CHAPITRE NI. :M
pour écouter les paroles des sa^jes, car s'ils ont pe'clié ils expient leur laiilc <'l la regrettent; mais n mite pas les sots, ([ui après le pèche offrent un sacrifice, sans manifester le repentir, car ils ne savent pas faire le mal. Est-ce 5\ dire (pic ce sont des justes?, Non, cerles; mais les sots ne savent pas ce quils lonl, el , dit l'Eternel, sans savoir distinguer le bien et le mal, ils m'olï'renl des sacrilices. U. Asclie ou bien li. Hanina bar-Papa dit : Retiens tes besoins pendant c|ue tu es en prière devant le Seigneur.
Les rabbins ont enseigné' que, avant d'entrer aux cabinets, on retire ses phylactères à la distance de quatre coudées. Toutefois, dit R. Acha bar-R. Houna, au nom deR. Schescheth, cet avis ne s'appli(|ue qu'à un endroit qui est déterminé pour ce but; mais si c'est un endroit accidentel, on retire les phylactères au moment d'entrer, mais on ne les remet ensuite qu'à quatre coudées de distance. Peut-on entrer avec les phylactères dans un cabinet fixe, pour lâcher de l'eau? Rabina le permet; R. Ada bar-Matna le défend. On demanda à Raba de décider entre ces deux avis; c'est défendu, dit-il, dans la crainte ne cxcrementum aut ventum emittat. On a enseigné d'autre part que, si l'on entre dans des cabinets fixes, on retire les phylactères à la distance de quatre coudées, on les suspend à la fenêtre qui donne sur la rue, puis on entre; en sortant on ne les remet qu'à la distance de quatre coudées. Tel est l'avis de Schammaï; selon Hillel, on entre en les gardant à la main. Selon R. Akiba, on les enveloppe dans ses vêtements. N'y a-t-il pas à craindre ainsi qu'ils ne tombent ? Donc il faut les tenir à la main ainsi enveloppés, puis les placer dans des trous à proximité des cabinets, mais ne donnant pas sur la rue, de crainte que les passants ne les prennent et ne donnent lieu à de faux soupçons ; car il arriva ceci à un étudiant : ayant laissé ses phylactères dans des trous situés sur la rue, une femme de mauvaise vie vint les prendre et les apporter à la salle d'étude, en disant que cet étudiant les lui avait donnés pour récompense (de son libertinage). Le jeune homme, en entendant ces mots, monta sur le toit et se jeta en bas par désespoir. Dès ce moment, on établit comme règle qu'on entrerait en les gardant à la main et enveloppés. H y a encore une autre cause : en principe , on déposait les phylactères dans des trous proches des cabinets , mais comme des souris vinrent les emporter, on décida de les suspendre aux fenêtres donnant sur la rue; mais comme les passants les enlevaient de là, on permit d'y entrer en les tenant à la main. R. Miascha, fils de R. Josué ben-Lévi, dit qu'il est établi comme règle qu'on les roule comme un volume pour les tenir à la main droite contre son cœur. Toutefois, dit R. Joseph bar-AIaniomé, au nom de l\. Nahman, il ne faut pas que la courroie dépasse la main de la longueur d'un palme, el encore, ajoute R. Jacob bar-Acha au nom de R. Zeira,
' Tv. Scimhha/I, . M. B9/\
TMAITK DKS HKh A k H OTII
laiil-il ((nil i<'sl(' ('iisnilc im inlervallc (\v. loDips Jc jour pour les i-('\<''li:*; mais au cas contiain;, on les place? dans uik; (;spcce (l(; sac. L(^ joni-. dil Haha bar l)ai-llana, on los mul(; comme nn volume e( on l(;s li(Mit à sa droih; en lace de son cnnir; la nuil, on les met dans nn sac de la contenance d'un palme (consliluanl une separation). Celle contenance n'esl exi^fible, dit Abayé, que si ce sac doit constituer un objet visible; mais sans cela il j)eut être plus petit.^Mar Zoutra] ou R. Asclie disent qu'il est prouvé par ce l'ait que les plus petits vases l'ermés sont préservés de Timpureté dans la cliambre d'un mort. Uabba J)ar bai-Hana dit : Lorsque nous suivions R. Yochanan et qu'il lui fallait entrer au cabinet, s'il portait un livre d'exégèse, il nous le donnait à garder; mais il ne nous remetlail pas ses pbylactères, puisque, disait-il, les rabbins ont permis de les garder. Et llaba racontait exactement la même chose à l'égard de R. Nahman.
Les rabbins ont enseigné : On ne doit pas se mettre à prier en ayant les phylactères à la main ou les rouleaux de la Loi sous le bras (la pensée est alors préoccupée de la crainte qu'ils ne tombent); on ne doit pas non plus (avec eux) lâcher de l'eau, ni dormir \ soit toute ia nuit, soit quelques instants. R en est de môme, dit Sanmel, si l'on a en main un couteau, ou de l'argent ou un vase, ou du pain (qui causent aussi diverses craintes et détournent l'attention). Cet enseignement (au sujet des phylactères), dit Raba au nom de R. Schescheth, n'est pas admis comme règle, car il est conforme à Scliammaï (qui défend d'y entrer avec les phylactères) , puisque Hillel, au contraire, permet même d'entrer avec eux dans des cabinets fixes. On objecta ceci : il est certaines choses permises d'une part et défendues de l'autre; ne s'agit-il pas là des phylactères? Or, si l'on attribue cet enseignement à Hillel, on s'explique que, d'ordinaire, il en permette l'entrée dans des cabinets fixes et qu'ici il l'interdise dans un cabinet provisoire (pour lâcher de l'eau) ; mais comment est-ce possible, d'après Schammaï, qui ne permet ni l'un ni l'autre? Ledit enseignement (fut-il répondu) ne traite pas la question des phylactères, mais celle d'un palme ou de deux, comme suit : d'une part on dit qu'en satisfaisant un besoin on découvre un palme derrière et deux devant (pour ne pas se mouiller) ; selon d'autres, seulement un palme derrière et rien devant. Ne s'agit-il pas de part et d'autre de l'homme (dont il serait dit qu'on lui permet tantôt ce qu'on lui défend tantôt)? Non, et il n'y a pourtant pas de contradiction entre ces deux avis : la première fois il s'agit de grands besoins (pour lesquels on découvre aussi deux palmes par-devant) ; la seconde fois de petits Mais en ce dernier cas, pourquoi se découvrir postrcmo? Kn effet, il s'agit en tous cas de grands, mais le second avis se rapporte seulement aux femmes
Fr. Somcd, loi. Ai
ciiAPiTin: m. :m:>
(dont il es! dit (|u On pcrniol tantôt ce qu'on détend paiïois). S'il en est ainsi, comment se l"ait-il (jn'il soil dit comme seconde proposition de cet enseignement: c'est une déduction par a fortiori^, conlrc; laquelle il n'y a l'ien à répliquer? Ouelle déduction y a-l-il à en liier, s'il s'a|>it de la distinction d'un ou de deux palmes? JN'est-ce pas l'usage des l'emmes ( de ne pas se découvrir devant) ? Il s'agil donc là des ])liylactèi'es , et l'objection Caite par Raba , au nom d(; \\. Scliesclietli , subsiste. Il reste cependant une contradiction (selon llillel) : s'il permet l'entrée dans des cabinets déterminés dans ce but, pourquoi la délénd-il dans un endroit provisoire (c'est-à-dire pour iâcber de i'eau)? C'est qu'en ce dernier cas on est mouillé par les gouttes. S'il en est ainsi, comment dire qu'il n'y a pas (robjecliou à présenter, puisqu'on vient d'en poser une? C'est qu'il s'agit d'une raison spéciale et non d'un raisonnement a fortiori; car selon ce mode de déduction, il n'y aurait rien à répliquer.
Les rabbins ont enseigné^ : Avant de se mettre à table d'un grand festin, on doit (pour ne pas se déranger pendant le repas) marcber dix l'ois quatre coudées ou quatre lois dix coudées, afin d'effectuer ses besoins, puis entrer. IL Isaac ajoute qu'on doit aussi, avant d'entrer, retirer les pbylactères (pour ne pas les profaner si l'on devenait ivre). Cet avis est contraire à celui de l{. Hiya, qui dit qu'on les met sur la table; car il est plus commode de les avoir sous la main. Jusqu'à quel moment les laisse-t-on là? Jusqu'à la bénédiction, dit R. Nabman bar-Isaac. Il est dit, d'une part, qu'on les enveloppe avec son argent dans son turban, et, d'aulre part, qu'on ne les enveloppe pas. Comment accorder ces avis ? La distinction dépend de la destination qu'on avait donnée à cetle pocbe, car R. Hisda dit^ : Si l'on a disposé un sac de tephilin à les recevoir et qu'on les y ait mis, on ne peut pas y serrer de l'argent; ce n'est permis que si la destination n'a pas été suivie du fait de la pose, ou si la pose a eu lieu sans destination antérieure. D'après Abayé, comme la destination est un fait essentiel, c'est d'elle que dépend la défense ou la permission d'y serrer de l'argent.
R. Josepli, fils de R. Neclionia, demanda à R. Juda si l'on peut (dans le lit) placer les pbylactères sous la tête; il vo sans dire que ce serait un acte de mépris de les mettre au pied du lit; mais est-ce permis à la tête? Oui, répondit-il au nom de Samuel, et y eût-il sa femme près de lui. Mais n'a-t-on pas enseigné ailleurs (]ue si la femme est présente c'est interdit, et qu'il est seulement permis de les placer sur un endroit plus élevé ou plus bas de trois palmes? Cette objection subsiste. Malgré celte objection, dit Raba, l'avis de Samuel sert de règle. Pourquoi? C'est qu'il importe avant tout de bien les garder. Où F. tjV
' Ti-. Baha Metsia, fol. 90". "' Tr. Si/nhédrin , fol. A 8".
' Ti.SchMnih, foi. 8o\
:m() tuajtk des jjehakiiotii.
les j>la('(;-(-()ii? Kiilro TonMllcr (;l la [)i('(H' dc lih.'i'ic, dil W. .l('i(Miii(,», pourvu (|uc CO no soil pas inimodialeineiil sous la lolo. Mais I». Iliya n'a-l-il pas c'iisoi{frio cju'on les met dans leur sac spécial sous la teto? Oui, si Ton a soiii de lirer au (Udiors celle partie du sac. Har-Kaj)para les enveloppait dans le rideau du lit et tournait cette partie vers l'extérieur. 11. Scliischi, fils de R. Idi, les plaçait sur un l'auteuil et étendait une toile par-dessus. U. Hamnona, fds de R. Josepli , dit : Je nie suis trouvé un jour en présence de Raba, qui nVa dit de lui apporter les phylactères; je les ai trouvés entre l'oreiller et la literie, non audessous de la tète, et j'ai su ainsi que c'était le jour du bain de sa femme; il n'a fait cela que pour iiio montrer, par cet exemple, la rè|rle à suivre on ce cas.
R. Joseph, his de R. Nechonia, demanda à R. Juda : Si deux personnes couchent dans le même lit, ne doivent-elles pas se tourner chacune de leur côté pour lire le schema ? Oui, dit Samuel, il faut agir ainsi, y eût-il l'homme et la femme ensemble (car étant vis-à-vis, il pourrait être préoccupé). Mais, demanda R. Joseph, s'il suffît d'agir ainsi à l'égard de sa femme, n'est-ce pas à plus forte raison pour tout autre? Au contraire, répondit-on, la présence de sa femme (qui est habituelle) ne préoccupe pas^ On objecta alors ceci : d'une part on vient d'enseigner que si deux hommes sont couchés dans le même lit, il leur suffît de se retourner chacun d'un coté, et d'autre part on dit que si, en étant couché, on a à côté de soi ses enfants et sa famille, on ne doit pas lire le schema', à moins qu'un drap ne les sépare de soi , ou que ce ne soient seulement de petits enfants. Or, d'après R. Joseph (qui le permet plutôt devant la femme) , il n'y a pas contradiction , car dans le premier cas il s'agit de la présence de sa femme, et dans le second, d'un étranger; mais comment l'expliquer selon Samuel ? Toi aussi, répliqua Samuel à R. Joseph, tu exprimes cet avis, comme il est dit : En étant couché dans le même lit que sa famille et ses enfants, l'homme ne peut lire le schema', à moins qu'un drap ne les sépare de lui. Il faut donc dire c[ue, même selon R. Joseph, la question de la présence de la femme est en discussion ; elle l'est aussi selon moi.
On vient de dire que chacun se retourne d'un côté pour lire le schema', quoiqu'il y ait à craindre l'attouchement des fémurs. Ceci confirme l'avis de R. Houna, qui dit ailleurs qu'ils ne constituent pas une nudité. On peut encore citer ceci à l'appui do cet enseignement^: Une femme, quoique nue, peut, en étant assise, prélever la Haïla (des sacerdotes), parce qu'elle peut (dans cette position) couvrir ses parties honteuses à terre; mais Thommo no le peut
' Littéralement: Elle est comme lui- " Mischna. i" section, ir. 7/a/A/, ch. u,
niêinc. Voir tr. Kethouholh . fol. 66"; tr. .S .'i. Mmaholh, fol. ç^T; Iv. BrUwrnth , f. 85'\
CIIAIMTIIE III. :M7
j>as. (Or, le l'éiHui' ne sciail pas couvert; ost-ce ([u il ne passe pas jxmr inie mi'lile?) On peut supposer, dil U. .\alnnan bar-lsaac, que ses paiiies étaient entourées de terre de toutes paris [vv, qui ne prouverait rien pour ie présent cas ) .
On vient d(; dire aussi (jue c'est permis si ce sont de jeunes enl'anls. Quelle; est la limite d'à|>e? [^ourles filles, dit II. liisda , Irois ans et un jour; poui' les j^arçons, neuf ans et un jour, Selon d'autres, pour les filles, onze ans et un jour; pour les garçons, douze ans et un jour; aux uns et aux aulres s'a[)pli(jue ce verset : Tes seins se sont arrondis et ton poil a grandi^ (Ezéchiel, xvi, -y). II. Oaliana dit à R. Asclié : Plus haut, Raba a déclaré que, malgré l'objection faite contre Samuel, son avis sert dérègle: en est-il de même ici? Non, lui ré[)ondit-on, toutes les étoffes ne sont pas tissées sur le même métier (c'est-à-dire ce n'est pas analo(jue), et si on ne le dit pas, c'est que l'application n'a [)as lieu.
R. Mari demanda à R. Papa : Si un poil passe par un trou du vêtement, est-ce cjue cela constitue une nudité qui interdise la lecture du schema ? Ce n'est qu'un poil (et cela n'a pas d'importance). R. Isaac dit qu'un palme d'un corps de femme est une nudité. A quel point de vue? Est-ce pour la défense de la regarder (si elle est mariée à un autre)? Mais R. Schescbetb n'a-t-il pas déjà dit que la Loi (Nombres, xxxi, 5o) a aussi bien fait mention des ornements et bijoux extérieurs que des intérieurs (tel que pudendorum clausum), pour indiquer qu'il est autant interdit de regarder le petit doigt d'une femme que sa plus grande nudité? 11 s'agit, répondit-on, de sa propre femme, on ne doit pas regarder sa femme pendant \e schema' (pour ne pas être troublé). L'épaule de la femme, dit R. Hisda, est aussi une nudité (dont la vue est interdite), parce que ce verset : Tu découvres F épaule pour traverser les fictives (Isaïe, xlvii, 2) est suivi de ces mots: Tu découvres ta nudité, et ta honte se voit. Il en est de même, dit Samuel, de la voix d'une femme, comme il est dit (Cantique des cantiques, 11, ik) : Ta voix est douce et ton aspect est agréable (on conq)are donc les deux choses). Enfin, dit R. Schescbetb, il en est de même des cheveux de la femme, parce qu'il y est dit {ibid, iv, 1) : Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres (et qu'ils ont fait fadmiration du poëte).
J'ai vu, dit R. Hanina, que Rabbi suspendait ses phylactères. Mais, lui objecta-t-on, n'est-il pas dit que celui qui les suspend verra sa vie suspendue^, en appliquant à cet acte finterprétation de ces mots (Deutéronome , xxviii, 6G) : Ta vie sera suspendue devant toi? Cette contradiction n'est qu'apparente; il est seulement défendu de les suspendre par la courroie (parce qu'alors la
* C'est-à-dire, c'est le signe de l'ado- " Tv. Pcscdiiin , fol. SA"; trailo IJuUhu
lescence. loi. iBA**.
318 ïnAITK l)i:s IIKH AKIIOTII.
h'Ic priidiall en bas (Wiiw Jiiaiiiôn* jxmi convciiahlc) ; on bien (;iic()r(;, il se |)(Mil (|ii'il soil inlordil de les siispcMiflro irini[)ort(^ comment; soiiloineril Hahhi les siispondaiUlans leiirsac. S'il en es! ainsi , à(jnoi hon en parler? Pour (jneTon sache bien «ju'il n'est pas nécessaire de les placer liorizcmtaiemeiil, comme les louloaux de la Loi. J'ai rc'mar([ue, dit 11. Ilanina, ([u'il arrivait à llahhi (en F. •î/l^ les ayant) de roter, de l)ailler, (réternuer, de ciacliej-, de se |;ratlei' (ou do replacer son vêtement), mais il ne replaçait pas son vêtement s'il était tombé (pour ne pas s'interrompre), et lorsqu'il baillait il mettait la main sur la bouche. Cependant on a enseijpié : Celui qui prie à haute voix semble diminuer la puissance de Dieu (comme s'il n'entendait pas); celui qui crie en priant ressemble aux faux prophètes (adversaires d'Elisée); celui qui baille ou rote est un impertinent; si l'on éternue pendant la prière, c'est mauvais signe, ou, selon d'autres, on reconnaît qu'il est mal élevé; si l'on crache pendant la prière, c'est comme si l'on agissait ainsi devant son roi. (Tout cela n'est-il pas en contradiction avec la conduite de Rabbi?) Certes, on peut excuser le bâillement et Faclion de roter, si c'est involontaire; mais pourquoi l'éternuement est-il parfois mal vu, et d'autres fois non? C'est que, outre celui du nez (qui est involontaire) , il y a venti crepitus. Ce sujet, dit R. Zeira (qui était souvent enrhumé), je l'ai appris cliez R. Hamnona, et il m'a autant plu que le reste de mes études, à savoir : si l'on éternue pendant la prière, c'est bon signe, et cela indique que la satisfaction qu'on éprouve ici-bas (à éternuer) aura son pendant au ciel. De même encore, s'il est dit que, malgré la défense de craclier, Rabbi le faisait, c'est possi])le en se conformant aux mesures prescrites par R. Juda , qui dit: Si pendant la prière on a besoin de cracher, on se sert de son talith (pour y cracher) ; si le talith est beau et qu'on ne A^euiile pas le salir, on se sert des bandelettes du turban. Comme Ravina, en suivant R. Asche, eut besoin de cracher, il le rejeta derrière lui. Ne connais-tu pas, lui dit-il, l'avis de R. Juda, selon lequel on se sert des bandelettes du turban ? Je l'ignorais, dit-il. — Celui qui prie à haute voix (est-il dit) semble diminuer le pouvoir divin. Cela ne se rapporte, dit R. Houna, qu'à celui qui peut appliquer son attention tout en priant à voix basse; mais, au cas contraire, c'est permis, et encore cela ne se peut-il qu'en particulier, mais en public cela dérangerait l'assemblée.
R. Aba avait échappé à R. Juda (et n'assistait pas à ses conférences), parce qu'il voulait se rendre en Palestine, malgré l'avis de ce rabbin qui dit: On transgresse un précepte affirmatif (grave) en se rendant de Rabylone en Palestine ^ comme il est dit : Ils viendront à Babel et ils y resteront jusqu à ce que je les rappelle, dit FEternel (Jérémie, xxvii, 9.^). Pourtant, disait-il, je veux encore
' Traité Schabbalh ^ fol. h i' ; Ir. Kclhouboth , fol. i lo''.
CIIAIMTin: III. 319
I'cmiIcihIic à la poilc (1(3 la salle des ronlércnces, puis je parliiai. Il y alla cl (3iileiHli( (jiron (3nsei(jnait (l(3vaiil H, Jiida : Si |)en(]anl la pri(!re on (iterniio (In bas [vend crcpiiii) , on altend jus(|u'à la dispersion d(3 IVxkîur, puis on continue la pri('ro. Selon d'autros, si pendant la prièie on (jpronve ce besoin, on se recule de quatre coud(3es ])our le satisfaire, on attend (]ue Todcur soit dispersée et Ton continue à [)rier, en disant : ce Maître de l'univers, tu as créci en nous des trous et des cavit(3s; il est notoire et manifeste que tu connais notre honte, pendant la vie et a])rès la mort nous ne sommes que ver et pourriture; t) ])uis on reprend à l'endroit où Ton s'est arret(3. Aussi, dit R. Aba, je suis très-content d'etre venu entendre cela.
Les rabbins ont enseigné : Si l'on dort enveloppé de son talith et que le froid vous empêche de sortir la tête, on fait avec ce vêtement un pli de séparation sur le cou, ou, selon d'autres, sur le ventre, et l'on récite le schemn\ car s'il est vrai que, selon ie premier, le ventre voit pour ainsi dire la nudité, cela ne fait rien. R. Hoima dit au nom de R. Yochanan : Si l'on parcourt des ruelles sales, on récite le schema' en mettant la main devant la bouche. Par Dieu, dit R. Hisda, si R. Yochanan lui-même ne l'eût dit, je ne l'aurais pas cru ! Selon d'autres, Rabba bar bar-Hana aurait dit la même chose , et R. Hisda aurait fait à ce sujet ladite observation. Mais R. Houna s'est-il bien exprimé ainsi ? iN'a-t-il pas dit (ju'il est interdit à un savant de se tenir dans un endroit malpropre, parce qu'il ne doit pas rester sans songer à l'étude de la Loi (ce qui est impossible en cet endroit)? Il n'y a pas de contradiction; car dans ce dernier cas, il est question de celui qui s'arrête, et dans le premier, de celui qui passe (pour traverser). Mais R. Yochanan lui-même a-t-il pu dire cela? Rabba bar bar-Hana n'a-t-il pas dit, au contraire, en son nom^ qu'il est permis desonger partout à l'explication de la Loi, sauf dans lebain et les cabinets? Et il n'y a pas à établir également la distinction entre l'arrêt et le passage, puisque R. Abahou ayant suivi R. Yochanan, pendant qu'il récitait le schema^ il s'interrompit en passant par une ruelle sale; puis il demanda à R. Yochanan où il devait recommencer. Si, répondit celui-ci, il s'est écoulé le temps nécessaire pour dire le tout, il faut reprendre au commencement. (Cela ne prouvet-il pas que c'est interdit, même en passant?) Or, voici ce que lui disait R. Yochanan : Moi , je ne suis pas de cet avis ; mais puisque toi tu professes cette opinion, tu dois reprendre au commencement. — R. Houna et R. Hisda sont tous deux appuyés par des opinions diverses; d'une part-, on dit qu'en passant par des ruelles sales on peut réciter le schema' en mettant la main sur la bouche, et d'autre part, si l'on passe dans ces ruelles, on doit ne pas réciter \e schema', et même s'interrompre si l'on est en train. Quel mal a fait celui ([ui
' Tr. Kidoii.scliivt , U)\. o?)'; iv. 'Aboda Zar/i , loi. AV'; tr. Zrhnhlm , loi. lO',),''.
:\'2i) Ti; \ITK DKS HKriAKIIOTM.
nc sVsl pas inlcirompu? A Ini, dit li. Miasclia, jx-lil-lils dr \\, josué l)rii- Ldvi, s'a|)|)li(]ii(' cv vorsot (b^zéchicd , \x, tiT)) iJc I mr donnai aussi des lois qui ne sont pas bonnes et des jugcmenls aver lesquels ils ne vivront pas ; ou cijcoicî ccl ail lie v(M'sel., s(;Iofi R. Asso : Malheur à ceux qui attirent le péché par les liens du mensonge (ïsaïc, v, 18) ; ou enfin le verset suivant, selon lî. Ada l)ar-Alialja : lia méprisé la parole de l'Eternel (Nondjres, xv, 3i)^ Ouelle est, par con Ire, la récompense de celui qui s'interrompt en un tel endroit)? On lui applique, dit II. Al)aliou, ce verset : A cause de cela , vos jours seront prolongés (l)eutéronome, xxxii, 67 ).
Si l'on a les reins entoures de son vêtement, il est permis, selon R. Houna,
de reciter le schema' (on est suffisamment couveil). On a de même enseigne :
N'importe que ce vêtement soit d'une étoffe tissée ou de peau, ou n"eût-on
F. 35\ qu'un sac sur les reins, il est permis de lire le schema'; mais pour dire la prière
'amida, il faut avoir tout le corps couvert.
l\. Houna dit: Si par erreur on entre avec les phylactères dans les cabinets, on les couvre de la main jusqu'à ce qu'on ait fini; bien entendu , dit R. Nahman bar-Isaac, jusqu'à ce qu'on ait achevé la première station. Mais pourquoi n'eston pas tenu de s'interrompre de suite et de se lever? C'est que R. Simon ben- Gamaliel dit^ que l'homme qui se retient d'effectuer ses besoins peut être atteint d'une hydropisie, et une rétention d'urine peut produire la jaunisse.
Si l'on a quelque impureté sur le corps, ou que la main (en dépassant le mur) se trouve dans les cabinets, il est permis de réciter \eschema\ selon R. Houna , et c'est défendu , selon R. Hisda. Quel est , demanda Raba , le motif de R. Houna? C'est qu'il est dit (Psaume cl, 6) : Toute âme louera Dieu (et non des membres tels que les mains), et selon R. Hisda, c'est interdit, en vertu de ces mots : Tous mes os diront: Eternel, Un est que toi (ibid, xxxv, 10). — On enseigne encore ceci : Si une mauvaise odeur est fondée sur quelque chose, il faut, selon R. Houna, s'éloigner de quatre coudées avant de réciter le schema"; selon R. Hisda, il faut s'éloigner encore de quatre coudées à partir de l'endroit où la mauvaise odeur cesse d'être sentie. On a enseigné, selon l'avis de R. Hisda, qu'il ne faut réciter le schema' ni en vue de l'ordure des hommes, ni de celle des chiens, ni de celle des porcs, ni des coqs, ni en face du fumier qui sent mauvais; mais si c'est un emplacement plus élevé ou plus bas de dix palmes, on peut s'asseoir à côté pour réciter le schema': sinon on s'en écarte jusqu'à ce qu'on ne sente plus l'odeur. Il en est de même pour la prière ^amida. Rabba dit que tous les avis énoncés dans cet enseignement ne servent pas de
^ Tous ces versets confirment ropinion lance de toute malpropreté. — " Voir qu il faut être respectueux, lorsqu'on s'oc- plus loin. fol. Ot^''; tr. Bekiiorollt , l'ol. /iV'; ciipc (les sujets religieux, cl se tenir à dis- li'. Tamid , toi. -37''.
CM A PIT UK 111. :\'2\
regie, mais qu'il en est coniine on Ta enseigne : Il ne laut réciter le scliema' devant aucune de ces nialpioprelés lorsqu'elles contiennent des peaux (à tanner). On demanda à R. Schescheth : Est-ce qu'une mauvaise odeur qui n'est basée sur rien a de l'importance ? Non , dit-il , vous n'avez qu'à voir dans l'antichambre les uns dormir (et, par suite , vmlum expcUentes) , et les autres étudier à côté d'eux. Toutefois cela ne s'applicjue qu'à l'étnde et non à la récitation du schema ; et encore, pour l'étude, excuse-t-on la mauvaise odeur, mais non pour soi-même.
En présence d'une immondice ([u'on transporte, il est permis, selon Abayé, de réciter le schema', et c'est interdit selon Raba. Connnent le sait-on? dit Abayé. C'est qu'il est dit^ : Si en étant pur on passe près d'un arbre sous lequel se tient un impur (par la lèpre), on devient aussi impur; si l'on s'arrête sous un arbre et qu'un impur passe, on reste pur, à moins qu'il ne s'arrête aussi; il en est de même pour une pierre atteinte de la lèpre (et ici également le passage seul ne constitue pas l'impureté). Selon Rabba, ces deux faits ne sont pas semblables pour le lépreux; l'important est la fixité du séjour, comme il est dit : Il restera seul, son séjour sera hors du camp (Lévitique, xiii, ti6) , tandis qu'ici (pour l'office) il est dit (Deutéi'onome , xxiii, i5) : Ton camp sera saint, ce c|ui n'a pas lieu. R. Papa dit : Le groin d'un porc est comme une immondice qui passe. Gela ne va-t-il pas sans dire? Non , il faut en parler pour dire qu'il en est ainsi, si même il sortait de la rivière (et qu'd fût fraîchement lavé).
En présence d'un objet dont on doute que ce soit de l'immondice, il est interdit, selon R. Juda, de dire le schema' ; mais c'est permis, si l'on doute que ce soit de l'urine. Selon d'autres, R. Juda dit que si l'on doute de la présence de l'immondice dans la maison, on n'y a pas égard; pour le fumier, c'est interdit; mais si l'on doute de la présence de l'urine même sur le fumier, on n'y fait pas attention. C'est l'avis de R. Hamnona, qui dit : La Loi n'en a interdit la lecture qu'en présence de la colonne (destinée à ce but). C'est conforme à R. Jonathan qui confronte ces deux versets : Il est dit, d'une part : Tu auras un endroit spécial en dehors du camp, pour fy rendre (ibid. i3 ), et d'autre part : Tu auras un pieu auprès de tes armes, pour te creuser au dehors un trou, où tu t'assoiras, et tu le couvriras (ibid. ±U). Ces deux versets ne se contredisent pas, car dans le second il est question des grands besoins, et dans le premier, des petits. Donc, pour ces derniers, la Loi ne fait d'interdiction qu'en présence de la colonne; mais si elle est tombée à terre, les rabbins seuls, et non la Loi, maintiennent la défense. Toutefois ils ne défendent que les eaux qui sont certaines comme telles, mais non si elles sont douteuses, et encore, si elles sont certaines, la défense ne subsiste, ditR. Juda au nom de Samuel, qu'aussi long-
Tr. Kidouschin , fol, 33''; Mischna, 6" section, tr. Negaïm^ c\\.\\\\ , ^ 7.
:iiJ TIÎAITK DKS UKi; AKIlOTIi.
I('in|)s (jirulles iiumcctc'iil la Umic. C'cist aussi la limite de loinps [i\iUi \m\- ]\i\\)hi\ hiw bar-Hana, an nom de U. Yoclianan, ct par Onla. Gueniha dil, an nom (l(; Rah : G'esl interdit aussi lon^rlcmps qu'on en voit la trace. 11. Joseph dit : 11 Faut excuser Gueniha (d'avoir mal interprété liah); puisque, pour l'immondice même , U. Judadit, au nom de P»ah, qu'on ne la considère plus comme telle si elle a chancre de l'ace, à |)lus forte raison en est-il de même ])our l'eau sale (si elle n'humecte plus). A quoihon, dit Ahayé, se référera cet enseignement? on peut aussi hien lui appli([uer celui de liahha har bar-Houna qui dit, au nom de liah, que la présence de l'immondice est interdite, fut-elle semblable à de l'argile. Gomment la reconnait-on comme telle? G'est que, dit Rabba bar bar-Hana, au nom de ii. Yochanan, si on la rejette elle ne se brise pas; ou, selon d'autres, si elle ne se brise pas en la roulant. Rebina dit : Je me trouvais devant R. Juda de Daphti, qui, ayant vu une immondice, me dit d'examiner si elle avait changé de face (car tout en dépend), ou, selon d'autres, il lui dit de voir s'il y avait des rides. En somme, quelle est la règle? On vient de dire que celle qui ressemble à de l'argile est interdite, selon Amémar, et permise, selon Mar Zoutra. Selon la règle, dit Rabba, elle est interdite, de même que l'urine, aussi longtemps qu'elle humecte la terre. On a objecté cet enseignement: Aussi longtemps qu'elle humecte, elle est interdite, mais non dès qu'elle est imbibée dans la terre ou séchée sur place ; cela ne veut-il pas dire que ces deux suppositions sont analogues, parce que dans l'un et l'autre cas on n'en voit plus la trace? Donc cela ne dépend-il pas de la vue de cette trace? Il n'y arien à conclure de là, sans quoi on pourrait, d'après le commencement, raisonner à l'inverse et dire que c'est seulement interdit aussi longtemps qu'elle humecte, mais que, ensuite, on n'y fait plus attention, y en eût-il encore des traces. Il paraît que cette question fait l'objet d'une discussion; en face d'un vase, est-il dit, dont on a rejeté l'urine, il n'est pas permis de réciter le schema'. Devant l'urine même, c'est interdit jusqu'à ce qu'elle soit imbibée dans la terre; selon R. Yossé, il s'agit de savoir si elle humecte encore la terrée Dans quel sens le préopinant dit-il que cela dépend de l'absorption par la terre? Gela veut-il dire qu'elle correspond à l'action d'humecter ou non, et R. Tossé vient-il dire que cela dépend de ce fait, tandis que la reconnaissance de la trace ne compte pas? Mais alors n'exprime-t-il pas le même avis que le préopinant? Il faut donc dire que, selon celui-ci, la question dépend de la reconnaissance de la trace, et R. Yossé vient-il dire que cette dernière condition ne compte pas , mais que l'important est de savoir si elle humecte ? F. 95^ Non certes , car cet avis est admis unanimement. Ils ne diffèrent que sur ce point , de savoir si l'humidité doit être telle qu'elle puisse humecter autre chose.
^ Ence cas, sa consistance est palpable.
cil AIM Tin: III. :^'2:]
cf Si, (Hani, (h^scoiidii an haiii, il a le temps (1(^ reinoiitcr, etc. t)
Est-ce à (lire ([ue cet avis anonyme est celui de \\. Elicizer, (jiii (lit qu'on cesse le schema au moment de la projection des rayons solaires (et (ju'il sert de règle)? Non; cet avis peut même être de R. Josué (([ui donne pour limite la troisième heure du jour), et en indi([nant une limite ant(;rieure, il donne Tusage des jjens pieux (jui, selon R. Yochanan , cessent à la projection des rayons solaires.
ff Au cas contraire, on le r(3cite en se couvrant par l'eau. -n
Mais alors le corps ne voit-il pas la nudité? R. Eléazar, ou bien R. Aba bar- Acha r(3pond au nom de noire mailre quil s'agit d'eaux troubles, de sorte quelles ne laissent plus rien à découvert. Les rabbins ont enseigné que, dans l'eau claire, on s'assoit jusqu'au cou pour réciter le scliema ; selon d'autres, on agite l'eau avec le pied pour qu'elle ne soit pas limpide. On ne considère pas comme étant en vue de la nudité, ni le ventre, ni le talon. Selon Abayé, il est interdit que le talon y touche ; selon Raba, cela ne fait rien; c'est ainsi cjue R. Zebid enseignait cette discussion. R. Hinena, fils de R. Ika, la rapportait en ces termes : S'il y touche, c'est défendu d'après tout le monde; si c'est seulement en regard, c'est défendu selon Abayé , et permis selon Raba; car, dit-il , la Loi n'a pas été donnée aux anges ^ (mais aux hommes, malgré l'imperfection de leur corps). Enfin, il est établi comme règle que l'attouchement est interdit, mais que la disposition en vue ne fait rien.
Raba dit : En face d'une immondice placée dans un vase transparent, il est permis de réciter le schema , mais non en face de la nudité couverte seulement d'un objet transparent. Pour l'immondice cela suffit, parce cjuil importe seulement qu'elle soit couverte; tandis que de la nudité la vue est interdite, en vertu de ce verset : Que l'on ne voie sur toi nul objet honteux (Deutéronome, xxiii, i5). Si c'est seulement une parcelle, il suffit, dit Abayé, de cracher dessus, à condition, dit Raba, truelle soit couverte par cela. Si elle est dans une cavité, on met le soulier dessus, selon Raba, puis on véciiele schema\ Mais, dit Mar, fils de Ravina, si elle s'attache au soulier, que faire? On fignore. — En vue d'un (étranger nu, dit R. Juda, il est défendu de réciter le schema'. N'en est-il pas comme à fégard de l'Israélite? Non, car pour ce dernier cela va sans dire, tandis que pour l'étranger, dont il est dit: Leur chair ressemble à celle des ânes
(Ezéchiel, xxiu, 20), on eût pu croire que leur nudité n'est pas plus considérée que celle d'une bête; c'est pourquoi on nous dit que cette vue est égale-
' Ti". Yomâ, fol. 30"; tr. Kidouschin, fol. 5/i\
ai .
:îJ^( TKAITK !)KS lîKlUklIOTII.
inciil iiilci'dilo, comme il osL dil (do leurs a^(■è(^^s, les fils de .Noé) : Un nOnl pas vu la nudité de leur père (Genèse , i\ , 'ao).
rr On ne doit se servir ni d'eau sale, ni d'eau de lessive, à moins d'y avoir ajoute de l'eau pure. *)■)
Coml)ien faut-il en ajouter (et est-ce à dire que cela suflîl)? Non, on veut dire quon ne doit pas se couvrir du tout d'eau sale, ni de lessive, et s'il y avait de Turine, on ajouterait deFeaii {)ropre pour l'annuler avant de réciter. Les rabbins ont ensei^jné : Combien d'eau tauf-il ajouter? Aussi peu que ce soit; selon li. Zacaï, un quart de mesure. Cette discussion, dit l\. Naliman, ne se rapporte qu'à la fin; mais en principe, il suffit d'aussi peu que ce soit. Selon R. Joseph, la discussion porte sur le commencement, mais pour la fin il faut, selon tout le monde, un (juart. R. Joseph dit pourtant à son domestique : Apporte un quart d'eau, selon l'avis de R. Zaccaï.
Les rabbins ont enseigné qu'en face d'un vase destiné à l'immondice ou à l'urine, il est interdit de lire le schema , n'y eût-il rien dedans; s'il y a de l'urine, il faut y jeter de l'eau, aussi peu que ce soit; selon R. Zaccaï, un quart, et il importe peu que le vase soit placé devant ou derrière le lit. R. Simon ben- Gamaîiel permet seulement la lecture lorsque c'est placé derrière le lit; mais si c'est devant, il faut s'écarter de quatre coudées. R. Simon ben-Eléazar dit : La chambre eût-elle cent coudées, il n'est pas permis d'y prier avant d'avoir retiré le vase ou de l'avoir placé sous le lit. Que faut-il entendre par là? Est-ce que, si c'est derrière le lit, on peut y prier de suite, et si c'est devant il faut s'écarter d'abord de quatre coudées ; ou bien veut-on dire que si c'est derrière le lit on peut y prier après s'être reculé de quatre coudées, mais jamais si
c'est devant le lit? On peut le conclure de ceci : R. Simon ben-Eléazar permet de suite la lecture lorsque c'est derrière le lit; lorsque c'est devant, il faut se retirer à quatre coudées. Selon R. Simon ben-Gamaliel, la chambre eût-elle cent coudées, on ne peut prier avant d'avoir enlevé le vase ou de l'avoir mis sous le lit. Voilà qui répond à notre question au sujet de l'emplacement. Mais comment se fait-il que ces deux enseignements se contredisent ? R faut renverser la lin. Pourquoi ne pas intervertir le commencement? C'est que R. Simon ben- Eléazar admet seul que toute la maison équivaut à quatre coudées ^ R. Joseph dit avoir demandé à R. Houna, qui lui dit : Si le lit n'a pas trois palmes de hauteur, il est évident qu'il se confond avec la terre; mais de trois à neuf palmes, comment est-il considéré? 11 va sans dire que, s'il a dix palmes, il est distinct. En effet, dit Abayé, ceci ne forme pas l'objet d'un doute, car tout
' Tr. ScJwbhath, fol. 10".
CHAPITUK m. :ri.)
phm iWiuii liaulciir (le (liv palmes forme un espace spécial. La i'è|;le est, dit Raba, que si c'est iulérieur à (rois palmes, cela se conloud av(;c la Icire, et à ])aitir de dix, c'est un espace; distinct. Quant à la limite intermédiain; de trois à neuf qui lait l'objet de la (juestion de R. Josepb à R. llouna, elle n'a pas été résolue. Rab dit qu'on établit comme rcM>le l'opinion de R. Simon ben-Eléazar; c'est ce que dit aussi Rali, au nom de R. Jacob, petit-fils de Samuel; mais ce n'est pas i'avis de Raba.
R. Acbaï maria son fils cbez R. Isaac bar-Samuel, bar-Marla. Le fils, après avoir passé sous le dais nuptial, ne put accomplir l'acte marital. Le père s'y rendit pour en examiner la cause, et il vit qu'il y avait un rouleau de la Loi. Si je n'étais pas venu, dit-il, vous eussiez mis mon lils en danger, car on a enseigné que dans une pièce où ii y a un rouleau de la Loi ou des phylactères, il est interdit de se livrer au commerce conjugal avant de les avoir retij'és ou da les avoir placés dans un objet formant double armoire. Cette dernière condition toutefois, dit Abayé, ne s'applique qu'à un récipient qui ne leur est pas spécial, car, s'il est spécial, un seul vaut dix autres. Raba dit : Si un rideau F. sG' se trouve devant la bibliothèque, cela représente un récipient dans l'autre (à cause de sa destination sacrée et préalable). Pour le rouleau de la Loi, dit R. Josuében-Lévi,il faut faire une séparation de dix palmes. Comme Mar Zoutra se trouvaitchez R. Aschi, il vit qu'à côté du lit de son fds se trouvait un rouleau de la Loi, séparé par un rideau de dix palmes. D'après qui, lui demanda-l-il, agis-tu ainsi? Est-ce d'après R. Josué ben-Lévi? Mais n'a-t-il pas dit seulement son avis pour celui qui n'a pas d'autre pièce, tandis que vous en avez? C'est vrai, je n'y songeais pas.
fr Combien faul-ii s'en écarter, ainsi que de Finiinondice? L'espace de quatre coudées, ii
Cette distance, dit Raba, au nom de R. Sehora ou de R. Houna, sullit s'il s'agit d'un objet placé derrière vous, mais devant, il faut s'en écarter jusqu'à perte de vue; il en est de même pour la prière dite debout. Est-ce bien vrai? Raphram bar-Papa ne dit-il pas au nom de R. Ilisda qu'on peut se mettre à prier même en face des cabinels ? Ce n'est vrai que s'ils sont vides. Est-ce bien ainsi? R. Joseph bar-Hanina ne dit-il pas que la défense s'applique même aux cabinets où il n'y a rien, et même aux bains où il n'y a personne? C'est qu'ici il s'agit de cabinets tout neufs (n'ayant pas encore servi). Mais cela ne fait-il pas l'objet d'une demande de Ravina? Si l'on a destiné un endroil pour servir de cabinet, cela suffit-il pour le considérer comme impur ou non (donc ia nouveauté n'y lait rien)? Non, Rabina demande seulement s'il esl permis de s'asseoir dessus pour prier; mais il \a sans dire qu'àcolé c'esl |)(M'mis.