‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 76 sur 125 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Voici luaiiiteiiant sur quoi se l'oude le second : Pouiquoi dit- on que Ton peut réciter ia prière du matin jusqu'à midi ? Parce que c'est la limite de temps pour le sacrilice quotidien du matin; selon R. Juda, c'est seulement jusqu'à la quatrième heure du jour (dix heures), car à ce moment aussi on cesse (selon lui) le sacrifice du matin. Et pourquoi la prière de l'après-midi ou vêpres peut-elle se dire jusqu'au soir? Parce que le sacrifice qui y correspond s'ofïrait jusqu'au soir. R. Juda donne pour limite la moitié des vêpres, car c'était là , selon lui, la limite du sacrifice correspondant. Et pourquoi dit-on que la prière du soir n'a pas d'heure fixe ? C'est qu'on offrait, à hrûler toute la nuit, les memhres et les graisses non consumés avant le soir. Et pourquoi assigne-t-on toute la journée aux prières additionnelles ? Car le sacrifice qui leur correspond avait lieu toute la journée; selon R. Juda, c'est seulement jusqu'à la septième heure, car c'est là (selon lui) la limite pour ces sacrifices. Qu'appelle-t-on les grandes vêpres? L'espace de temps entre la sixième heure et demie et la nuit. Et qu'appelle-t-on les petites vêpres? L'espace de temps à partir de la neuvième heure et demie (trois heures et demie). Lorsque R. Juda, donc, assigne pour limite la moitié des vêpres, parle-t-il des premières (les grandes) ou des secondes (les petites) ? On peut répondre à cette question par renseignement suivant : R. Juda dit qu'il est question de la moitié des secondes vêpres, ce qui a lieu à la onzième heure moins un quart (ou, si le jour a lieu de six heures à six heures, c'est à cinq heures moins un quart). — Ne peut-on pas dire que cela forme une ohjection contre R. Yossé har-R. Hanina (qui dit que les prières ont été instituées par les patriarches)? R. Yossé bar-R. Hanina réplique : Cela n'empêche pas d'admettre qu elles ont été instituées par les patriarches, et, de plus, les rabbins en ont trouvé le fondement dans l'ordre des sacrifices, car si fon n'admettait pas cette raison supplémentaire, la prière additionnelle n'aurait pas lieu d'être, selon lui.

ffR. Juda dit : Jusqu'à la quatrième heure. -n

Faut-il comprendre cette limite, demanda-t-on, inclusivement^ ou exclusivement? (C'est-à-dire la quatrième heure fait-elle partie des heures réglementaires, ou non?) La suite peut éclaircir ce doute; selon R. Juda, est-il dit, c'est seulement jusqu'à la moitié des vêpres; or, si cette limite est prise exclusivement, il y a, en réalité, une différence entre R. Juda et les rabbins (qui disent jusqu'au soir); mais si la limite est inclusive, en quoi différerait-il des F. 27 rabbins? Il faut donc admettre que c'est dit exclusivement. Comment alors expliquer la fin? La prière additionnelle, est-il dit, peut se réciter toute la journée ;

' Tr. Erouhhi, fol. 80"; Ir. Pesnhim , fol. 1 17"'; \v. Hnsch-Uaschana , fol. ilo".

:m) TRAITE DES BEh A K II OTII.

selon R. Juda, jusqu'à la soptièrno lieure; de |)lus, si Ton a deux prières à réciter, l'une addilionnclle et Tautrc pour les vêpres, on dit celle-ci avant l'additionnellc, et on lui donne le premier rang, parce qu'elle est quotidienne, et que l'autre ne Test pas; selon R. Juda, on lécite d'abord la prière additionnelle, parce que la durée de sa récitation est plus limitée que la seconde. Or si cette limite est prise inclusivement, on conçoit le rapprochement de ces deux prières (vers la septième heure, les vêpres commençant à la sixième et demie) ; mais si cette limite est exclusive, comment cette rencontre serait-elle possible? Lorsqu'arrive le commencement des vêpres, le moment des prières additionnelles n'a-l-il pas cessé? Il faut donc dire que c'est pris inclusivement. Reste alors la dilliculté du commencement : quelle est la différence davis entre les rabbins et R. Juda? Voici comment on y répond: Il ne faut pas croire qu'en parlant de section des vêpres il s'agisse des dernières (ou petites); on parle des premières et Ton a voulu dire que l'instant auqucHa première section cesse et la seconde commence, c'est après la onzième heure moins un quart. Nous avons aussi appris^, dit R. Nahman, que R. Juda ben-Baba est du même avis pour les cinq sujets suivants : i° qu'il est bon d'avertir la jeune fille (en cas de mariage contracté avant l'âge légal) ; 2° qu'on peut épouser une femme sur la foi d'un seul témoin (qui atteste le décès du mari); 3** qu'un coq a été lapidé à Jérusalem pour avoir causé la mort d'une personne (en perçant le crâne d'un enfant); li° qu'on a versé sur l'autel du vin de quarante jours de date (passé alors à l'état de vraie boisson) ; 5° qu'on offrait le sacrifice du matin jusqu'à la quatrième heure du jour (mais pas plus tard). Il est donc bien prouvé que cette limite est prise inclusivement. R. Cahana dit que l'avis de R. Juda (au sujet de fheure de la prière) sert de règle, parce que c'est indiqué dans l'enseignement précité tiré à'Edouyoth^.

On offre le sacrifice quotidien du matin, dit-on, jusqu'à la quatrième heure. A qui alors attribuer l'interpiéiation suivante? 11 est dit (Exode, xvi, 91) : Lorsque le soleil réchauffait, la manne fondait, c'est-à-dire à la quatrième heure ; était-ce bien la quatrième heure ou la sixième? puisqu'il est dit d'autre part (Genèse, xviii, 1) : Pendant la chaleur du jour (évidemment à midi), cela indique la sixième heure. Pourquoi alors conimencc-t-on par dire la quatiième heure? Ce n'est ni l'avis de R. Juda, ni celui des rabbins; selon R. Juda, on appelle le matin jusqu'à la quatrième heure; selon les rabbins, cette section du jour va même jusqu'à midi. (D'après qui est-ce donc?) On peut admettre que c'est Favis de R. Juda, ou celui des rabbins; selon ceux-ci, on peut sup-

^ Mischna, A"" partie, ivmté Edowjoth , Voir traité Kidouschim, fol. 56'': Ir. Uceh. VI, S 1; Talmud, tr. Nidda, fol. 8\ kiwroth , fol. 20".

^ Littéralement : dans le texte préféré.

Page 1