‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 51 sur 125 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

sions, Je louerai rEtcrnel, etc.; cette diveq|ence de termes^ s'explique, et elle a pour but d'indiquer qu'il le louera autant pour les ju^^ernents l'avorables que pour les sévères. Les rabbins citent aussi à l'appui de celte thèse le verset : Je porte en main la coupe du salut, et f invoque le nom de V Eternel; si je rencontre le malheur et Vajjliction, j'invoque le nom de ^ Eternel [Vsanme cxvi, 3-4 et i4), c'est-à-dire: dans l'un et l'autre cas, je l'invoque. C'est aussi, selon R. Judan ben-Pilàh,

ce qu'a dit Job (i, 91) : U Eternel me Va donné, V Eternel me Va repris; que le nom de VEternel soit béni. Lorsqu'il me l'a donne, comme lorsqu'il me l'a repris, c'était une faveur; en outre, lorsqu'il me l'a donné, il n'a consulté personne; mais, lorsqu'il me l'a repris, il a consulté le tribunal d'en haut. R. Eliézer dit que, partout où il est écrit : Et VEternel, cela indique que Dieu a été assisté du tribunal céleste; et on peut chaque fois le prouver. Ainsi, il est dit : Mais VEternel a prononcé du mal contre toi (P'" livre des Rois, xxii, 28). Agis donc envers lui soit par crainte, soit par respect^, car si tu éprouvais de la haine contre lui, souviens-toi que tu dois l'aimer, et un ami ne doit pas haïr; ou bien, agis par respect, car si tu venais à te révolter, tu te souviendras que tu dois le craindre, et celui qui éprouve la crainte ne se révolte pas. Il y a sept Pharisiens : 1° celui qui accepte la loi comme un fardeau; 2** celui qui agit par intérêt; 3" celui qui se frappe la tête contre le mur pour éviter la vue d'une femme; k° celui qui agit par ostentation ; 0° celui qui vous prie de lui indiquer une bonne action à accomplir, ou G'' celui qui agit par crainte, et 7° par amour. En voici l'explication plus détaillée : le premier ressemble à quelqu'un qui chargerait les commandements divins sur ses épaules, pour les transporter; le deuxième, à celui qui dirait : prêtez-moi de l'argent pour que j'accomplisse ce précepte ; le troisième se dit : je vais accomplir un devoir religieux, puis me permettre une transgression légale, et les contrebalancer l'un par l'autre ; le quatrième semble dire : je me rends compte de tout ce que j'ai et c'est par bonne volonté que j'obéis à la religion; le cinquième, qui a conscience de ses devoirs , tâche d'effacer ses péchés par sa bonne conduite ; le sixième agit par crainte , comme Job ; le septième par amour, comme Abraham , et ce dernier degré est le meilleur de tous. C'était celui de notre patriarche Abraham qui, parla foi, a changé son mauvais penchant en un bon, ainsi qu'il est dit : Tu as trouvé son cœur fidèle devant toi (Néhémie, ix, 8) , c'est-à-dire les deux penchants. Aussi, dit R. Acha, le patriarche a fait avec le mauvais instinct une sorte de pacte, pour ne plus pécher, car il est dit (peu après) : Il conclut avec lui une alliance (et l'on suppose, contrairement au sens habituel, que le pronom lui se rapporte , non à Dieu , mais au mauvais penchant). Comme

' Le terme D^I^N représente l'équité ^ BabU, Ir. Sota, fol. ^û^.

sévère, et ^> lu miséricorde.

17J THMTi: DES HKJl A KKOTII.

David na pas pu soulcnir ia lutl(3 avec; lui, il Ta lui*, ainsi quil lo dil (l^saumo cix, îîa) : Mon cœur est mort dans mon sein.

\\. Akiha était sur le point de sul)ir lo dernier supplice devant l'impie Turiius llul'us, lorsque l'instant de lire le schema! arriva. Il commença à faire cotte récitation et en devint tout joyeux, fc Vieillard, vieillard, s'écria le proconsul, es-tu un sorcier (pour que les tortures ne le fassent pas souffrir), ou me nargues-tu au milieu des douleurs on montrant de la joie? Calme-toi, répondit Akiba, je ne suis ni sorcier ni railleur; mais toute ma vie, j'ai lu ce verset du Pentateuque, et j'éprouvais toujours le chagrin do me dire : Quand réaliserai-je les trois manières d'adorer Dieu, indiquées dans cotte profession do foi? Tu aimeras V Eternel ton Dieu, y est-il dit, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toutes tes facultés. J'ai prouvé que je l'aime de tout mon cœur et par tous les moyens, mais je n'avais pas encore subi l'épreuve de l'amour par toute mon âme comme je la subis on ce moment, et c'est l'instant de faire cette lecture ; je suis heureux que cotte circonstance de démontrer ma foi se présente maintenant, et j'ai manifesté ma joie, w En achevant ces mots, il rendit

11 A ame.

Nehomi Emsouni a servi R. Akiba vingt-deux ans^ et appris chez lui l'interprétation des moindres particules de la Bible (i^ DK p"i 0:1). H lui expliqua, par exemple, lo verset : Tu craindras V Eternel ton Dieu (Deutéronome, vi, i3), oii la particule nK indique qu'il faut non moins respecter la Loi.

8. En vue de la porte orientale qui fait face au sanctuaire le plus reculé du Temple, il faut se tenir décemment, parce qu'elle est tournée vers le Saint des Saints. L'on ne montera sur la montagne du Temple, ni avec une canne, ni avec ses souliers, ni avec sa bourse ou ceinture, ni avec la poussière sur les pieds ; on n'y passera pas- comme par un passage (pour abréger la route), et à plus forte raison est-il interdit d'y cracher.

On a enseigné que, lorsqu'on remplit de petits besoins, on se tourne vers le nord, et, pour les grands, vers le sud. R. Yossé bar-R. Boun dit que cotte règle no s'applique qu'à un certain espace do Jérusalem (par respect pour le sanctuaire); à partir du sophini (point d'observation du Temple), R. Akiba dit qu'elle s'applique partout et spécialement aux endroits qui no sont pas entourés de murailles. On a appris de mémo qu'il ne faut pas, pour les grands

* Babli, tr. Pesa'him, fol. 9.^^. — " 1' y ♦'' ^1^»^ ^c texte le terme latin compendiaria , passage obi^égé.

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besoins, presenter la lace à l'orienl et s(? tourner contre Toccident, niais se tenir de côte. Selon R. Juda, cet avis doit être execute' seulement en vue du Temple; selon R. Yossé, cest seulement à j)artir du sophim^; selon R. Akiba, il s'applique partout et spécialement aux endroits qui n'ont pas de mur. R. Akiba dit : J'ai suivi R. Josuë pour voii* comment il s'y prenait dans ce cas, et j'ai remarqué qu'il était assis ayant un côté tourné vers l'occident (c'est-à-dire entre le nord et le sud); il ne s'est découvert qu'en étant assis, et il ne s'est assis qu'après avoir creusé un trou^; enfin il s'est essuyé, non avec la main droite, mais avec la gauche. Simon ben-Azaï a également constaté qu'en suivant R. Akiba il a l'ait les mêmes remarques.

On a enseigné dans une boraitha qu'il ne faut monter sur la montagne du Temple, ni avec des souliers, ni avec la poussière sur les pieds, ni avec de l'argent enveloppé dans une étoffe, ni avec sa ceinture^. Pourquoi? en vertu de ce verset : Garde tes pieds quand tu vas dans la maison du Seigneur (Ecclésiaste, iv, 17). R. Yossé bar-R. Juda dit que c'est en vertu de ce verset (Esther, IV, 2 ) : car Von ne peut se présenter à la porte du roi dans un vêtement de sac; or, s'il en est ainsi pour un mortel , à plus forte raison doit-on bien se comporter devant le Seigneur. On ne doit pas non plus en faire un lieu de passage ni à plus forte raison y cracher; car, si c'est un manque de respect d'y passer sans but religieux, il est évident qu'on ne doit y faire aucun signe de mépris.

9. Toutes les bénédictions dites lors de l'existence du Temple se terminaient par les mots (béni soit Dieu) dans le monde (éternellement). Lorsque les minim ^ sont venus dire par erreur qu'il n'existe que ce bas monde, on a décidé qu'on dirait : d'un monde à ï autre (pour affirmer l'immortalité de l'âme). On a établi aussi l'usage de saluer son prochain au nom de Dieu. Il est dit en effet (Ruth, n, 4) : Comme Booz arrivait de Bethlehem, il dit aux moissonneitrs : Dieu soit avec vous! Ils lui répondirent : Dieu te bénisse l II est dit encore (Juges, VI, 12) : Qite Dieu soit avec toi, héros fort. Puis (Proverbes, xxui, 29): Ne méprise pas ta mère de ce qu'elle est vieille. Et il dit (Ps. cxix , 1 1 6) :

' Observatoire sur Jérusalem. Voir de ' Tossephlâ sur notre traité, section 7.

Saulcy, Voyage en Terre-Sainte, t. lï, '* Ces mmm (hérétiques) peuvent être

p. i5o et suiv. aussi bien les Sadducéens que les Phari-

^ Voir Deutéronome. chap. xxni. v, siens, selon Geiger et Schorr, cités par

1^. -M. Derenbourg. Essai, etc. p. i3i.

17A THAITi: DES REH AKUOTII.

Loi'squilcst lenips (Vofiir en faveur de Dieu, déchirez vos lois. \\, Natlian explique ainsi ce verset : Parfois, on dérange la Loi, ou son élude (par exemple en saluant le voisin, etc.), mais c'est encore une o'uvre agréable à Dieu.

On a onsoi{|no (\uo dans le Temple, au lien de répondre amen, on disait : HcMii soit à jamais le nom de son rqj^ne (jlorieux. Comment sait-on que Ton ne re'pondait pas amen au Temple? Parce qu'il est dit (Néhémie, ix, i5) : Levez-vous et bénissez T Eternel votre Dieu, etc. Et d'oii sait-on qu'on répondait cette formule après chaque bénédiction? Parce qu'il est dit : // est élevé audessus de toute bénédiction et de toute louange (ibid). R. ,ïosué Deromia dit : Il v a trois objets décrétés par les tribunaux humains et qui sont confirmés par le tribunal d'en haut; ce sont : la ruine de Jéricho, l'histoire d'Esther, et le devoir de saluer son voisin par le nom. Pour la ruine de Jéricho, il est dit (Josué, VII, 90 ) : Israël a péché, etc. Or, Josué n'a rien décrété; cela prouve que le tribunal d'en haut l'a approuvé. Dans fhistoire d'Esther, on lit que les Juifs ont accompli la fête et Vont transmise par tradition (Esther, ix, 27). Rab dit que l'acceptation a été exprimée au singulier, c'est-à-dire par le tribunal céleste seul. Gomme preuve du salut au nom de Dieu, on lit ceci : Booz, en arrivant de Bethlehem, dit aux moissonneurs : Que Dieu soit avec vous; et ce qui prouve que le tribunal d'en haut l'a confirmé, c'est qu'il est dit ailleurs (de Gédéon,

Juges, VI, 12) : Un ange de V Eternel lui apparut et lui dit : Que Dieu soit avec toi, héros de V armée. R. Aboun dit, au nom de R. Josué ben-Lévi, qu'il en est de même des dîmes, puisqu'il est écrit (Maiaklii, 11, 10) : Apportez toutes les dîmes, etc. juscpia satiété; or, dit R. Yossé bar- Simon bar-Ra, au nom de R. Yochanan, un objet dont on ne peut pas dire qu'il y en ait de trop (^1) est le produit de la bénédiction céleste ^ R. Rerachia, R. Helbo et R. Aba bar- Tlaï disent, au nom de Rab : Vos bénédictions seront tellement nombreuses qu'on se fatiguera d'en rendre grâce.

Il est dit : Ne méprise pas ta mere si elle est vieille (Proverbes, xxiii, 22). Cela signifie, selon R. Yossé bar-R. Roun, que, si fexplication des préceptes mosaïques te semble vieillie, il ne faut pas pour cela les mépriser, en vertu de ce verset. R. Zeira fexplique ainsi : Si ta mère est affaiblie, lève-toi pour la soutenir. C'est ainsi qu'Elkana poussait Israël à se rendre au Temple pendant les trois grandes fêtes, comme il est dit : Cet homme monta chaque année de sa ville, etc. (I Samuel, i, 3).

Il est dit aussi : Lorsque c'est le moment d'agir pour V Eternel, déchirez même votre Loi (Psaume cxix, 126). R. Nathan retournait ce verset pour l'expliquer :

' Mêmf» sério, tr. Taanith , cli. m, ^ 9.

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