CHAPITRE VIII
1. A partii* do quel moment ' cst-il permis à chacun de glaner aux champs? A i)artir du moment où vieillards et retardataires, appuyés sur des hâtons, quittent le champ (alors, le regain des pauvres est ramassé). On peut relever les grains et les olclôih des vignes, lorsque les pauvres les ont parcourues deux fois '^. Enfin, l'on peut secouer une dernière fois les oliviers, lorsque la seconde pluie d'hiver est tombée (vers la fin du mois de Heschwan). Mais, ohjecta R. Juda, n'y a-t-il pas certaines gens qui cueillent seulement leurs olives à cette époque ? (En ce cas^ n'y aurait-il i)as préjudice pour les pauvres?) En effet, il faut attendre, en ce cas, que le pauvre quitte les oliviers sans en rapporter plus de 4 assarias ^ (mesures).
D'après R. Yohanan, on donne à ces vieillards retardataires le Rom de nemuschoth \ parce qu'ils se présentent en dernier lieu ; selon Aba Schaoul, on les nomme mesc/iouschoth ^. Ces deux expressions sont usitées par les uns ou par les autres : la dernière expression est justifiée, si Ton dit qu'il s'agit de ceux qui, en tâtonnant, vont et viennent (ou en fouillant tout). R. Houna dit au nom de Menahem : R. Yohanan ben-Nouri faisait partie de cette catégorie de personnes, et de cette façon, il se nourrissait toute Tannée. On a enseigné que, si la partie de produits des champs appartenant aux pauvres est abandonnée par eux, le propriétaire a le droit de les prendre. Mais, objecta R. Aboun bar Hiya, se peut-il que l'on applique à soi-même (pour son propre usage) ce qui a été désigné comme péa des pauvres? C'est que, répondit R. Simon b. Yohaï, ce précepte est indiqué par ces mots de la Bible (Lévitique, XIX, 10) : Tu les abandonneras au pauvre et à V étranger ^ mais non aux corbeaux et aux chauve-souris ^ (c'est-à-dire, que ces parts, une fois abandonnées, peuvent être recueillies par tout venant).
« On peut relever les grains et les olelôth des vignes, lorsque les pauvres les ont parcourues 2 fois. »
i. Babli, tr. taanith, f. 6', tr. baba mecia, f. 21'.