‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 153 sur 227 · Babfi, tr. iMoèd Katov, f · texte numérisé non relu

Babfi, tr. iMoèd Katov, f

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csf)acc; de U^nijis, il l'apcrçuL; ses mains se crisjieroiiL el ses yeux furent éblouis à lu vue d(; l'auréole qui entourait le pieux Habbi. Ce n'est pas ù dire, remnrque-t-ou, que; K. Yossà fut ainsi frappé parce que e'était urj homme médiocre, puisqu'il arriva qu'un tisserand (Yépc5;)vint racontera U. Yol.ianan un songe qu'il y avait eu; il lui avait semblé voir h; ciel tombera terre, et tout près de là se trouvait un disciple de R. Yobanan. Le n;connaîtrais-tu, lui demanda ce dernier ? Certes, dit*il, si je le voyais, je le reconnaîtrais. Le maître fit alors passer devant lui tous ses disciples, et il reconnut H. Yossa (c'était donc un homme supérieur). R. Simon ben Lakisch jeûna 300 fois sans parvenir à voir ce R. Hiya '. A la fin, il commença à s'en chagriner et dit : quelle est donc sa supériorité écrasante sur moi dans la connaissance de la loi? Il propage la loi en Israel, lui répondit-on, bien plus que toi ; et, en outre, il voyage dans ce but. Mais, répliqua-t-il, est-ce que je no voyage pas aussi dans ce but? Oui, mais tu voyages pour apprendre el l'instruire, tandis que lui voyage pour enseigner. Lorsque R. Houna, le chef de la captivité à Babylone mourut, les Juifs palestiniens se rendirent en cette ville *. Où l'enterrerons-nous, demandèrent-ils? Plaçons-le, à côté de R. Hiya Rouba, parce qu'il est de sa famille. Qui osera se rendre dans cette sépulture pour y déposer R. Houna? Je m'ofîre, dit R. Hagaï, pour ce service. C'est un prétexte que tu cherches, lui dit-on, parce que tu es vieux, et il te serait agréable de mourir en ce lieu afin d'y être enterré. Puisque vous me soupçonnez, répondit-il, attachez à mon corps une corde, afin de me ramener sur terre si je séjournais ^ trop longtemps dans la tombe. Lorsqu'il arriva, il entendit que trois morts se louaient réciproquement dans leurs enfants : après toi, disait Fun, seul le fils Juda est remarquable par sa piété, et nul ne lui est comparable ; ou Hiskia est seul comparable à ton mérite, nul autre ; ou enfin, Joseph le fils du parlriarche a seul laissé une mémoire aussi vénérable que la tienne, et il n'y a nul autre (ce qui indiquait que R. Houna doit être écarté de ce lieu). R. Hagai leva les yeux pour chercher à voir R. Hiya: retourne-toi ^, lui fut-il dit, et il entendit la voix de R. Hiya Rouba dire à son fils R. Juda : laisse entrer ici le corps de R. Houna ; mais ce dernier, par modestie, n'accepta pas un tel honneur et fut enterré ailleurs. R. Hiya ajouta : « Puisque le vénérable R. Hagai, en rendant les derniers devoirs à R. Houna n'a pas voulu bénéficier de cette tombe, je le bénis et lui prédis que sa postérité n'aura pas de fin.» Il en sortit âgé de 80 ans ; et il atteignit le double de cet âge. — U est écrit ■' : tu m'emporteras de V Egypte et tu 'in' enterreras dans leur sépulture (Genèse, XLYII, 30). Pourquoi le pieux patriarche Jacob insistait-il pour être enterré en Terre sainte ? Est-ce qu'un homme tel que lui ne repose pas aussi

1. Babh, tr. Baba mecia, fol. 85^.— 2. Babli, tr. Mocd Katon, f. 25b.— 3. Ou, selon J. Levy, NcaJiebr. IVôrterbucli : lorsque j'appellerai.— 4. Littéral •; Tourne, tourne ton visai^e. — 5. Babli, tr. KelhoubôCh, fol. 111»; midrasch Béresclàth rabba^ section 98.

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bien partouL(avcc la certitude de la résurrection)? H. Eleazar répondit: il y a là des paroles qui peuvent donner à réfléchir ; c<î fut aussi l'avis de H. Hanina, ainsi que de R. Josué bon Levi. H. Simon ben Lakisch interprète le verset: jo marcherai devant Dlcv, dans les pays de la vie (Psaume CXVI, 9) ; or, faut-il entendre par là des villes telles que Tyr et ses environs ' , ou Césarée et ses environs, où l'on vit à bon marché à cause de l'afOuence des produits apportés dans ces ports de mer'^? Non, dit K. Simon ben Lakisch, au nom do Bar-Kappara : on entend par là un pays dont les morts rossucisteront les premiers à l'arrivée du Messie ; et, ce qui le prouve, c'est qu'il est dit (Isaïe, XLII, 5) Il donne U âme au peuple à çmtse d'elle (de cette terre). Est-ce à dire que nos rabbins enterrés hors de la Palestine ne jouiront pas du bénéfice de la résurrection? L'Éternel, dit R. Simi, creusera la terre sous leur corps, de façon qu'ils viennent rouler comme des outres jusqu'en Terro-Sainte ; et parvenus là, leur âme retournera dans leur corps et les vivifiera. Aussi est-il écrit : jg vous déposerai dans le pays d'Israël', j'enverrai mon souffle en vous et vous vivrez (Ézéchiel, XXXVII, \é). R. Berakhia demanda à R. Helbo, celui-ci à R. Imi, celui-ci à R. Éliézor, et enfm à R. Hanina, ou encore selon d'autres, ce dernier demanda à R. Josué ben Levi : est-ce que des impies tels que Jéroboam ben Nebat et ses compagnons (enterrés en Palestine) jouiront du bénéfice de la résurrection? Oui, puisqu'il est écrit (Deutéron. XXIX, 22): le soufre et le sel a bràlé tout h pays (depuis cette punition, leurs crimes sont oubliés, et ils auront part à la vie future).

R. Berakhia dit : par suite de ces interrogations successives, transmises de l'un à l'autre, nous n'avons rien entendu ; or, en somme, quelle est la réponse à leur question? Ce verset indique que le sol palestinien ayant été brûlé, justice a été faite (et les fautes sont pardonnées). On a enseigné au nom de R. Juda: pendant 7 ans, la Terre-Sainte a été consumée (en souvenir de ces crimes), comme il est dit (Daniel, IX, 27) : il confirme l'alliance avec un gra'nd nombre pendant une semaine (septaine d'années).

Qu'advient-il dos habitants samaritains ^ (semi-idolâtres) de la Palestine ? Ils sont transformés comme des morceaux d'étoffes, puis brûlés. Il est écrit (Jérémie, XXI, I): quanta toi, Pashur et tous les habitants de ta maison, vous irez en captivité ; tu arriveras à Baby lone, tu y mourras et tu y seras enterré. Ce verset est interprété diversement par R. Abba bar Zemina au nom de R. Helbo et par R. Hama bar Hanina; d'après l'un, la mort qui a eu lieu hors de la Terre-Sainte et l'enterrement effectué là sont la conséquence d'un double péché, tandis que, la mort seule ayant lieu hors de la Terre-Sainte et le corps étant restitué en cette terre, ne représente qu'une faute. D'après

i. Ibid, nos 54 et 96; mischlé rabba^ n» 27.— 2. Voir Neubauer, Céofjraphie, p. 293, Littéral : là règne le bon marché ; là est la satiété. — 3. Midrasch Rabba sur les Lamentations, ch. 1.

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l'aiilrc oxplic.'ilion, si la sôpiilUirc a cu lieu en Tcrr(!-Sainl(3, oIN; annule reiïcL (le la iiiorL ayant ou li(3U au dehors. R. Yona dit au nom de H. Ijarna bar Ilaniiia ' : les picîds do riioniinc le transporLonL sponlanéin int au lieu oii il est condamné à mourir ; ainsi il est dit (I Rois, XXII, 20) : qui veut séduire Achab (ifin (ifill vionle et toiiihc à Hainolh en ^hibntdy Mais nul n'y réussit, et Aclial) mourut chez lui, non ailleurs (ni à la guern; selon sa destinée). Elihoref (I Rois, IV, 3), et Ahiyah (ib. XI, 29) étaient tous deux secrétaires (scriplores) de Salomon. Celui-ci s'aperçut que l'ange de la mort regardait de leur côté en grinçant des dents (de ce qu'il ne pouvait ravir ces 2 hommes hors du lieu où ils devaient mourir). Salomon n'eut qu'à prononcer un mot magique, et ils se trouvèrent dans l'atmosphère, où la mort les atteignit. Après cela, l'ange vint se placer près de Salomon et rit devant lui. Quoi, dit le roi, tout à l'heure tu étais furieux, et maintenant tu ris! Oui, dit l'ange; Dieu m'avait ordonné d'enlever Elihoref et Ahia lorsqu'ils seront en l'air; et, comme je me disais: qui mêles enverra dans l'endroit où je suis chargé de les tuer, tu as eu la pensée d'agir ainsi, afin que je puisse remplir ma mission: après ce récit, il se rendit à côté d'eux (et les tua). Les deux fils de R. Ruben bar Astrobelo étaient disciples de Rabbi. Celui-ci s'aperçut que l'ange de la mort les gu'3ttait en grinçant des dents (parce qu'il ne pouvait pas les atteindre en ce lieu). Essayons, dit Rabbi, de les préserver en les exilant dans une contrée au Sud de la Palestine, afin que l'exil rachète leurs péchés. Il alla don: et les fit retirer de ce pays ; après avoir quitté la Terre-Sainte et s'êlre rendu en Babylonie, il fut sur le point de mourir. Il commença à pleurer: « Pourquoi pleures-tu, lui dirent ses élèves; nous te transporterons en Terre-Sainte >•>. « Que m'importe, réponditil ; je perds mon âme dans cette terre impure. » Ce n'est pas la même chose d'expirer sur le sein de sa mère que sur le sein d'une étrangère.— R. Meir, sur point de mourir à Esya (près Antioche), recommanda de dire aux habitants de la Palestine : « Voici votre corde "^ » ; et malgré cela, il ajouta qu'aussitôt après son décès, on mit sa bière au bord de la mer (afin de toucher ainsi à la Terre- Sainte), selon ces mots (Psaume XXIV, 2) : // l'a fondée sur les mers et l'a constituée sur les fleuves. Sept mers baignent la Palestine, savoir: la grande mer (Méditerranée), la merde Tibériade, la mer Samkho ^, la mer Salée (de Sodome), la mer flultha, la mer Schcliyath, et la mer d'Apamée ^ . Pourquoi ne compte-t-on pas la mer de Hameç (ou Emésa) ? Parce que l'Empereur Dioclétien l'a formée par la réunion de différents fleuves (c'est donc un canal, non un lac naturel). — Il est écrit (Nombres, XXIII, 28) : qui regarde le désert. A

1. Babli, tr. Soucca, fol. 53*. — 2. Avec elle, au jour de la Résurrection, le cadavre serait tiré en Terre- Sainte. Aussi, les gens pieux avaient soin de faire munir leurs pieds d'une corde. — 3. Il faut peut-être lire samkou, rouge, selon Baba 'bathra, fol. 74b. — 4. Pour les passages parallèles et leur exphcation, voir Neubauer, géographie, p. 24.

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ce propos, 11. IJiya dit ' (iii'cn gravissant ceLtc montagne, on aperçoit une espèce de tourbillon dans la mer de Tibériade: c'est le puits de Miriam. \{. Yohanan dit : les rabbins ont mesuré le terrain et ils ont trouvé que ce puits occupe juste la porte du milieu de la vieille synagogue de Serounguin. — 11. Barkiria et R. Eleazar se promenant dans la rue (strata), virent arriver des cercueils que l'on importait en Palestine du dehors. Aquoi bon ce transport, dit le premier rabbin au second? A eux s'applique le verset (Jérémie, II, 7): Voios avez changé mon héritage en abomination en Vabaiidomiant de votre vivant; et vous êtes revenus rendre ma terre impure jmr votre mort . Dès qu'ils arrivent en Terre-Sainte, répliqua R. Eleazar, on prend une motte de terre que l'on place sur leur bière (en signe de pardon), selon ces mots (Deutéronome, XXXII, 43) : // sera Vcxpiation de sa terre et de son peuple.

7. Les vêtements surnommés hirrus, bardiacus, dalmalica % et les sandales de feutre (k'.vôç) ne doivent pas être mis avant d'être examinés (s'ils ne contiennent pas de mélange). R. Yossédit: il est inutile de les examiner s'ils arrivent d'un port de mer ou d'un paysd'oulre-mer, parce qu'alors on a la conviction qu'ils sont cousus avec du chanvre. Il n'y a pas lieu d'appliquer cette crainte de Kilaimaux souliers de cuir(fourrés en feutre, sorte de pantouffle).

Les divers effets désignés dans la Mischnâ sont des étoffes de laine plus ou moins minces', savoir des capuches, des chaînes (copula), des turbans et des sandales d'étoffe (panni). R. Yossé dit (dans la Mischnâ) : « s'ils arrivent d'un port de mer ou d'un pays d'outre-mer, etc. » S'agit-il d'objets provenant de l'un ou de l'autre? Ou faut-il que ce soit un port de mer placé au-delà de la mer?Comme il est dit (plus haut) : par exemple Tyr et ses environs, ou Césarée et ses environs, cela prouve que l'on exige la réunion de ces deux conditions. (( Il est inutile de les examiner, dit-il. » Ceci était vrai en principe, parce que l'on ne trouvait pas de chanvre partout ; mais, depuis que l'on en a partout, il faut l'examiner. Quant aux pantoufles de feutre, dans certaines localités on les garnit à l'intérieur avec de la laine (et cependant on ne craint pas qu'il y ait mélange de chanvre). Ainsi, R. Zeira recommandait à R. Aba bar Zebina de dire à l'ouvrier qu'il ne couse pas ses souliers avec du fd, mais avec des cordons de cuir (de crainte de mélange) ; cependant, il reconnaît que si l'on attache des morceaux de laine sur un vêtement de fil (comme une ceinture), c'est permis (et ne constitue pas le mélange dans l'étoffe), car la jonction n'a lieu qu'au moyen de cordons qui laissent retomber l'étoffe (sans la joindre comme

4. Même série, tr. Kethoubôth, ch. XII, §3 (fol. 35^); midrasch rabba sur la section Lévitique, ch. 2'2. — 2. Les birri et bardiaci sont des objets de Hterie ; les dalmalica sont des caleçons, provenant peut-être de la Dalmatic. — 3. Voir la casuistique intitulée : Mamar Mardo/caï, no 1.

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une couture). On demanda en présence de H. lia: quelle estlarùgh; si Tonacousii des souliers avec du fil? Selon H. Zeira, répondit-il, c'est inlerdil. U.lla reconnaît que si Ton a revêtu ces caleçons do laine sur d'autres en fil, c'est intordit ; parce que l'on ne peut pas retirer ceux de dessous sans enlever le dessus (ils sont donc comme joints). Le père de H. Safra demanda à R. Zeira : peuton mettre de l'argent dans un vêtement (de laine) puis le ficeler avec du lin (hétérogène)? Ou peut-on à l'inverse, serrer l'argent dans une étoffe de fil et fermer avec une corde de laine? Remarque, ô maître, lui répondit-il, l'avis de R. Houna (un homme de mérite), qui l'interdit. Selon R. Abina, c'est interdit, selon Samuel, c'est permis ; et selon R. Jacob bar Aha au nom de R.' Yassa, c'est permis.

8. On n'interdit Tusagc d'étoffes hétérogènes que lorsqu'elles sont filées ou tissées ^ car il est dit (Deutcronome, XXII, 11): lu ne te revêtiras pas de t:d:?i:;, c'est-à-dire, en décomposant les syllabes de ce mot: ce qui est affmé, filé et retordu. R. Simon ben Eléazar donne aussi à ce dernier mot le sens retors, c'est-à-dire celui qui parcourt des voies tortueuses et cherche à détourner de lui son père qui est aux cieux.

9. Il est défendu de mêler du fil à de la ouate, parce qu'il y a de la laine cardée^ Dans un vêtement de fil, il est défendu de faire un bord en laine parce qu'elle est rattachée au tissu. R. Yossé dit: il est défendu de se servir de liens en laine pourprée (sur des chemises de fil), parce qu'on les enfile avant de rattacher la chemise ^ On ne doit pas non plus attacher une corde de laine à une de fil pour s'en faire une ceinture, y eût-il une courroie de cuir au milieu.

N'aurait-il pas suffi d'employer l'expression « affmé », sans ajouter: filé? Si on avait seulement employé la l""" expression, non la seconde, on aurait cru que l'étoffe filée est permise ; or, ceci n'est pas, puisque la Mischnâdit expressément: « on interdit l'usage d'étoffes hétérogènes lorsqu'elles ^sont filées ou tissées. » Mais suffira-t-il de dire : « affmé et filé », sans ajouter: tordu? Si on avait employé les 2 premières expressions, et non cette dernière, on aurait cru que ce qui est tordu est permis; or, il n'en est pas ainsi, puisque la Mischnâ dit : « il est défendu de faire un bord en laine à un vêtement de fil, parce qu'il s'attache au tissu.» Enfin, il ne suffit pas de parler d'étoffe filée et tordue sans dire aussi qu'elle est affinée ; car, si l'on parlait seulement des premières, non de cette dernière, on aurait cru que celle-ci est permise; or, ce serait contraire aux termes de la Mischnâ, disant : « il est défendu de mêler du fil à

4. Tr. Nidda. f. 61b. — 2, Bien qu'il n'y ait ait pas de tissu.— 3. Cet usage spécial du lien serait permis, s'il n'y avait au préalable un contact illégal. Maïmonidc compare le terme hébreu à la racine arabe J-Xi, contorquere.

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de la ouate, parce qu'il y a de la laine cardée. » Selon R. Yossé,il est défendu de se servir de liens en laine pourprée ; selon d'autres, c'est permis. L'un le défend, parce qu'il lui semble que, par l'intervention du tisserand, ces diverses matières sont jointes ; selon les autres, on suppose que la jonction se fait par des courroies, et en ce cas les fils divers retombent de côté (sans être joints).

10. On défend, sous le même rapport les signes distinctifs que les tisserands ou blanchisseurs cousent sur les étoffes. Une seule aiguillée ne constitue pas une couture et n'entraîne pas la défense de mélanges hétérogènes. Aussi, en la retirant le samedi ', on n'est pas coupable. Mais si Ton coud le point de façon que les deux bouts se trouvent du môme côté, la coulure est valable ; elle entraîne les défenses légales au sujet du Kiiaim et du sabbat. R. Juda dit. Cette couture n'est réelle que si l'on a fait au moins trois points. Un sac (en fil) et une hotte d'osier - sont considérés comme points en cas de réunion d'éléments hétérogènes (et c'est interdit).

R. Hanina ajoute la condition que la couture suive tout le long du vêtement (pour qu'elle ne s'annule pas). R. Yanaï lui fît dire d'annoncer publiquement que cet avis ne sert pas de règle ^. Mais la Mischnâ ne dit-elle pas : « si l'on coud le point de façon que les 2 bouts se trouvent du même côté, la couture entraîne les défenses légales, etc.; » or, si l'on entend par laque la couture doit descendre tout le long de rélolTe et remonter jusqu'à l'autre bout, comment se fait-il que R. Juda prescrive « une couture triple » ? Est-ce à dire qu'il faut faire une triple couture tout autour? Non certes, d'après R. Juda, il suffit d'une couture de 3 points, et d'après le préopinant, que les 2 bouts soient du même côté. Un fil que l'on a fait passer par une aiguille, fùt-il attaché par chaque extrémité, ne constitue pas un lien pour l'étoffe, puisque le fil qui adhère doit être arraché si l'on veut retirer l'aiguille ; pour celle-ci l'étoffe n'est pas considérée comme cousue. R. Yôna et R. Yossa disent tous deux que, lorsque dans la Mischnâ on parle du fil attaché par les deux bouts, on discute un point déjà en contestation entre les Rabbins, car R. Aba ou R. Jérémie dit au nom de Rab : si le samedi, par suite de rupture de la couture, on rapproche les côtés en serrant le fil, on accomplit un travail interdit comme couture ; or, on ne parle pas de la défense de rattacher (car, selon Rab, il n'en est pas question, contrairement à notre Mischnâ). Selon R. Simon, R. Juda parle de 3 points de couture, parce que le ^ sert de point d'arrêt. Est-ce que R. Juda, ici, se conforme à l'avis exprimé ailleurs ' par R. Eliézer, qui dit: celui qui le samedi tisse 3 fils, ou s'il ajoute un 3° fil à un travail commencé la

1. Tr. Schabbath, f. 54»; tr. Menahoth, f. 39»; tr. Yebaynôtli, fol. 5«.— 2. Voir Mischnâ, tr. Kélim, ch. "24, § dernier. A DDlp, comp. Cop/dnus. — 3. Comp. Babli, tr. Berakhôth, f. 30^ (I,p. 345). — 4. Tr. Schabbalh, ch. XIII, § 1.

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voillc, est coiipaMc (c'est un vrai travail, ou transgression du repos) ? Non, dit H. Oula, là 11. Eliézer parle d'un 3" fil pour constituer l'œuvre véritable, tandis que R. Juda pourrait admettre l'avis des autres rabbins au sujc^t du sabbat, et ici il exige 3 points pour constituer une œuvre solide. R. Simon dit au nom de R. Josuében Levi: la Misclinà n'interdit la jonction d'hétérogènes que pour le sac en fil, mais, comme le panier se défait aisément, la défense n'en est guère applicable. Pourtant on a enseigné : le panier, le sac ou la hotte constituent lo mélange hétérogène (le cas échéant), mais il n'y a pas jonction pour les tentes. R.Jérémie demanda: est-ce que le père et le fils peuvent être joints pour constituercequc l'on nomme Kilaïm ? Mais dans quel cas cette hypothèse est-elle possible? Lorsque le père est revêtu d'étoffes de laine et le fils d'étoffes de fil, et que le père prenant une ceinture de laine l'enroule autour d'eux deux ; ce cas est-ii interdit? Non, dit R. Yossé^ car il n'y a pas de couture. R. llagaï demanda aussi : un homme peut-il constituer lui-même l'association pour former le Kilaïm ? Dans quel cas ? S'il a aux pieds des sandales, dont l'une est de laine et l'autre de lin, est-il permis de les joindre ? Oui dit R. Yossé, car elles ne sont pas cousues ensemble (et seulement liées). Il va sans dire que cette question est inutile, mais voici ce que Ton demande: si quelqu'un ayant des blessures à la tête, couvre l'une par une compresse (-^-Xr/^'.sv) d'un chiffon de laine ' et l'autre blessure par une étoffe en fil, sont considérées comme jointes et interdites? Non, répondit R. Yossé, on n'interdit absolument que ce qui est cousu ensemble.

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