Journal asiatiqucy juillet 1879, Rapport annuel, p
importants le texte orii;inal et les discussions Je l'école criti(;iie moderne ; mais elle sera extrêmement commode aux savants non israélites, capables de vérifier et de discuter un texte, mais n'ayant ni le temps ni la facilité nécessaire pour lire avec suite dans Toriginal cette compilation souvent fastidieuse. Les analyses, les extraits ne nous font nullement atteindre ce but : car un esprit vraiment critique hésite toujours à se servir d'un texte dont il ne connaît pas Tagencement, d'un livre dont il ne sait pas le plan général )>.
11 ne sul'fit plus de répéter, — comme on l'a dit tant de fois, — que ce livre a été comparé, et avec juste raison, à un cours de jurisprudence à rétat embryogénaire;que Tony rapporte,querony discute toutes les suppositions les moins pratiques, les moins imaginables. La variété des idées, il est vrai, la multiplicité des opinions, la liberté d'exprimer sa pensée poussée jusqu'à la licence, ont fait que Ton y trouve, à titre d'avis contraires, les théories les plus étranges, les moins admissibles et mêaie les moins avouables, que le bien et le mal s'y coudoient sans se confondre ; mais l'un sert de contrôle à l'autre, et fait constater^ par voie de réciprocité, l'authenticité de l'ensemble. Pour donner une idée plus nette de ce procédé, il convient de rappeler le passage suivant du Midrasch ^ :
Une matrone romaine demanda un jour à R. Yossé : Se peut-il que l'histoire de Joseph, ce garçon qui était alors dans toute sa jeunesse, soit vraie? Le rabbin lui ouvre la Genèse, lui montre l'histoire de Ru ben et Bileah, celle de Jada et Tamar ; et, ajoute-t-il, comme la Tôra n'a pas caché l'un, elle a dit vrai de Tautre. Ne peut-on pas appliquer cette déduction au Talmud? Et ne peut-on pas dire de lui, comme de ja Genèse, que la rare mention d'opinions choquantes pour la morale prouve la franchise avec laquelle nos ancêtres y ont enregistré des avis plus sams et des traits de vertu dii;nes d'admiration ?
Le meilleur mode donc, d'imposer silence aux détracteurs de celle œuvre, c'est de l'exposer au grand complet, sans réserve, ni restriction, telle qu'elle est née dans les deux agglomérations d'études juives, dans l'école de Babylone et dans celle de la Palestine. Toutes deux ont eu de