S'ils lui proposent de lui céder la l'échange est nul
54 TRAITÉ PÉA
lour rovioriL \ on no los écoule ccpendanl pas (pour leur donner le tout en un lot), mais le propriétaire est tenu dn le distribuer de sa main (éqnitablemcnt), pour (jiril ne favorise pas un pauvre dosa famille, ou de sa connaissance 2, auquel il accorderait une plus forte part. De même, remarqua R. Samuel bar Aboudima, lorsque le propriétaire a achevé la moisson du champ (sans rien laisser pour la péa), de sorte que l'obligation retombe évidemment sur le blé en gerbes ^ même en ce cas, il n'abandonnera pas aux pauvres la péa en bloc (pour être dispersée), mais la distribuera de sa main, avec équité, afin qu'il ne lui arrive pas d'en favoriser un pauvre qu'il connaît (comme au cas précédent).
2. Si un pauvre, après avoir pris une part de péa \ la jette sur le reste (pour se l'approprier), cela ne Tavance à rien (et il n'aura rien). S'il s'est jeté sur elle, ou s'il a étendu son ialiih (manteau) sur elle (dans le même but), on la lui retire. Il en est de même pour les épis délaissés ou oubliés (appartenant également aux pauvres).
On a enseigné au nom de R. Meir : la mesure prescrite par le Mischna est une punition infligée au pauvre (parce qu'il a voulu commettre une fraude) ; et, comme amende, on lui enlève, non-seulement sa part déjà coupée, mais encore celle qui lui reviendrait sur ce qui est encore adhérent à la terre. Cette règle, prescrite à l'égard de celui qui agit ainsi de propos délibéré % s'applique-t-elle aussi à celui qui agit ainsi involontairement, ou s'agit-il des gerbes roulées (ce qui est assez rare) ? Non, dit R. Simon b. Lakisch au nom d'Aba Cohen, de Delia : on peut acquérir dans les 4 coudées près de soi toute trouvaille faite ^ (c'est ainsi qu'elle sera considérée). Pourquoi ? C'est qu'il est écrit (1, Chron. XXII, 14) : Et voici que^ onalgré ma détresse, f ai préparé pour la maison de V Éternel, de Cor cetit oriille talents, de l'argent mille fois mille talents ; V airain et le fer ne peuvent être pesés, car ils sont trop considérables, fai préparé du bois et des pierres, et tu y ajouteras encore (on peut donc transmettre à autrui des biens trouvés). R. Yona au nom de R. Oschia demanda : dans quelles conditions ces biens ont-ils été consacrés et
1. G'est-à-dire, il a eu tort en principe siste; seul, le mode de distribution change de désigner nominalement la péa et de et le propriétaire en est chargé. Cf. tr. la cueillir avec le reste, au heu de la Baba Kamma, f. 94».
laisser sur pied et de l'abandonner en cet 4. Tr. Baba mecia, f. 10".
état aux pauvres, sans la partager lui- 5. Comp. ci-après, ch. V, § 4.
même. Il doit donc, malgré la transgres- 6. En vertu d'une décision des rab-
sion du précepte de ne pas couper, sui- bins, si quelqu'un trouve un objet dans
•vre la règle primitive et l'abandonner les 4 coudées ambiantes, cela lui est
aux pauvres. acquis; de cette façon, il n'y aura ni con-
2. Le terme Di^lD, personne connue, testation, ni collision. Yoir Babli, ibid. parent, est biblique et usité pour Booz et la présente séiie, tr. Guittin, ch. (Ruth, YI, 2). YIII, § 3.