En arabe, on dit dans ce sens Ài^^Isww et H^y
TRAITÉ SCHEBIITH
CllAPnriE PREMIER.
I. Jusqu'à quand peut-on, tlans l'année qui précède ' la 7«, cultiver un champ planté d'arbres? D'après l'école de Schammaï, aussi longtemps que cela profite aux fruits de cette 6' année; d'après l'école de Ilillel, jusqu'à Pentecôte (déjà, après cette époque, la culture profiterait à la 7^ année). Les avis de ces deux écoles sont à peu près d'accord.
D'une part, il est écrit (Exode, XVIII, 12) : pendant six jours tu feras ton travail et le 7" tu te reposeras ; et, après ces mots, il est dit, d'autre part (ib. XXXIV, 21) : tu cesseras de cultiver et de moissonner. Or, quel est le but de tout ce verset ? S'il s'agit du repos de la création (du 7" jour de chaque semaine), il est déjà dit (ib. XX, 9) : pendant six jours tu travailleras et tu feras toute ton œuvre, etc. : s'il s'agit de l'année sabbatique, ou repos agraire, il est dit ailleurs (Lévitique, XXV, 3): pendant six années tic ensemenceras ton champ, et tu vendangeras ta vigne. Donc, comme ce verset ne s'applique ni au repos du T*" jour de la semaine, ni à l'année sabbatique, il a pour but d'impliquer le repos pendant 2 sections spéciales d'année (fin de la 6^ et de la 7'') ; or, comme il est dit : tu interrompras la culture et la moisson, cela signifie que l'on interdit à la fin de la 6^ année la culture qui profiterait à la 7^ ^, époque à laquelle la moisson est interdite ; et la moisson est interdite au commencement de la 8*^ année si l'on a commencé à la fin de la 7^ (époque encore interdite). Pourquoi alors dit-on (II, 2) que l'on peut cultiver le sol jusqu'au jour du nouvel an? (11 est donc sous-enlendu que c'est permis). En effet, dit R. Krouspi au nom de R. Yohanan, R. Gamaliel et son école ont permis les travaux agricoles pendant les 2 périodes d'années (sans se préoccuper des conséquences). Mais, objecta R. Yohanan, n'a-t-on pas enseigné ^ qu'un tribunal ne peut pas modifier la sentence d'un autre tribunal, à moins de lui être supérieur par la science et par le nombre ? (Comment donc se fait-il que R. Gamaliel ait aboli un avis de ses prédécesseurs?) Non, R. Krouspi dit seulement au nom de R. Yohanan qu'en principe on avait admis l'autorisation pour celui qui désire cultiver la terre à cette période de l'année, qu'il en a la faculté. S'il en est ainsi, pourquoi ne pas supprimer de la Mischnâ toute cette
1. Selon la règle, on ne peut pas cultiver en la 6c année un produit destiné à être cueilli en la 7e. Gomp. Babli, tr. Moéd Katon, fol. 7'», et ci-après, ch. II, § 1. — 2. Voir ci-après § 5. Gomp. Babli, tr. Rosch haschana, fol. 9'». — 3. Mischnà, tr. Edouijôth, ch. I, § 5.
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question dosditos périodes (soulevée par Fi. Gamaliel qui est antérieur à Rabbi) ? On a voulu dire, indique R. Krouspi, que Ton peuL aussi revenir à l'opinion ' qui déclare ces périodes interdites (à cause de ces alternatives, on a maintenu la question). Mais, objecta R. Yona, comment se fait-il que le chapitre relatif à l'initiation aux fonctions de prêtre (Exode, XXVIII, 41), ou celui qui se rapporte au Déluge (Genèse, IX), bien qu'il s'agisse de faits passés, sur lesquels on ne saurait revenir plus tard, ne sont pas supprimés de la Mischnâ? N'en résulte-t-il pas que l'on se préoccupe avant tout de renonciation d'une règle véritable, de même qu'ici on déduit du verset en question l'interdiction précitée de certaines périodes d'années? Aussi, répond R.Mena, le maintien de ce sujet dans la Mischnû a une autre raison, analogue à celle qui a motivé l'enseignement suivant ' : on exprime même, est-il dit, l'avis non adopté comme règle, pour qu'au cas où quelqu'un exprime une opinion non admise, on puisse lui dire qu'il se conforme à l'avis (non admis) de tel ou tel rabbi, et de même ici, si quelqu'un raconte avoir entendu exprimer l'avis qu'il est interdit de cultiver le sol, pendant la fm de la 6*^ année, jusqu'au jour du nouvel an, on pourra lui répliquer que cette opinion est admise par ceux qui interdisent le travail agraire, pendant les deux périodes de l'année sabbatique.
R. Aha dit au nom de R. Jonathan : l'interdiction qui a été exprimée a été basée sur un verset, de même que l'autorisation. La défense est basée sur le verset : Tu interrompras la culture et la moisson; c'est-à-dire on entend par culture interdite celle qui a lieu la veille de la 7^ année (fm de la 6"), dont les résultats seraient appréciables à l'époque interdite de la 7^ année; et l'on entend par moisson interdite celle qui a lieu, par suite d'une culture interdite (la 7® année), à la fm de la 7^ (ou au commencement de la 8'^ année). Enfin, l'autorisation de travailler aux champs en cette période de temps (selon le préopinant) est aussi basée sur un verset biblique, le suivant : Pendant six jours tu travailleras et accompliras tous tes travaux (Exode, XX, 9), c'està-dire de même que la veille du 7^ jour de la semaine, ou le vendredi soir, on peut travailler jusqu'au coucher du soleil, de même on peut travailler aux champs jusqu'à la fin complète de la 6^ année agraire. Pourquoi la Mischnâ dit-elle que, selon Hilel, il est seulement permis de cultiver le sol (en la 6c année) jusqu'à la fête de Pentecôte? Jusqu'alors, fut-il répondu, la culture est utile aux produits de l'année ; mais, comme après cette époque, le travail est nuisible aux produits, il serait accompli évidemment dans l'intérêt de la 1^ année. Mais ne dit-on pas (§ 5) : « Peu importe que les arbres soient incultes ou fruitiers, etc. » ? (N'en résulte-t-il pas que l'on ne se préoccupe pas du fruit?) C'est vrai, mais jusqu'à une certaine époque la culture profite à l'arbre et le fait grossir ; tandis qu'à partir de ce moment, elle affaiblit le
4. Comp. tr. Maasser schéîii, ch. V, § 2.— 2. Tr. Edouyôth, ch I, § 6.
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bois. Mais alors, pourquoi n'cst-il pas pormis do cultiver après cette époque'? Gomme il est notoire que la culture affaiblit l'arbre, dès lors, on ne porterait son attention, pendant la culture, qu'à améliorer le sol (ce qui est interdit). Pourquoi ne range-t-on pas cette règle parmi les cas exceptionnels, oii l'école de Schammaï est moins sévère que celle do Hillol (puisque ce dernier semble limiter une époque plus restreinte que ne l'exige son contradicteur)? Ce n'est pas ici le cas, car il arrive souvent, lorsque la pluie fait défaut et que la sèvo est rare, de se livrer déjà à la culture de la terre avant la fôtc de Pentecôte; ce qui serait interdit alors, selon Schammaï, tandis que selon Hillel, on peut cultiver jusqu'à cette fête (il est donc moins sévère).
2. Qu'appcllc-t-on champ d'arbres? Tout terrain où se trouvent 3 arbres par chaque étendue pouvant fournir un saa de revenus (soit 500 coudées carrées); si les arbres qui s'y trouvent peuvent produire un gateau de figues de 60 mané italiennes ^ on cultive pour eux tout le terrain, mais s'ils produisent moins, on ne cultive, auprès des arbres, que l'espace occupé par celui qui fait la cueillette ^ et le panier placé un peu plus loin'*.
R. Juda au nom de Samuel et R. Abahou au nom de R. Yohanan, rappellent cet enseignement * : si l'on achète trois arbres dans le champ de son prochain, qui sont assez éloignés l'un de l'autre pour qu'il y en ait seulement dix dans le terrain pouvant produire un saa (mesure) de blé, et assez proches pour que le bœuf de labour puisse juste passer avec la charrue*^, on a acquis le terrain qui est au-dessous des arbres et celui qui est entr'eux, ainsi que l'espace occupé par celui qui fait la cueillette avec son panier placé auprès de lui. Selon Rab, il est question du cas oil les arbres sont placés en triangle (ou en zig-zag, l'un en face des vides qui séparent les arbres) ; selon Samuel, il s'agit de plants réguliers '. Toutefois, dit R. Yossé, l'indication de Rab ne se rapporte qu'à l'acquisition des terres, tandis que pour le cas de notre Mischnâ il n'exige pas cette disposition (et même si les arbres sont plantés régulièrement, on peut cultiver pour eux tout le terrain). R. Yona dit au contraire que l'opinion de Rab s'applique au cas où, selon notre Mischnâ, les arbres seraient rapprochés dans l'espace représentant un saa (sans l'irrégularité, ce ne serait plus un champ d'arbres et la culture faite dans leur intérêt ne serait pas manifeste). S'il en est ainsi,
1. Puisque l'on interdit seulement le travail, dont le produit offre un aliment? — 2. Selon Maïmonide, cetle mine a 62 livres et 7 onces 2 tiers, la livre ayant IG onces, l'once 16 drachmes, et le drachme 36 grains d'orge. — 3. Gomp. Cantique des cantiques, V. 1. — 4. Le reste sera considéré comme champ libre. — 5. Même série, tr. Baba bathra, ch. V, § 6 (fol. 15»). — 6. Cf. ci-après, § 5.— 7. Il n'exige pas la disposition imposée par Rab et qui est un obstacle à la culture du sol sous les arbres.
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dit U. iMciia, (ju'il s'ii^il (rarhr'cs rapprochés, comment so l'iiil-il que |)liis loin (!^ 5) l'on réunisse par la p(;nsée 3 arhros appartenant à .'> personnes (livcrses ponrvii (jiie le Ixeiil" attelé à la ch;irrue puisse y passer? Or, il y aurait entons cas contradiction : à quoi bon la disposition de llab, puisqu'il faut toujours la mesure prescrite de l'attelage pour pouvoir cultiver? Et s'il n'y a pas cet intervalle, l'interdiction subsiste, malgré la disposition indiquée par Hab ? Est-ce à dire que la mesure de l'attelage a été fixée pour dire qu'en ce cas les racines des arbres ont assez d'espace pour s'étendre de tous côtés, tandis qu'elles en étaient privées si l'intervalle était moindre? (Donc, l'assertion de Rab ne s'applique pas à notre Mischnà). R. Eliézer observa que l'on peut également cultiver tout le sol en faveur des arbres, lorsqu'ils sont distants de 10 coudées, soit sur chaque côté un intervalle libre de 23 coudées. Selon R. Samuel bar R. Isaac, on applique la même règle au cas où, d'un côté, les arbres se trouvent près de la haie (auquel cas tout l'espace libre de oO coudées est d'un côté). Si l'on veut, ajoute R. Yossé, le propriétaire des arbres peut y joindre quatre fois l'espace de terrain représentant un saa^ en prenant sur les 4 côtés une telle étendue de terrain qui sera close d'une haie. R. Jérémie fit la remarque : si une vigne est suspendue et s'étend sur un espace de terre représentant deux saas^ on peut cultiver la terre située au-dessous et celle qui l'avoisine dans l'espace qu'il faut à celui qui fait la cueillette avec son panier près de lui ; s'il y a sur le penchant d'une colline un espace qui serait interdit s'il n'était bordé en haut par 3 arbres et une même rangée (dont la présence autorise la culture), les arbres du haut entraînent l'autorisation de culture pour le terrain qui est au-dessous d'eux à 25 coudées; et à cause de ceux du bas, on peut cultiver le terrain supérieur à 23 coudées (soit ensemble un saa). Or, on comprend qu'à cause des arbres du haut on peut cultiver le terrain qui les suit au-dessous (parce que les r,acines tendent à descendre) ; mais comment explique-t-on l'inverse, qu'à cause des arbres du bas on peut cultiver ce qui est immédiatement au-dessus ? On peut l'expliquer par la Mischnà suivante ' : Entre un arbre et un puits, il doit y avoir un intervalle d'au moins 23 coudées (pour éviter tout danger). Et l'on enseigne à ce propos que cette distance est exigible en tous cas, si l'arbre se trouve placé plus haut et plus bas que le puits (sur une colline). Or, il n'y a pas à dire que là il n'est pas question de puits placé plus haut et qu'il est indifférent seulement que l'arbre soit en haut et le puits au bas, où le puits et l'arbre au bas; car il y a un enseignement où il est dit explicitement : peu importe que l'arbre soit en bas et le puits en haut, ou qu'il y ait l'inverse. Or, sur cet enseignement, on pourrait aussi présenter l'objection que l'on ne comprend pas l'hypothèse de l'arbre placé en haut. Il faut donc admettre (pour ce cas, comme dans l'hypothèse de R. Jérémie) que les racines des arbres sont bien susceptibles de s'étendre vers le haut. Sc-