‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 81 sur 125 · TirVITK DES HEKAKilOTII · texte numérisé non relu

TirVITK DES HEKAKilOTII

pas (lil : Ijc pivlic ('||()r(r(;ra ', iiiiiis seuhiineni ([nil offrira le siurifice (Linili- (jiie, I, 5); (lone ceci est ohiiifaloiro pour (mix, mais non la sacrilicalnrc. (Test tiès-juslcni(înl rais()nn(3, r(3()ondil Eli, mais lu ()uljli(;s (pi'il (ist ink'rdit, sous peine de moii, d'enseigner d(;s retries l(;fja]es devant son mailre^. Hannavint alors Timplorer : Je suis la femme, dit-elle, qui se trouvait ici près de toi, etc. Laisse-moi, r(îpondit-il ; Samuel doit (itre puni, el j'invo([uerai la mi- S(3ricorde divine pour (ju'elle t'accorde un fils supérieur. Ok! dit-elle, cest pour cet enfant que f ai prié. Et Hanna continuait à parler en son cœur, c'est-à-dire, selon R. Eli(3zer, au nom de \\. Yossci ben-Zimra, son cœur était bouleversé et elle disait : Maître de l'univers, chacun des membres que tu as créés en nous a sa destination, et il n'y a rien de l'utile : des yeux pour voir, des oreilles pom' entendre, un nez pour sentir, une bouche pour parler, des mains pour travailler, des pieds pour marcher, des seins pour allaiter; à quoi bon m'as-tu donné ces derniers sur la poitrine s'ils ne doivent pas nourrir mon enfant?

Le même rabbin disait aussi : Si l'on jeûne le samedi (pour avoir fait un mauvais rêve), le jugement céleste le frappera, si même sa destinée eût été fixée à l'âge de soixante-dix ans; et, de plus, il sera puni pour avoir troublé la jouissance du samedi^. Comment réparer ce mal? Par un nouveau jeûne^ le lendemain, répond R. Nahman bar-Tsaac. — R. Eliézer dit encore : Hanna a prononcé des paroles de plaintes contre la Providence, comme il est dit : Elle pria Dieu (ou contre lui); or du mot ^i? on peut conclure qu'elle a proféré des blasphèmes. R. Eliézer ajouta qu'Elie le prophète agit de même, puisqu'il est dit (IRois, xviii, 37) : Tu as retourné leur cœur en arrière^. Comment sait-on, demanda R. Samuel bar-R. Isaac, que l'Eternel en fit en quelque sorte l'aveu (plus tard, à l'un des prophètes postérieurs) ? C'est qu'il est dit (Michée, iv, 6): Et envers lequel fai mal agi.

Y. 32\ R. Hama bar-Hanina dit : Sans les trois versets suivants, on eût vu chanceler les pieds des ennemis d'Israël (euphémisme pour Israël lui-même) : 1" fai mal agi; 2° Comme V argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, 6 race d'Israël (Jérémie, xviii, G) ; 3" T enlèverai de votre corps le cœur de pierre et fy mettrai un cœur de chair (Ezéchiel, xxxvii, 26). R. Papa cite dans ce sens ce verset : Je mettrai en vous mon esprit et je ferai en sorte que vous marchiez dans mes voies [ibid. vers. 27).

R. Eliézer dit encore : Moïse lui-même blasphéma la Providence, puisqu'il est dit : Moïse pria Dieu (Nombres, xi , 2 ) non bi\ vers lui , mais b^ contre lui; car chez R. Eliézer ben Jacob on confond les lettres N*et 2?.R.Yanaï citait (dans le

^ Tr.Zcbahim, fol. 3â. jour de repos. — " Tr. Taanith.M. 12^

^ Tr. Eroubin, fol. 63. ^ C'est-à-dire, lu las poussé au mal.

^ La Loi prescrit de se réjouir en ce

ciiAPiTiiK V. :)y.)

mènw ordre d'idées ) res mots : Et Di-Zahab (Deutérononie, i, i). Voici, selon lui, le sens de ces mots ^ : Moïse s'adressa à l'Klernel et lui dit : Maître dr l'univers, tu as accordé tant d'or et d'ar^jent à Isra('l qu'il en a abusé et a fait le veau d'or-. C'est que, dit \\. Vanuï, le lion ne se met à ru|jir de joie (et à causer des danjjers) qu'en vue de man^fcr de la chair, et non pour la paille. Cela ressemble, dit R. Oschia, à celui qui ayant remarqué la maigreur de sa vache, quoiqu'elle ait des membres solides, lui donne à mann;er des vesces, et est ensuite maltraité par elle; c'est cette bonne nourriture qui en est la cause. Cela ressemble encore, dit R. Hiya bar-Aba, à ce jeune homme que le père a parfumé après lui avoir donné à manger et à boire, et qu'il fait asseoir à la porte des femmes de mauvaise vie, avec une bourse au cou : comment ce fils ne pécherait-il pas? Aussi, dit R. Acha, fils de R. Houna, au nom de R. Scheschelh, un ventre plein est disposé au mal, comme il est dit (Osée, xiii, 6) : Comme ils paissaient , ils se sont rassasiés , et par la satiété leur cœur s est gonflé ; c^ est pourquoi ils m^ont oublié. R. Naliman le déduit de ceci : Ton cœur s'est levé et tu as oublié VEternel (Deutéronome, viii, ik). Selon les rabbins, on le déduit de ce verset [ibid, xxxi, 20) : îl a mangé, il s est rassasié, il s'est engraissé et a tourné bride; ou encore de celui-ci [ibid, xxxn, i5) : Yeschourounsest engraissé et il s'est révolté.

Comment sait-on, demanda R. Samuel bar-Nahmeni, au nom de R. Jonathan, que l'Eternel a reconnu (plus tard) comme vraie l'assertion de PJoïse^? C'est qu'il est dit : Je leur ai donné beaucoup d'argent, et de For ils ont fait le veau (Osée, II, 10). Or, il est écrit (Exode, xxxn, 7) : L'Eternel dit à Moïse : Va, descends; ces derniers mots signifient, selon R. Eliézer, que l'Eternel s'exprima ainsi envers Moïse : Descends de ta grandeur ; je ne (e l'ai accordée qu'en faveur d'Israël, et comme celui-ci a péché , tu ne me sers plus. Aussitôt Moïse faiblit, et il n'eut pas la force de parler. Mais lorsqu'il entendit ces mois: Jjaisse-moi, je veux les exterminer (Deutéronome, ix, i/i), Moïse se dit que cela dépendait encore de lui; il se leva aussitôt et se mit à prier et invoqua la miséricorde divine. Cela ressemble à un roi qui, irrité conlre son fils, le frappa d'un coup violent; un ami qui était présent craignit de dire un mot en sa faveur. Si mon ami n'avait pas été là, dit le roi, je t'aurais tué. En entendant cela, l'ami reconnut qu'il pouvait intervenir, et il sauva le fils. Maintenant, estil dit, laisse-moi; ma colère est enflammée contre eux, je veux les dévorer et faire de toi une grande nation, etc. (Exode, xxxn, 10). Si cette expression laisse-moi, dit

' Tr. Yoma^ fol. 86^; tr. Synhèdrin, y voir une allusion an veau d'or, —

fol. lO'i". * Qu'est-ce qui confirme que Moïse at-

^ Il y a là un jeu de mots intradui- tribue la fabrication du veau d'or à l'excès

sible. Le nom de ladite localité, 2nî *<", de ce meta! précieux? peut so traduire excès d'or, et Ton peut

'in viTK DMs in:r»AKn()Tii

\\. Alwilioii, lie so trouvait pas ccrilo cii tontes lellres , elle serait incroyable^; il semble que Moïse ait saisi pour ainsi dire la Providence, comme un bomme tient son procbain par le vêtement, et lui ait dit : Je ne te quitterai pas jusqu'à ce que lu leur aies pardonné. — Mais, dit YÉiQrneÀ ^ je ferai de toi tine fn-ande nation, etc. — Moïse répondit : Maître de Tunivers, si le sié^^e d'Israël qui repose sur trois pieds (Abrabam, Isaac et Jacob) n'a pu te résister à l'heure de ta colère, comment résistera celui qui ne repose que sur un pied ? En outre, je rougirai de ma conduite; on dira de moi que, comme chef placé à leur tête, j'ai recherché la f|randeur pour moi seul, au lieu d'implorer la miséricorde divine en leur faveur. Moïse supplia donc la face de l'Eternel, c'est-à-dire, selon R. Eléazar, que Moïse se tint en prière devant l'Eternel jusqu'à l'obséder, ou, selon Raba, jusqu'à le faire renoncer à son vœu, comme ii résulte de la comparaison des termes (bn^T) employés dans le verset précité, et dans celui-ci : // 7ie renoncera pas à sa parole (Nombres, xxx, 3); c'est-à-dire, selon l'explication donnée ailleurs^, lui ne pourra pas y renoncer, mais d'autres pourront l'en dispenser. Samuel dit: Moïse offrit de mourir pour Israël ^ comme il est dit: Sinon , efface-moi de ton livre (Exode, xxxii, 82). Cela prouve, dit Raba, au nom de \\. Isaac, qu'il insista en leur faveur auprès de la miséricorde divine, ou, selon les rabbins, Moïse dit à l'Eternel : Maître de l'univers, ce serait une action ^0fane (^in) pour toi d'agir ainsi, comme il est dit : Sn"*"; , etc. On enseigna que R. Éliézerle Grand dit^ : ('ela prouve que Moïse resta en prière devant Dieu, jusqu'à ce qu'il fut pris d'un tremblement ( '^^n ) ; ce qui signifie , selon R. Eléazar, le feu qui consume les os'^ Cette expression est ainsi traduite par Abayé.

Souviens-toi d'Abraham, d' Isaac et d'Israël tes serviteurs en faveur desquels tu as juré par toi-même [ihid. i3). Ce dernier terme, selon R. Eléazar, signifie que Moïse dit à l'Éternel : Maître de l'univers, si tu avais juré pour eux par le ciel et la terre, j'aurais dit que ton serment peut s'annuler aussi bien que le ciel et la terre peuvent être anéantis; mais comme tu as juré par ton grand nom, ton serment est aussi inébranîa])îe que ton saint nom qui vit et subsiste éternellement, à jamais et dans toutes les générations. Puis (ibid.)^ tu leur as dil: Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel et tout ce pays que j'ai dit, etc. Au lieu de celte dernière expression, ne faudrait-il rrpas que tu as dit?7i C'est que, dit R. Eléazar, jusque-là ce sont les paroles du disciple (Moïse); mais à partir de là ce sont les paroles du maître. Selon R. Samuel bar-Nahmeni, toute la phrase est du disciple, seulement Moïse s'exprima ainsi devant l'Éler-

* Cette expression permettrait aux mécréants de faire supposer que Moïse a voulu parler d'un Dieu saisissable, matériel ; or, c'est un des premiers dogmes du judaïsme de <léclarer Dieu incorporel.

' Tr. Hagiga, fol. 1 T.

* Tr. Guiitin, fol. 70".

* De riiomonymie des termes hébraïques on conclut à la synonymie des déductions.

ciiapitkf: v. 3 .•).-)

nel : iVlailrc de runivers, ce que lu m'as ordonné de dire en Ion nom, savoir : ffVaet dis à Israël en mon nom,^-» j(; le leur ai dit en Ion nom; mais maintenant que dois-je l'aire? N'est-ce pas dans le pouvoir de tEtcmel (Nombres, \iv, 16)? Sa puissance serait-elle limitée? En d'autres termes, selon R. Kléazar Moïse dit à TElernel : Maître de l'univers, laisseras-tu dire aux nations qu'il a faibli comme une femme et qu'il ne peut plus sauver Israël? — L'Eternel répondit à Moïse : N'ont.-elles pas vu les miracles et les merveilles que j'ai accomplis pour Israël sur la mer Rou^je? — Maître, répondit-il, on pourrait encore dire qu'il a su résister à un roi, et non à trenle et un. Comment sait-on, demanda R. Yochanan, que l'Eternel a admis comme vrai ce que Moïse avait dit? C'est qu'il est écrit (ibid. 20) : U Eternel dit : f ai pardonné selon ta parole. De ce terme, dit R. Ismaël, on peut conclure que les nations du monde diront un jour : Heureux le disciple dont le maître admet l'avis. Ne suis-je pas vivant (ibid.)! est-il dit ; cela signifie, dit Raba, au nom de R. Isaac, que l'Eternel dit pour ainsi dire à Moïse : Tu m'as fait revivre par tes paroles. R. Samlaï enseigna ceci : On doit toujours exposer les louanges du Très-Saint, avant de se mettre à prier, d'après la conduite de Moïse qui dit (Dculéronome, m, 23): finvoqiiai l'Eternel en ce temps-là, et il dit aussitôt : Eternel, mon Dieu, tu as commencé à montrer à ton serviteur ta grandeur et ta main puissante ; il n^ est pas de Dieu au ciel ni sur terre qui puisse égaler tes œuvres et tes merveilles. Puis seulement il est dit : Laisse-moi donc passer, que je voie ce bon pays, etc.

Sommaires^ : OEuvres, bienfaisance, sacrifice, sacerdote , jeûne, verrou , fer'-^. 1° R. Eléazar dit : La prière est supérieure aux bonnes œuvres, car personne F. 3a\ n'en a accompli de plus grandes que notre maître Moïse, et pourtant ses vœux n'ont été exaucés que par la prière, comme il est dit : Ne continue plus à intercéder auprès de mo{ (Deuléronome, m , 26 ). Puis : Monte au haut de la colline (ibid). ^° Le même rabbin dit : Le jeûne est plus important que la bienfaisance, car l'un est une privation pour le corps et l'autre seulement pour la bourse. 3° Il dit aussi : La prière est supérieure aux sacriilces, comme il est dit: A quoi bon vos nombreux sacrifices (Isaïe, i, 11). Puis: En étendant vos mains^ [ibid. i5). /i" Tout sacerdote, dit R. Yoclianan, qui a tué une àme ne devra pas lever les mains (pour bénir le peuple), comme il est dit : Vos mains sont pleines de sang [ibid.). 5° R. Eléazar dit encore ^ : Le jour où le temple de Jérusalem a été détruit, les portes de la prière (au ciel) ont été closes, comme il est

^ Littéralement: signe, c'est-à-dire former un sujet d'explication; ils sont

"mémorial ou signe mnémonique; un ou réunis dans un but de mnémotechnie. plusieurs mots composés renfermaient les ^ S'il est question encore de la prière,

initiales de plusieurs sentences, qu'il fallait après les sacrifices, c'est qu'elle a plus

retenir par cœur, puis développer. d'importance.

'■ Cliacun de ces ternies va mainleunnl " 'ÏV. Haha IJcInia , fol. 5^'.

ii.Mi THAITK DKS HKK A k IIOTII.

(lil : .J'ai beau crier et l'implour, il reste sourd à ma'priere (Lanienlntioiis, m, 8) ; mais quoiqu'elles aicnl été closes, celles des larmes ne l'ont pas ('h', ])uis(}u'ii est (lil : Ecoute ma prière, 6 Eternel, prête F oreille à ma plainte, ne reste pas sourd âmes larmes (Psaume xxxix, i3). Kaba irimposail pas de jeûne un jour do nua<][es, parce (|U il crai(]nail la realisation de ces mots : Tu Ces enveloppé dans tes nuages pour laisser passer la prière (Lamentations, m, lili). 0" Il dit enfin : Le jour de la desiruction du temple de Jérusalem, une muraille de fera sépare' Israël de leur père aux cieux, comme il est dit (Lzécliiel, iv, 3) : Prends une porte de fer et place-la comme un mur de fer entre toi et la ville.

R. Hanin dit, au nom de R. Hanina ^ : Si Ton prolonge sa piière, elle ne restera pas sans eflet. On le voit d'après Moïse, qui dit : J'invoquai l'Eter-

nel (Deutéronome, ix, 26); puis il est dit : L'Eternel ni exauça encore cette fois. Mais R. Hiya bar-ALa n'a-t-il pas dit, au nom de R. Yochanan, que par suite de la prolon|iation de la prière et des méditations, on pout se rendre malade, comme il est dit : U espérance trop prolongée rend le c^wrma/a^/e (Proverbes, xiii, 12)? Qu'y l'aire? faut-il s'occuper de la Loi dont il est dit : U arbre de la vie est V espoir qui se réalise , el cet arbre de la vie n'est autre que la Loi , comme il est dit : Cest un arbre de vie pour ceux qui la maintiennent {ibid, m, 18)? (N'y a-t-il pas contradiction entre ces deux avis divers?) Non, il n'en résulle de malaise que si la prolongation est accompagnée de la méditation (qui absorbe l'esprit). R. Hama bar-Hanina dit : Si l'on voit que la prière n'a pas été exaucée, il faut la recommencer, comme il est dit (Psaume xxvii, i/i) : Espère en Dieu , prends courage et fortifie ton cœur et espère encore en Dieu. Les rabbins ont enseigné que, pour quatre sujets, il faut se fortifier, savoir: pour la Loi, les bonnes œuvres, la prière et l'usage. Pour les deux premiers, on le voit par ce verset (Josué, i, 7) : Prends seulement courage et fort fie-toi bien dans ï observance de cette Loi, c'està-dire encourage-toi par l'étude et fortifie-toi par les bonnes œuvres. On le sait pour la prière par le verset précité : Espère en Dieu, etc. et pour les bons usan-es, par celui-ci (Il Samuel, x, 12): Sois vaillant et combattons vaillamment pour notre peuple , etc.

Sion dit : U Eternel nia aba7idonnée , il m'a oubliée (ïsaïe, xlix, i4) ; ces deux expressions ne sont-elles pas identiques? L'assemblée d'Israël , selon Resch Lakiscb, a dit devant le Très-Saint : Maître de l'univers, lorsqu'on épouse une femme en secondes noces, on se souvient des actions de la première; mais toi lu nous abandonnes et (en outre) tu nous oublies. — Ma fille, répondit-il, j'ai créé au ciel douze planètes, j'ai pourvu chacune d'elles de trente armées, composées chacune de trente légions; chaque légion est régie par trente chefs, chacun d'eux a au-dessous de lui trente commandants, et chacun de ceux-ci a

^ Plus loin. fol. 55".

CIlAPITPiK V. :^r)7

trente campements où se trouvent disposées 365,ooo myrisdts d'étoiles correspondant au nombre de jours de l'année solaire; tout cela n'a étécrééque pour toi, et tu prétends que je t'oublie et que je t'abandonne. Une femme otihlie-t-ellc son nourrisson (Isaïe, xlix, i5). Or (en traduisant ditléremment ce dernier mot, ribl^*) l'Éternel dit: Puis-je oublier les bolocaustes* des béliers et des premiersnés que tu m'as oITerts dans le désert? — S'il en est ainsi, répondit Israël, puisque rien ne s'oublie devant le trône de la {>loire, n'oublieras-tu pas l'affaire du veau d'or? — Celles-ci aussi seront oubliées (ibid.), répondit Dieu. — Maître de l'univers, répliqua Israël, s'il en est ainsi, oublieras-tu la révélation sur le Sinaï ? — Non , répondit-il, mais toi je ne t'oublierai pas [ibid.). C'est ainsi, en elfet, que li. Éléazar interprétait ce verset au nom de H. Osciiia : Les mots elles seront oubliées se rapportent au veau d'or, et l'expression mais je ne t'oublierai pas est dite au sujet de la révélation sur le mont Sinaï.

ffLes gens pieux d'autrefois attendaient une heure, ii

Comment le sait-on? D'après ce verset, répondit R. Josué ben-Lévi : Heureux ceux qui habitent^ ta maison (Psaume lxxxiv, 5). Ce rabbin dit encore qu'il est bon de séjourner aussi au temple une beure après la prière, selon ces mots (Psaume gxl, ik) : Les justes seuls rendent grâce à ton nom; les gens droits restent (séjournent) devanttaface. Les rabbins enseignent : Les premiers bommes pieux s'asseyaient une heure au temple, priaient une heure, puis passaient encore une beure au temple. Mais s'ils passaient (pour les trois prières) neuf heures par jour, comment pouvaient-ils observer la Loi et vaquer à leurs travaux? Comme ce sont des gens pieux, leur loi est cependant observée et leur travail béni.

ffSi même le roi s'informe de votre santé, il ne faut pas lui répondre (au milieu de la prière). •;?

Ce n'est vrai, répondit R. Joseph, que pour les rois d'Israël; mais pour les rois des nations étrangères (qui ignorent cet usage), il convient de s'interrompre (pour ne pas courir de danger). On objecta l'enseignement suivant : Si en priant on voit arriver un âne ou un chariot, on ne doit pas s'interrompre, mais abréger les sections, afin de pouvoir se déplacer. (N'est-ce pas en contradiction avec R. Joseph qui autorise l'interruption?) Non; c'est qu'en ce

^ Le mot (T'Ij^ signifie tantôt nour- ^ Littéralement : qui sont assis, on

risson, tantôt holocauste, selon qu'il est attendant qu'ils se lèvent pour prier, ponctué 1 on i.

^58 TUAITK DES IJEK A kllOTII.

cas il osL possible (ra])r(;f>^(M' au lieu dc s'inlerroinpre ; an cas contraire, on sinterroinj)t. Les rahbiiis ont enseigné ceci : Connne un homme pieux ])riait en louliî, il ne rendit pas le salut à un prince (pii Taxait salué et (pii, ayant attendu la fin de la prière, lui dit : Homme lé{jer, n'est-il pas écrit dans ta Loi (Deutéronome, iv, 9) : Garde-toi et préserve ton âme, et (ibid. i5) : Préservez bien votre âme? Pourquoi ne m'as-tu pas rendu le salut que je t'ai donné? Si je t'avais coupé la tête , qui m'aurait réclamé ce sang versé? — Calme-toi, répondit le rabbin par celte comparaison : Si tu te trouvais devant un roi humain, et que ton compagnon vint te saluer, lui répliquerais-tu? — Non, dit-il. F. 33". — Et si tu y avais égard , que te ferait-on? — On me couperait la tête. — Tu comprends maintenant que si tu agis ainsi pour un roi qui peut mourir demain, à plus l'orle raison devais-je me conduire de même devant le roi des rois, le Très-Saint béni soit-il qui subsiste éternellement et à tout jamais. Le prince fut aussitôt calmé, et l'homme pieux se rendit en paix chez lui.

rrY eût-il un serpent enroulé autour de son talon, on ne s'interrompt pas. T)

Ce n'est vrai, dit 11. Schescheth, que pour le serpent (peu dangereux); mais pour le scorpion on s'interrompt. On objecta cet enseignement^ : Si l'on est tombé dans une fosse aux lions, cela ne suffit pas pour constater la mort^; sil'on est tombé dans une fosse pleine de serpents et de scorpions, on passe pour mort (comment se fait-il que là les serpents soient également dangereux)? C'est que, par le contact de la cbute les serpents blessent aussi. On s'interrompt, dit R. Isaac, à la vue des taureaux (par crainte des dangers); car, dit R. Oschia, on s'éloigne à cinquante coudées du taureau innocent (qui n'a frappé personne) et à perte de vue de celui qui est reconnu pour dangereux. On enseigna au nom de R. Meir que, si la tête du bœuf est plongée dans une corbeille^, le danger est tel qu'il faut monter au grenier et rejeter ensuite l'échelle. Toutefois, dit Samuel, ce n'est applicable qu'au taureau noir et dans le mois de nissan, car alors il a le diable aux cornes. Les rabbins ont enseigné ceci : Comme il y avait dans un endroit une hydre qui blessait les passants, on en fit part à R. Hanina ben-Dosa. Montrez-moi son repaire, dit-il. On le lui fit voir et il y mit le talon. L'hydre s'approcha, le mordit et en creva. Il l'emporta alors à

' Tw Ycbamothj, M. 19 1\ ^ Lorsqu'un bœuf devenait dangereux,

' On soit que les lions sont dangereux on lui attachait aux cornes une espèce de

seuleinent lorsqu'ils ont faim ; il est donc corbeille qui servait soit à amortir le choc,

possible de séjourner parfois auprès d'eux soit à avertir les passants de se tenir sur

sans être dévoré. leurs gardes ii son approche.

CIIAIMTUK V. :i.V.)

la salle créLudes et dit : Voyez, mes enlanls, ce n'est pas ranimai dan|»ereu\ qui tue, mais le pêche (puis(jue je lui ai échappé). Malheur à riionune, dilon depuis (proveihialemenl), (jui rencoutierait un (cl (hinjjei' sur son cliemin, et malheur à l'hydre d'avoir été atteinte par U. Hanina Ixui-Dosa {(jui est audessus de tout danger).

2. Dans Ja deuxième bénédiction de (Wirnida) , consacré(i à la résurrection des morts, on mentionne (en hiver) la force des |)lnies (maschib haroiiah); et dans la neuvième ])énédiction, celles des années, on sollicite de Dieu la pluie. La formule de séparation (hahdallali, entre le samedi et le jour de la semaine) se dit dans la (|uatrième, où l'on sollicite la faveur d'eti'e intellifjent. R. Akiba dit : Xhahdallah forme une quatrième bénédiction spéciale, et, selon Eliézer, on l'intercale dans l'action de grâce (dix-huitième actuelle).

Pourquoi rappelle-t-on dans la seconde section la force des pluies? Parce qu'elle est aussi grave ^ que la résurrection des morts (qui fait Tohjet de cette section). On les demande à Dieu dans la section des saisons, parce qu'il s'agit là, dit R. Joseph, de nourriture. La formule de séparation (entre la fêle et la semaine) se dit dans la quatrième, parce que, dit Pi. Joseph, cette distinction à établir constitue un acte d'intelligence en rapport avec la section. Selon les rabbins, comme il s'agit d'établir l'arrivée des jours profanes, on la récite dans la première de leurs sections. Cette priorité, dit R. Amé, constate la gravité de l'intelligence'-; c'est elle, dit ce rabbin, qui a été donnée au milieu des deux lettres du nom divin (''^) : U Eternel est le Dieu des connaissances (l Samuel, II, 3), et celui qui n*a pas d'intelligence (qui méconnaît la Providence) n'est pas digne de pitié, comme il est dit (Isaïe, xxvii, 1 1) : Parce que cest un peuple sans compréhension, son Créateur ne le prend pas en pitié. R. Eliézer dit : Le temple a sa gravité, parce que c'est dans les mêmes données qu'il est né : Tu as accompli, Eternel, le sanctuaire divin (Exode, xv, 17). Aussi, dit R. Eliézer, si l'on a de l'intelligence, cela équivaut à la construction du temple, puisque les deux sujets ont eu lieu dans les mêmes circonstances. S'il en est ainsi, demanda R. Ada de Carthage, ne faut-il pas attribuer la même importance à la vengeance, puisqu'il est dit (Psaume xcxiv, 1) : L' Eternel est un Dieu de vengeance? En elfet, répondit-il, elle a parfois son importance (lorsqu'elle est nécessaire); c'est aussi ce que dit Oula : La répétition du mot vengeance dans ce verset a pour but d'indiquer qu'il s'agit une fois du bien et l'autre fois

Plus haul, fol. 2();li'. Mdihi , loi. 8'. — ' '\\'.Sjj/ili('driii , loi. ()-i\

:^(;o TirVITK DKS UKliAkllOTII.

(Ill mal; puiir !<' mal, ii est (lit là : /Jim, de veu^reance, Eternel Dieu de venpeance, apparais, vX \i\ inemc loniic s'aj)j)liquo au hicn : // apparaît (ou rayonne) .sur le mont Par an (Deul(*ronoino, xxxiii, 9.).

rr Selon H. Akiba, on 011 (ait une (juatriènie section spéciale, to

K. Simon bar-Aba dit à R. Yochanan : Puisque ies membres de la [jrande synagogue ont élabli pour Israël des ben(kliclions et des prières, des formules de saoclillcalion et de séparation, quelle place leur ont-ils donnée? D'abord, répondil-il, on les dit dans la prière^; lorsque Ton devint plus riche, on consacra la séparation par une coupe de vin, mais lorsque Isiaël s'appauvrit de nouveau, on la replaça dans la prière; aussi, dirent-ils, après avoir prononcé celte formule dans la prière, on doit la répéter sur une coupe de vin^. On enseigna, en effet, que R. Hiya bar-Aba dit exactement la même chose au nom de R. Yochanan , et la lin est confirmée par Rabbaet R. Joseph. Mais, dit Rabba, on peut objecter à cet enseignement le suivant : Si Ton a oublié de mentionner la force des pluies dans la seconde section, et la demande de pluie (ri'?NC*) dans la section des saisons (neuvième), il faut recommencer; mais ce n'est pas nécessaire pour Foubli de la formule de séparation dans la quatrième, parce qu'on peut alors la dire sur la coupe de vin (n'en résulte-t-ii pas qu'on ne la dit qu'une fois, soit dans la prière, soit sur le vin?). Non, répondit-il, ce n'est pas qu'on peut la dire ainsi, il le faut en tous cas, l'eût-on déjà dite dans la prière. En effet, R. Renjamin bar-Japheth raconte que R. Yossé demanda à R. Yochanan, à Sidon, ouR. Simon ben-Jacob de Tyr demanda àR. Yochanan, en ma présence : Est-on tenu, si l'on récite la formule de séparation dans la prière, de la répéter sur le vin? Oui, répondit-il. L'inverse est-il obligatoire? Par a fortiori, répondit R. Nahman bar-Isaac : si après la prière oii réside le principe de cette institution on est encore obligé de la répéter sur le vin, à plus forte raison la doit- on dire dans la prière, si on l'a seulement dite sur le vin, R. Acha le Long dit devant R. Hinena : Il vaut bien mieux la dire dans la prière que de la réciter sur le vin; si on la récite deux fois, on est digne (les bénédictions célestes^. N'est-ce pas en contradiction avec la double obligation que l'on vient de mentionner? N'en résulte-t-il pas qu'une seule suftît? En outre, si une seule en dispense, esl-il permis de réciter une seconde formule

^ Au inomenl de Texistence de la ' Tiniié Se liabbath, ïo\. m", 11 3' et

grande synagogue, au temps d'Ezra, on fol. 100''; tr. Pesahim, fol. io5^ et 107°. n'avait pas les moyens d'acheter du vin ^ Tr. Schahhalh , ïo\ . l]i'';iv. Meghillâ ,

pour faire la hahdallak sur une coupe; fol. a 5*. on rinlcrr-iilaif dans la prière.

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