J., tr. Sabbat, I, 7 (l. IV, p
202 TRAITÉ NEDARIM
(4) A celui qui fait vœu de s'abstenir de ce qui est bouilli à Teau, il est seulement défendu de manger de la viande ainsi passée à Teau; mais s'il déclare « ne pas vouloir goûter à un produit bouilli », tous les mets bouillis lui seront interdits.
(5) A celui qui fait vœu de s'abstenir des rôtis, il est seulement défendu de manger de la viande rôtie, selon l'avis de R. Juda ; mais s'il a déclaré « ne vouloir goûter à aucun rôti », tout objet rôti lui sera interdit. Celui qui s'interdit par vœu de manger des salaisons ne pourra pas manger de poisson salé (seul défendu) ; mais s'il a déclaré « ne pas vouloir goûter aux salaisons, toutes les salai3ons lui seront interdites — *.
4 (6). A celui qui déclare « ne pas vouloir goûter au poisson ou aux poissons », toutes les sortes seront interdites, soit les grands, soit les petits, salés ou non ^, vivants ou cuits ; mais il lui sera permis de manger des parts de Triton (ou thon) e. de la marinade. Celui qui fait vœu de ne pas manger des mélanges de poissons coupés, ne pourra pas manger des parts de Triton, mais pourra manger de la marinade et de la saumure. Enfin, celui qui s'est interdit par vœu de manger des parts de Triton pourra manger de la marinade, ou de la saumure % àX[j.upiç.
5 (8). A celui qui s'est interdit par vœu de boire du lait, il est permis déboire du lait caillé^; R. Yossé l'interdit. Celui qui a fait vœu de ne pas boire du lait caillé peut boire du lait. AbaSaûldit : celui qui s'est interdit par vœu de manger du fromage ne pourra en manger ni blanc, ni salé.
6. Celui qui s'est interdit la viande peut boire du bouillon, ou le résidu au fond du pot; R. Juda le défend, en racontant que R. Tarfon lui
1. La Guemara sur cette dernière phrase est traduite ci-dessus, III, 4.
2. Dans son commentaire sur la Mischnà, Maïmonide traduit notre terme par « une chose sans goût. » Pour le même mot, un ms. hébreu de la B. N., n* 328, ajoute un équivalent arabe (omis dans les éditions) : ODT), dans le sens de vil, insif^nifiant. Raschi ne l'explique pas. 3. Ce terme, observe Maïmonide, est le même en arabe qu'en langage talmudique (ce qui n'est pas étonnant, en raison de son origine étrangère que Maïmonide ignorait). Les éditeurs du comment, de Maïmoni, trompés sans doute par la syllabe initiale qu'ils ont supposée arabe (au lieu d'être grecfpie), ont forgé le mot ^ifîJDDbft, équivalence que l'on ne retrouve ni dans le ms. hébreu, n* 328, ni au ms. arabe, n° 578. 4. A vrai dire, il s'agit moins de petit lait que de la sérosité, serum, qui s'écoule du fromage blanc, à peine coagulé. Dans son commentaire, Maïmonide donne l'équivalent arabe, qui a été déiiguré, non seulement dans les éditions qui ont bO^T), mais déjà dans les mss. Ainsi, le ms. liébreu-arabe à Londres, British Museum, Oriental mss., n* 2391, a C^)D (par confusion de la finale avec D) ; celui de la B. N., n* 578, a : OD^)D; le ms. n° 328 a déjà mieux : 05'X>. Le terme en question doit être bî)3, serum lactis (quod cfjluU dum exprimitur caseus mollis), dit Frcytag, d'après le Kanious. Il faut noter encore qu'au lieu du terme chaldéen qôs (non qôm, qu'offrent la plupart des éditions), le ms. précité, n* 328, a : qênos.