CHAPITRE III
1. Quant aux carrés de blé ', qui sont plantés entre les oliviers (ou tous autres arbres), il faut, selon l'école de Schannmaï prélever la péa sur cbacun d'eux; d'après l'école de Ilillel, il suffit d'un seul prélèvement pour le tout. Mais les premiers reconnaissent que si les extrémités des diverses plantations se toucbenl ^, un seul prélèvement suffit pour le tout.
Pourquoi, d'après notre version % est-il question de blés plantés entre les oliviers ; et, selon l'enseignement de l'école de Rabbi, peuvent-ils être plantés au milieu de n'importe quels arbres? Les 2 versions sont utiles : celle de la mischna a besoin de celle de Rabbi, et celle de Rabbi se complète par la Mischna; or, si nous n'avions eu que notre version, et non celle de Rabbi, nous eussions cru que Schammaï ne conteste l'avis de Hillel(et ne tient compte de la séparation légale des carrés pour imposer l'obligation de la péa séparée) qu'à l'égard des oliviers ; parce qu'ils sont eux-mêmes assujettis au devoir de la péa, ils constituent une séparation ; mais pour tout autre arbre dispensé de ce prélèvement, on aurait pu croire que Schamaï reconnaît, comme Hillel, qu'il suffit de donner une fois la péa pour le tout; donc, il faut compléter notre version par celle de Rabbi. De même, si nous avions eu seulement la version de Rabbi, non la nôtre, on aurait pu croire que Hillel est d'un avis contraire à celui de Schammaï (et que, selon lui, une péa suffit pour tout), à l'égard des arbres ordinaires qui ne forment pas une séparation pas plus qu'ils ne sont assujettis à la péa; mais s'ils l'étaient, Hillel reconnaîtrait qu'il faut donner séparément la péa pour chaque carré. Donc, il faut la version de la Mischna et'celle de Rabbi. Dans quelle situation supposons-nous les plants d'arbres ? Si l'on parle d'un champ où les oliviers sont éloignés les uns des autres (et rares), Schammaï devra reconnaître également qu'il suffit de donner une péa pour le tout (la séparation étant illusoire) ; si au contraire les arbres sont rapprochés (nombreux), Hillel de son côté devra admettre que la séparation est réelle et qu'il faut donner la péa pour chaque carré séparément. De quelle hypothèse s'agit-il donc? D'une plantation ayant dix arbres par chaque espace de la valeur d'un saa : selon Schammaï, on les considère en ce cas comme rapprochés (et les carrés, étant délimités, exigent autant de fois la péa) ; selon Hillel, au contraire, on les suppose espacés. Le motif de Schammaï est que l'on n'a pas l'habitude de semer des légumes verts au milieu des arbres (aussi, chaque arbre doit être pris comme limite d'un carré).
i. Littéralement: en forme de bri- double rangée d'arbres.ques, oblongs. 3. Celle des derniers rédacteurs de la