‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 19 sur 227 · Tossefta sur ce traité, ch. I, et ci- ch. III · texte numérisé non relu

Tossefta sur ce traité, ch. I, et ci- ch. III

rRAITÉ PÉA ^

champs il y a des hauteurs tellement escarpées qu'on peut les couper à la hache', et fussent-elles inahordahles au hœuf muni d'instruments aratoires, le champ n'en est pas divisé, et il suffit de donner une seule fois la péa pour le tout.

On semblait vouloir dire que l'avis de R. Juda n'est pas contesté par ses collègues, mais l'on a trouvé un enseignement qui dit^ : un cours d'eau fixe sert de séparation (R. Juda y met une condition dilTércnte, celle d'être trop étendue pour que, du milieu, on puisse moissonner les deux rives). Ensuite, on paraissait admettre selon R. Juda, qu'au cas où celui qui se tient d'un côté ne pourrait pas atteindre la rive opposée pour la moissonner, il y avait séparation et que si, en étant placé au milieu, on peut moissonner les deux côtés, le cours d'eau ne compterait pas comme séparation ; or, on a trouvé dans ce même enseignement Tavis contraire, à savoir si en étant placé au milieu on peut moissonner des deux côtés, la séparation a lieu; mais elle n'a pas lieu si en étant placé d'un côté on ne peut pas moissonner la rive opposée (et si c'est seulement possible en se tenant au milieu). Hiya b. Ada dit au nom de R. Simon ben Lakisch : Si un roc couvre toute la surface du champ et que, pour cultiver, il faut transporter la charrue d'un côté du roc au côté opposé, il peut servir de séparation ; mais si l'on peut y arriver par un côté (s'il y a un passage praticable pour la charrue), le champ n'est pas interrompu. Maisn'a-t-on pas enseigné ^ : « pour des terrains montagneux, composés de pentes ayantchacune dix palmes de hauteur, elles sont distinctes et l'on donne la péa pour chacune séparément ; si les degrés sont moins élevés, on ne donne qu'une péa pour tout. » Or, si la pente est plus petite, n'en faut-il pas moins déplacer la charrue? (Pourquoi donc exiger une hauteur de dix palmes ?) C'est vrai, et dans cet enseignement il n'est question d'une hauteur de dix palmes qu'en raison de ce qui se trouve dit à la fin : » Si les extrémités des haies se joignent, on ne donne qu'une péa pour le tout » (si même, en ce cas, il y a dix palmes, on considère les sillons divers comme réunis).

3. Tout cela sert de séparation entre les champs ensemencés; mais entre les plantations d'arbres, il faudrait comme division un mur (d'au moins 10 palmes de haut); et même cette dernière séparation est annulée si, par dessus le mur, les branchages des arbres* s'entremêlent, et l'on donne une péa pour le tout.

Cette séparation est-elle annulée si les branches grimpent le long du mur ^

1. Expression prise dans Isaïe, VII, 25. 4. Cette expression se retrouve dans Comp. Frankely Darkhéha- Mischna ^ Juges ^ III, 2t3. Comp. ci-après, tr. Kich. IV, § 43. laim, ch. III, § 5.

2. Tora^/i Co Aa?izm, ou Midrasch sur 5. Littéralement: s'enfoncent dans le le Lévitique, ch. XIX. mortier comme le pilon.

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