CHAPITRE VII
de la feiiiine ne sont bénis (jue par le mari , comme il esl dit : // bénira lesfruita de tes entrailles [Dcuiévonouw , vu , 1 3 ) , et il n'est pas dit des siens (de la femme) ' . On a ensei|»né que R. Nathan dit exactement la même chose, en se fondant sur ce verset. Yalta l'entendit, et de colère elle alla à la cave briser quatre cents cruches de vin. R. Nahman lui dit : Vous feriez bien de lui envoyer une autre coupe. Oulla envoya vers elle et lui fit dire : Toules ces cruches (brisées) é(|uivalent au verre de la bénédiction (tout le vin est le même, elle pouvait donc en prendre au tonneau); elle lit répondre : C'est de l'inactivité que nait le bavardage et des vêtements pourris la vermine (qu'il s'en prenne à lui-même de la cause de ce dégât).
R. Assa dit : On ne se met plus à causer dès qu'on tient en main la coupe de la bénédiction (pour l'action de grâces) ; de même il dit que l'on ne bénit pas la coupe de punition. Qu'entend-on par là? C'est, répond R. Nahman bar-lsaac, la seconde coupe ^. On a enseigné de même que, si l'on boit deux fois, on ne récite pas chaque fois la bénédiclion, car il est dit(Amos, iv, 19): Prépare-toi à aller au-devant de ton Dieu , Israël; or, quand on boit par couples de verres, on n'est pîus capable de se préparer convenablement pour l'action de grâces.
R. Abahou dit, ou selon d'autres on a enseigné dans un barattha : Si l'on mange en marchant, on se tient debout pour dire l'action de grâces; mais si l'on mange en se tenant debout (en arrêt), ou que Ton soit accoudé, on s'assoit pour cette bénédiction. La règle est qu'on s'assoit pour cela en tous cas.
' Il faut donc que ce soit le mari qui présente à sa femme la coupe de bénédiction , pour qu'elle en soit bénie.
' Celui qui, étant à table, boit une
couple de verres, dit Raschi, s'expose à être blessé par les mauvais esprits : c'était sans doute un moyen de prémunir contre l'ivrognerie.
'i;i(i TI'.AITK DKS BKIi AKIIOTII
CHAPITliK MM.
1. Voici l6\s points on discussion entre Sclianimai et Hillel an sujet (lu repas. Schaminaï dit : On fait d'abord la bénédiction, aux jours de fête, pour la solennité, et ensuite pour le vin; et lllllel ,dit qu'il faut faire l'inverse.
(2.) Scbaniinaï dit : On fait d'abord l'ablution des mains, puis on remplit les verres; et Hillel prescrit l'inverse.
(3.) Schammaï dit : On s'essuie les mains à l'aide d'une servielte qu'on met sur la table; selon Hillel, on la met sur le divan.
(4.) Schammaï dit : (Après le repas,) on balaye d'abord la chambre, puis on fait l'ablution (nouvelle); Hillel prescrit l'inverse.
5. Schammaï dit (qu'il faut admettre l'ordre suivant pour les prières) : lumière, repas, épices, et séparation de la fête; selon Hillel, l'ordre est celui-ci: lumière, épices, l'epas, séparation. Selon Schammaï, on dit : crqui a créé la lumière du feu;-;^ selon Hillel : cr créant les lumières du feu.-)!
6. On ne prononce de bénédiction ni sur la lumière et les épices de l'idolâtre, ni sur celles qu'on brûle pour les morts, ni sur celles qui se trouvent devant les idoles. On ne prononce la bénédiction de la lumière que lorsque celle-ci répand ses rayons.
7. Si, après le repas, on oublie de dire la bénédiction, il faut, selon Schammaï, revenir à la même place pour la dire: selon Hillel, il suffit de la faire à l'endroit oi\ l'on s'en souvient.
Jusqu'à quel moment cela se peut-il ? Jusqu'à ce ([ue la digestion soit faite.
8. Si du vin arrive sur table après le repas et qu'il n'y en ail
ClIAPITHK Vm. /1 37
qu'une seule coupe, il lauL, selon Scliannnaï, faire la bénédiction (lu vin (l'ahoid, puis celle du re|)as; selon Hillel, c'est l'inverse. On répond amen si celui qui dit la bénédiction est Israélite, mais on ne le dit |)our le Samai'itain ({u'a|)rés avoir entendu toute la |)rière.
Les rabbins ont expliqué la discussion qu'il y a entre Scliannnaï et liillel au sujet des détails du repas : selon Schannnaï, on bénit d'abord la solennité' du jour, puis le vin , car la première est cause de ce qu'on appoite le vin, et le jour est consacré avant que le vin soit encore apporté. Selon Hillel, on bénit le vin d'abord, puis la solennité, car c'est le verre en main qu'on prononce la sanctification; en outre, la bénédiction du vin est plus fréquente que celle de la solennité, et ce qui est plus fréquent passe en premier ^ L'avis d(; Hillel sert de règle. A quoi bon ce second motif? C'est qu'au cas de la sanctification à la nuit tombée, il y a deux motifs pour Scliamniaï, et il n'y en aurait qu'un pour Hillel ; on cite donc comme seconde raison la fréquence. L'avis de liillel, dit-on, sert de règle. Cela ne va-t-il pas sans dire, puisqu'une voix céleste l'a proclamé? (rétait peut-être avant cette proclamation qu'il était utile de le faire savoir-, ou même après, et comme R. Josué dit qu'on n'a pas égard à cette voix céleste, il a fallu ici fixer la règle.
Schammaï pense donc que la bénédiction de la solennité a la priorité. Mais n'a-t-on pas enseigné^ que si l'on rentre chez soi le samedi soir, l'on bénit d'abord F. Sa le vin, puis la lumière, puis les épices, et enfin l'on dit la formule de séparation; si Ton n'a qu'un verre de vin, on attend que l'on ait terminé le repas et l'on dit ensuite les trois bénédictions à la fois (comment se fait-il qu'on dise en dernier lieu la formule de séparation)? Or, il n'y a pas à dire que ce soit l'avis de Hillel, et non de Scbammaï, puisqu'on parle de la lumière avant les épices, et l'on sait que c'est l'opinion de Schammaï, car il est dit : crR. Juda apprend que Schammaï et Hillel sont d'accord sur ce point qu'il faut réciter en premier lieu l'action de grâces et en dernier la formule de séparation. Hs ne diffèrent d'idées que pour l'ordre relatif de la lumière et des épices : selon Schammaï, la lumière précède les épices ; selon Hillel, c'est l'inverse. ^^ (r) Comment sait-on (plus haut) que c'est l'opinion de Schammaï (en raison de sa conformité avec la beraïtha), et selon l'avis de R. Juda? peut-être est-ce l'opinion de Hillel, selon l'explication de R. Meir (selon la Mischnâ, où il est dit de Hillel : Lumière, puis épices)? Ce n'est guère possible, car on dit ici dans notre Mischna que,
' C'est déduit au traité ZeW/m«J". 91". Metsia, fol. 69''; Ir. Hull'ui, fol. I\h\ d'un verset des Nombres, XXV m. Il 3. '^ Toscphta , eh. v: Imité Pesahlm ,
^ Traite Ernnhin , fol. 10''; tr. Haha fol. 108'.
/i:^8 TRAITÉ DES BEHAKIIOTIl.
selon Scliainiiiaï, l'ordre est celui-ci : liiuiièie, action de (jràces, epices, séparation; scîlon Hillel , c'est celui-ci : lumière, c'pices, aciion (h; {[races, séparation. Or, comnje dans Tenseignenient précilé on dit : Si Ton n'a qu'un verre de \in, on récile seulement après le repas les trois bénédictions à la fois; c'est donc Lien l'avis de Schammaï, et selon l'explication de R. Jnda^ Il subsiste cependant une objection : commcntse (ait-il que la bénédiction du vin précède la formule de séparation'-^? C'est que Scbammaï pense qu'il y a une différence entre l'arrivée d'une solennité et sa cessation; pour le commencement, le mieux est de lui donne]' la plus [jrande priorité; quant à la fin, on la retarde autant que possible, pou)' montrer que la fête ne nous semble pas une cbarge. Mais Scbammaï pense-t-il que l'action de grâces doive être récitée avec un verre en main ^? Wa-t-on pas dit dans la Miscbnà : Si l'on présente du vin après le repas et qu'il n'y ait que ce verre, on bénit d'abord le vin, puis le repas, selon Schammaï; or, du moment qu'on bénit le vin, ne le boit-on pas (avant l'action de grâces)? Non, après l'avoir béni, on le laisse (et on le boit après l'action de grâces). Mais n'a-t-on pas dit qu'en bénissant un objet il faut au moins y goûter? En effet, l'on y goûte (et on laisse le reste), sans que pour cela la coupe soit détériorée, parce qu'on y goûte du doigt. Mais n'est-il pas dit qu'un verre de vin sur lequel on prononce la bénédiction doit avoir sa mesure parfaite? (Ne serait-il pas diminué si l'on y goûte?) C'est qu'il y avait plus que la mesure. Mais n'a-t-on pas dit qu'il n'y a qu'un verre? En effet, il n'y en a pas deux, mais plus d'un. Mais R. Hiya ne dit-il pas en propres termes que, selon Schammaï, on bénit le vin, on le boit, puis on récite l'action de grâces? Il y a donc deux opinions qui rapportent difféï'emjnent ^ l'avis de Schammaï.
cr Schammaï dit : On fait d'abord l'ablution des mains, etc. r)
Les rabbins ont enseigné : Selon Schanmiaï, on lave les mains, puis on mélange la coupe de vin; car si on la mélangeait d'abord, il serait à craindre que le liquide des parois ne devint impur au contact des mains, et qu'à son tour il ne rendit impure toute la coupe. Mais pourquoi les mains elles-mêmes ne
' Comme l'ordre des dispositions indi- garde la coupe en main jusqu après le
que dans cette heraïlha diffère de l'autre repas?
enseignement, elle ne peut pas s'accorder ' Daprès R. Juda, Schammaï émet
avec l'explication de R. Meir. tavis dans la Mischnâ qu'il faut avou* le
^ Comment se fait-il qu'en cela la hc~ verre en main pour réciter la bénédiction
raiY/i«ditTère de la Mischnâ, où Schammaï du repas; mais d'a[)rcs R. Hiya. ce n'est
prescrit avant tout de bénir la solennité pas ainsi qu'il faut interpréter les ternies
du jour? de lavis de Schammaï.
"* Est-ce pour cela qu il est dit que Ton