Tossefta sur notre traité, ch. V
foi), ou si en se trouvant placé dans une grange le sacerdote prenant l'oblation ne connaît nulle personne digne, l'on peut, selon R. Simon b. Gamaliel, s'informer aussi bien près d'un ignorant que d'un compagnon ; selon Habbi, on ne s'informe pour l'oblation sacerdotale qu'auprès d'un compagnon. L'avis de Rabbi est conforme à celui qu'exprime ailleurs R. Meir, et celui de R. Simon b. Gamaliel à son propre avis, comme suit: pour tousles défauts, est-il dit au sujet des premiers-nés ', qui peuvent provenir du lait des hommes, on ajoute foi aux bergers Israélites, non aux sacerdotes (comme ils sont intéressés aux défauts, on les soupçonne de les avoir provoqués) ; selon R. Simon b. Gamaliel, on le croit pour le bien d'autrui (de même qu'ici pour l'oblation d'autrui), non pour le sien; selon R. Meir, une personne soupçonnée pour un sujet ne peut ni juger ni attester. R. Yonadit: il n'y a ici divergence d'avis que pour savoir si l'on peut acheter des fruits sur le témoignage d'un ignorant; mais s'il s'agissait de partager l'oblation, R. Simon b. Gamaliel reconnaît que le compagnon seul peut désigner lé sacerdote instruit, car alors le partage se fait en public (et les soupçons seraient bientôt éclaircis).
9 (7). Si des âniers entrent en ville ^ (chargés de produits) et que Tun d'eux dise : « mes fruits sont nouveaux (de cette année), et ceux de mon camarade sont anciens y) ou « les miens sont en règle (les parts légalement dues sont prélevées), mais ceux de mon compagnon ne le sont pas », on n'ajoute pas foi à ses paroles (elles sont évidemment dictées par l'intérêt) ; selon R. Juda, on le croit (dans l'intérêt de l'approvisionnement de la ville).
On a enseigné : si en entrant dans une ville on rencontre des groupes d'individus auprès desquels on s'informe au sujet de la dîme et qu'un homme lui dise qu'il est digne de foi, on l'en croit si d'autres le confirment; mais s'ils le démentent en face (preuve do véracité), on ne le croit pas; si on le dément en son absence, on peut l'en croire (on le calomnie par jalousie). R. Yona dit : s'il s'agit d'un habitant de la ville, le renseignement doit être fourni par des compagnons; cependant, à l'égard d'un étranger, on se contente de l'avis même du vulgaire. Mais R. Yona ne se contredit-il pas? Il faut, selon lui, l'avis des compagnons; et pourtant il est dit, à la fin, qu'on ne croit pas au mauvais renseignement donné en l'absence de la personne (ne pouvant admettre que des compagnons mentent, il n'est question que de l'avis du vulgaire). Selon R". Juda, on le croit dans l'intérêt de la ville; cependant, les rabbins ne partagent pas cet avis, parce que, selon eux, on pourrait au besoin se nourrir des produits d'une autre ville.