‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 71 sur 227 · Babli, tr. Schabhath, f. 113^ 3. Tossefta à Pea, ch. IV · texte numérisé non relu

Babli, tr. Schabhath, f. 113^ 3. Tossefta à Pea, ch. IV

c2. Voir Mek.'iiUa, ou commentaire 4. Comp. Uabh, tr. Kethoubôth, f.

midraschi lue de l'Exode, sect. Mischpa- 67b. ti/Uf ch. 20.

TRAITÉ PÉA 117

vaîsselle d'argent? » A son retour, il le raconta à son père qui lui dit: « Nous sommes tenus de faire du bien même à ceux des pauvres qui nous trompent.» Un jour, R. Yohanan et R. Simon b. Lakisch allèrent faire leurs ablutions aux bains chauds de Tibériade. Un pauvre, les rencontrant, leur demanda l'aumône. Nous te donnerons, répondirent-ils, lorsque nous reviendrons. A leur retour, ils trouvèrent le mendiant mort. Puisque, dirent-ils, nous ne lui avons rien accordé de son vivant, remplissons envers lui les devoirs funèbres. Au moment de l'ensevelir, ils trouvèrent sur lui un sac plein de pièces d'or. Ils répétèrent alors ce qu'avait dit R. Abahou au nom de R. Eliézer. Nous devons faire du bien même à ceux des pauvres qui nous trompent ; sans quoi, nous n'aurions pas de mérite à l'accorder, et s'il arrivait un jour de ne pas donner de suite au pauvre qui mendie, on serait punissable. Aba bar Aba remit à son fils Samuel de petites pièces de monnaie pour les distribuer entre les pauvres. Lorsque Samuel sortit, il vit que l'un d'eux se nourrissait de bonne chair, et buvait du vin; il rentra aussitôt en faire part à son frère. Donne-lui davantage, répliqua ce dernier, il a sans doute le cœur oppressé (et il se réconforte). R. Jacob bar Idi et R. Isaac bar Nahman étaient administrateurs, chargés de distribuer les aumônes K Ils remirent à R. Hama père de R. Oschia un dinar, que de son côté il remit à un autre nécessiteux. Au contraire, R. Zekharia, gendre de R. Levi était calomnié, et l'on disait de lui qu'il acceptait la part des pauvres sans en avoir besoin. Aussi, après sa mort, on fît des recherches, et l'on s'aperçut qu'il transmettait ces dons à d'autres. — R. Hanania bar Papa distribuait ses dons la nuit. Un jour, le chef des mauvais esprits (qui domine sur la nuit) le rencontra et lui dit: Ce n'est pas là l'usage établi, car il est écrit (Deutéron, XIX, 81) : N'empiète pas ^ la limite de ton prochain (les empiétements indus sont interdits). Mais il est écrit aussi, répliqua R. Hanania, le don fait en secret éteint la colère (Proverbes, XXI, li); puis, le démon eut honte de la présence du rabbi et disparut. R. Yôna dit : « Heureux celui qui donne à l'indigent », mais heureux qui le secourt avec intelligence ^, c'est-à-dire qui s'évertue à remplir convenablement le devoir religieux de la charité. Ainsi, comment R. Yôna agissait-il? Lorsqu'il rencontrait un membre d'une famille riche qui avait perdu tous ses biens, il lui disait: Mon fils, comme j'ai appris qu'un héritage inattendu va t'échoir, prends en attendant cette avance que tu me rembourseras plus tard ; et lorsque celui-ci avait accepté, il lui en faisait don. R. Hiya bar Ada disait: Il y avait de notre temps des vieillards gardant pour eux ce qu'on leur avait remis pendant les jours d'intervalle entre la fête du nouvel an et celle du grand pardon

1. Tout ce passage, jusque près de la comme empiétement l'accomplissement fin, se retrouve in extenso au tr. Sche- d'un devoir religieux pendant la nuit, kalim, ch. V, § 6 (fol. 49i>). hors de la maison.

2. Puisque la nuit est le domaine des 3. Psaume XLI, 2. Gomp. Midrasch démons , ceux-ci peuvent considérer Rabba sur le Lévitique^ ch. 34.

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(époque do liuiiibrcusos auiuùucsj, mais iiou ce qui ûLaiL remis plus tard, et ils ajoutaient que telle était leur habitude (de crainte de nuire à d'autres). Néhémie de Siliin fut rencontré par un habitant de Jérusalem, (]ui hii dit: Fais-moi présent de ta poule. En voici le montant, répliqua Néhémie, va l'acheter. Il acheta du bœuf; et le malheureux, après avoir mangé cette chair, en mourut. Néliémic s'écria : venez plaindre une victime tuée par Néhémie (parce qu'il ne lui avait pas donné la poule). Nahum, habitant de Gamzou, portait un présont à son beau-frère ' ; un lépreux qui le rencontra, le pria de lui en donner un peu. Lorsque je reviendrai, répliqua-t-il, je t'en donnerai ; mais à son retour, il trouva le mendiant mort. Que mes yeux, s'écria-t-il, qui t'ont vu, soient aveuglés, que mes mains qui ne se sont pas ouvertes pour te donner, soient coupées ; que mes pieds qui n'ont pas couru vers toi soient abattus! Tout cela se réalisa. Lorsque, dans cet état, R. Akiba le vit, il lui dit: « Pourquoi hélas, le vois-je dans une telle situation ? — Que ne puis-jc te voir dans le même état, répliqua le patient ! — Eh quoi, dit R. Akiba, tu me maudis ! — Mais, s'écria Nahum, sembles-tu craindre les souffrances - ? Mes remords sont bien grands, et mes douleurs sont la juste compensation de mes torts envers ce pauvre.

R. Oschiale Grand avait donné pour professeur à son jeune fils un aveugle, que, par déférence, il avait l'habitude d'inviter chaque jour à sa table. Un jour, comme il y avait des étrangers, il ne l'appela pas à prendre part au repas. Le soir, il alla auprès de lui s'excuser et lui dit: « plaise à mon maître de ne pas être offensé contre moi ; comme j'avais des étrangers, j'ai craint de ne pas remplir suffisamment les égards dûs à ton honneur ; voilà pourquoi, je n'ai pas mangé avec toi aujourd'hui. — Tu as donné satisfaction, répondit l'aveugle, à celui qui est vu et qui ne voit pas ; celui qui voit tout sans être vu. Dieu te récompensera de ton explication satisfaisante ^ — De qui tiens-tu, répliqua R. Oschia, cette formule de bénédiction (ou prière)? De R. Eliézer ben Jacob, dit-il. Chez ce dernier, un aveugle se présenta un jour; et, pour l'honorer, R. Eliézer ben Jacob prit place au-dessous de lui, de sorte que l'on se dit qu'il est évidemment un homme distingué; sans quoi, le rabbi ne se serait pas assis plus bas que lui. On lui fit de grands honneurs ''. A quoi dois-je cet accueil, demanda l'aveugle? A ce que R. Eliézer ben Jacob s'est assis au-dessous de toi. L'aveugle prononça alors la prière suivante : « tu as accordé une faveur à celui qui est vu, mais qui ne voit pas : puisse celui qui voit tout, quoiqu'invisible, tenir compte de ton affabilité et t'en récompenser. » Un jour, R. Hama bar Hanina et R. Josué parcouraient les synagogues de Loud. Le premier dit au second: que d'argent mes ancêtres ont enfoui ici (par ces construe -

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