CHAPITRE il
1. Jusqu'à quand peut-on cultiver, pendant la 0" année, un champ blanc', ou de blé (sans arbres)? Jusqu'à ce que l'humidité de la terre par la pluie cesse, c'est-à-dire aussi longtemps que l'on cultive les champs de concombres et de courges. Mais^ objecta U. Simon, ne serait-ce pas abandonner la loi à l'arbitraire de chacun? (Comment ajouter foi aux déclarations sur la cessation de l'humidité ?) On dit donc : dans le champ de blé, on cultive jusqu'à Pâques ; pour les arbres, jusqu'à Pentecôte '.
Le rabbin anonyme, qui indique comme limite de temps, la cessation de l'humidité du sol, est R. Meir; ce qui revient à dire que ce dernier est conforme à l'avis de Schammaï \ tandis que son interlocuteur, R. Simon, adopte l'avis de Hillcl. Se peut-il que, dans une même Mischnâ, l'avis anonyme ou celui de R. Meir soit conforme à Schammaï (et ne serve pas de règle), tandis que l'avis contraire ou celui de R. Simon est conforme à Hillel ? En effet, on veut dire que R. Meir se règle d'après l'état du sol, comme l'a enseigné la Mischnâ précédente (1, 1), et R. Simon adopte dans la présente Mischnâ l'époque fixe. Mais, où a-t-on appris que l'un ait rapporté la première Mischnâ et l'autre la seconde? On veut dire seulement que, selon R. Meir, on rapporte (plus haut et ici) les 2 cas où il y a discussion (I, 1), tandis que, selon R. Simon, au présent cas, tout le monde est d'accord et fixe la même limite de temps. Ainsi donc, c'est le préopinant ou R. Meir qui fixe, d'après l'humidité de la terre, la limite pour la culture d'un champ blanc ; mais, selon R. Simon, tous sont d'accord que- Ton ne se règle pas d'après l'état du sol, et qu'il faut cesser à la fête de Pentecôte. En indiquant comme durée l'époque de la culture des concombres et des courges, il ne faut pas absolument que ces produits soient dans les champs ; il est même permis de tenir compte de cette prolongation, lorsque l'on a l'intention de planter plus tard ces cucurbitacées. R. Simon objecte, est-il dit dans la Mischnâ, que ce serait abandonner l'application de la loi à l'arbitraire de chacun ; Fun pourrait dire que chez lui il y a plus d'humidité, et l'autre dirait le contraire ; il faut donc, pour le champ de blé,
i. Gomp. ci-dessus, tr. Kllaïj?i, cli. VI, § 2. — 2. Commo il n'y a pas d'arbre projetant de l'ombre noire, le champ est relativement blanc, dit Maïmonode. — 3. Au ch. I, § 1, R. Gamaliel a répondu d'avance à ces objections. Gomp. tr. Moëd Katon, fol. S^^. — 4. De même au ch. I, § 1, Schammaï permet la culture en tant qu'elle profite au fruit ; mais Hillel fixe une époque.
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déterminer l'époque de Pâques, et pour les vergers, la fête de Pentecôte. Pourquoi ne fixe-t-on pas la même époque pour les 2 espèces de cliamps? Comme on commencera plus tôt la cultuni du blé, iJ faut, en Tabandonnant, qu'il y reste encore un peu de sève, tandis que cette dernière qualité n'est nullement nécessaire au verger, où la plantation est déjà fait(ï '.
2. On peut mettre renierais et former des creux dans les champs de concombres et de courges, jusqu'au nouvel-an, il en est de même des ciiamps secs arrosés artificiellement'-. On peut aussi, jusque-là, écarter les parasites des racines, enlever les feuilles mortes, couvrir les racines, avec de la terre et les enfumer (pour tuer les vers). H. Simon dit: môme dans la 7" année, on peut enlever les feuilles des raisins.
Puisque Ton peut mettre l'engrais, etc., peut-on aussi cultiver le sol pour les féconder? Oui, puisque l'on a enseigné: aussi longtemps que l'on peut cultiver le sol, on peut aussi le fumer; dès qu'il n'est plus permis dele cultiver, on ne peut plus le fumer. En effet, dit R. Yossa, on a expressément enseigné dans la Mischnâ : « on peut mettre Tengrais et former des creux dans les champs de concombres et de courges jusqu'au nouvol-an,et il en est de môme des champs secs arrosés artificiellement. » A ce sujet, il est dit que l'on peut cultiver ces derniers jusqu'au nouvel-an ; selon Rabbi, il faut s'arrêter 3 jours avant le nouvel-an, car, en ces 3 jours, on pourrait semer ou planter (et si les semailles produisaient des racines, elles seraient imputables àla 6^^ année). Mais,^ est-ce qu'une semence prend racine en trois jours ? Aussi Rabbi dit-il qu'il s'agit d'un intervalle de temps précédant le nouvel-an de trois mois, suffisant, par exemple, au riz que l'on aurait semé ; il reste alors assez de temps, après la croissance, pour l'arracher avec les racines. Le premier terme (de la Mischnâ) signifie: écarter les parasites des plantes ; le suivant, enlever les feuilles mortes; puis, il s'agit de couvrir les racines avec de la terre, et enfin de les enfumer. On a enseigné que l'onpeutaussi former des clôtures sur les côtés (lu champ; et les compagnons ajoutent que Ton peut tracer les limites en soutenant les plants par des tuteurs. Enfin, R. Yossa dit que l'on peut suspendre 'une pierre à un arbre trop fertile (pour l'affaiblir et faire tomber ses fruits). On enseigne aussi : on peut relâcher les liens des ceps et espacer les joncs qui les retiennent. En effet, on retrouve cet enseignement, portant comme remarque additionnelle, que lorsqu'on a l'habitude de faire ces opérations chaque année avant la fête de la Pentecôte, il faut agir de même la G"" année ; si au contraire, c'est l'habitude de procéder à ces opérations plus tard, on agira de même en cette année. Seulement, dit R. Simon, on aura soin de ne pas
1 . Les jardiniers remarquent que pour les arbres fruitiers en général, il faut un terrain sec. — 2. Mischnâ, tr. i/a^a bathra^c\\. III, § 1, et ch. IV, § 7; cf. Cantique des cantiques.^ IV, 13, etNéhémie, III, 15. — 3. Voir Babli, tr. Schabbath, fol. 67'^
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iiK'Urr (II' t('i-i-(' dans les ci'imix (on Irons des joncs), mais un jx-n au-dessus (pour évil(3r lonic cnllnivi. Il (3sL jxTinis aussi, dil W. Jorémifi au nom do W. Oscliia d'cnlovcr (;n nicuKî temps les déchets, on fcnilh.'s moftcs. Selon \\. Simon, est-il di( dans la Mij-chnà, môme dans la 7'" année, on peut enlever les fenilles des raisins. Mais n'est-ce pas en opposition av(;c ce que le ménie 11. Simon dit pins loin (s> 10) : « on peut étancher d'eau nn champ de riz, la 7" année, mais on ne peut pas Fémonder », tandis qu'ici c'est p(;rmis pour le raisin ? Les deux cas ne sont pas semblables : car l'opération dont il est question ici équivaut au sauvetage d'un incendie (Tenlevement des feuilles préserve le raisin seul).
0. On peut jusqu'au nouvel-an débarrasser les pierres des champs, enlever les troncs secs, tailler les brandies et les émonder '. II. Josué dit : pour lajaille et Fémondage, on peut opérer dans la G""' année (au profit de la 7"'^) comme dans la 5'"° (c'est-à-dire même plus tard). R. Simon dit: aussi longtemps seulement qu'il est permis de cultiver l'espace qui entoure l'arbre, il est permis aussi de l'émonder (pas plus tard).
Il est dit plus loin (III, 7) : lorsqu'on enlève les pierres de son champ, on prend les supérieures et on laisse celles du bas, qui touchent à la terre. Comment donc se fait-il qu'ici on ne permette d'enlever les pierres que jusqu'au nouvel an ? C'est que plus loin il s'agit de pierres détachées, tandis qu'ici il s'agit de pierres adhérentes au sol (en les enlevant la 7™^ année, on semblerait s'adonner à la culture). R. Yossé dit : on a supposé d'abord cjue la Mischnà exprime seulement l'opinion de 2 interlocuteurs et que R. Simon partage l'avis de R. Josué pour l'enlèvement des troncs secs, savoir que, selon tous les rabbins, on peut, jusqu'au nouvel an, débarrasser les pierres des champs, enlever les troncs secs, tailler les branches ou les émonder. Mais comme R. Josué dit : pour la taille et l'émondage, on peut opérer aussi longtemps dans la 6'"* année (au profit de la 7"^*") qu'on le ferait dans la 5™^, il en résulte qu'il y a 3 avis. Ainsi, selon les rabbins, onpeut jusqu'au nouvel-an débarrasser les pierres des champs, enlever les troncs secs, tailler les branches et les émonder ; ces "2 dernières opérations, selon R. Josué, peuvent avoir lieu jusqu'après la fin de la 6°''^ année au-delà du 7*^ nouvel an; enfin, selon R. Simon, l'éniondage n'est permis qu'aussi longtemps que l'on peut cultiver l'espace entourant l'arbre, soit jusqu'à la fête de Pentecôte.
4. Jusqu'au nouvel-an, on peut enduire les jeunes arbustes (d'un ciment insecticide), les lier-, les époinler, les soutenir de cases protec-
1. Arracher les excroissances inutiles, qui absorbent la sève sans profit. — 2. Les entourer d'un abri pour les protéger cantre la chaleur et le froid. Comp. Aboda zarciy lui. 50'.
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trices, les arroser. R. Eléazar ben-Zadok dit : on peut même dans la 7""" année arroser les branches, mais non la souche.
L'avis exprimé dans la Mischnà, qu'il faut cesser d'enduire les jeunes arbustes à partir du nouvol-au, est celui de Rabbi (le rédacteur de la iMischnâ) ; mais, selon les autres sages, ces opérations sont permises toute la 1'' année, sauf aux jours de demi-féle (de Pâques ou de Souccôth) ; à aucune de ces époques, il n'est permis d'épointer les branches, mais il est toujours permis d'enlever les vers visibles à la surface. Mais, demanda H. Yossa au nom de R. Abonna, pourquoi, selon les autres sages, est-il permis d'enduire les arbustes, tandis que Ton ne pourrait pas leur construire une hutte ? C'est que, fut-il répondu, l'opération qui consiste à les enduire les préserve de la ruine, tandis que la construction d'une hutte leur procure de l'ombre et les développe. On a enseigné plus loin (IV, 5) : « Si Ton découpe du bois d'un olivier, on ne doit pas couvrir la place dénudée avec de la terre, mais avec des pierres ou de la paille » (pour qu'il ne dessèche pas). Or, demanda R. Yôna au nom de R. Yossa, pourquoi est-ce permis avec de la paille et non avec de la terre ? La paille sert seulement de préservatif; mais la terre, ou rigole d'argile faite pour lui le fertilise, et profite à son développement. On a enseigné que R. Yossé ben Kifar dit au nom de R. Eliezer ben Schamoua : selon Schammaï, on peut arroser une branche et l'eau qui en découle mouille le tronc ; selon Hillel, on peut directement arroser soit le tronc, soit la branche. Chez R. Yanaï, on arrosait le tout à plein seau ; l'on agissait de même chez R. Isaac bar Tablaya et chez R. Hiya b. Aba ou R. Judan bar Gouria, au point que l'eau mouillait les racines. Mais est-il permis de s'adonner ainsi à la culture ? (la question reste sans réponse). Au temps de R. Hiya bar Aba, on arrosait les palmiers, après avoir attaché ensemble toutes les branches en forme de balai.
5. Jusqu'au nouvel-an, on enduit les figues hâtives ' d'huile et on les troue (pour les faire mûrir). Celles de la 6" année (non mûres) qui sont restées à l'arbre jusque dans la 7% ou celles de la 1" restées (pour la même raison) jusqu'à la 8% ne peuvent être ni enduites, ni trouées. R. Juda dit : dans les endroits où c'est l'usage, on ne peut pas le faire, parce qu'alors c'est un travail agricole ; au cas contraire, on le peut. R. Simon l'autorise pour les arbres (la 8® année), puisqu'alors l'arboriculturc est permise ~.
L'enseignement disant que l'on enduit les figues hâtives d'huile a été ainsi expliqué par Rabbi : on appelle figues hâtives celles de la 6e année (non mûres) qui sont restées à l'arbre jusque dans la l"" année (non au-delà). Au contraire R. EUézer (n'admettant pas cet avis) se conforme à la Mischnâ ordinaire ;
1. Peu mûres. Cantique, 11,13. — 2. Voir ci-dessus, tr. Demain ch. I, § l,
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mais, selon R. Yohanan, on adopte l'explication do RaM)!. Selon R. Eliozer, l'avis qu'exprime ensuite R. Juda est uii allégement (do pouvoir l'enduire l'an 7% lorsqu'on n'en a pas l'habitude) ; selon R. Yohanan, l'avis d<' W. Juda est une aggravation (puisque, selon Rabbi, il ne s'agit pas de la 7^ année).
6. Dans le mois qui précède le nouvel-an ' de la 7° année, on ne peut ni planter, ni renforcer le cep de la vigne sous terre, ni greffer; mais, si par erreur, on a fait l'une de ces 3 opérations, il faut arracher la branche. R. Juda dit ^: toute greffe, qui après trois jours n'a pas pris consistance, n'adhère plus (il faut donc s'y prendre 33 jours plus tôt). Selon R. Yossé et R. Simon, il faut 2 semaines pour la greffe (soit 44 jours avant le nouvel-an).
R, Eleazar dit au nom de R. Yossé bar Zoutra: la Mischnâ parle du cas où l'on ignore si la semence a pris racine ; mais si l'on en est certain et que des produits nouveaux aient poussé, c'est permis. Dans le mois qui précède le nouvel-an de la 7% est-il dit, on ne peut ni planter, ni renforcer la vigne sous terre, ni grefTcr; mais, si par erreur, une de ces opérations a été accomplie, il faut arracher la branche. Quelle est la règle pour les fruits, lorsqu'on a oublié d'arracher la branche? Comme R. Aba et R. lia se trouvaient assis à Tyr pour Fétude, on leur présenta cette question et R. lia décida qu'il faut rejeter les fruits. Quant à moi, dit R. Aba, si je faisais partie du conseil (et que j'aie un avis à émettre), je proposerais d'aller consulter. On sortit en effet, et l'on apprit ^ que, selon R. Yona ou R. Isaac bar Tablya au nom de R. 'Eleazar, on ne renchérit pas sur cette prescription (et l'on n'est pas tenu de jeter les fruits). C'est aussi l'avis de R. Yossé ou R. Isaac bar Tabliya, au nom du même. Si quelqu'un, après avoir fait une telle plantation meurt, est-il permis à son fils de la maintenir? C'est interdit, répond R. Jacob bar Abayé de Rardelia. Ceci est conforme à celui qui dit qu'il faut éviter tout soupçon de mal (imputable en ce cas au père) ; mais, au point de vue des constructions érigées par le père, le fils peut les continuer. On a enseigné ^ : si l'on plante ou l'on greffe au moins un mois avant le nouvel-an, cet intervalle suffit à constituer Vannée entière (comme stage, orla) et il est permis de maintenir ce plant la septième année; mais, si c'est moins d'un mois avant ladite époque, cela ne compte pas comme année, et il est interdit de la conserver. Toutefois les produits de cette plantation sont interdits jusqu'au 15 du mois de Schebat (qui est le nouvel-an des arbres). Et pourquoi est-ce interdit jusqu'à ce moment? C'est que, dit R. Yassa au nom de R. Yohanan, on le déduit de l'expression
1. Selon le Talmud B. tr. JRosch haschana, f. lO'^, les 30 jours qui précèdent la schemita y sont joints à titre de supplément. Cf. Yehamôth^ fol. 83^^, et ci-après, tr. Maasser schéni, I, § 1 (f. 52^). — 2. Tr. Pesaldm, fol. 55«. — 3. Voir môme série, tr. Trouniôth^ ch. V, § 4 (f. 43^]. — 4. Gomp. même série, tr. Orla^ ch. I, § 2 (f. 61a); tr: Rosch haschana] I, § 2 (f. 57^), et Babli, ibid, f. 9»».
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dans Vannée. Or, quel est le sens de cette expression? Il est dit, remarque R. Zeira: pendant 3 ans ils vous seront inaccessibles, et ne ^pourront vas être mangés; et f année suivante, etc. (Lévitique, XIX, 23); c'est-à-dire qu'il faut encore un intervalle de temps dans la i" année. R. Aba bar Mamal dit en présence de R. Zeira: on vient de dire que l'on peut manger les fruits après le 15 Schebat, lorsque la plantation a précédé le nouvel-an d'un mois, et c'est interdit si l'espace de temps est moindre. Comment donc se fait-il qu'au premier cas les 30 jours équivalent à un an et non dans le second cas? En effet, répliqua-t-on, pourquoi suffit- il d'attendre le 15 Schebat ; si même la plantation a eu lieu juste un mois avant le nouvel-an, l'interdiction devrait subsister jusqu'au mois précédant le nouvel-an (ou tout devrait dépendre de la date du 15 Schebat). En somme, quelle est la règle s'il y a plus d'un mois? Une fois que l'année de l'arbre est commencée, dit R. Mena, il faut l'achever (sans se préoccuper de l'année religieuse, mais en se réglant d'après l'année agricole).
7. Du riz, ou millet^ du pavot- et de la graine de lin^ qui ont pris racine avant le nouvel-an, doivent être rédimés lorsqu'ils sont recueillis après le nouvel-an comme des produits de l'année précédente (pour les dîmes de 2^ année à la 2° ou la 5' ou des pauvres à la â'' ou 6^), et il est permis alors de les rentrer en grange^ ; s'ils n'ont pas pris racine auparavant, il n'est pas permis de les rentrer, et on les traite comme des produits de la 7" (c'est-à-dire qu'ils en sont dispensés comme devant être abandonnés à tout venant), et tout dépend de l'époque d'enracinement.
Pour les produits importants (blé, huile ou vin), on regarde si un tiers a poussé ; pour le riz, la dîme est due après que la semence a eu des racines enfin, les légumes verts ne sont interdits à la consommation qu'après l'achèvement de la cueillette. Comment sait-on que, pour les produits importants, il faut un tiers? On le déduit du verset: en rentrant les récoltes de ta grange (blé) et de ton pressoir (vin; Deutéronome, XVI, 13); les termes du verset indiquent qu'il s'agit d'une partie de la récolte digne d'être mise en grange. Mais pourquoi cette partie ne peut-elle pas être inférieure au tiers? C'est que, dit R. Zeira, il est écrit (ibid. XIV, 22) : tu prélèveras la dîme sur tout le p)roduit de ta semence ; il s'agit évidemment là d'une semence qui a commencé à croître, et si la croissance n'avait pas atteint au moms le tiers, elle serait nulle. S'il en est ainsi, pourquoi ne pas rédimer le premier tiers (avant le nouvel-an) pour le passé et l'autre tiers après cette époque, lorsqu'il aura poussé ? R. Yohanan répond : on se dirige en cela d'après l'accomplissement de la fête des Tabernacles dont il est question dans ce verset ; or, comme l'on
1. Ainsi le traduit Raschi dans Ezécliiel,IV, 9; et Maïmonide a çj^^- — 2.V. le même à Rosch haschana, f. 13''." Maïmoni a ^J:\.^^\J*^, — 3. Cf. tr. Schabbathj ch. II, § 2. — 4. Ils ne sont pas soumis aux lois sur la sainteté de la 7« année.
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y parle, de rnllc fiMn sons la forirKî du pîissi!, Hum (\i\"\\ s'ugisso do Tavonir (puis(iu'oll(' a lien a|)irs le i)Oiivt.'l-aii di; la S'" année), de même l'applicalioii du ])rélèvcmenL de lu dîme sur les produits se rapporte au passé, mais n'a lieu qu'à Tavenir, lors do rachèvoment de la rérolto. Ne devrait-on pas appliquer ces déductions au riz, au millet, au pavot et à la graine de lin? Non, dit R.Houna })Av lliy;i,leur croissance n'étant pas tout-à-fait simultanée (comme pour le blé et ses congénères), Fépoque do la dîme peut varier d'après les rabbins'. Mais, futil objecté à Ilouna bar Ijiya, n'a-t-on pas enseigné (à propos de fève égyptienne) que l'on peut entasser le tout dans la grange (le frais et l'ancien), et lorsque le tas est complet on prélève la dîme tant sur la semonce sècheque sur la récolte fraîche et verte (pourquoi ne peut-on, pour le cas de la Mischnà, agir do même ot réunir le tout?) Cela ne se peut pas, dit R. Yossé devant Houna bar Ijama ou R. Yona devant Houna bar llawa au nom de Samuel, parce qu'en vertu du verset : tu prélèveras la dîme sur tous les produits de ta semence, on peut la môme année prélever une sorte de dîme et non deux sortes (or, si l'on mêle des produits de deux années, il faudrait pour les uns la 1" dîme, et pour les autres la 2° dîme, transportable à Jérusalem). Mais, fut-il objecté, ne prélèvc-t-orl pas justement 2 dîmes différentes la même année pour la fève dont on vient do parler, puisqu'il est dit qu'après avoir concentré le tout en un monceau, on se sort des semonces pour rédimcr la verdure et de la verdure pour rédimer les semonces? C'est que, répond R. Zeira, comme il est écrit (Lévitique, XXV, 3): pendant six 'ans tu ensemenceras ton champ et tu récolteras etc., on doit pouvoir semer et récolter pendant six ans, mais il ne pourra pas y avoir de 7" récolte s'il n'y a que 6 semences (il en sera de même pour les produits énumérés dans la Mischnà, réversibles sur la 7' année). R. Yona dit : il est impossible que le verset parle de 6 récoltes, mais do sept (puisqu'au moment d'amonceler ces produits, recueillis successivement, on rédimera les uns pour l'année écoulée et les autres pour l'année future) ; il faut donc déduire des termes du verset précité que 6 semences équivalent à 7 récoltes, non à 5 récoltes (or, il n'y aurait que 5 récoltes si, après la 6*^ semence, il fallait attendre la croissance d'au moins le tiers de ces produits, qui n'a lieu qu'après le nouvel-an de la V année, époque interdite). Mais, fut-il objecté, cette considération qu'il n'y aurait que 5 récoltes sur 6 semonces existe aussi pour la fève, puisque l'on a enseigné que, pour le prélèvement de la dîme, d'une partie sur le reste, on réunit le tout dans la grange (et, dès lors, le monceau est considéré comme neuf, ce qui implique l'interdiction pendant la 7° année ; donc pour les cas énumérés par la Mischnà, on devrait se diriger d'après le tiers de la croissance). On se règle, pour rédimer la verdure, d'après l'époque de la
1. Sans cette précaution, il y aurait un mélange de vieux et de neuf; Tenracinement fait donc foi.
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cueillette \ selon les termes de la Bible : De ta grange et de ton pressoir, etc.; de même que, pour ces produits importants (blé et vin), qui ont profité de l'année écoulée, on prélève la dîme pour le passé, de môme pour les légumes qui continuent à profiter de l'année présente (puisqu'après la cueillette, ils repoussent), on les rédime en tenant compte de l'année future. Toutefois, pour la fève égyptienne qui a été plantée dans le but de servir de semence, on prélève la dîme en tenant compte de Tannée passée ; et, si elle a été plantée pour être consommée comme verdure, on tient compte, pour la dîme, de l'année •présente ; or, a-t-on la divination en main -, c'est-à-dire, est-ce que le produit, en croissant, savait qu'il devait servir de semence, pour être attribué légalement à l'année écoulée ? (question non résolue).
8. R. Simon Schezori ^ dit : on procède de môme (c'est-à-dire, on fait dépendre du germe) pour la fève égyptienne, que Ton a semée en principe pour en tirer des semences (et non pour les manger). Il en est de même, dit R. Simon^ pour les gros pois '*. Toutefois, ditR. Eliézer, pour ces derniers, l'on impose la condition qu'ils aient des cosses avant le nouvel-an.
Pour les gros pois, dit la Mischnâ, R. Eliézer exige qu'ils aient des cosses, en d'autres termes que la peau forme une sorte de gros sac, comme celui des bergers. R. Aba barZabdi dit au nom de R. Simon ben Lakisch que l'avis de R. Simon Schezori sert de règle. R. Yossa dit aussi : R. Eléazar a enseigné à R. Schobti de Zadouki des règles conformes à celles de R. Schezori. On a enseigné que les sages ont fixé 6 règles au sujet de la fève égyptienne ^ : si on l'a semée pour profiter des graines seules (en semence), on prélève la dîme d'après l'année écoulée (comme pour les légumes secs) ; si on l'a semée pour manger le tout comme légume vert, on prélève la dîme de l'année actuelle au fur et à mesure de la cueillette ; si on l'a semée pour profiter tantôt des graines, tantôt de la verdure^ ou si après l'avoir semée dans l'intention d'en prendre seulement la semence, on change d'idée et l'on se propose d'en manger la verdure, on peut prendre de la verdure pour rédimer les graines et des graines pour la verdure. Ce mélange peut avoir lieu, lorsqu'au moins un tiers de la croissance a été effectif avant le nouvel an ; mais si elle n'a poussé qu'après le nouvel an de l'année courante, on peut rédimer les grames d'après l'année
1. Babli, tr. Rosch haachana, f. 44».— 2. Allusion à Nombres, XXII, 7.— 3. Ce nom, selon Guisius, est celui des habitants de Schezor, jViS-w, place forte située sur la rive méridionale de l'Oronte, entre Epiphanie et Antioche, au dire des géographes arabes, Edrisi et Abulféda. Ceci serait contraire à l'étymologie proposée par Maïmonide dans sa préface : il explique le mot schezori par « tisserand en soie», en donnant à -^^^ le sens de tordre. — 4. Cf. tr. Kilaim, ch. III, § 2. — 5. Les diverses règles qui suivent se retrouvent, avec quelques variantes, au tr. Maasserôth, ch. IV, § 5.
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écoulée (époque de reiiracincmcnl), et l'on rédime la verdure d'après l'époque de lu cueillelLe. Si on en a cueilli avanl le nouvel-an, on applique au LoiiL la môme annuité et l'un pcMiL rédimer l'un par l'autre ; mais si la cueillette a eu lieu après le nouvel-an, on suppose que le tout a été semé dans le but de servir de verdure, et l'on rédime d'après l'année actuelle tant les graines que la verdure. Si, après l'avoir semée pour avoir les graines, on se propose de les manger en verdure, cette dernière intention l'emporte pour la dîme. Si, après l'avoir semée pour avoir la verdure, on se propose de s'en servir comme graine, cette dernière intention n'est bien marquée qu'au cas o\xk3 reprises différentes, . on ne l'a pas arrosée. On lui assigne aussi ce but (de servir de graines) si un tiers a poussé avant le nouvel-an ; mais s'il n'a poussé qu'après ce moment, eût-on même à 3 reprises omis d'arroser dans cette intention, on prélèvera la dîme, pour l'année courante, comme pour la verdure. Si après l'avoir semée pour employer les graines, on se propose de les manger en verdure, et que toutes les pousses soient complètement mûres avant le nouvel-an, on rédime les graines pour l'année passée et la verdure d'après l'année courante, au fur et à mesure de la cueillette. Si une partie seulement des pousses sont complètement mûres avant le nouvel an et le reste n'est mûr qu'aj>rès, on procède par amoncellement de l'ensemble dans la grange et l'on se sert indifféremment de graines pour rédimer, la verdure, et de verdure pour rédimer les graines. R. Abdimade Hipa a enseigné: si même toutes les pousses ne sont pas tout-à-fait mûres avant le nouvel-an, on rédime les. graines pour l'année passée et on rédime la verdure au fur et à mesure de la cueillette. Toutefois, ajoute R. Yossé, il faut qu'un tiers au moins ait poussé pendant que la semence était encore destinée à servir de graine ; mais si le tiers n'a poussé qu'après le changement d'intention, une fois que l'on se proposait de l'employer comme verdure, il est impossible d'admettre que Ton rédime les graines d'après Tannée écoulée et la verdure d'après l'année présente, puisqu'il est dit précisément plus haut qu'en ce cas on amoncelle le tout dans la grange et l'on rédime indifféremment les graines par de la verdure et celle-ci par des graines (C'est à cette hypothèse que s'applique l'avis de R. Abdima).
Tout ce qui précède s'apphque aux années agraires habituelles. Si l'on a semé des fèves peu avant le nouvel-an de la T" (soit l'an 6^), pour les employer comme graines, et que sur ce la 1" année survient, il est permis d'utiliser tant les graines que la verdure. Si, avant le nouvel-an de la 7° année, on l'a semée pour l'employer comme verdure, et qu'avant de la cueiUir arrive la 7*^ année, il est interdit d'en employer, ni les graines, ni la fève. Si on l'a semée avant ladite époque, dans le double but de s'en servir comme graines et comme verdure, et qu'avant la cueillette survient la 7* année, la graine est évidemment permise ; mais quelle est la règle pour la verdure? Selon R. Hiya, elle est interdite; selon R. Halafta ben Schaoul, elle est perndise. L'un la 'permet, parce que légalement ce n'est pas
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le résultat d'un travail agricole interdit ; l'autre n interdit qu'une défense rabbinique, afin d'éviter toute apparence de mal (on semblerait avoir labouré en la septième année). R. Simon bar Zabda demanda devant R. Yossé : est- il même défendu, pour celte cause, de le donner comme nourriture aux bestiaux? Non, fut-il répondu, mais on n'en donnera ni à son fils, ni à son domestique, ni en paiement à un ouvrier *. R. Yossé bar R. Aboun dit : si le creux de terrain (qui les contenait) a été arraché par l'ouvrier avec la plante, c'est permis ; et même d'après celui qui l'interdit, si en faisant le glanage des graines on y trouve de la verdure, on peut manger cette dernière (vu sa petite quantité). Ainsi, quelqu'un, qui était chargé de dix. mesures de fèves nouvelles 2, afin de les rédimer, alla les présenter (comme l»**^ dîme) à R. Jérémie. Ce dernier lui dit : désormais, tu ne te chargeras plus tant, et tu ne cueilleras que ce qu'il faut pour le repas (c'est permis, sans que l'on ait ù se préoccuper de l'apparence du mal). Ce que l'on a semé peu avant le nouvel-an de la 8« année (soit la T*'), est interdit comme graine et comme verdure, dans l'année suivante (ou S*'). Si on l'a semée à ce moment pour l'employer comme verdure, au moment de la 8^ année (époque de sa croissance), on peut l'employer tant en graine qu'en verdure (en raison de son insignifiance). Si enfin on l'a semée peu avant le nouvel-an de la S" année, dans le double but de s'en servir tantôt comme graine, tantôt comme verdure, on penit, la 8^ année, utiliser la verdure, mais non les graines.
9. Pour les oignons inféconds ^ (sans semences) et les fèves égyptiennes, s'ils ont été privés d'eau trente jours avant le nouvel-an ^ on prélève la dîme comme étant de la ô*" année, et il est permis, à la 7® année, de les rentrer ; sinon, il est interdit de les rentrer, et, pour la dîme, on agit, à leur égard, comme s'ils étaient de la 1" année (elle s'annule). On agit de même pour le champ sec ^ (qui n'est traversé ni par un canal, ni par un cours d'eau), si on a laissé passer, selon R. Meir, deux périodes de temps sans l'arroser, ou trois périodes, selon les autres sages (cet arrosage a lieu à la maturité, pour faciliter l'extraction).
On appelle oignons inféconds ceux de la campagne qui ne donnent pas de graines ^ R. Mena dit : si on les a privés d'eau 30 jours, avant le nouvel-an, ils sont comme un champ sec. R. Yona demanda : est-ce que cette semence a un effet rétroactif (comme appartenant à l'année passée), ou fait-elle partie
1. Si, pour lui, on a planté une rangée. — 2. Pour ce terme, cf. ci-dessus, tr. Kilaï?n, ch. VIII, § 4. — 3. Raschi, à Rosch haschana, f, i4a, l'appelle : ciboule. — 4. Gela modifie leur constitution agricole. — 5. Voir ci-après, Mischnâ, tr. Terou- 7noth, ch. X, § 11, et la glose de Raschi sur Baba bat/ira^ ch, III, § 1. — C. Gollumelle, de re rustica, XII, 10, parle d'un oignon nommée MniOj ou isolé, sans corn' pagnon. Ce doit être le même, ,
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do l'annûe couranln ? Il importe de le suvoir au cas où l'on on a cueilli un pou dans lo mois qui précède le nouvel-an (et do privation d'eau) et le reste après cette époque; or, si l'elTet est rétroactif, on peut se servir do l'un pour rédimcr le reste ' ; au cas contraire, cela ne se peut pas.
10. Des courges conservées comme semence qui ont été durcies avant le nouvel an et devenues inaptes pour servir à la consommation, peuvent être gardées la T année; si elles n'ont pas durci à temps, c'est interdit-. Les bourgeons de ces produits sont d'un usage interdit la 7" année. On peut, dit R. Simon, arroser (féconder) de la terre blanche (ne contenant pas de semence, pour qu'elle produise des salades) ; R. Eliezer ben Jacob l'interdit. On peut ctancber d'eau un champ de riz, la 7<^ année; mais on ne peut pas l'émonder.
A quoi bon parler de courges durcies? N'en est-il pas de même si elles ne sont pas durcies, puisqu'elles sont destinées aux semences? C'est pour dire qu'à partir du moment où elles sont durcies, elles deviennent semblables aux autres semences des jardins. Comment fait-on pour s'en assurer? R. Yossé bon Ilanina dit: si après avoir enfoncé une aiguille dans la courge elle s'unit (le trou se referme), c'est un indice que le fruit est encore vert, et il est interdit ; au cas contraire, il est permis. R. Yôna de Boçar dit : les feuilles de courges sont dispensées de toutes dîmes. Toutefois, cette règle n'est applicable qu'autant que les courges n'ont pas encore poussé ; mais lorsqu'elles ont poussé, on leur assimile les feuilles pour le prélèvement des dîmes. Qui a enseigné cela? Ce doit être R. Yossé, puisqu'il défend de se servir des larges feuilles de la colocasia ^ pour puiser de l'eau *, parce que c'est la nourriture des cerfs (de même, les feuilles de courges doivent être rédimées, puisqu'on les consomme). On peut arroser, dit R. Simon dans la Mischnà, de la terre blanche (où il n'y a pas de semences) ; R. Eliezer ben Jacob l'interdit. R. Simon se conforme en ceci à l'avis d'autres sages, et R. Eliezer à ce qu'il dit luimême ailleurs^, où l'on s'exprime ainsi: on peut, les jours de demi-fête de Pâques ou de soiùccôt/i, faire passer l'eau d'un arbre à l'autre, pourvu que l'on n'arrose pas tout le champ comme les jours ordinaires (ce qui est conforme à l'avis de R. Simon d'ici) ; mais, selon R. Eliezer ben Jacob, c'est interdit (comme ici). R. Mena dit d'une façon anonyme, tandis que R. Abin dit au nom de Samuel, que la discussion précédente ne portant pas de noms d'auteurs, le nom de R. Eliezer ben Jacob n'a rien à faire là. Dans quelle hypothèse
1. Le tout est alors considéré comme semences. — 2. Il est interdit de conserver des fruits de 7" année pour s'en servir plus tard comme semences. — 3. Selon Dioscoride, d'après le commentaire de Mains sur ce traité ce Arum quod apud Syros Luplia vocatur. » — 4. Gomp. même série, tr. Nedarim, ch. YII § 1 (fol. 40^). — 5. Mischnâ, tr. Moëd Katon, ch. I, § 3.
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parlc-t-on du verger au sujet de la demi-fète? S'ils sont très-éloignés l'un de l'autre (ne tirant pas de sève de tout le terrain), il va sans dire que l'arrosage entier est interdit; s'ils sont rangés à peu de distance l'un de l'autre, pourquoi R. Eliezer l'interdirait-il? 11 s'agit du cas où ces arbres sont plantés à raison de dix par saa ; d'après K. Eliezer ben Jacob, on les considère comme trop espacés, et c'est interdit; d'après les autres rabbins, on les considère comme rapprochés, et c'est permis. Donc, les autres sages reconnaissent aussi que s'ils sont trop séparés, il est interdit d'arroser tout le champ ; mais, est-il permis de faire passer l'eau d'un arbre à l'autre? On peut en ceci déduire l'opinion de l'un d'après celle de l'autre : de môme que R. Eliezer ben Jacob, qui considère les arbres comme trop séparés, interdit d'arroser le champ entier et permet de faire passer l'eau d'un arbre à l'autre ; de môme les rabbins, qui permettent de faire passer l'eau, interdisent d'arroser tout le champ. Cela ne revient-il pas à dire que tous s'accordent à dire qu'en cas de trop large séparation, l'arrosage est interdit, parce que la terre arable (vide) domine ? N'estce pas comme s'il n'y avait plus d'arbres du tout? En etïet, il n'est pas nécessaire de supposer ces distinctions, et l'on peut dire qu'ici R. Simon le permet, parce qu'il s'agit de produits de la 7*^ année, tandis qu'il interdit le même travail aux jours de demi-fôte. D'où provient cette distinction * entre le travail aratoire pendant la 7*^ année et le repos des demi-fôtes? Comme, pendant la V année, les travaux en général sont permis, sauf l'agriculture, 'on n'interdit pas ce qui n'est qu'une fatigue corporelle (tel que l'arrosage) ; tandis qu'aux jours de demi-fôte, où l'on doit se reposer, on ne permet que les travaux qui seraient perdus s'ils étaient différés, et à la condition de ne pas se fatiguer. Selon d'autres, voici la raison : comme la cessation des travaux la 7*" année est longue, on a permis l'arrosage ; mais, comme les jours de demi-fête n'ont qu'une courte durée, c'est interdit. Mais alors ne devrait-on pas l'interdire aux derniers jours de la 7'' année, comme aux jours de demi-fête (^puisqu'il s'agirait aussi d'une courte durée) ? On trouve; fut-il répondu, un enseignement explicite, disant: on peut arroser de la terre blanche pendant la 7e année, non aux jours de demi-fête, selon l'avis de R. Simon ; mais, selon R. Eliezer b. Jacob, c'est interdit (donc, il y a analogie évidente entre la défense des 7 jours de fête et l'autorisation pour toute la 7^" année, môme pour les derniers jours).