorsqu'on voyage parmi les païens (souvent hostiles), mais non sur une terre habitée par Israël. Si c'est un endroit où la justice accomplit des exécutions capitales (où il pourrait y avoir, en cas de confusion, danger de vie), il faut réciter ces bénédictions. De même, on dit une prière en entrant et une autre en sortant, lorsqu'on va à la garde-robe (et où vous quittent momentanément les anges accompagnateurs de l'homme). En entrant, on dit (pour les congédier) : rr Salut à vous, serviteurs honorés du Très-Saint, et

170 TIIAITK Di:s HKH AkllOTII.

\)vi\w soil la ijloirc do 1 i'^lt'riKîl.ri Oi- il csl (J'usa{[(;, on co cas, de diic aux piMsonnos (jui vous acconij)a{fiicnl d(i marclicr iiii pou ou avanl. En sortant, on dil c(;tto lornuilc dc bdnodiction : ffSoit louoccdui quia croo I'liommoavoo sa{fOsse, etc. 7? Kn j)ronant un hain logal, on dit aussi doux bonodictions; on outrant, on dit : ce Qu'il te plaise, Eternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, d'ocaiter de moi tout danjjer, celui du feu, de la brûlure |)ar les eaux bouillantes, ou do la ruine du bain; qu'il ne m'arrive pas de malbour, et, si cela devait arriver, que ma mort serve d'expiation à mes péchés et me sauve de la condamnation future au ciel.w En sortant, on dit : rrJo te ronds [jràce. Eternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, de ce que tu m'as sauvé du feu.w R. Abaliou dit que cet avis no s'applique qu'au bain chauffé d'en bas (où il y a danger d'incendie), mais non pour un bain ordinaire, qui n'entraîne que le danger de la brûlure. R. Helkia et R. Simon disent, au nom de R. Josué ben- Levi, que, pour la prière du bain, il est inutile de se tenir debout (on la dit en y allant).

7. Oïl est obligé de bénir le malheur comme le bonheur, car il est dit : Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes facultés (Deutér. vi, 5); de tout ton cœur signifie : de tes deux instincts, le bon et le mauvais; de toute ton âme : si même on te l'arrache; et de toutes tes facultés veut dire : par toute ta fortune. Selon d'autres, ces mots signifient : Selon la mesure que Dieu t'accorde (bonne ou mauvaise) , rends-lui grâce de plus en plus^

R. Rerachia on fonde la raison, au nom de R. Levi, sur ce verset : Tu es toujours élevé, 6 Eternel (Psaume xcii, 9), c'est-à-dire: ta main est toujours élevée. Dans l'usage habituel, lorsqu'un roi est assis pour juger les diverses causes, s'il prononce un arrêt de clémence, tout le monde le loue; et s'il décrète une condamnation à mort, tout le monde le célèbre encore; et pourquoi

cela? parce qu'il a exercé la pratique de la justice ; tandis qu'à l'égard de l'Etornel il n'en est pas ainsi : loi. Seigneur, tu es éternellement sublime. R, Houna rappelle, au nom de R. Acha, le verset suivant : Chant de David, je veux chanter ta grâce et ton équité; je veux te célébrer, 6 Eternel (Psaume ci, 1). C'est que David disait à l'Eternel : Si tu me juges favorablement, je te chanterai; si tu me juges sévèrement, je te chanterai encore; quelle que soit ta décision, je veux te célébrer. C'est ainsi, dit R. Tanhouma ben-Juda, que s'explique ce verset (Psaume lvi, 5) : Je louerai Dieu à cause de sa promesse , ou, selon d'autres ver-

' C'est un jeu de mots outre mcod (beaucoup) et midda (mesure).

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