CHAPITRE IX
1. Celui qui volt un endroit où des miracles se sont accomplis pour Israël doit dire : rrSoit loué celui qui a opéré des miracles pour nos ancêtres en ce lieu, v En voyant fendroit d'où ont été arrachées des idoles, on dit : rrSoit loué celui qui a exterminé les idoles de notre pays, r
2. Pour les comètes (ou étoiles filantes), les tremblements de terre, les éclairs, le tonnerre et les orages, on dit : rSoit loué celui dont la force et le pouvoir remplissent le monde, r Pour les monts, les collines, les mers, les fleuves et les déserts, on dit : ce Soit loué l'auteur de la création, -n Pi. .luda dit que celui qui voit l'Océan récite la foruiule : ce Soit loué celui qui a créé la grande merpT toutefois, s'il ne la voit qu'à intervalles de temps plus ou moins éloignés, on dit la formule : rrSoit loué l'auteur de la création. 11
3. Pour les pluies utiles et pour les bonnes nouvelles, on dit : ff Soit loué le bon et le bienfaisant, -n Pour les mauvaises nouvelles, on dit : rr Soit loué le juge équitable, -n
?*'. 56*. Comment sait-on qu'on bénit la vue des miracles? C'est que, répond R. Yohanan, un verset où il en est question le dit: Jetliro s'écria : Soit loué VEternel, gui a sauvé, etc. (Exode, xviii, lo). Il semble que l'on bénit seulement les miracles de plusieurs personnes, et non ceux d'un particulier. Cependant, lorsqu'il arriva à un homme qui s'était rendu à Abar-\emina d'être surpris par un lion puis sauvé de ses griffes par miracle, il alla demander à Raba ce qu'il fallait faire; celui-ci lui répondit : Chaque fois que vous arriverez en ce lieu, vous diiez la formule : cfRéni soit celui qui a accompli là pour moi un
CIIAIMTHK IX. /iV.)
miracle! " Et comme Mai" lils de Uebiiia , en marchant dans la plaine d'Arabolli , mourait de soif, il découvrit par miracle une source dont il but; une autro fois, parcourant le marche de Mehoza, il fui attaque par un chameau enra[|c; mais à ce moment une brèche s'ouvrit dans le mur voisin, où il put se réfu(>ier, et quand il arrivait à Arabolh ou au marché de Mehoza, il bénissait le souvenir de ces miiacles (n'en résulte-t-il pas qu'on bénit aussi les iniracles particuliers?). On répondit ceci: Pour les miracles publics, chacun dit la prière; et pour les miracles particuliers, celui-là seul que cela intéresse la récite.
Les rabbins ont enseigné : Quand on voit l'emplacement du passage de la mer Rouge ou du passage du Jourdain (sous Josué), le passage du canal d'Arnon ou les pierres d'Elgabisch à la descente de Beth-Horon (Josué,. \, 11), ou la pierre que Og, roi de Bassan, a voulu lancer contre Israël, ou la pierre sur laquelle Moïse était assis pendant que Josué livrait la guerre à Amalek, ou la statue de la femme de Lot, ou le mur de Jéricho effondré sur place, à la vue de tout cela, il faut rendre grâce à Dieu. Or, on connaît le miracle de la mer Rouge par ce verset : Les Israélites passèrent au milieu de la mer à pied sec (Exode, XIV, 29), et celui du Jourdain par ces mots: Les prêtres porteurs de r arche sainte se tinrent à sec au milieu du Jourdain; tout Israël passait à sec jusquà ce que le peuple eût cessé de traverser le Jourdain (Josué, m, 17). Mais le passage du canal d'Arnon est-il aussi un miracle? Oui, puisqu'il est dit : Cest pourquoi on mentionne dans le livre des guerres du Seigneur : Eth waheh à Souplia (Nombres, xxi, 1^), ce qu'on explique ainsi : Il y avait deux lépreux ^ qui se promenaient à la lisière (^IId) du camp d'Israël. Lorsque les Israélites durent pendant leur voyage traverser une vallée, les Émorites vinrent se creuser des F. 5^ cavités pour s'y placer en embuscade, en se disant: Lorsque les Israélites passeront, nous les tuerons; mais ils ignoraient que l'arche sainte, en marchant au devant d'Israël, nivelait les montagnes à leur usage; quand elle passa, les montagnes se joignirent et ceux qui s'y étaient embusqués périrent, au point que leur sang coula dans l'Arnon. Lorsque Eth et Waheb arrivèrent là, ils virent que le sang de leurs ennemis coulait du flanc des montagnes, et en lirent part à leurs frères; Israël se mit alors à entonner un cantique, comme il est écrit (ïbid. i5) : Le cours "^ des terreurs qui tend vers le lieu où, est situé Hor, en s appuyant aux frontières deMoab. Qu'ont de particulier les pierres d'Elgabisch? Ce sont des pierres qui sont restées debout à cause d'un homme (ly'N d:i) et
' Le premier se nommait nx , le second lalmudique, en lui donnant le sens de ren-
:2m- verser^ indique que les montagnes sen-
' Le mot "CN*' employé ici, est dé- tre-choquèrent. tourné de son sens priim'tif, et lexégète
'i:)0 THAITK DES BKH A K IIOTH.
sont loiiibtM's cle iiièino. rr Elles soul lestéos ticboiil pour iiii lioimiu!,- pom Moïse, (Jont il est (lit : L homme Moïse était trhs-modesle { Nombres, \ii , 3) , et il est écrit : Les tonnerres et la grêle cessèrent^ et il ne tomba plus de pluie à terre (Exode, IX, 33); relies sont tombées pour un Iiomme,?) savoir, |)our Josué, dont il est dit : Prends , toi Josué ben-JSoun^ un homme qui a de l^ esprit (Nombres, xwii, 18) , et il est dit : // arriva qu en fuyant devant Israël ils se trouvèrent à la descente de Beth-Horon et Dieu jeta sur eux de grandes pierres (Josué, x , 1 1 j.
Au sujet de la pierre qu'0(y, roi de Bassan, voulut jeler sur Israël, voici ce qu'on raconte : De combien d'espace, disait Og, se composait le camp d'Israël? De trois parasanges; je veux donc aller arracber un roc de cette étendue et le jeter sur leur camp, pour les tuer. Il alla Tarracber et le transporta sur la tête. Mais Dieu survint, y mit des sauterelles ^ qui percèrent une ouverture dans le rocher, au point qu'il tomba sur le cou d'Og. Lorsqu'il voulut le retirer, ses dents s'allongèrent d'un côté et de l'autre, et il ne put l'enlever; c'est pourquoi il est dit : Tu as brisé les dents des impies (Psaume m, 8). C'est conforme à l'avis de Resch Lakisch, qui explique ainsi ce verset- : Il ne faut pas y lire les mots tu as brisé, mais tu les as fait grandir ^ (en les allongeant). Quelle était la stature de Moïse? Dix coudées (il avait atteint la longueur du tabernacle en l'érigeant). Il prit une hache de dix coudées, fit un saut d'aulant, blessa à la cheville Og (qui en chancela) et le tua. — Quanta la pierre sur laquelle Moïse était assis, il est dit ; Comme les mains de Moïse s'appesantissaient, ils prirent une pierre quils placèrent près de lui, et il s'assit sur elle (Exode, xvii, 12). De la femme de Lot il est dit : Sa femme regarda en arrière et elle fut changée en statue de sel (Genèse, xix, 96). — Le mur de Jéricho a été englouti par la terre, comme il est dit : Le mur tomba sous elle (Josué, vi, 9.0). Or, pour tous ces sujets, il y a eu miracle; mais pour la femme de Lot, n'y a-t-il pas eu punition et ne convient-il pas plutôt de dire : crBéni soit le juge de la vérité ^^ (formule de malheur) que d'exprimer des louanges et des grâces? En effet, on enseigne que pour Lot et sa femme on récite deux bénédictions. Pour la femme on dit : ff Soit béni le juge de la vérité ;?î pour Lot, on dit: rcBéni soit celui qui se souvient des justes. 77 Aussi R. Yochanan dit-il : Même au moment de sa colère, Dieu se souvient des justes, comme il est dit : Lorsque Dieu détruisit les villes du district, il se souvint d'Abraham et renvoya Lot du sein de la destruction, etc. (Genèse, xix, 19). — Comment dit-on que le mur de Jéricho a été englouti? Ne s'est-il pas efl'ondré, comme il est dit (Josué, vi, 00) -.Lorsque le peuple enten-
' Raschi traduit cette expression par lieu de lire 7)12^ . il faut lire n32"H:^ ♦ tu
fourmi. les a agrandis. C'est une allitération trop
- Traité Meghillà, foi. ifV; tr. Sola, évidente pour qu'il soil nécessaire d'y
ihl. 1 9.'\ insister.
' Il V a dans le texte tnlmudi(|up : i\\\
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(lit la voix ilu schofar, ils entonmrcnl an firamJ cri, el Ic niur Unnba de lui-mèine.' Comme sa iargenr et sa liaulour étaient é|jale.s, il a dû y avoir un certain eii- {'iontissement.
R. Juda dit au nom de Rab que (juatre jjroupes doivent rendre p,ràce à Dieu : ceux qui voyagent sur mer, ceux (jui traversent les déserts, ceux qui ont été guéris d'une nialadie, et les prisonniers délivrés. Gomment le sait-on pour les voyageurs maritimes? C'est qu'il est dit : Ceux qui descendent en mer sur des vaisseaux, etc. ont vu T œuvre de Dieu (Psaume cvii , 23 et suiv.); puis: Un vent d'orage s'éleva (ibid. 2 5); et les abîmes s' élèvent aux deux et ils s'abaissent ( 26 ) ; et ils tremblent et s'agitent comme l'homme ivre (27); et ils invoquent Dieu dans leur angoisse, qui les délivre de leur inquiétude (28); et il a changé l'orage en bruissement (29); et ils se réjouissent du calme (3o); et enfin : Ils rendent grâce à Dieu et ils racontent ses meiDeilles aux hommes (i]i). Comment le sait-on pour ceux qui traversent les déserts? C'est qu'il est dit : Ils se sont égarés dans le désert, dans la solitude da chemin; ils n'ont pas trouvé de ville habitée [à). Ils invoquèrent Dieu qui les fi t marcher dans un chemin droit (7). Ils rendent grâce à Dieu (8). Pour celui qui a été guéri de la maladie, il est dit : Les sots doivent soujfrir de leur conduite criminelle et de leurs péchés (17). Tout mets répugne à leur âme (18). Ils invoquent Dieu dans leur angoisse (19). // envoie son ordre et les guérit (20). Qu'ils rendent donc grâce à Dieu (21). Pour le captif délivré de la prison, il est dit : Ceux qui habitent les ténèbres et les ombres de la mort (10), parce qu'ils se sont révoltés contre la parole de
Dieu (11); il ploya avec peine leur cœur (12); ils invoquèrent l'Eternel dans leur angoisse (i3); il les délivre des ténèbres et des ombres de la mort (1^); qu'ils rendent donc grâce à Dieu. Quelle est pour ces cas la formule de bénédiction? Selon R. Juda, on dit: rrBéni soit celui qui accorde des bienfaits. 77 II faut, dit Abayé, rendre grâce devant dix personnes, comme il est dit [ibid. 32 ) ills Télèvent en assemblée du peuple. IVIar Zoutra ajoute que deux d'entre eux doivent être des rabbins, comme il est dit [ibid.) : Ils le louent dans le séjour des vieillards. Mais, demanda R. Ascbé, ne faut-il pas en conclure que tous doivent être rabbins? Il n'est pas dit dans l'assemblée des vieillards, mais dans celle du peuple. Mais comment sait-on que sur dix la majorité peut être des gens du peuple contre deux rabbins? Cette question subsiste. R. Juda tomba malade, puis fut guéri. R. Hana de Bagdad et les rabbins se rendirent auprès de lui et lui direnî : '•Loué soit Dieu de ce qu'il t'a rendu à nous, au lieu de te livrer à la mort. ^? Par ces mots, leur dil-il, vous m'avez dispensé de l'action de grâces. Mais Abayé ne dit-il pas qu'il faut rendre grâce devant dix personnes? Ils étaient, en effet, dix. Pourtant, ne peut-on lui reprocher de ne l'avoir pas récitée lui-même? M sullit de répondre amen à la récitation d'autrui.
R. Juda dit : Trois personnes ont besoin d'être gardées : le malade, ic fiancé et la fiancée; selon d'autres, à cette enumeration on ajoute aussi la femme en
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couches; selon daiifres, on ajoute encore la persoriiic cii dfuil. nw rtillri les savauls pendant la niiil. II dil é([alemen( : (](diii <[ui prolonge trois ohjets ania nne longue vie : la prière, la table et m secreto. Est-il hon d<' fliie une lonfjHie prière? W. IJiya bar-Aba na-l-il pas dil au nom de \\. Yochanan : Si Ton prolon(]e la prière et qu'on la médite, il [)eut en résulter des maux de cœur, selon ce verset (Proverbes, xm, 12) : Une espérance prolonfrée ajfaihllt le cœur? Et R. Isaac ne dit-il pas : Trois objets raj)pellent les péchés des hommes : un mur qui menacede tomber en ruines, la méditation dans la prière, et celui qui abandonne au ciel le ju^rement à prononcer sur le voisin? Il n'y a pourtant pas de contradiction : si l'on espère que la prière sera exaucée par le prolongement de la méditation, il peut en résulter un mal de cœur par la déception; mais, sans cet espoir, il est bon de dire une longue prière. Comment fait-on? On insiste sur la miséricorde divine. — Il est bon de rester longtemps à table, car pendant ce temps un pauvre peut arriver, auquel on donnera une part du repas, comme il est dit (Ezéchiel, xli, 22) : Uautel était de bois, haut de trois coudées; puis : Et il me dit : Voici la table qui est devant VEternel; il a corn-
mencé en parlant de l'autel, et il a fini par la table ^ R. Yochanan et R. Eliézer disent tous deux : Aussi longtemps que le temple subsistait, l'autel servait à pardonner les fautes d'Israël; maintenant la table de l'homme fait cet office. Est-il bon de rester longtemps aux cabinets? N'a-t-on pas dit : Dix objets alourdissent le bas-ventre: de manger des feuilles de jonc, ou des feuilles de vigne, ou des bourgeons de vigne, ou les membres durs d'un animal (comme la gorge, la langue, etc.), ou l'arête principale du poisson, ou du poisson salé insuffisamment cuit, ou de boire la lie du vin, ou de s'essuyer avec de la chaux (après la satisfaction des besoins), ou avec des tessons, ou avec un morceau de terre dont un autre s'est déjà servi, ou enfin, selon quelques-uns, de rester trop longtemps aux cabinets (n'y a-t-il pas contradiction)? Non, c'est nuisible lorsqu'on reste trop longtemps accroupi; mais en étant assis, c'est au contraire bon. C'est ainsi qu'une femme disait à R. Juda bar-llaï : Ta face ressemble aux éleveurs de porcs et à celle des usuriers^ (à quoi cela tient-il?). — Par ma foi, lui répondit-il, je m'abstiens de ces deux métiers; mais depuis ma demeure jusqu'à la salle d'étude il y a vingt quatre cabinets, et dans chacun d'eux j'examine si j'ai besoin d'y aller.
R. Juda dit : Trois choses abrègent la vie de l'homme: de ne pas lire dans le rouleau de la Loi que Ion a reçu pour cela, de ne pas bénir la coupe de vin qui vous a été donnée dans le but de la bénédiction, et enfin de s'attribuer
' Tr. Ilaghifrn, fol. 9.7"; tr. Menahoth , ceux qui n'ont pas de soucis. V. tr. Nedafol. 97". n'ni, fol. hç)\
■ C'est-à-dire , tu as bonne mine . comme