CHAPITRE III 17S
thèmes (objets dévoués au culte) dont 'Akhan a prévariqué; tandis que, pour les Judéens, non habitués à ce fait, la désignation vague laisse libre.
5. Quelqu'un fait un vœu par le mot « anathème », puis il dit : « En exprimant le vœu, je n'ai songé qu'à lanathème de la mer » (voulant Tatténuer), ou s'il a employé l'expression « par un sacrifice », puis il dit (pour se reprendre) : « En formulant mon vœu par les sacrifices je n'ai envisagé que ceux des rois » (volontaires), ou s'il a dit « que je sois moimême un sacrifice », puis (se reprenant), il dit : « j'entends avoir simplement formulé un vœu par l'os que j'ai laissé chez moi pour l'utiliser à faire un vœu » , ou s'il dit : « je m'interdis que ma femme jouisse de moi » , puis (se reprenant) il dit : « par l'interdit ainsi formulé j'ai eu seulement en vue ma première femme que j'ai répudiée», dans aucun de ces cas il n'est nécessaire de consulter les sages pour arriver à lever ces interdits (ils sont tous nuls); et si (par ignorance) on a consulté les sages, ceux-ci puniront l'imprudent, en aggravant ses expressions de vœu. Tel est l'avis de R. Meir. Selon les autres sages, on cherchera à le dégager d'autre part (tout en maintenant le vœu), en enseignant de ne pas se con^ duire à la légère en fait de vœux.
Un homme, ayant fait un vœu formulé par l'un des termes énoncés dans la Mischnâ, vint consulter à ce sujet (pour être délié) R. Meir, qui l'envoya à R. Juda, en disant à l'homme : fais-lui savoir que tu es venu auprès de moi et qu'à cet effet je t'ai envoyé près de lui. L'homme étant venu à R. Juda, celui-ci y^nvoya à R. Yossé, en lui faisant répéter avoir été envoyé par R. Meir à R. Juda, qui l'a renvoyé plus loin*. En le recevant, R. Yossé lui dit: puisque les premiers ne t'ont pas délié de ton vœu, le dernier ne le peut pas non plus ; car R. Meir dit (ici) : « Si (par ignorance) on consulte les sages, ceux-ci puniront l'imprudent en aggravant ses expressions de vœu. » L'homme revint alors à R. Meir et dit ; Puisque tu savais ce qu'il en est (qu'il est impossible de me déUer), pourquoi ne m'as-tu avisé de suite? C'est que, répondit R. Meir, comme je t'ai vu agir à la légère en contractant le vœu, j'ai aggravé ta situation en te faisant aller de l'un à l'autre.
i . Les sages ont permis (de délier) quatre sortes de vœux, ceux de l'imitation, de l'exagération, de l'erreur, de la contrainte. Voici un exemple, de la l*"® sorte : Si en vendant un objet, on dit à l'acquéreur : « je fais vœu de ne rien te réduire du prix d'un selà » (4 dinars), et celui-ci
• 1. Pour lui faire comprendre son intention de refuser cette libération. Cf, ciaprès, IX, 1 (f. 41^).
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réplique s'interdire par vœu de rien ajouter au prix d'un sicle*, tous deux s'accordent en somme sur le prix de trois dinars. R. Eléazar b. Jacob dit : le droit d'annulation est applicable p. ex. lorsque quelqu'un veut contraindre son prochain par vœu à manger chez lui; il dira alors : (( tous les vœux que je formulerai à l'avenir seron . annulés ^ », et il en sera ainsi à la condition de se rappeler cette restriction au moment de formuler les vœux.
3. — Hanina le neveu (fils du frère) de R. Josué explique ce verset (Ps. CXIX, 106) : je jure, et je le tiendrai, qu'il arrive parfois de ne pas être astreint à tenir une pronoesse (lorsqu'un sage consulté délie celui qui l'a énoncée). R. Josué dit de même sur le verset (ib. XCV, 11) : Aussi je jurai dans ma colère, que, sur un serment énoncé dans un mouvement de colère, il es^ permis de revenir. Puisque pour tous les vœux les sages trouvent des voies de libération, comment dire dans notre Mischnâ : « Les sages ont délié 4 sortes de vœux » (pas plus) ? R. Eléazar répond au nom de R. liiya le grand que ces 4 sortes de vœux n'ont pas besoin d'être déliés par le savant*. Rab et Samuel, au contraire, déduisent de notre Mischnâ, que pour ces 4 sortes, il faut une libération par un savant (malgré les causes de nullité évidente). Même contre R. Eléazar (qui dispense alors de la libération par un savant), Issi objecta : est-ce que l'on ne délie aucun vœu sans qu'il y ait un prétexte d'annulation, comme pour les 4 sortes citées par la Mischnâ? Samuel répondit à Issi : tu assujettis à ce propos la corde (tu confirmes juste ainsi l'avis disant qu'il faut une libération par un sage). Est-ce qu'une Mischnâ plus loin (YIII, 7) ne contredit pas l'avis d'issi, en disant : « Un tel aussi peut rompre son propre vœu, sans qu'il faille Tannuler par un sage » ? On l'expHque en ce sens : pour tout vœu qu'il s'agit de rompre, il faut trouver par ailleurs un motif de nullité ; tandis que pour les vœux en question, il y a en eux-mêmes un motif de nullité (tout en faisant intervenir le savant). R. Zeira dit: l'intervention du savant est inutile lorsqu'il ne s'agit pas de persévérer dans ce vœu (énoncé comme simple exercice) ; mais s'il s'est agi d'un vœu formel (en principe), il faut la libération par un savant pour l'annuler. Si des 2 hommes (vendeur et acquéreur) l'un a prononcé un vœu formel, l'autre non, du moment que le vœu est annulé pour l'un, il l'est aussi pour l'autre 5. Les disciples de R. Hiya b. Julian disent que R. Judan a enseigné : si à 2 acquéreurs le vendeur offre un objet pour un sela (=4 dinars), le premier acquéreur répond ne vouloir en donner que 3 dinars et le 2' acquéreur n'offre qu'un side (=i2 dinars), en persévérant sous peine d'interdit, dès
1. Un sicler=2 dinars, 2. Ce ne sont pas là des interdits sérieux, et ils restent sans valeur. 3. En tète est un passage traduit tr. Haghiga, I, 8 (t. VI, p. 2GG). 4. Pour ces 4 sortes, le vœu n'est pas effectif, et le sage n'a pas à intervenir. 5. 11 est permis à tous 2 de maintenir la cession au prix moyeu de 3 dinars.