‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 155 sur 227 · Mischnà, tr. Baba bathra, ch. II · texte numérisé non relu

Mischnà, tr. Baba bathra, ch. II

TRAITÉ SCHEBIITH 329

Ion R. nanina,ce n'est pas que les racines s'étendent vers le haut; mais en se prolongeant de cùlé, elles rendent la terre molle et vont frapper les parois les plus bas du puits. Eu présence de R. Yossa, on raconta un fait de ce genre (le puits placé au-dessus de l'arbre), et on lui demanda son avis. Il n'est pas nécessaire, dit-il, de tenir compte de l'avis isolé qui ne sert pas de règle ((d l'on n'exigera pas l'écart de 25 coudées), puisque l'on a enseigné, à ce propos, que selon R. Simon, il s'agit indifféremment d'un arbre placé en haut ou (;n bas.

3. Peu infiporte que les arbres soient incultes ou fruitiers ; on les considère à l'égal du figuier, et s'ils peuvent produire un gateau de figues de 60 mané italiennes, on cultive tout le terrain (d'un sua) en leur faveui' ; s'ils produisent moins^ on ne cultive que l'espace qui leur est indispensable (comme précédemment).

4. Si l'un de ces arbres produit seul la quantité nécessaire au gâteau de figues, tandis que les 2 autres ne rapportent pas, ou si 2 arbres produisent cette quantité, mais le troisième ne rapporte pas, on ne laboure que l'espace qui leur est strictement nécessaire. Ceci a lieu, soit qu'il y ait trois arbres, soit qu'il y en ait neuf, dans l'espace du saa. Mais, s'il y en a dix ou davantage, qu'ils produisent cette quantité, ou non, on peut cultiver tout le terrain en leur faveur. En général, toute cette défense relative à la veille de Schehilih est prescrite par ce verset (Exode, XXXIV, 21) : Tu cesseras de cultiver et de moissonner '. H ne saurait être question là de culture ou de moisson de la 1^ année, ce qui serait inutile "-; il s'agit donc de la culture pendant la 6^^ année faite au profit de la 1\ ou de la moisson de la 7" faite au profit de l'année suivante (ou 8*"). Selon R. ïsmael, cette défense s'applique au sabbat et l'on veut dire par là la culture volontaire aussi bien q^ue la moisson volontaire sont interdites en ce jour, mais il est fait exception pour la gerbe obligatoire ^

Pourquoi parle-t-on justement de figues ? Parce que ce sont les fruits à la fois les plus gros et les plus nombreux (de sorte que, par eux, on arrive rapidement à remplir la mesure indiquée) ; ainsi, le cédrat est plus gros, mais moins nombreux ; l'olive est plus nombreuse, mais moins grosse ; la figue seule remplit les 2 conditions réunies. En outre, dit R. lliya bar Ada, d'ordinaire les arbres fruitière produisent une année, puis s'interrompent une année, tandis que le figuier produit chaque année. « Si l'un de ces arbres, est-il dit,

1. Cette défense, exprimée à l'égard du sabbat-, serait superflue, puisqu'on ce jour tout travail est interdit. — 2. Puisque d'autres passages en parlent. Voir § d, note 1. — 3. On l'offrait au Temple. Voir tr. Menahot/i, ch. X, § 1 ; et Babli, ib. fol. 72». Comp. tr. Rosch haschâna, fol. 9''; tr. MaccOth, fol. 42^. Mischnâ, iv..soucca, ch. IV, §1.

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produit soul la ffuantité nccossairo, de. » H. Bivi, au nom do H. Ilanina, oxprimo la condition quo chaquo arbre no donno pas au-dossous do sa part aHV;rcnto, soit lo tiors sur 3 arbros ; do môme, ajouto Zeira bar [{. Hanina, charun produira la 9" part, s'il y (m a 9. Quolle ost la règle lorsque fi arbres produisant la quantité nécessaire, sont disposés de telle sorte, qu'entre les 4 premiers un bœuf attelé à une charrue peut passer, tandis que les 2 derniers sont trop rapprochés pour laisser un toi passage libre? Ces 2 derniers, vu leur rapprochement, sont considérés comme un seul arbre, soit en tout cinq (devant fournir chacun le b*" de la dite mesure). Quelle est la règle lorsque les 5 arbres sont tous rapprochés (et ne laissent point d'intervalle libre) ? Cette question peut se résoudre en se référant à la discussion exprimée plus haut ' entre R. Simon et les rabbins : « Si dans une plantation de vigne il y a moins do A coudées de séparation, co n'est pas un vignol-jle, selon R. 'Simon (et l'on pout y semer, on s'écartant seulement de 6 palmes) ; mais, selon les autres sages, c'est un vignoble et l'on considère les rangées médialos comme si elles n'y étaient pas » (l'on suppose les rangées comme étant extérieures, s'il y a entre elles l'espace approprié légalement). Donc, selon ces derniers, on suppose l'existence d'un intervalle et l'on peut, en raison de la présence des arbres, cultiver le terrain de la valeur d'un 5aa ; selon R. Simon, il n'y a pas d'intervalle, et c'est interdit. Quant à l'expression: «tu cesseras la culture et la moisson », la Mischnâ l'invoque ici, en se rapportant à ce qui est dit en commençant: on ne cultivera la terre qu'au profit des arbres, et dans ce but la Bible prescrit à part l'interruption. Enfin, lorsque R. Ismael dit qu'il est question seulement do culture volontaire et de moisson volontaire, il se conforme à sa propre opinion; car, dit-il, en cette 7° année, la gerbe ne peut provenir que de la Syrie (hors de la Palestine), et pour que l'on puisse enfreindre le repos du sabbat, il s'agit évidemment d'une gerbe pour laquelle il y a une obligation à remplir.

5 (6). Si 3 de ces arbres appartiennent à 3 propriétaires-, on les suppose réunis, et l'on cultive pour eux tout le terrain. Quel espace doit-il y avoir entre eux pour cela? Il faut, dit R. Simon b. Gamaliel, qu'un bœuf puisse passer entre eux avec la charrue \

On a enseigné: selon R. Hiya, si même les arbres appartiennent à une personne et la terre à une autre, on les considère comme joints, et en leur faveur on peut cultiver tout le terrain. R. Yossa dit que la même règle a été enseignée au nom de R. Hiya Rabba : si 3 arbres appartiennent à 3 propriétaires différents, on les considère comme joints, et en leur faveur on peut cultiver le terrain jusqu'au nouvel an de la 1^ année.

1. Mischnâ, tr. Kilalw, ch. V, § 2. — 2. Babli, tr. Baba bathra, fol. W\ — 3. Soit 4 coudées. Si la distance était moindre et qu'ils fussent plus rapprochés, il faudrait en arracher un.

TRAITÉ SGHEBIITH 331

G (7). S'il y a au moins dix jeunes ar])Ustos dissémines dans un champ de la contenance d'un saa, on peut le cultiver en leur faveur', jusqu'au nouvel an (de la 7°). S'ils sont rangés en ligne droite, ou s'ils forment là un demi cercle, on ne cultive que l'espace qui leur est strictement nécessaire (afin de ne pas paraître cultiver le champ pour la 7*^ année ^).

R. Zeira dit au nom do R. lia et R. Yossé au nom de R. Yohanan : la coutume de prendre des saules (en faisant lo tour de l'autel au temple) est une règle imposée déjà par Moïse sur le mont Sinaï. Cet avis est contraire à celui de Aba Saul, d'après lequel cette règle relative aux saules est un précepte légal, puisqu'il est dit (Lévitique, XXIII, 40) : des saules de rivière. L'emploi du pluriel indique^ qu'il en faut 1« en portant la branche de palmier (lors de la cérémonie de la fête des tentes); 2° en faisant le tour de l'autel. Do môme, R. Aba ou R. Hiya dit au nom de R. Yohanan: outre la règle relative aux saules, celle qui prescrit la Hbation de l'eau (pendant l'offre du sacrifice quotidien, lors de cette même fête) remonte aussi à l'ordre de Moïse sur le Sinaï, contrairement à R. Akiba, d'après qui c'est un précepte indiqué par allusion * dans la Loi ; car, pour le S'' jour, il est dit ^ : et leurs libations (Nombres, XXIX, 19), expression où il y a un M excédant ; puis, au 6^ jour, et ses libations (ibid, 31), avec excédant du I, et enfin au l"", il y a selo7i la règle (ibid, 33), avec excédant du M, et en réunissant ces lettres superflues, on a le mot Maïm, eau, (ce qui suffit comme allusion). R. Hiya bar Aba demanda en présence de R. Yohanan : s'il en est ainsi, comment se fait-il que l'on peut cultiver le terrain au cas où les arbustes sont vieux (la règle no s'appliquant qu'aux jeunes)? Lorsque le principe fut posé, répondit-on, il a été décidé que le propriétaire a la faculté de cultiver s'il le veut (pour ne pas laisser dépérir les arbustes, mais ce n'est pas l'ordre de Moïse). R. Aba bar Zabdi dit au nom de R. Hounia de la vallée Hiwran : les règles relatives aux saules, à la libation d'eau, aux dix jeunes arbustes ^ ont pour source les traditions orales des prophètes. Est-ce à dire que cet avis soit contraire à celui de R. Yohanan? (Est-ce qu'ils ne se confondent pas avec l'ordre de Moïse ?) R. Yossé bar R. Aboun répond au nom de R. Levy "^ : cette règle avait été déjà admise parles rabbins ; puis elle a été oubliée (à Babylone), et des rabbins postérieurs (tels que ceux qui viennent d'être cités) l'ont rétablie plus tard, conformément à l'avis de leurs prédécesseurs. Cela nous apprend que toute mesure légale, pour laquelle une assemblée doctrinale est prête à se sacrifier, finit par avoir une base im-

1. Sans quoi, n'ayant pas encore la sève des vieux arbres, ils dépériraient. Gomp. tr. Schekalim, ch. IV, § 1. — 2. Au tr. Taanith, f. 3», ceci est admis comme règle de Moïse sur le Sinaï; comp. tr. soucca^ fol. 34^; Moëd katon, fol. S^\ et tr. Zebahim, fol. \iO^. — 3. Babli, tr. Soucca, fol. 44a. — 4. Cf. tr. Schabbath, f. 103i>. — 5. Voir même série, tr. Soucca, ch. IV, § 1 (fol. 54^). — 6. Gomp. ci-dessus, tr. Pm, ch. I, § 1, (p. 6) et même série tr., Schabbath, I, 5 (f. 3^).

XVI THAITK SCHEP.IITII

irmiil»l(>, cnniino rola a OU'i pnîdiL à iMoïsc sur lo monl Sinaï. fieri ost conforme à rinUu'priUaLion (Jxé^nHiqiio do \\. Mena sur co vorî?(;L : ce iCcst pas une iHirolc vaine do voire part (Dcutéronomo, XXXII, 17) ; c'ost-à-diro, si (;llo dovicnt vainc, si clh; s'annule, c'osl voire fanle ; et pourquoi? parce que vous ne vous donnez pas de mal pour la Loi. I^uis il esl dil: elle csl votre vie (ibid). Dans rjnclles conditions rest-elle?si Ton s'en occupe avec zèle. H. Yohanan dit à 11. Ijiya barWawa de Babylone : vous avez rapporté de votre contrée deux Itomies règles : 1° l'on se prosterne la face à terre aux jours de jeune; !2" vous organisez le comput de Tannée de telle sorte que le 7" jour de la fétc des tentes ne puisse èlre nn samedi, pour que l'on puisse porter des saules au Temple. Cependant, ajoutent les rabbins de Césarée, le prosternement onces jours n'est pas de rigueur (comme il l'est le jour du grand pardon); il suffit de bien se pencher de coté.

On a enseigné : on nomme jeunes arbres ceux qui, à dix, produisent la quantité exigée précédemment (un hlkar), et vieux s'ils la fournissent à trois. Comment est-ce possible ? Si un jeune arbuste a l'apparence d'un vieux (et produit autant), on doit lui appliquer la règle des vieux arbres et ne pas laisser cultiver jusqu'au nouvel-an; et cependant notre Mischna permet de cultiver jusqu'à ce moment lorsqu'il y a 10 jeunes arbustes? En voici l'explication, dit R. Houna : en assignant aux jeunes la proportion de dix, on a voulu dire qu'on ne leur applique pas la rè'gle des 3 arbustes vieux, comprenant un terrain de la valeur d'un saa^ si même les 3 jeune? fournissent la même quantité que dix (il s'agit de l'espace de terrain, et non de l'époque) ; de même, lorsque 3 arbustes vieux neproduisent pas la mesure prescrite et paraissent jeunes, ils ne perdent rien de leur caractère légal ; et, pour les féconder, on cultive le terrain d'un saa. Voilà pourquoi l'on a fixé la proportion de chaque espèce d'arbre. — Quant au champ de joncs, il subit la loi du champ de blé (on le cultive jusqu'à Pâques). Selon R. Abahou au nom de R. Yossa ben Hanina, cet enseignement s'applique à une terre de la valeur de deux sa.as. Est-ce que la Mischnà (en restreignant la culture à la place strictement nécessaire) n'est pas en contradiction avec Samuel, qui autorise la culture de tout le saa lorsque les arbres forment une rangée droite ? Les deux cas ne sont pas semblables : Samuel exprime son avis au cas où les arbres sont tellement dispersés dans le champ, qu'il en paraît rempli (aussi tout le champ fait partie de la culture des arbres), tandis qu'ici toute la rangée n'occupe qu'une ligne (on ne cultivera donc que ce qui est juste nécessaire).

7. S'il y a de jeunes arbustes et des courges ' dans un cliamp de la contenance d'un saa, on les suppose réunis (et Ton peut cultiver le tout).

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