‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 117 sur 227 · Maïmonide a iij*XÂiû, cliicorium § 6. endivia · texte numérisé non relu

Maïmonide a iij*XÂiû, cliicorium § 6. endivia

226 TRAITÉ KILAIM

le défend ; muis, à i'égard du jiiclaiigo do concombre el citrouille, r,on avis n'est pas exprima;. Les deux sortes de laitues, dont il est question dans la Mischnà, se distinguent, dit R. Hanania, en ce que la seconde pousse sur les ruines avp'.-v. Le terme suivant, dit Simon, fds de R. Abi, désigne une sorte d'endive. R. Yossé bar R. Aboun, dit : j'ai entendu traduire ce terme par le moi TpoVrJi^ov. En outre, il y a la môme espèce à l'état sauvage. Quant au porreau et porreau sauvage, c'est le y.eoaXwTo; (porrum capitatum). — « Le potiron égYP*''cn.» A ce sujet, on a enseigné au nom de R. Neijemia, une opinion opposée, savoir que le potiron araméen est le même que l'égyptien ; il est défendu de le joindre au potiron grec, ni au potiron hermoça. Celui-ci, dit R. Hinena est amer, et on le rend comestible en l'enfouissant dans la cendre chaude. Enfin le second produit du dernier groupe énoncé est la fève égyptienne ou perse. On l'appelle Haroub^ parce que les feuilles qui l'entourent ressemblent à celles du caroubier.

« Les raves et les navels, les choux et les choux sauvages, etc. », est-il dit. Ce dernier est une espèce de petit haroub. Le terme leônlm désigne l'arroche, ou ce qui pousse près la source (peut-être le cresson, de fontaine). Quant aux objets, ajoutés par R. Akiba, le schoumonim est le diminutif de l'ail ; et le Beçalcel est l'équivalent d'une sorte de raifort ' ; enfin le Floslos est le lupin sauvage. Aucun de ces produits, rangés par groupes, ne forment de mélange interdit.

4. Parmi les arbres, il est permis de joindre : les poires (moriega) et les oranges (poires du paradis -), les coings et les pèches \ Mais les pommes et les pommes de pin \ les pèches et les amandes ^ les prunes et les connares % bien qu'elles se ressemblent, sont des matières diverses (différentes et taxées de Kilaïm).

L'espèce désignée dans la Mischnâ par ^^cruschin est, selon R. Yôna, ce que l'on nomme coing; et pourquoi lui donne-t-on ce nom en hébreu? parce que nulle autre espèce n'est aussi spécialement destinée {pcrousch) à la

1. Le Jroukh additionnel par Mous- 4. Pour ce terme, Maïmonide a l'exsaphia, éd. Landau, rectifie le terme pression (j^jja-^.^, que citent Ebn-Yazla talmudique en D^^bj^, qu'il fait dériver et Beitaride, comme dérivé de l'espèce de l'arabe J^^y raphanus (ou Rumex, appelée (j^j-^j, Mespilum, genus aroselon Forsk, Flora, LXV, 7G). Gomp. niu??i, (Dioscoride, t. I, p. 167, et Freyci-aprcs, § 8, note 1. ^^ë^ à ce mot).

2. C'est le sens donné à la crustumia, 5. Avant leur développement, les

Xpjc:6iAr^Xa, par Pline, HUtoria natu- pêches ressemblent aux amandes ; Maï-

ralis, XV, 'l6. Maïmonide a J^^, Pi- monide rend ce terme par p, amyg-

^^ ^ -^ dalum .

rum, ou»jjX, Pirus commun. Forsk, ^ ^^ ^^ j^ ^ ^^ ^^ ^j. ^^^^^-^^ ^e

flora egyp. LXVIL terme se retrouve aussi, ainsi qu'au tr.

3. Voir tr. Dcmdi, ch. 1, § 1 ; c'est Berakhoth, f. 40b (I, p. 394). peut-être l'alise (ou sorbe).

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cuisson (seul fruit de l'arbre qu'il faut cuire). Salmon bar Levi, frère de Zabdaï bar Levi dit, au nom de R. Josué bar Levi, qu'il faut i)rocéder par groupes (tels qu'ils sont énoncés dans la Mischnâ), pour (ju'il n'y ait pas de Kllaï)n{en cas d'interversion, c'est iiiL(;rdit). S(!lon Rab, au contraire, tous ces produits sont de la mémo espèce et peuvent être mêlés. 11 existe un finseignement contraire à Rab, selon lequel il esl permis, d'après R. Yossé bar R. Aboun, de joindre aux dites sortes la Baxy.api; (plante de noisetier ' qui forme certes une espèce distincte). Il en est de même, a-t-on enseigné, pour Voryganum, ou l'arroche ou marjolaine ^. Au marché de Sephoris, on greffait les orangers xpn^ô'^r^Kx ^ sur les poiriers. Un homme instruit, en voyant ce fait, dit que c'est interdit. Aussitôt après, l'on coupa ce qui avait été greffé et Ton alla interroger les sages à Yabné. Ceux-ci repondirent : celui que vous avez vu est un disciple de l'école sévère de Schammaï (mais d'après Ilillcl, dont l'avis prédomine, ce n'est pas un mélange interdit). Toutefois, on n'a parlé que de grelTer l'oranger sur le poirier, mais on n'a rien dit de la jonction entre le poirier et la pomme de pin. Or, aux environs d'Arich, on greffait le pommier sur le pin. En voyant cela, un savant qui passait, dit que c'est interdit. Aussitôt l'on coupa ce qui avait été greffé et l'on alla interroger les sages à Yabné. Ceux-ci répondirent : le savant que vous avez vu a bien dit (c'est un mélange interdit). Toutefois, la Mischnâ ne juxtapose que le pommier et le pin (qu'elle interdit) ; mais est-ce que le pin greffé sur le poirier n'est pas interdit? Par le dernier fait cité, on voit que c'est défendu. On a enseigné : s'il arrive à un païen de greffer un noyer sur un pécher, quoique cette opération soit interdite à un Israéhte, ce dernier peut prendre une branche et la transplanter ailleurs. Il en naîtra des pêches défectueuses. Si l'on a greffé de l'épinard sur de l'asperge (ou fenugrec), quoique ce soit une opération interdite à un Israélite, ce dernier peut en prendre de la graine et la semer ailleurs. Cela donnera des gerbes d'or \ La jonction du cep de vigne et des raves produira du persil, la jonction de l'amandier et du noisetier produit la pistache ^; enfin, la jonction de l'olivier et des connares donne des prunes (sisiphion).

5. Le radis et le navet (§ 3), la moutarde et la lupsana, le potiron grec et l'égyptien, ou le potiron amer (§ 2), forment des matières diverses (interdites), bien qu'elles se ressemblent (ils dilîèrent par Tespèce et le goût).

R. Yonathan dit: pour les uns, on se règle d'après le fruit; pour les autres,

d. Gomp. traité 5c/ie6?27^, ch. VII, §4. 3. Cf. Sachs, Beitr^œge zur Sj^rach-

2. L'équivalent grec de ce mot, ou forschung^eic.,1, p. 156-7.

Xp'jaoXx/avov, n'est correctement trans- 4. Peut-être de ^y. Voir Babli,

crit en araméen que dans le commen- tr. Pesahim, 39», cf. 3^1Ù^.

taire de R. Simson, où on lit pD^''D"1î?. 5. Pline, Hist. nat. XII, 4.

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d'après los fouilles, l'oiir joindro les raves am radis, on se règle d'après les feuilles (s'ils dirTèreiil, le mélange est inlerdil). Mais, a-t-on objecté, les radis oL les navels ne se ressemblent-ils pas autant par la forme du fruit que par les feuilles, et pourtant on interdit de les joindre? En ce cas, répond R. Yona, on se règle d'après les goûts dos produits (qui diffèrent notablement l'un de l'autre).

0. Le loup et le chien, le chien de campagne et le renard, les boucs et les daims, le chamois et la chèvre, le cheval et le mulet, le mulet et l'àne, l'àne et l'onagre, forment des groupes qu'il est interdit d'atteler ensemble, bien qu'ils se ressemblent.

De ce que l'on procède par groupes, il résulte que l'attelage d'un chien avec un chien de campagne n'est pas interdit. C'est contraire à l'avis de R. î\Ieir, d'après lequel cette union est interdite *. Bien cpie R. Meir soit d'avis que le chien est un animal domestique, il reconnaît que le chien de campagne est une bêle sauvage. Aussi, selon lui, la jonction d'un chien et d'un chien de campagne est interdite. Quelle est la règle au sujet des oiseaux, dont on ne parle pas ? R. Yohanan répond que l'on peut le savoir d'après cet enseignement de bar Balia : « Il est interdit de joindre un coq et un faisan (oas'.avô^;) , ou le coq et l'oie, bien qu'ils se ressemblent fort. » R. Simon ben Lakisch dit qu'une Mischnâ spéciale a été enseignée à ce sujet par Rabbi'', disant qu'il en est de môme pour les animaux sauvages et les oiseaux (On leur applique ces règles). Toutefois, ajoute R. Yossé, l'enseignement cité par R. Yohanan est nécessaire ici : car, après avoir enseigné ici la règle. générale sur les animaux sauvages, on explique ailleurs les détails ; après avoir énoncé ici la règle relative aux animaux domestiques, on expose ailleurs les détails ; enfin, après avoir indiqué ailleurs la loi relative aux oiseaux, on énonce ici les détails. En général, dit R. Yossé, on a bien fait d'enseigner que la loi relative aux hétérogènes s'applique aux oiseaux. R. Jérémie dit que Kahana demanda à Simon b. Lakisch^ quelle est la règle à l'égard de l'accouplement des monstres' marins ? A leur sujet aussi, fut-il répondu, il a été dit (au moment de leur création): selon leur espèce (Genèse, I, iM). Ce n'est pas ainsi que R. Aha s'est exprimé; mais voici ce qu'il a dit au nom de Resch-Lakisch : à" tout objet dont il est dit (dans le récit de la création) : selon son espèce, la loi sur les hétérogènes est applicable. Là-dessus, Kahana objecta ^ qu'à l'égard des monstres marins, il est aussi dit « selon leur espèce », et cependant nous ignorons si la loi des hétérogènes leur est applicable? Pour ce fait, dit R. Yossé bar R. Aboun, Kahana a jeté son fdet sur Simon b. Lakisch et /l'a pris au piège (c.-à-d. il n'y a pas lieu de répondre à cette question de Kahana,

1. Gorap. ci-après, cli. VIII, § 'J. Baba Kamma^ ch. V, § 10.

"2. Ce qui dispense d'avoir recours à 3.Midrasch^erc6e//2YArrt66(t, ch., VIL

renseignement cité par R. Yohanan. Tr. 4. Ibid, ch. Y.

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car l'avis de Resch-Lakisch qui propose d'appliquer aussi aux poissons la loi de Kilaïm n'est pas admissible, puisqu'il n'y a pas entre eux d'accouplement). Cependant, dit R. Yona, on peut interpréter l'avis de Resch-Lakisch en supposant qu'il s'agit de la question de conduite, comme en ce cas : on prend un fil que l'on attache à la nageoire du poisson Aô-jy.éç (blanc. Table), et à celle d'un poisson verdàtre' ; on les laisse aller ensemble, et la fécondation a lieu (c'est un accouplement d'hétérogènes).

7. Il est défendu de greffer une espèce d'arbre (fruitier) sur une autre inculte, ou une sorte de légume, sur une sorte différente, ni un arbre sur de la verdure ou de la verdure sur un arbre. R. Juda autorise cette dornière opération (parce qu'il n'en résulte pas de fruit extraordinaire).

Est-ce queR. Juda n'est pas en contradiction avec lui-même? Il dit ailleurs (§ 2) : si l'on joint un peu de graine du sommet d'un melon et de la graine du sommet d'une pomme et qu'on les place dans une même motte do terre, les semences en se confondant forment un mélange hétérogène. Comment donc se fait-il qu'ici il autorise la greffe? Les 2 cas ne se ressemblent pas : ailleurs, en plaçant une semence à côté de l'autre qui est différente, on les joint et l'on provoque le Kilaïm, tandis qu'ici il s'agit de greffer de la verdure sur un arbre fruitier (l'effet en est nul). On a enseigné : d'où sait-on qu'il n'est pas permis de grefler un arbre inculte sur un arbre fruitier, ni une branche d'un arbre fruitier sur une autre espèce fruitière, ni une espèce quelconque sur une autre? Parce qu'il est dit (Lévitique, XIX, 18) : Vous observerez mes lois (imposées à la nature), recommandation suivie des lois du Kilaïm. R. Yona ou R. Eleazar ajoute au nom de Kahana qu'il faut aussi entendre cette loi de Kilaïm comme une suite aux lois imposées par Dieu à l'Univers. S'il en est ainsi, était-ce défendu également à Adam (qui a vécu avant la promulgation de la loi) ? Oui, répond R. Yossé au nom de R. Hiya ; car, de l'avis de tous, cette loi existe en raison des préceptes imposés à l'univers de tout temps. Est-ce à dire qu'il est interdit, de greffer une branche de figuier noir (espèce fort rare), sur une espèce de figuier blanc? On voit que ce n'est pas interdit, répond R. Abin, d'après la loi sur les vêtements hétérogènes : de même qu'en fait d'étoffes, on ne défend le mélange que lorsque les 2 espèces sont tout-à-fait diflerentes, de même on procédera à l'égard des autres catégories d'objets hétérogènes; ce n'est interdit que si les 2 espèces diffèrent.

On a enseigné au nom de R. Eliézer : il est permis à un païen de semer et de vêtir des objets hétérogènes appartenant à un Israélite (c'est la jouissance indirecte permise à ce dernier) ; mais il lui est défendu d'accoupler des animaux hétérogènes (appartenant à un Israélite), ni de greffer des arbres hétérogènes, parce qu'à leur égard on emploie l'expression : selon leurs espèces.

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