Tr. Schabbath, f
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prouve que la laine n'a d'autre acception que celle des moutons. « Ces étoffes mêlées de fil et de lin, est-il dit dans la Mischnâ, communiquent seules l'impureté des plaies ou taches '. » C'est qu'il est dit (Lévitique, XIII, 47): S'il y a une tache sur une clo/le de laine ou sur un vêtement de Un. On aurait pu croire que l'impureté est aussi bien transmissible aux objets teints qu'à ceux qui ne le sont pas; mais, comme il est répété (ibid. 57): une étoffe de laine ou de lin, cela prouve que la laine doit avoir conservé sa couleur naturelle (non teinte) comme le lin. Peut-on établir une distinction entre cequiest teint par l'homme (artificiellement) et ce qui est teint par le créateur (naturellement noir)? Comme on a répété à la fin du môme chapitre les termes de lin et laine, c'est-à-dire que le lin est naturellement blanc, de même il s'agit ici de laine blanche. — On a enseigné à ce propos deux règles qui n'ont rien de commun: 1° Host dit ici que l'on considère seulement comme hétérogène le lin et la laine, soit teints, soit blancs. ^'^ Il est dit aussi que l'on déclare ces mômes sortes susceptibles de l'impureté des plaies, lorsqu'elles sont seulement blanches. Mais, demanda R.Yona Boçra en présence de R. Mena, comment se fait-i^ qu'au sujet du Kilaïm on n'établit pas de distinction entre les étoffes teintes et celles qui sont blanches, tandis que pour les plaies il s'agit exclusivement du blanc ? Pour cette dernière question, répondit-on, c'est différent ; la répétition du mot laine dans le même chapitre indique que la laine doit être à l'état naturel (blanche), comme le hn naturel. R. Zeira dit: comme il est écrit (Lévitique, XVI, 4): Il revêtira une tunique de lin sacré, le mot had indique qu'il s'agit d'un produit qui naît par tiges isolées ^. Mais ne peut-on en dire autant de la laine qui pousse par poils séparés? Non, on tire une déduction de ce qu'il est dit (Ezéchiel, XLIV, 17): Ils ne porteront plus de laine pendant leur service depuis la porte de la cour intérieure dans le Temple', donc, à l'extérieur (au parvis) le port de la laine leur est permis. — Comment sait-on que les sacerdotes peuvent porter des hétérogènes pour le service divin? C'est qu'il est dit (Exode, XXXIX, 28-29) : Et la tiare sera de fin lin, et les ornements des calottes de fin lin, et les caleçons de lin, de fin lin retors ; et la ceinture sera de fin lin retors, bleu, pourpre et rouge foncé. D'autre part, il est dit (Ezéchiel, XLIV, 18) : Ils auront des ornements de lin sur la tête et des caleçons de lin sur les reins; ils ne se ceindront point au lieu où Von transpire. On compare entre eux les termes analogues de ces 2 versets ^ : l'expression fin Un (pour la ceinture) avec le même terme pour les calottes, et ce dernier avec les ornements (du 1" verset) ; puis ceux-ci à ceux du verset d'Ezéchiel (et il en résulte que. malgré l'emploi du mot lin pour la ceinture, cette dernière est évidemment de laine ; donc, on peut la porter avec du lin au Temple) ; enfin, on compare les couleurs entre elles et l'on dit : de même que
1. Babh, tr. Schabbath, fol. 27». — 2. Babh, tr. Zebahtm, fol. 18»).— 3. Voir même série, tr. Schabbath, ch. II, § 3 (f. 4').
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lo rougo foncé ost la toinlun; du-sang d'un vor vivant, do memo lo blou ciol devra provenir d'un iinimiil (lo I/alnzon), cA (h) môm(! que l.i laino n'a pas d'aulro dénominalion spéciale, de mémo il s'agit de simple lin, sans autre dénomination.
H. Yona Oiabar Ismael dit au nom de R. Eliézor : la laino et le lin mêlés sont interdits à tout usage. Comment fait-on pour les rendre aptes à un usage? On apporte un peu plus d'une livre de laine de chameau ; et par ce surcroît d'un nouvel élément, l'interdiction est annulée. Aba bar Houna dit au nom de R. Jérémie qu'en cas de mélange de lin et do laine, il est pour ainsi dire annulé et non interdit ; selon Rab, c'est un mélange interdit. Est-ce à dire que R, Jérémie est en opposition avec l'avis de Rab? Non, R. Jérémie parle du cas où l'on a fait de ce produit mêlé un vêtement à part (sans y joindre do la laino de chameau) ; R. Jérémie qui le permet, parle du cas où ces produits doivent être mêlés à un autre (de la laine de chameau). R. Hillel bar Walles avait un vêtement de plus de 30,000 dinars qu'il donna àRabbi. Comme ce dernier y remarqua un mélange hétérogène, il le brûla. Le même fait arriva à R. Mena, qui lo donne à R. IJiya bar Ada. Ce que tu as là, lui dit-on, ne peut servir qu'à un mort (puisqu'il y a des hétérogènes). En effet, il ne garda l'étoffe sur lui que juste le temps nécessaire de dire la formule de bénédiction (béni soit celui qui m'a revêtu d'un tel manteau), puis il le retira. R. Hagaï raconte que R. Samuel bar Isaac ayant rapporté du teinturier une étoffe sur laquelle il trouva une dizaine de fils, il eut soin de les enlever ostensiblement (pour ne pas être accusé de porter des hétérogènes). Il raconta aussi que Samuel recommandait aux gens de sa maison de ne pas laisser placer un vase contenant des bandes de laine auprès d'autres contenant des touffes de chanvre, pour éviter tout contact interdit et la formation de cordes issues de ces deux produits (interdites par les rabbins).
2. La soie de Chine (^îjpôç) et la soie de conque * ne forment pas (avec la laine ou le fil) un mélange interdit, mais on ne doit pas les joindre pour éviter l'apparence du mal. Si clans les tapis ou les coussins un de de ces mélanges s'est produit, cela ne fait rien, pourvu que Ton n'y touche pas avec le corps nu. Il n'est pas permis de se revêtir d'étoffes hétérogènes, ne fût-ce que pour un instant - ou fût-ce au-dessus de dix autres vêtements (sans en tirer profit directement), et fût-ce pour tromper Toctroi (en dissimulant ainsi sa qualité, lorsque les juifs devaient, en passant, remettre un droit de péage spécial).
Le premier terme employé dans la Mischnâ correspond à Méxa^a, soie, et le
i. Bochart, Hierozoicon, lr« partie, 1. 11, ch. 45, p. 487. C'est une sorte de soie brute.— 2. Tr. Menalwth, f. 41»; tr. Baba Kamma, f. 143».
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second rcpréscnto une sorte de mousse marine, ou floche S dite soie de Césarée. Je me suis informé •\ ce sujet, dit R. Simon ben Gamaliel 2, auprès de tous les marins, et ils m'ont tous répondu qu'on lui donne ce nom de ib3 (K0X701, Colchide). Quant à Tinterdiction établie pour éviter l'appareneo du mal, dit Rab, elle subsiste même au fond le plus caché des appartements. Un enseignement semble contredire c(3tte opinion de Rab : avec du lin teint en noir (ou */pw^, àabar^, à l'encre), on ne doit pas former des franges (ou bordures fabriquées d'ordinaire avec do la laine), pour éviter l'apparence du mal ; dans la confection des tapis ou coussins c'est permis, parce qu'ils ne sont pas assujettis à la loi du Kllaïm (donc, contrairement à Rab, si ces cordes n'étaient pas visibles, la teinture des cordes serait permise). On peut encore citer un autre enseignement opposé à l'avis de Rab : si par mégarde on a laissé tomber son argent devant une idole \ on ne doit pas se courber pour le ramasser, parce que l'on semblerait se prosterner devant l'idole ; mais, si c'est en un endroit écarté (où l'on ne vous voit pas), c'est permis. Do môme on a enseigné : auprès des fontaines représentées par un masque humain, de la bouche duquel l'eau sort, on ne doit pas aller se désaltérer en y mettant la bouche, parce que l'on semblerait embrasser une idole ; mais c'est permis en un endroit écarté, non en vue (contrairement à l'avis de Rab). Do même aussi on a enseigné ^ : On ne doit pas égorger l'animal dans un fossé ; mais à l'intérieur de sa maison (pour ne pas la salir), on peut amener le sang dans un creux par une rigole (contrairement à Rab), tandis que sur la place publique, il n'est pas permis d'agir ainsi, pour éviter l'apparence d'imitation de certains sectaires (qui s'assemblaient autour du sang en mangeant). De môme encore on a enseigné^ : s'il arrive à quelqu'un le jour du sabbat, do laisser tomber ses habits à Toau, il peut, en arrivant dans la cour extérieure de sa maison, les étendre, non au feu, mais au soleil (où ils sécheront naturellement) ; mais au dehors, à la vue de tous, il est même interdit de les faire sécher au soleil, pour que l'on ne suppose pas que ces vêtements ont été lavés en ce jour, ce qui est contraire à Rab (d'établir une telle distinction au dehors). Enfin, on a enseigné ' : lorsqu'un conduit couvert, ou tuyau, se prolonge à la distance de 4 coudées sur la voie publique, on ne doit pas le samedi y jeter de l'eau, afin de ne pas laisser dire que l'éjection de l'eau est un indice de transgression sabbatique ; et, sur cet avis des rabbins, on présente la remarque que la défense est nulle s'il
1. Le mot pD3X est certes corrompu; dans Schabbath, il est écrit pa^X (avec 3) ; dans le Midrascli sur Debarim, section Ki thabô, on lit ptO^DX, et le midrasch sur les psaumes a pîO'^DX, formé de pt33'''»Diy, amiante (ou abseste flexible), soit étoffe luisante. Voir Schonhak, à ce mot.— 2. Gomp. Babli, tr. Schabbathy fol. 20». — 3. Pour ce terme, voir tr. Meghilta, fol. 6». — 4. Babli, tr. Âboda zara, fol. 12». ^ 5. Mischnâ, tr. HulUn, ch. II, § 9.-^ 6. Tr. Schabbath, ch. XXII, § 4.— 7. Voir même série, tr. Eroubin, ch. VIII, § 10 (fol. 25t>).
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y a un luvîui panillùle uu nmr, ou si c'osL la saison (l(;s plni(3s (pondant laquelle toules les rif,^olcs sont pleines d'eau) ; mais si cm sont de simples gargouilles, très-évid(Mites, c'est interdit; et bar Kappara ajoute que c'est permis dans un endroit écarté (oij Ton ne peut craindre des interprétations fâcheuses, contrairement à Hah). En elfet, tous ces enseignements sont contraires à Hah, et l'on ne saurait 1(!S justifier autrement.
« S'il s'agit de lapis et de coussins, est-il dit, c'est permis. » Ce n'est vrai que lorsqu'ils sont vides à l'intérieur ; mais lorsqu'ils sont i)l(;ins, c'est interdit (ils produisent le même effet qu'un vêtement) ; ou encore, c'est interdit lorsque le tapis ou le coussin sont placés sur un lit de cordes ' (et comme ces objets s'enfoncent, on se trouve couvert par eux en partie sur le bord), mais s'ils sont placés sur un lit ordinaire de bois (où cette particularité n'a pas lieu), c'est permis. — Si quelqu'un, se trouvant sur la voie publique, s'aperçoit qu'il est revêtu d'étoffes hétérogènes, il faut, d'après un avis -, se déshabiller sur le champ; d'après un autre, on peut attendre jusqu'au moment de rentrer chez soi. Celui qui ordonne de s'en défaire aussitôt émet un tel avis, parce qu'il s'agit d'une défense grave, textuellement prescrite par la loi ; celui (jui est d'un avis contraire se range à l'opinion de R. Zeira, selon lequel le respect des passants doit être tel qu'il autorise momentanément la transgression d'un précepte légal. On a enseigné : lorsque l'on se trouve dans la salle d'étude, on •n'observe pas d'une manière stricte, ni la prescription sur les morts à l'égard des sacerdotes (ils ne sont pas tenus de s'interrompre pour s'éloigner aussitôt de la maison mortuaire), ni la loi du Kila'tm (l'on n'est pas tenu de s'y déshabiller, le cas échéant). Ainsi, au moment où R. Yossé étudiait, un décès survint dans la maison ; ni celui qui jugea à propos de sortir ne lui fit d'observation, ni celui qui resta. Comme R. Imi était en train d'étudier, un des assistants dit à un compagnon d'étude qu'il était revêtu de Kllaïrn. S'il en est ainsi, dit R. Imi, quitte ton vêtement et prête-le lui (pour qu'il puisse tenir compte de ton observation). On a enseigné: la défense de revêtir les Klldlm^ même pour un moment passager, s'applique également aux sacerdotes du Temple (qui, pendant le service seul, peuvent être vêtus de Kllcûm). Mais on a enseigné pourtant que ^ lorsque le prêtre sort du parvis pour causer avec un compagnon, s'il est resté longtemps, il devra prendre un bain complet; s'il n'est resté qu'un moment, il devra se purifier les mains et les pieds ; n'en résulte-t-il pas qu'en ce moment il a évidemment conservé ses habits de service, interdits au dehors? Ceci n'est pas une contradiction; lorsque l'on défend au sacerdote de porter, même un moment, ses habits de service, il s'agit du grand costume orné d'or, où est mêlé le fin et la laine; mais lorsqu'il
1. Littéralement : composé de colonnes, gtDXci ou jrr]Xa'. (persan xj\^]aMt\, arabe JLxi). ^'^ii' Spiegel, Die traditionnelle Literatur der Parsen, p. 459. — 2. Babli, tr. Bera/i ôl/i, f. '19i> (I, p. 300).-^ 3. Môme série, tr. Yôma, ch. III, § 6, (f. 40c).
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a les vôtemonts en lin uni, qu'il porl(3 dans le sancLuairo, il n'y a pas de mélange hétérogène, oL il peut les conserver momentanément, môme s'il sort. C'est permis pour 1(3S tapis et les coussins, parce qu'il (;st écrit (Deutéronoinc, XXII, 10) : tu ne les parleras pas sur loi K Cela indique qu'il est permis de les étendre au-dessous de soi. Seulement, par précaution, les rabbins ont même interdit cet usage, de crainte qu'un fil ne s'en détache (!t recouvre le corps.
3. A l'égard des serviettes ^ , des manteaux pour les rouleaux de la Loi, du linge de bain, on ne fait pas attention au mélange dos étoffes; R. Eliézer l'interdit. Dans le linge des barbiers (qui vous couvre), le mélange est interdit.
On a enseigné ailleurs : il y a trois ^ catégories d'impuretés à l'égard des serviettes, savoir celle qui sert à essuyer les mains devient impure si un homme impur s'y appuie ( par exemple, si le gonorhée se couche dessus) ; le linge autour des livres sacrés ne devient impur, au premier chef, qu'au contact d'un cadavre (comme tout instrument) ; enfin, l'étoffe servant à envelopper les instruments de musique des lévites reste pure de tout contact (en raison de sa destination, rien ne peut l'entacher). R. lia explique au nom de R. Yohanan le motif du premier de ces cas : c'est que, dit-il, il arrive que l'on dépose cotte serviette sur le coussin et que l'on dort dessus (ce qui communique l'impureté) ; selon Rab, cola tient à ce que l'on place cette serviette sous la paume de la main pour s'y appuyer. ■ - Rab dit que le linge du barbier où il y a du mélange, est interdit ; et cette opinion sert de règle. Pourquoi alors ne pas dire que l'avis de R. Eliézer qui l'interdit sert de règle? C'est que, d'après un autre enseignement, on intervertit l'ordre des interlocuteurs (et l'on attribue aux rabbins ce que dit ici R. Eliézer; on fixe donc la règle d'une manière anonyme). R. Yohanan, en sortant, mettait au dessus de ses vêtements une serviette faite d'une étoffe mélangée. Mais n'était-ce pas intordit à titre de Kilaïni? Non, parce qu'elle servait seulement à garantir les habits. R. Zerikan raconta avoir présenté à R. Abonna un œuf chaud dans une serviette composée d'étoffe mélangée, et celui-ci ne l'accepta pas, selon le précepte mischnique'' de ne pas se servir d'une telle étoffe en été pour se garantir contre le soleil, ni en hiver contre la pluie (de même qu'ici contre la chaleur de l'œuf). Quant à la seconde des catégories précitées, celle delà serviette autour dos livres sacrés, R. Samuel bar Nahman en explique la raison au nom do R. Yonathan : c'est qu'elle reçoit la forme d'un fourreau, dans lequel on place le rouleau de la Loi (c'est donc un instrument) ;
1. Voir Babli, tr. Yôma, f. 69; tr. Jieea, f. i4i,. — 2. A Taide desquelles on s'essuyait les mains après les ablutions.— 3. Mischna, tr. Kéllm^ ch. XXIV, § 14. — 4. Voir ci-après, §§ 5 et 6.
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s(!loii H. Ab.iou, li. I.Iiyn l»ar .loscpli .111 riom fie, Rah, c'est qu'elle sort à réehaiiHnr I(S mains (c'(5St une jouissanro iiitordito). Mais, demanda H. Ahoun har lliyri à \\. Aha, n'ost-co pas interdit sans cela, à titre de KiLa'bnl Ton obj(îction, lui répliqua-t-il, est juste d'après Rab, rpii l'interdit en effet à titre de Kllaïm et dont l'avis sert do règle. Mais encore, demanda H. Yonà à H. Aba, pourquoi ne pas indiquer comme motif d'interdit que cette serviette contient désormais des objets sacrés? C'est que, répondit H. Aba, si j'avais fait valoir cette considération, on aurait pu m'objccter que l'interdiction de la joui^ance en ce cas subsiste on dehors de la question du Kilaïm, et je n'aurais pas su quoi répliquer (voilà pourquoi je me suis rejeté sur Rab). Quant au linge de bain, c'est l'étoffe qui sert à s'envelopper lorsque l'on voit son maître (par respect pour lui). R. Abahou dit au nom de R. Yohanan que les peignoirs de femme sont interdits s'ils se composent d'étoffes mélangées (parce qu'ils servent de vêtements). Au contraire, disent les autres compagnons, on n'établit pas de distinction entre les étoffes pour hommes et colles des femmes '. Gomment nomme-t-on ces dernières? Ce sont, disent les rabbins de Césarée, des 'EjOyjie; (étoffes). En général, il n'y a de doute au sujet de ces serviettes que si l'on se propose de s'en servir comme vêtement ; mais, au cas contraire, on n'y fait pas attention.
4. On n'a pas égard au mélange hétérogène pour les vêtements funéraires ^ ni pour la selle d'un âne (généralement dure). Toutefois il ne faut pas la porter sur l'épaule, fût-ce pour transporter du fum.ier.
5. Les marchands d'habits ^ peuvent les vendre selon leur usage (en les portant), à condition de ne pas s'en servir en été pour se garantir contre le soleil, ni en hiver contre la pluie. Quant aux gens pieux, ils portent ces objets à vendre derrière eux, sur un bâton.
6. Les tailleurs cousent les vêtements selon leur usage (sur les genoux); à condition de ne pas s'en servir en été pour se garantir contre le soleil, ni en hiver contre la pluie. Les gens scrupuleux les cousent en les déposant à terre.
Comme il est écrit (Psaume LXXXVIII, 6): Entre les moists exempts de soucis, cela indique que, dès le décès d'un homme, il est exempt de tout accomplissement des préceptes divins (on ne les remplit plus pour lui). Rabbi, à son lit de mort, fit trois recommandations * et dit : ma veuve ne quittera pas ma maison ; on ne prononcera pas d'oraison
1. Gomp. môme série, tr. Moëd Katon, ch. Ill, § 2 (f. 82«). — 2. Ce qui touche les morts n'est pas soumis aux lois. Psaume LXXXVIII, G. — 3. Tr. Schabhath, f. 29i>et46; tr. Pesahim, f. 26«>.— 4. Babli, ir. Kethoubôth, fol. lOS»» ; midrasch Bereschith rabba^ section f^ay/u, ch. 100.
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funèbre pour moi dans les villes, (;t ceux qui se sont trouvés à mes côtés pour me servir pendant la vio seront encore à mes côtés après ma mort (dans un autre monde). Il dit que sa veuve ne quittera pas sa maison. Mais n'est-ce pas une prescription légale, prévue par la Mischnâ', que la veuve conserve de droit le domicile conjugal et que, malgré toutes compensations, elle peut refuser de quitter la maison du mari défunt? Rabbi a agi ainsi, répond R. Droussa, pour qu'on ne dise pas: le Naci dominait dune façon absolue sur Ba maison (il a donc voulu indiquer que sa veuve était libre d'en disposer). II y a une autre raison, selon R. Eleazar bar Yossa : il s'agit de ne pas la reléguer dans l'appartement secondaire que la femme occupe pendant que le mari voyage au-delà des mers ; de môme, elle devait pouvoir se servir des ustensiles d'or et d'argent dont elle disposait en l'absence du mari, et elle devait recevoir l'alimentation qu'elle avait aussi en l'absence du mari. — Ne prononcez pas, dit-il, d'oraison funèbre sur ma vie dans les villes ; c'était une précaution prise pour que le grand nombre d'orateurs ne produise pas de discussion (crainte qui n'a pas lieu d'être dans les petites localités). Enfin, ce qu'il dit : « Ceux qui ont été à mes côtés pendant ma vie y seront encore nprès ma mort », se rapporte, selon R. Hanania de Gippori, à Yossé Ephrati et Joseph Hofni (ses serviteurs, morts avant lui). Selon R. Hiskia, Rabbi recommanda encore de ne pas accumuler sur son cadavre les vêtements funéraires et de laisser un trou à la partie de la bière tournée vers le sol. C'est en effet ce que l'on disait de Rabbi : il n'a été enterré qu'enveloppé d'un seul drap; car, disait Rabbi, lorsque l'homme ressuscitera, il n'aura plus les vêtemonts qu'il avait en étant enterré ; tandis que, selon d'autres rabbins, il garde au moment de la résurrection les effets qu'il avait sur lui dans sa sépulture.
On a enseigné au nom de R. Nathan : le vêtement que l'homme emporte dans la tombe le couvrira au moment de la résurrection ; et ce qui le prouve, c'est qu'il est écrit (Job, XXXVIII, ii) : la terre change comme V argile peut changer d'empreinte, et ils se présentent commue îdi vêtement (c'est-à-dire vêtus, selon le sens adopté ici). Antonin demanda à Rabbi : que signifie ce verset? Gela veut dire, répondit Rabbi, celui qui change la face des choses et r:>ssuscite les morts, reconstitue aussi leurs vêtements. R. Juda recommanda do le couvrir après sa mort par une étoffe verte 2, qui ne soit ni blanche, ni noire; car, dit-il, si je me trouve placé parmi les justes, je ne rougirai pas, Ti'ayant pas d'étoffe noire ; et si je me trouve parmi les impies, je ne serai pas non plus remarqué, n'étant pas couvert de blanc. R. Yoschia prescrivit qu'on le revêtit de blanc éclatant. Quoi! lui dit-on, te crois-tu au-dessus de Rabbi ? Non, répondit-il ; mais je n'ai pas à rougir de mes actions
1. Tr. KethovMth, ch. XII, § 3; même série, f. 34^ et 35^. — 2. C'est le terme oiridicusy V. Babli, tr. Schabbath, f. 114».
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(sans nie relier d'après co (jiTil fail). De même, 11. Jérémic recommanda do le vtHir d'étoffes éclatantes di; blanc, de ses habits 1<'S plus riches, de HK^ttre ses sandaU^s à ses pieds, son bâton à la main, de le coucher de côté, non sur le dos, afin qu'au jour d(; l'arrivétj du Messie il soit tout prêt à le suivre. Les gens de Cipori (lors du décès de llabbi), s'écrièrent ' : si quelqu'un ose venir dire que Rabbi est mort, nous le tuerons. Bar Kappara s'avança alors auprès d'eux, la tête couverte comme en deuil, et les vêtements déchirés, qui leur dit : les forts (gens pieux) et les anges se sont disputé l-s tables de la Loi ; les anges l'ont emporté et nous ont ravi les tables de la Loi. Mais, lui dcmanda-t-on, est-ce donc que Rabbi est mort? Vous l'avez dit, répliqua-t-il. Tous les assistants déchirèrent leurs vêtements; et ce bruit de déchirures se prolongea jusqu'à Gofta, à trois milles de là. H. Nahman dit au nom de R. Mena : un miracle a eu lieu en ce jour. C'était un vendredi ; et comme les habitants de toutes les localités environnantes étaient accourus pour lui rendre les derniers honneurs, il a fallu se former en 18 groupes qui se rendirent successivement dans la maison mortuaire. De là, on le transporta à la sépulture de Beth-Schearim, et le jour fut prolongé à un tel point, que chacun eut le temps de rentrer chez lui, de remplir un seau d'eau pour la journée de samedi et d'allumer les lumières. Lorsque le soleil fut couché, toutes ces personnes commencèrent à s'inquiéter et se dirent : peut-être nous sommes-nous attardés et avons-nous transgressé le repos sabbatique. On entendit alors une voix céleste proclamer que tous ceux qui avaient pris part au deuil de Rabbi seraient assurés d'avoir aussi part à la vie future (sans crainte d'avoir péché), sauf le blanchisseur de Rabbi qui n'était pas venu en ce jour. Lorsque celui-ci l'entendit, il monta par désespoir sur le toit de sa maison, se jeta en bas et se tua. Cet homme aussi, s'écria la voix céleste, y aura part, puisqu'il vient de manifester un tel regret. Rabbi avait habité la ville de Cippori 17 ans, et l'on dit de lui : de même que Jacob vécut en Egypte 17 ans (Genèse, XLVII, 28), de même Juda vécut à Cippori 17 ans; et sur cette période de temps il passa 13 ans à souffrir des dents. Pendant tout ce temps, dit R. Yossé ben R. Aboun, aucun animal utile ne mourut en Palestine, et nulle femme de ce pays ne perdit le fruit de ses entrailles. Et comment se fait-il qu'il souffrit si longtemps des maux de dents? Un jour, en passant, il vit un veau que l'on allait égorger ^ ; la bête pleurait et suppliait Rabbi de la sauver. C'est ta destinée, lui dit Rabbi (et pour son indifférence sur le sort de cette bêle, il souffrit des dents). Et pourquoi, à la fin des 13 ans, le mal cessa-t-il? Comme il vit des chats s'approcher d'un nid de souris, il leur défendit d'y toucher, selon ces mots (Psaume CXLV, 9) : la miséricorde divine s'étend sur toutes les créatures (il fut récompensé de cette bonne action).
1. Babli, tr. Kethoubôth^ fol. 103\ — 2. Babh, tr. Baba mecia, fol. 85» ; midrasch bereschith rabba, section 33.
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Rabbi était très- m ode s to et disait : à tout ce que queUjii'ini me demanderait de faire, j'obéirais, sauf en ce que les vieillards de BeLliéra ont fait à l'égard de mon ancêtre (flillcl) ; ils se dessaisirent de la présidence en sa faveur, et le nommèrent iiaci à leur place. J(! ne ferais d'exception qu'en faveur de H. llouna, le chef de la captivité séant à lîabylonc, et s'il descendait ici (en Palestine), je le nommerais à une place au-(l(îssus dci moi, car sa généalogie est supérieure à la mienne, vu qu'il descend do la tribu de Juda, tandis que je descends de celle de Benjamin ; il descend de cette tribu i)ar h.'s hommes, (en ligne paternelle), et moi par les femmes (ligne maternelle). Un jour, 11. Iliya Rouba entra chez Rabbi et lui dit que 11. llouna était dehors '. Rabbi devint pâle de colère (d'avoir été ainsi mis à l'épreuve). 11 est mort, répliqua R. IJiya pour l'apaiser, et sa bière passe. Va voir qui t'appelle au dehors, dit ensuite Rabbi à R. I.liya Rouba. Celui-ci étant sorti et n'ayant vu personne, comprit que Rabbi avait été irrité contre lui ; et il s'arrangea de façon à ne pas se présenter chez lui pendant 30 jours. Pendant tout ce mois, dit R. Yossé bar R. Aboun, Rab apprit chaque jour de lui une règle de précepte légal. Au bout de 13 ans et d'un mois (juste lorsque ce fait survint), le prophète Elie apparut à Rabbi sous la forme de R. Hiya Rouba et lui demanda : comment se porte le maître? Une dent me fait souffrir, répondit-il. Montre-la moi, dit Elie; et l'ayant vue, il la toucha du doigt, et Piabbi fui guéri. Le lendemain, le véritable R. Hiya Rouba se rendit chez lui et lui demanda des nouvelles de sa santé et de sa dent. Depuis l'instant, répondit-il, où tu l'as touchée du doigt, elle est guérie (sans doute parce que j'ai protégé d'innocentes souris), et il s'écria : ô vous tous les animaux de la terre sainte, et vous femmes enceintes de ce pays, je m'engage à implorer Dieu pour vous. Ce n'était pas moi, répliqua R. Hiya. Rabbi comprenant qu'un ange lui avait apparu, sous la forme de R. Hiya, lui rendit les honneurs. Ainsi, lorsque Rabbi se rendait à la salle d'études, il faisait passer R. Hiya Rouba devant lui. Mais, lui dit R. Ismael bar R. Yossé, passera-t-il aussi avant moi? Dieu m'en garde, dit Rabbi; seulement R. Hiya Rouba passera avant moi, et toi avant tous. Rabbi avait fait l'éloge de R. Hiya Rouba devant R. Ismael bar R. Yossé. Celui-ci vit un jour R. Hiya Rouba dans le vestibule de la salle de bain, qui ne se leva pas en sa présence. Est-ce là, dit-il à Rabbi, celui dont tu m'as fait l'éloge! Pourquoi, demanda R. Rabbi à Hiya, as-tu agi ainsi ? Je jure bien, répondit-il, que j'ai complètement ignoré son arrivée au bain, car j'étais préoccupé en ce moment par un passage biblique, et toute mon attention était fixée sur le livre des Psaumes, avec ses commentaires. A partir de cet instant, Rabbi le fit accompager par deux disciples, pour lui éviter tout danger.
R. Yossa jeûna huit jours, afin de voir R. Hiya Rouba. Au bout de cet