CHAPITRE III
ter une partie du 8" jour comme s'il était achevé (permission non applicable à d'autres jours). Ce qui prouve qu'il en est ainsi, c'est que R. Helbo ou R. Houna dit au nom de R. Yohanan : si le Séjour de deuil se trouve être un samedi, il sera permis de se raser la veille ; or, si ce n'était pas pour honorer la solennité de la fête, on devait dire qu'il est permis aussi de se raser la veille si le 30^ jour est un samedi (cette hypothèse est inadmissible, et il n'est jamais question de pouvoir se raser dès le 29* jour; donc, c'est seulement pour honorer la fête qu'il est question de diminuer d'un jour la semaine de deuil). On peut encore prouver qu'une partie de jour n'égale pas l'entier, de ce qu'il est dit: pour tout parent mort, on peut bâtir (à grands points) la déchirure après le 7® jour et la recoudre tout-à-fait après le 30'' jour; mais ce n'est permis ni le 7°, ni le 30^ R. Hagaï dit avoir entendu émettre l'une et l'autre opinion (d'ajourner le cérémonial final du mois au 31®, ou déjà au 30*^ ').
2. Celui qui s'est engagé à être deux fois Nazir ^ se rasera pour la V^ période au 31® jour, et pour la 2* période au 61® ; s'il s'est rasé pour la V^ période au SO"" jour, il se rasera pour la 2® au 60% et même en se rasant dès le 59® jour le devoir est considéré comme rempli. Voici le témoignage apporté par R. Papias au sujet de celui qui s'est engagé à un double Naziréat : celui qui s'est rasé pour la l*"® période au 30® jour se rasera pour la 2® au 60% et même en se rasant dès le 59% le devoir est considéré comme rempli, car le 30® jour (celui de l'interruption) fait parlie de Tun et l'autre compte.
Lorsqu'après avoir achevé la première période de Naziréat (sur deux vœux accomplis, pour lesquels on a désigné les victimes à offrir), on veut s'appuyer sur le second sacrifice (se dispenser du premier), et, après avoir vainement cherché un prétexte dé dégagement du premier vœu d'abstinence, on a trouvé celui qui dégage de la seconde période, le sacrifice à offrir pour cette dernière période servira en même temps pour la première ^ Dans quelle hypothèse ces deux vœux ont- ils été émis? Dès que la moitié d'un vœu est annulée (par suite du dégagement d'une période) le reste l'est aussi ? (A quoi bon parler alors de référer de l'une à l'autre période ?) Et il ne saurait s'agir du cas où l'homme a spécifié vouloir être Nazir « pendant les 30 jours, » puis « aux 30 jours suivants », puisqu'en ce cas on n'admet pas que la 2* période ait absorbé la 1"°? Il s'agit du cas où l'homme a dit vouloir être deux fois
1. Selon le commentaire, c'est là une opinion qui représente celle de R. Yohanan ; mais les autres docteurs ne l'acceptent pas et sont, d'avis qu'une partie du jour observé équivaut à l'entier. 2. V. J., même traité, ibid. (ibid.). 3. D'après le texte de la Tossefta à ce traité, ch. 2, le commentaire Qorban 'éda explique ainsi ce passage : Si de deux vœux, à la fin de l'accomplissement de la première période, avant l'offre du sacrifice et sur le point de commencer la seconde, le sage consulté dégage l'énonciateur du vœu, il ne sera plus nécessaire d'accomplir l'autre période, ce devoir ayant déjà été rempli d'avance.
110 TRAITÉ NAZIR
Nazir (vaguement), ou s'il a dit« que ces jaurs soient consacrés à l'abstinence ;» mais s'il a dit : « que ces jours servent pour mon abstinence, » et tels autres à une autre période d'abstinence, » en ce cas, l'une des périodes ne peut plus englober l'autre. R. Eleazer dit : lorsqu'après avoir achevé la première période on procède au cérémonial final, dès que l'on a offert l'un des sacrifices et que l'on s'est rasé, la seconde période ne peut plus être englobée dans la première (y eût-il un motif de dégagement). R. Jacob B. Aha faisait la recommandation suivante à ses compagnons d'étude * : Si vous entendez exprimer un avis au nom de R. Eleazar, sachez que R. Yohanan le conteste. De même ici, une période n'englobe pas l'autre, à la condition que tous les sacrifices dus à la fin de la première soient déjà offerts ; s'il n'y a qu'un sacrifice offert, une période peut absorber l'autre, selon l'avis des autres sages 2, tandis que selon R. Simon cette absorption a lieu, n'y eut-il qu'un sacrifice offert àl'issue de la première période.
Si quelqu'un offre simultanément les deux sacrifices (pour deux périodes d'abstinence comptées ensemble), cela suffit seulement pour une période 3; mais si l'on a désigné les victimes pour chaque période à part, puis on les a confondues et l'on a sacrifié la victime de la seconde période pour la 1^'"% ou à l'inverse, le devoir des offrandes n'est pas rempli. Pourtant les victimes restent sacrées (malgré cette interversion) ; mais R. Hiya n'a-t-il pas enseigné '* que, par déduction du verset son sacrifice à VEternel en sus de son vœu (Nombres, VI, 21), on sait que le vœu doit précéder le sacrifice, non qu'à l'inverse le sacrifice précède le vœu? (Donc pourquoi le sacrifice est-il consacré avant que, par l'accomplissement du vœu, la consécration l'atteigne?) Il y a cette différence à noter, fut-il répondu, qu'en raison du vœu commencé le sacrifice sera dû. On comprend ainsi de pouvoir acquitter la 2^ période par la 1"; mais comment la T® peut-elle être englobée (sans avoir été observée) dans la seconde ^ ? Cet avis, répond R. Juda, confirme en effet celui de R. Eléazar ^. Cependant, R. Jacob b. Aha (plus haut) recommandait aux compagnons d'étude, s'ils entendent exprimer un avis au nom de R. Eleazar, d'observer que R. Yohanan le conteste; de même ici, une période; n'englobe pas l'autre, à la condition que tous les sacrifices dus à la fin de la première période aient déjà été offerts ; s'il n'y a qu'un sacrifice offert, une période peut absorber l'autre, selon l'avis des autres sages, tandis que selon R. Simon cette absorption a lieu lors même qu'un seul sacrifice aurait été offert à l'issue de la période, avis que nous partageons ici (au cas en question). (Comment donc est-ce possible d'englober la V^ période dans la 2°?) C'est possible, ré-
1. J., tr. Scheqalim, III, 7. 2. Voir ci-après, VI, 9. 3. Tossefta à ce traité, ch. 2. 4. Ci-dessus, II, 9. 5. Or, ajoute le commentaire Pné-Mosché, ce serait vouloir placer le sacrifice avant le Naziréat correspondant, puisque lors de la désignation des victimes, l'homme n'avait pas encore commencé la seconde période? C'est une hypothèse sans base. 6. Son avis s'explique, dit le Qorban 'éda^ en ce que parfois on désigne les victimes à oHrir pour la première série, en ayant déjà commencé la seconde.