‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 28 sur 227 · Soit un carré dées · texte numérisé non relu

Soit un carré dées

d'environ 10 cou-

selon R. Tarfon, il devra former un carré de 6 palmes; selon H. Judaben Bethera, il faut qu'il soit assez grand pour fournir deux moissons, et son avis sert de régie.

Quel est le motif de l'avis de R. Eliézer? le voici : comme pour le devoir de la péa l'Ecriture dit ton champ, et que pour la loi sur les mélanges hétérogènes on emploie le même terme, on les compare aussi pour l'espace et l'on dit : comme le champ doit avoir un espace de la contenance d'un quart de cab ', de même pour la péa il doit avoir cette étendue. Pourquoi selon R. Josué, le champ doit-il avoir une contenance d'au moins 2 saa ? Il se fonde sur l'analogie à établir entre l'expression ton champ employée ici (pour la péa) et celle usitée ailleurs (Deutéron. XXIV, 19) pour l'oubli des gerbes: ici, comme plus loin (VI, 5), le champ doit être susceptible de produire deux saa. Sur quoi se fonde l'avis de Tarfon ? Sur ce que, selon lui, les carrés du champ ont d'ordinaire cette mesure de six palmes en longueur et en largeur ^.

« R. Josué Bethera dit : il faut que ce soit assez grand pour fournir deux moissons ; et son avis sert de règle. »

S'agit-il, selon lui, d'une récolte habituelle aux moissonneurs, ou d'une moisson aussi petite qu'elle soit ? Comme il est écrit (Psaume CXXIX, 7) : dont le moissonneur ne remplit pas la main, ni son sein celui qui lie les gerbes, cela prouve qu'il s'agit d'une moisson ordinaire (la première partie du verset, en parlant d'une poignée, l'indique comme un cas maudit).

8. Selon R. Akiba, quelque petit que soit un terrain, il entraîne le devoir de la péa et des prémices \ Il peut donner lieu à la rédaction d'un acte hypothéqué ^; et l'on peut, avec ce terrain, acheter des biens mobiliers, que l'on acquière, soit contre argent, soit par un acte d'acquisition, soit par la prise de possession ^

R. Imi demanda au non de R. Simon ben Lakisch : Est-ce que l'on considère comme champ (selon R. Akiba) celui qui est si petit qu'il y a un seul épi (Y a-t-il obligation de la péa et des prémices ?) Avant de l'avoir coupé, il n'y a pas d'obligation, et après avoir coupé l'épi, il ne reste rien (comment donc supposer ces prélèvements) ? R. Hanina répond au nom de R. Pinhas qu'il peut s'agir du cas où il y a une touffe contenant cinq épis (de sorte qu'il en resterait pour le pauvre). Mais alors, demanda R. Mena, pourquoi ne pas dire dans la Mischnâ que la moindre gerbe ^ est soumise au droit de la péa? En

l.Voir ci-après tr. Kilaïm. ch. II, § 10. Voir plus loin, tr. Schebiith, ch. X, § 3.

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